Voyager... Lire...

16 novembre 2017

Décembre Nordique 2017

Le Mois Nordique revient dès le 1er décembre !

Décembre Nordique, ce sont les pays suivants : Finlande, Danemark, Islande, Norvège et Suède.

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Le groupe Facebook existe déjà et vous pouvez nous y rejoindre ! Nous vous attendons !

Le principe est le même que pour les autres mois thématiques, vous pouvez parler de tout ce qui touche au pays nordiques dans vos billets : Littérature, films, cuisine, voyages, musique, peinture, musique....

Nous avons pensé à quelques lectures communes, mais si vous avez d'autres idées, n'hésitez pas à m'en faire part en commentaire, ici, ou sur le groupe Facebook !

Billets communs proposés :

Le 03/12 : JOURNEE de la FINLANDE: LC Polar finlandais ou tout autre sujet !

Le 05/12 : LC Ragnar Jonasson 

Le 07/12 : LC Arto Paasilinna

Le 09/12 : JOURNEE du DANEMARK : LC Polar danois ou tout autre sujet !

Le 11/12 : LC Pasi Illmari Jääskeläinen

Le 15/12 : JOURNEE de l'ISLANDE : LC Polar islandais ou tout autre sujet !

Le 17/12 : LC Ibsen

Le 19/12 : LC Audur Ava Olafsdottir

Le 22/12 : JOURNEE de la NORVEGE : LC Polar norvégien ou tout autre sujet !

Le 25/12 : Noël nordique (histoire ou conte de Noël)

Le 29/12 : JOURNEE de la SUEDE :  LC Polar suédois ou tout autre sujet !

 

Vous n'êtes bien sûr pas obligés de participer à toutes les lectures communes. Vous pouvez participer à une, aucune, toutes, plusieurs !

Alors, voyagerez-vous avec nous en décembre ? :-)

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30 octobre 2017

"L'écliptique" de Benjamin WOOD

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L'écliptique de Benjamin Wood

Traduit de l'anglais par Renaud Morin

Éditions Robert Laffont, 2017, 490 pages

Sur une petit île au large d'Istanbul, en Turquie, la pension de Portmantle est le refuge d'artistes en panne d'inspiration. Chacun est là depuis plus ou moins longtemps, on leur donne une nouvelle identité à leur arrivée et ils ne doivent pas dévoiler leur vrai nom aux autres pensionnaires. Le but est de leur permettre, grâce à un mécène qui paie pour leur séjour, quelqu'en soit la durée, aux artistes de se remettre à créer dans les meilleures conditions possibles, loin de l'influence de la société et du public. Tous ont en tête une oeuvre d'art comme ticket de sortie de la pension. Parmi eux, nous rencontrons Knell, une peintre écossaise de renom, narratrice du roman. C'est la seule dont on va connaître le passé. Lorsque Fullerton, un très jeune homme instable, arrive à la pension, la petite société va imploser et les secrets vont resurgir.

Voici un roman très intéressant sur la création et l'art en général. Je n'avais pas lu le précèdent livre de Benjamin Wood mais nul doute que c'est un jeune auteur à suivre. Ce livre parle bien sûr beaucoup de peinture, car la narratrice parle principalement de son propre cheminement mais c'est un roman qui parle de l'art au sens large, de ce qui fait un artiste, de leur dérive parfois.

Je ne vais pas révéler la clef l'histoire mais le roman entier est une métaphore de la création artistique, de l'inspiration.. ce que j'avais pressenti bien avant le dénouement (mon petit moment de fierté!) et j'ai beaucoup aimé la structure du roman. L'auteur aime à nous balader et à nous perdre tout en maîtrisant parfaitement son sujet et son intrigue. Le style est fluide et juste, intelligent, un véritable bonheur à lire.

Malheureusement je ne peux pas en dire plus sur ce roman, je l'ai terminé il y a plus d'un mois et il s'est passé tellement de choses dans ma vie depuis que ma mémoire est un peu défaillante... En tous cas, c'est un roman que je recommande chaudement !

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22 octobre 2017

"La fille du train" de Paula HAWKINS

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La fille du train de Paula Hawkins

Traduit de l'anglais par Corinne Daniellot

Éditions Pocket, 2015, 453 pages

Rachel prend le train tous les matins en direction de Londres. Elle aime observer les maisons qui longent la voie, en particulier une, à Witney. Elle scrute le couple qui l'habite, leur invente des prénoms et une vie idéale, celle qu'elle aimerait avoir elle-même. Dans sa vie, en effet, tout n'est pas au beau fixe. Elle a divorcé depuis deux ans et semble à la dérive... En collocation, elle passe ses soirées à vider des bouteilles de vin ou de gin qui la laissent dans un état pitoyable.

Alors qu'elle est dans le train un matin, elle aperçoit un tas de vêtements féminins le long de la voie. Puis, la terrible nouvelle tombe, Jess, la jeune femme qu'elle épiait, a disparu... A partir de ce moment, le monde déjà bien instable de Rachel va tourbillonner autour d'elle. Elle a vu des choses, elle doit aider l'enquête !

Malheureusement, son ex-mari qu'elle n'arrive pas à oublier vit également à Witney. Ça va compliquer son entreprise...

J'avais tenu, jusque début octobre, je n'avais acheté aucun livre depuis début 2017... Et puis un drame me tomba dessus alors j'ai cherché du réconfort où je pouvais, en particulier dans les rayons livres des magasins... Mon premier choix de fell good reading... La fille du train... Hum... oui, je ne sais pas bien comment j'ai pu imaginer que ce bouquin allait être un plein de légèreté joyeuse..

Bref, et pourtant, j'ai réussi à lire ce livre sans aucune difficulté, doucement certes, mais concentrée (ce qui est un exploit vu ce que je vis...). J'avais pas mal d'a priori vu les notes et les commentaires sur goodreads, et d'autres critiques que j'avais entendues par-ci par-là mais j'ai beaucoup aimé ce livre. Ok, le fait que Rachel soit à ce point à la dérive m'a aidé à relativiser sur moi... malgré le drame que je vis, je suis toujours en meilleure posture qu'elle... et en ce moment, c'est déjà ça et ça me réconforte un peu (et, vous l'aurez compris, tous les réconforts sont bons à prendre.)

J'ai aimé cette situation initiale banale. Qui n'a pas déjà observé les appartements qui longent leur ligne RER en imaginant la vie des gens, en les enviant parfois ? Bien que ce soit rarement maladif comme Rachel (enfin je l'espère), je crois qu'on se retrouve tous ou presque dans cette habitude de Rachel. 

Ensuite, j'ai aimé la psychologie des personnages et le jeu de miroir entre eux. Ils ne sont certes pas vraiment attachants mais j'ai aimé cette profondeur, cette complexité et cette ambiance bien glauque (encore une fois, ma vie m'est alors paru plus rose... rose très gris, mais rose un peu)

J'ai bien accroché à l'intrigue également, même si dans la dernière partie du roman tout a commencé à se profiler clairement dans ma tête (en même temps, c'est pas dû au fait que je sois d'une perspicacité extraordinaire en ce moment, mais juste parce que l'auteur a bien voulu nous donner plus d'indices.) Mais j'ai lu ce livre, assez épais, sans encombre et ça m'a permis d'oublier un peu ma réalité. Et je n'en demandais pas plus à un roman en ce moment, donc mission accomplie.

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Je t'aime Maman.

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10 septembre 2017

"Pourquoi je n'ai pas écrit de film sur Sitting Bull" de Claire BARRE

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Pourquoi je n'ai pas écrit de film sur Sitting Bull de Claire Barré

Éditions Robert Laffont, 2017, 246 pages

Claire, la narratrice et auteur, a une vison de Sitting Bull qui ne quitte plus sa rétine pendant quatre jours. Aussi, elle est persuadée que le grand chef indien tente de communiquer avec elle. Au début, elle ne sait pas à qui appartient ce visage mais quand elle le découvre, elle se plonge des heures durant dans l'histoire amérindienne. Mais cela n'est pas suffisant pour elle, il faut qu'elle comprenne et qu'elle parvienne à se mettre en contact avec lui ! Elle entamera alors un voyage  spirituel au fin fond des méandres du chamanisme puis un voyage physique dans le Dakota du Sud, aux États-Unis, pour rencontrer l'arrière-petit-fils de Sitting Bull à la jonction entre tradition et modernisme.

Je suis assez mitigée sur ce roman et je pense aller un peu à contre courant des avis que j'ai pu voir jusqu'ici. Il y a un côté de l'histoire qui m'a passionnée, celui de la rencontre de l'auteur avec la culture indienne. J'ai toujours été passionnée par les amérindiens. L'attitude et la fascination de Claire pour la culture amérindienne lors de son voyage aux USA n'ont pas été sans me rappeler mon propre engouement lors de mon voyage au Canada il y a quelques années : Visite de réserves et de vieux villages indiens (enfin, reconstitués...), achats dans les magasins traditionnels. J'ai d'ailleurs moi aussi ramené un superbe tambour indien de mon voyage au Québec ! (et une statue Tainos de mon voyage dans les Caraïbes) J'ai beaucoup aimé aller à la rencontre de Ernie Lapointe (l'arrière-petit-fils de Sitting Bull) avec la narratrice. Voilà, j'ai aimé ce road trip, cette ambiance, cette aventure.

Par contre, j'ai eu du mal avec le côté chamanisme du récit. Je suis du genre à ne croire que ce que je vois, et le problème est que je n'ai pas cru une seconde aux transes de Claire. Si ce livre avait été présenté comme un roman, je serais peut-être plus rentrée dans le délire mais là, je n'ai fait que regarder d'un oeil cynique les voyages spirituels de l'auteur. D'ailleurs, au bout d'un moment, je n'ai plus fait que les survoler...

Néanmoins, j'ai aimé le style de l'auteur. Il y a beaucoup d'humour dans ce roman et j'ai aimé le ton décalé, dynamique et franc de Claire Barré. Et bravo à elle d'assumer toute cette histoire intérieure, dans une livre, comme elle l'a fait !

C'est donc loin d'être une mauvaise lecture pour moi, mais je n'ai pas été touchée comme d'autres ont pu l'être.

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23 août 2017

"Aquarium" de David VANN

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Aquarium de David Vann

Éditions Windmill Books, 2015, 266 pages

Caitlin a douze and et vit à Seattle avec sa mère. Elles sont toutes les deux très isolées, elles n'ont pas de famille. Sheri, sa mère, travaille dans les docks, elle déteste son boulot mais elle n'hésite pas à faire des heures supplémentaires pour que sa fille ne manque de rien. Les journées sont longues pour elles deux, Sheri dépose sa fille à six heures trente à l'école en allant travailler, elle ne la rejoint pas avant seize ou dix-sept heures le soir. En sortant de l'école, Caitlin s'occupe alors dans l'aquarium de sa ville, tous les soirs. Elle adore les poissons (qu'elle "ne mange pas parce qu'elle les aime trop") et est ravie d'attendre sa mère, tous les jours, parmi ses meilleurs amis. A l'école, elle n'a qu'une amie, Shalini, une jeune indienne avec laquelle elle entretient une relation fusionnelle. Un jour, à l'aquarium, elle rencontre un vieux monsieur qui semble sa passionner autant qu'elle pour les poissons, ils deviennent très vite amis jusqu'à ce que sa mère le découvre et panique totalement. La rencontre avec le vieil homme va rouvrir de grosses cicatrices de la vie de Sheri, propulsant Cailtin dans l'obscurité de l'histoire de sa famille, de son histoire.

Ce roman est assez étonnant quand on connaît les autres romans de David Vann et on s'attend presque à lire un roman jeunesse dans la première partie. Mais, ça reste du David Vann et comme on peut s'y attendre, ça va devenir sombre, triste, émouvant et révoltant. Le roman oscille entre noirceur et douceur. En effet, lorsque nous sommes dans l'aquarium avec Caitlin, on est comme elle, protégés par une bulle de douceur, sous l'eau, parmi la quiétude de la vie des poissons. Les sons et les meurtrissures comme assourdis par l'eau. Et puis, quand on remonte à la surface, il y a la réalité de la vie de Caitlin et surtout de sa mère. Sa mère qui est tout son univers et qui est le baromètre du bonheur de la petite fille. En effet, quand ça ne va pas pour les parents, c'est la fin du monde pour les enfants car ils ne voient qu'à travers eux. 

Je ne veux pas trop en dévoiler alors je vais seulement révéler que Sheri a eu une jeunesse bien compliquée et qu'elle fait aujourd'hui son possible pour que sa fille ne manque de rien et ai une vie paisible. Mais, c'est une femme très instable qui va perde pied dès lors que sa petite bulle familiale va être ébranlée, violence et tristesse remontant par la même occasion.

C'est un roman superbe, plein de douceur et de poésie mais qui nous manque pas de nous retourner (Comme je disais plus haut, c'est du David Vann, il se sait pas faire autrement!) et j'ai adoré me plonger dans cet univers. David Vann a un don spécial pour nous embarquer dès les premières pages dans ses histoires horribles et que c'est agréable ! L'auteur est sans conteste l'un de mes auteurs contemporains préférés !

Voici le dix-septième livre de l'année sorti de ma vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

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03 août 2017

"L'homme-dé" de Luke RHINEHART

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L'homme-dé de Luke Rhinehart

Traduit de l'anglais par James du Mourier 

Éditions de l'Oliver, 1995, 521 pages

Luke est un éminent psychanalyste new-yorkais. Il vit avec sa femme et leur deux jeunes enfants. Une nuit, après une soirée bien arrosée, il décide de tenter une nouvelle expérience et laisse un dé décider de ce qu'il va faire : aller sagement rejoindre sa femme, où aller frapper à la porte de sa voisine (accessoirement la femme de son meilleur ami) pour la violer. Ce sera le déclic pour lui, à partir de ce moment, il va transformer sa vie en un véritable jeu de hasard, lançant les dés pour chaque décision qu'il doit prendre, triviale ou pas. Bien sûr, ce choix de vie va le plonger dans des situations incongrues et souvent malsaines, d'autant plus qu'il exercera désormais son métier en suivant le bon vouloir des points qui apparaîtront sur son dé. La dé-vie commence, il se considère lui-même comme un homme-dé, emportant dans son sillon toujours plus d'adeptes.

Pourtant, même si les dés décident pour lui, il reste en quelque sorte maître de son hasard, c'est en effet lui qui décide des options qu'il met en jeu avant chaque lancé de dé. Plus le roman va avancer, plus Luke sera attiré par le danger, proposant aux dés des scénarios qui n'auront de cesse de le plonger dans des situations inextricables... Mais peu importe, le dé lui proposera quoiqu'il arrive la prochaine conduite à suivre !

Ce livre est tout bonnement hallucinant ! J'ai aimé suivre la folie de Luke qui n'hésite pas à se mettre en danger pour se sentir plus libre, la normalité et la moralité n'ayant plus leur mot à dire dans cette vie dé-vouée au hasard. C'est un roman qui ne ressemble à aucun autre, que l'on regarde parfois d'un oeil détaché devant tant de bêtises mais qui n'a de cesse de nous fasciner et de nous faire tourner les pages pour voir jusqu'où toute cette folie ira ! D'autant plus que l'auteur s'amuse à nous glisser, mine de rien, des indices sur ses futures exploits. C'est un roman exigent mais pourtant très agréable et très fluide à lire. Luke est un impétueux narrateur rempli d'humour, ses choix peuvent être aussi malsains qu'hillarants. Je n'oublierai jamais "la grande évasion"! Haha ! Il y a néanmoins quelques longueurs quand les personnages s'engagent dans des discussions trop psychologiques, mais cela ne dure jamais très longtemps.

J'ai découvert ce roman grâce à mon gorille littéraire (qui m'avait déjà fait découvrir Les Liaisons dangereuses) et je suis encore toute estomaquée de n'avoir jamais entendu parlé de ce roman auparavant. Ce livre est une OVNI littéraire que tout lecteur s'intéressant à la littérature et au travail purement littéraire devrait lire. 

Enfin, petit coup de gueule contre les éditions de l'Olivier... ce n'est pas possible de laisser passer autant de coquilles, en particulier sur le mot "bite" (il faut appeler un chat un chat et le roman en parle beaucoup, il faut l'avouer) écrit "bitte" tout au long du roman! Dans cet billet, c'est peut-être la première fois que j'écris ce mot, et pourtant, je sais comment l'écrire ! Bref...

Merci mon gorille :)

les lectures du gorille

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26 juillet 2017

"Shore" de Sara TAYLOR

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Shore de Tara Taylor

Traduit de l'anglais par Patrick Dusoulier

Éditions Robert Laffont - Pavillons, 2016, 337 pages

Shore est un archipel au large de la Virginie, aux États-Unis. Shore, le roman, c'est l'histoire de deux familles un peu oubliées du monde, comme leur archipel, à travers les âges (entre 1876 et 2143). En ouvrant ce livre, on a quelque peu l'impression de lire des nouvelles mais on découvre rapidement les liens qui unissent tous les personnages de cette histoire, un arbre généalogique en début de livre nous aide d'ailleurs beaucoup à suivre l'intrigue et ce qui s'y joue vraiment. Shore, c'est alors le destin souvent tragique de tous ses personnages, qui, coupés du monde, vivent ou survivent avec les drames que la vie peut apporter dans ses moments les plus noirs. Shore, c'est également des gens, souvent des femmes, qui veulent se construire un destin et ne pas rester pourrir sur l'archipel. Un archipel magnifique par ailleurs, mais synonyme d'enfermement et de solitude, solitude face aux problèmes et dont les personnages, malgré leur envie de nouveaux horizons, ne peuvent souvent pas se résoudre à quitter. Shore, c'est un roman empli de magie et de mythes, avec des personnages singuliers. Le mythe, très présent ici, n'est pas sans rappeler la découverte du continent et les racines de la société américaine, la présence des amérindiens qui hante les lieux.

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Shore, c'est un livre dans lequel une petite fille est obligée de tuer son père pour survivre, où on peut faire des figure avec le vent et appeler la pluie quand cela est nécessaire. C'est un livre sur la condition de la femme à travers les âges et leur refus de se soumettre aux hommes. Les deux familles dont il est question ici sont des familles à vif, écorchées. La rudesse du quotidien sur l'archipel semble retomber sur les personnages qui doivent luter, générations après générations, pour survivre dignement, comme des êtres humains.

Avec ses chevaux sauvages et ses longues plages retirées, Shore apparaît comme la dernière terre encore préservée de la main des hommes, la nature ne se laisse pas apprivoiser, et c'est d'ailleurs, plus le monde se détériore, le seule refuge qu'il restera. 

J'ai beaucoup aimé ce roman, j'ai été d'entrée happée par les personnages, l'ambiance sauvage et majestueuse de l'archipel, les destins tragiques et la force des personnages, la magie des lieux et de certaines situations, la réflexion profonde sur le monde, sur la condition humaine et sur la sauvagerie dont sont capables certains.

Le style est épatant, surtout quand on sait que c'est le premier roman seulement de Sara Taylor. La trame est ambitieuse mais l'auteur parvient à ne pas se perdre parmi la multitude des personnages et lie leurs histoires avec subtilité, finesse et intelligence. 

C'est un très beau roman et un auteur à suivre sans conteste, de plus, j'ai adoré voyager à sur les plages sauvages de Shore. Cela fait maintenant parti des lieux que je veux visiter absolument.

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Voici également le seizième livre de l'année sorti de ma vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

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17 juillet 2017

Mois Anglais 2017 : Mon bilan !

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Le mois anglais est terminé depuis plus d'un quinzaine de jours maintenant, il est alors grand temps que je dresse mon bilan pour cette édition 2017 !

(mais ça se sent, c'est les vacances et j'ai comme une flemme de blog.... Oui quand j'ai trop de travail, je ne blogue pas, et quand je suis en vacances, je suis flemmarde. C'est compliqué!)

Bref, un petit mois anglais pour moi cette année car le mois de juin est toujours un mois très chargé quand on est prof. 

Je n'ai lu que sept romans anglais....

  1. Alfred et Emily de Doris Lessing : Un beau retour aux sources pour moi et une grand envie de me replonger dans son oeuvre !
  2. La couleur du lait de Nell Leyshon : Je n'attendais pas grand chose de ce roman et ce fut une véritable belle (et ignoble!) surprise.
  3. Roxana de Daniel Defoe : Une réconciliation entre l'auteur et moi et une amusante lecture d'agreg! (les deux sont compatibles, oui oui !)
  4. The New Madgalen de Wilkie Collins : Comme quoi, même les barbus peuvent nous décevoir un jour. Mais quand j'aime, je ne suis pas rancunière.
  5. Agnès Grey de Anne Brontë : Comme quoi, même les victoriennes peuvent nous décevoir un jour...
  6. Les filles de Hallows Farm de Angela Huth : Je continue ma découverte de cet auteur et entre nous, cela ne va pas s'arrêter là!
  7. The Lost Stradivarius de John Meade Falkner : Je n'ai pas vérifié s'il était barbu, mais il est victorien et, de toutes façons, je les aime ces victoriens ! Une très belle découverte enrobée de musique. (Rho, je viens de vérifier, pas de barbe, juste une p'tite moustache!) Il faudra que je lise Moonfleet pour le prochain mois anglais, même si j'ai bien l'impression que c'est une sombre histoire de pirates...

Je vous ai parlé de Broadchurch (qui rassemblait deux Docteur Who, YOUHOU !) mais n'ai malheureusement pas eu le temps d'évoquer le ténébreux Poldark. 

Même si je n'ai pas pu m'y plonger comme j'en aurais eu envie, ce fut une nouvelle fois un très beau mois anglais et un nouveau gros succès sur la blogosphère GRÂCE A VOUS ! Alors un grand merci pour votre fidélité à ce rendez-vous annuel et pour votre enthousiasme sans faille !

Un grand merci également à ma copine-complice Lou ! :-)

Je vous souhaite un très bel été à tous et vous donne rendez-vous l'année prochaine pour de prochaines Englisheries !

Je vous donne également rendez-vous plus froidement en fin d'année pour une seconde édition de Décembre Nordique.

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30 juin 2017

"The Lost Stradivarius" de John Meade FALKNER

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The Lost Stradivarius de John Meade Falkner

Kindle Éditions, 1895, 296 pages

John est un riche et brillant étudiant. Il vit à Oxford et se passionne pour la musique, en particulier, il aime jouer du violon, le soir, avec son meilleur ami. Mais, chaque fois qu'ils terminent de jouer leur air préféré, un fauteuil en osier se met à grincer, comme si quelqu'un se levait pour quitter la pièce, alors qu'ils sont seuls... Un jour, John découvre une porte cachée sur la cloison de sa chambre d'étudiant, à l'intérieur du placard, il trouve un vieux violon d'époque, fabriqué par l'illustre Stradivari. Sa frénésie de violon va alors aller crescendo. Il se marrie avec Constance, son amie d'enfance qu'il aime à la folie, la jeune femme va bientôt lui donner un fils. Bref, tout semble sourire à John et pourtant il devient de plus en plus lunatique, distant, fuyant, en proie à des frayeurs inexpliquées. Leur lune de miel est un fiasco, il décide d'ailleurs de repartir seul en Italie dès son retour. Son état de santé et son humeur vont dorénavant être de plus en plus maladifs...

C'est un fait une histoire de fantôme et de possession que nous raconte ce livre. John jouant de son violon semble attirer la présence d'un vieil anglais au destin tragique. Petit à petit, John perd son emprise sur son âme et sur son corps. Le violon tourne à l'obsession, le jeune homme perd pied.

L'histoire nous est racontée par Sophy, la soeur de John, dans une lettre qu'elle adresse à Edward, le fils de John alors qu'il est maintenant jeune adulte, pour lui raconter l'étrange histoire de son père. Puis, Sophy laisse place au meilleur ami de John qui conclue le récit. Ce roman s'inscrit alors tout à fait dans la tradition victorienne reprenant ainsi le thème des fantômes, de l'étrange et du récit surnaturel qui nous est raconté selon différents points de vue, à la recherche de la vérité.

J'ai beaucoup aimé ce récit qui n'est pas sans rappeler les histoires de Wilkie Collins. On y retrouve ici une ambiance toute victorienne de mystère et de surnaturel qui embarque efficacement le lecteur. J'ai bien aimé également le rapport du personnage à la musique et la façon dont celle-ci accompagne tout le récit. Il est dommage que le morceau auquel il est fait référence tout au long du livre n'existe pas, j'aurais bien aimé accompagner ma lecture de quelques notes de violon.

Voici ma dernière lecture dans le cadre du Mois Anglais 2017 que j'ai organisé avec ma copine Lou durant tout le mois de Juin et qui prend fin aujourd'hui.

Vous pouvez retrouver le récapitulatif des billets de nos participants ICI.

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Voici également le quinzième livre de l'année sorti de ma vieille PAL  (kindle) pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

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27 juin 2017

"Les filles de Hallows Farm" de Angela HUTH

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Les filles de Hallows Farm de Angela Huth

Traduit de l'anglais par Christiane Armandet et Anne Bruneau

Éditions Folio, 1994, 557 pages

En 1941, la guerre bat son plein. Pour palier au manque de main d'oeuvre masculine occupée sur le front, les femmes remplacent les hommes dans les exploitations agricoles. Prue, Stella et Ag se portent alors volontaires pour soutenir l'effort de guerre et rejoignent Hallows Farm et la famille Lawrence pour travailler à la ferme dans le Dorset. Les trois jeunes femmes sont de pure citadines, toutes trois bien différentes néanmoins. Prue est la plus effrontée, elle aime séduire, profiter de la vie et des jeunes hommes. Ag est une jeune étudiante en littérature qui rêve de son amour platonique, Desmond. Stella, quant à elle, est amoureuse de Philip, un jeune soldat, et attend patiemment de le revoir. On ne mise pas lourd sur elles à leur arrivée, d'ailleurs Mrs et Mr Lawrence restent sur leur garde à l'arrivée de ce renfort féminin. A la ferme, il y a aussi Joe, le fils des fermiers, qui n'a pas pu rejoindre l'armée à cause de son asthme et Ratty, un vieux voisin employé par la famille Lawrence. L'arrivée des jeunes filles va bouleverser les habitudes des paysans mais bien vite, leur travail se révélera irréprochable.

La présence des jeunes femmes n'est pas des plus naturelles pour les hommes un peu bourrus de la ferme. Mr Lawrence, Ratty et Joe ont un peu de mal à trouver leur marque au milieu de ses trois travailleuses pleines d'énergie et de bonne humeur. Une ambiance qui tranche sacrément avec les tâches ingrates quotidiennes et la rumeur de la guerre qui les entourent. Les hommes s'en trouvent tout émoustillés, il faut dire qu'avec la personnalité de ces trois jeunes femmes, chacun d'entre eux peut y trouver son compte. 

Ce roman est alors celui d'une rencontre entre deux mondes, entre des gens qui n'auraient jamais dû cohabiter si la guerre n'avait pas éclaté, des gens qui se découvrent et apprennent à se connaître. Loin de chez elles, face à la nature, les filles découvriront leur limites et entament un voyage qui leur permet de se découvrir elles-mêmes. Il en va de même avec Joe qui trouve son quotidien totalement chamboulé à l'arrivée des jeunes femmes. Il réalise que la vie, même si l'armée n'a pas voulu de lui, ne se résume pas à la vie à la ferme, entouré de gens qu'il a côtoyés toute sa vie. Pour tous les personnages de ce roman, leur rencontre est synonyme de profondeur humaine et de réconfort, chacun s'apprivoisant petit à petit.

Voici un beau roman sur la guerre, pas celle du front et des batailles mais celle des gens qui ont, comme ils ont pu, soutenu leur pays et la liberté tout en essayant de survivre dignement malgré les nouvelles des horreurs qui leur arrivaient par la radio.

C'est mon deuxième roman d'Angela Huth et encore une fois la magie a opéré. L'auteur est douée pour retranscrire les ambiances. Tout comme dans Quand rentrent les marins (un coup de coeur!), on ne peut pas dire que l'action est palpitante, le rythme est assez lent mais on a vraiment l'impression de vivre avec les personnages, s'enthousiasmant et s'émouvant avec eux. J'ai adoré suivre les trois jeunes femmes à Hallows Farm mais j'ai aussi beaucoup apprécié rencontrer les autres personnages. Ce roman n'est pas loin d'un coup de coeur, dommage que la fin soit un peu trop guimauve à mon goût... ça a gâché un peu la fin de ma lecture (et m'a un peu déçue...) mais c'est quand même du très bon, et c'est sûr, je vais lire tout Angela Huth !

Livre lu dans le cadre du Mois Anglais 2017 que j'organise avec ma copine Lou durant tout le mois de Juin !

Vous pouvez retrouver le récaptilatif des billets de nos participants ICI.

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Voici également le quatorzième livre de l'année sorti de ma vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

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