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26 juillet 2015

"Summer" (film)

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Summer (2015, 1h30)

Film d'Alanté Kavaïté (Lituanie)

Avec Julija Steponaïtyté, Aïsté Dirziuté, Juraté Sodyté, Martynas Budraïtis

Sangaïlé vient passer ses vacances d'été avec ses parents, comme tous les ans, dans leur maison de campagne dans la forêt, tout près de Vilnius. Elle assiste à un spectacle de voltige aérienne qui la fascine. Elle gagne le premier prix de la loterie qui est un vol avec un champion du monde, elle refuse pourtant son prix. Lors de cette fête, elle rencontre Austé, une jeune fille qui travaille sur l'aérodrome. Au cours des jours et des soirées d'été entre jeunes, elles vont devenir très complices, amies puis amantes. Summer raconte l'histoire de cet été à se découvrir, dans ce film d'apprentissage, Sangaïlé, jeune fille timide et mal dans sa peau, va s'épanouir devant nos yeux.

Summer met à proximité deux jeunes filles de dix-sept ans aux personnalités opposées. Sangaïlé semble subir sa vie, son été avec ses parents, comme une fatalité et un devoir auxquels elle ne peut pas échapper. Elle est mal dans sa peau, introvertie et se sacrifie. Le dialogue avec ses parents semble rompu et leur maison de vacances apparaît comme grande, vide, silencieuse et froide. Autour, la forêt rugit et un lac alentour appelle à la fraîcheur, au retour aux sources, à la méditation.

Austé, quant à elle, est une jeune fille extravagante à la sensualité exacerbée. Elle n'a pas le même confort de vie de toute évidence, elle vit dans un vieil HLM et occupe des petits jobs pour payer ses études.

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Les deux jeunes femmes sont comme le reflet inversé de l'autre, comme un négatif qui a besoin de l'autre pour se révéler. Sangaïlé s'habille sobrement, elle est filiforme et veut passer inaperçu, comme c'est d'ailleurs le cas dans sa famille. Austé, au contraire, joue de son corps et de son apparence, elle est créative et prend sa vie en main pour créer son univers propre, dans lequel elle se sent bien. Son corps est son moyen d'expression ainsi que les vêtements qu'elle crée.

Forcément, cette rencontre va être riche et tumultueuse. Austé, emplie de douceur, va essayer de redonner envie à Sangaïlé d'habiter pleinement son corps, tout d'abord en l'habillant différemment, puis en la photographiant pour sublimer l'apparence de la jeune fille et lui redonner confiance.

Pleine de sensualité, elle va également séduire Sangaïlé; lui faire découvrir la sexualité et l'aider à assumer son corps, à aimer son corps.

C'est une véritable rencontre qui a lieu entre les deux jeunes filles, une relation éphémère qui ne durera que le temps d'un été mais pilier sans conteste de la vie de Sangaïlé qui profitera de cet amour et de cet appui pour vaincre ses peurs. Sangaïlé comprendra que si elle ne veut pas reproduire les frustrations de sa mère, elle devra prendre sur elle et surmonter ses propres phobies.

C'est un très beau film plein de silences, de sensualité, de lenteurs qui donnent une sensation de douceur.  Il n'y a aucun jugement sur ces deux jeunes filles qui entament une relation lesbienne. "Les errances, souffrances et tendances autodestructrices ne sont que des étapes pour trouver l'équilibre, s'émanciper et grandir. Il ne faut pas dramatiser à outrance" dit Alanté Kavaïté (la scénariste) et c'est tout à fait le sentiment que j'avais en sortant de la séance : C'est un film qui montre l'amour, la tendresse, la sensualité mais sans aucun regard dur ni jugement, l'histoire passe tout en douceur.

J'ai beaucoup aimé ce film, même la sensualité exacerbée qui aurait pu me déranger. C'est une belle histoire d'amour d'été entre deux jeunes femmes qui profiteront de cette rencontre particulière pour avancer et se construire. Les comédiennes donnent le ton juste et le décors et la photographie ne gâchent pas notre plaisir.

Le film sortira en salle mercredi prochain, le 29 juillet.

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23 juillet 2015

"Les faux British" au théâtre Tristan Bernard

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Les faux British au théâtre Tristan Bernard

Pièce de Henry Lewis, Jonathan Sayers et Henry SHields

Mis en scène de Gwen Aduh

Avec Aurélie de Cazanove, Jean-Marie Lecoq, Miren Pradier, Nikko Dogz, Yann de Monterno, Michel Scotto di Carlo...

Ca commençait bien, on était en retard et c'est l'un des comédiens qui nous a accueilli à la porte, en tenue d'époque, pour nous dire de nous magner un peu !

Enfin installées, ça commence, le comédien (le même!) pose le décor : Cette pièce est mise en scène et jouée par des passionnés de romans noirs anglais. Ils ont déniché un texte inédit de Conan Doyle qu'ils s'apprêtent à nous jouer en exclusivité! Ils y ont mis tout leur coeur et tous leurs moyens ! Le décor a été prêté par des amis antiquaires et tous ont appris leur texte! (ou presque.. ahem!)

Et voilà que ça commence... un vieux manoir anglais au milieu de la forêt venteuse et pluvieuse, un soir, la veille d'une cérémonie de fiançailles, le fiancé meurt assassiné ! Catastrophe, cauchemar, scandale ! Mais qui a bien pu faire ça ! Le flic du coin est appelé et voici une partie de cluedo qui commence sur scène, avec des comédiens de plus en plus perdus ! Mais où est donc ce fichu carnet !? Oh pas grave, on va lui donner un vase à la place !! D'autant plus que les textes... hé bien les textes ont eu bien du mal à rentrer dans la petite tête des comédiens nous plongeant dans des dialogues hallucinants de non logique, et parfois hallucinants de répétitions ! (le comique de répétition, l'un des piliers de la pièce!) Les comédiens y perdent leur latin, leurs liaisons-t-extravagantes mais jamais leur flegme ni leur accent so British (parfois, et parfois moins!) Le décors s'en mêle, dans toute cette pagaille, des accessoires tombent, les portes se bloquent.... bref un beau bazar s'installe gaiement sur scène et dans la salle.

De notre côté, des spectateurs proches de l'asphixie tellement ils rigolaient, d'autres en pleuraient (moi!) assis en équilibre sur nos rehausseurs de siège (véridique! ahah!) (et pourtant, je ne suis pas ben p'tite!)

Ce fut un excellent moment partagé avec ma copine Lou grâce à mes adorables collègues qui m'ont offert ces places. Un pièce à voir par les amoureux des British et les autres! Un belle parodie de pièce de théâtre-cluedo-enquête policière !

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Théâtre Tristan Bernard - 64 rue du Rocher - 75008 Paris

Jusqu'à fin août, relâches les dimanche et lundi.

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20 juillet 2015

"Les visages" de Jesse KELLERMAN

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Les visages de Jesse Kellerman

Traduit de l'américain par Julie Sibony

Éditions Points, 2009, 474 pages

Ethan Muller tient une grande galerie d'art à New York. Il mène une vie un peu dissolue, fréquente une femme de vingt ans son aînée, et n'a plus aucun lien avec son richissime père autre que part son bras droit Tony. Un jour, Tony l'appelle, ils ont retrouvé une série de dessins dans l'un des appartements des résidences Muller, le locataire, David Cracke, s'est volatilisé. Sous la pression, Ethan se rend dans l'appartement où il découvre une quantité impressionnante de dessins dans des cartons. Les dessins sont numérotés, il s'agit en fait d'une fresque immense, avec pour pièce principale des visages d'enfants sous forme d'anges. Ethan décide d'exposer les oeuvres sans délais, il s'agit là d'un dessinateur de génie ! Peu après le vernissage, il reçoit un appel : Les visages seraient ceux d'enfants violés et assassinés il y a de longues années. Ethan va se prendre au jeu et va mener l'enquête pou connaître le fin mot de l'histoire. En parallèle, l'auteur nous plonge dans l'histoire singulière de la famille d'Ethan depuis son installation aux Etats-Unis.

C'est un roman à l'intrigue et à la forme originales et bien loin du polar pur. Bien sûr, il y a enquête mais l'histoire va bien au delà et s'appuie sur des liens et des sentiments familiaux bien compliqués. On est un peu dur au début avec Ethan, on se dit que quand même, il pourrait faire un effort envers son père... mais force est de constater que sa famille est loin d'être facile !

En arrière plan de l'histoire, on sent tout le malaise de l'après 11 septembre des newyorkais. Ils veulent vivre à toute allure, même si ce n'est pas simple : les fantômes de la tragédie continue de rode dans la vie de chacun... L'auteur veut aussi nous montrer que les priorités ont changé pour la police : les meurtres tout ça, d'accord, mais les terroristes, ça fait encore plus peur !

Je me suis carrément laissé prendre au jeu de ce roman. Ethan, le narrateur et "romancier" (enfin c'est ce qu'on nous fait croire) est sympathique et plein d'humour (il s'adresse souvent directement au lecteur.) Malgré le thème, j'ai trouvé que c'était une belle histoire (pour des raisons que je ne peux dévoiler ici mais que ceux qui ont lu et liront le livre pourront comprendre!) Je découvre ici un auteur efficace et très agréable à lire !

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17 juillet 2015

"La tache" de Philip ROTH

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La tache de Phlip Roth

Traduit de l'américain par Josée Kamoun

Editions Gallimard, 2002, 442 pages

Cela n'est certainement pas flagrant quand on suit mon blog, mais au départ, j'ai une licence en littérature américaine (mais je suis gravement atteinte de multi-intérêtisme!)... je me suis un peu perdu en route depuis et pourtant j'aime toujours lire de bons gros romans américains. Il y a quelques mois, on m'a mis entre les main L'Amérique des écrivains et j'avais dans l'idée, cet été, de me faire le même road trip littéraire américain en lisant les auteurs présents dans ce livre. Sauf que, encore une fois, je me suis perdu en route en commençant un roman de Philip Roth qui n'est pas du tout présent dans cet ouvrage !

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Je n'avais jamais lu Philip Roth avant, La tache traînait dans ma pal en grand format depuis sa sortie. Et je ne sais pas pourquoi on en est restés là avec Philip Roth pendant des années. Mais voilà que, sans grande raison particulière, je le prends et me plonge dedans. Et là, WOW ! Qu'on ne me dérange plus!

La tache raconte le destin d'un éminent professeur de l'université (fictive) d'Athena aux Etats Unis, dans la région de la Nouvelle Angleterre. Coleman Silk a dû quitter ses fonctions deux ans auparavant car on l'a accusé de paroles racistes dans son cours. Vexé, il finit même par démissionner et s'éloigne de tout ce qui faisait sa vie auparavant : son université, ses collègues... Il perd tragiquement sa femme et rend l'université responsable de sa mort. Il va alors demander à son voisin écrivain de raconter sa vie dans un livre afin que la vérité de son innocence éclate enfin en plein jour.

Esseulé et vieillissant (il a soixante-dix ans), il engage une relation avec Faunia, une femme de ménage de son université, illettré et de trente-six ans sa cadette. Il s'attire alors de nouveau les foudres de la communauté et surtout de Les, l'ex-mari de la jeune femme.

Nathan, l'écrivain, sera le témoin de la lente déchéance de Coleman, qu'il observe et admire de loin. Mais ce roman tourne autour d'un énorme secret de la part de Coleman, celui autour duquel il créera sa vie, sa carrière, sa réputation de toute pièce, un secret qu'il ne veut en aucun cas révéler alors que ça pourrait remettre en cause les accusations auxquelles il doit faire face.

J'ai l'impression d'avoir dévoré ce livre alors que j'ai mis une dizaine de jours à le lire. C'est que c'est un livre qui ne se lit pas à toute allure. Le style que certains trouvent ampoulé, je l'ai trouvé riche et nuancé, chaque mot a son importance, on sent son amour de la langue et du texte en lisant le roman de Philip Roth. Les thèmes abordés vont avec le style : riches, diversifiés, profonds. On aborde ici le thème de l'idendité aux Etats-Unis et de l'égalité des chances, de l'inceste, du racisme, des séquelles de la guerre du Vietnam sur les soldats, la guerre en général, l'éducation, la réussite, la rumeur et la réputation... Tous ces sujets sont abordés dans une Amérique en crise face à l'attitude de leur président Clinton qui s'amuse dans le bureau ovale avec sa jeune secrétaire. Au milieu de ces apparences, il temps que les américains comprennent que vivent des hommes et des femmes, des êtres humains qui ne peuvent pas toujours faire bonne figure et ne montrer qu'une image pure et lisse d'eux-mêmes.

Philip Roth est sans conteste un auteur que je vais relire, j'aime les romans bien écrits et profonds, qui vaut au-delà d'une simple intrigue. J'aime la richesse de la langue, la profondeur des sujets. Delphine, une méchante collaboratrice française (c'est lié?) de Coleman parle à un moment d'une langue universitaire, celle qu'elle comprend. Je trouve que ce roman à tout pour plaire aux universitaires et aux amoureux des études et de la culture car on en ressort vraiment plus riches une fois le roman fermé. On continue à y réfléchir, on perçoit les personnages différemment d'un moment à l'autre en y repensant. C'est un roman qui tient parfaitement sa fonction implicite avec le lecteurs : On pose une histoire et elle continue de s'épanouir en vous, elle s'instale en vous, elle prend vie en vous.

Une incroyable lecture pour commencer mon road trip américain !

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14 juillet 2015

"Intempérie" de Jesus CARRASCO

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Intempérie de Jesus Carrasco

Traduit de l'espagnol par Marie Vila Casas

Éditions Robert Laffont, 2015, 221 pages

Un jeune enfant, dont on ne connaîtra pas le nom, se cache dans un trou pendant des heures pour se sauver de son village la nuit tombée, lorsque les recherches auront cessé. Il s'enfuit ensuite à toutes jambes dans le désert espagnol, plein d'énergie et de fougue, celle d'un jeune garçon qui part à l'aventure. Bientôt, il découvrira les limites de son entreprise, la faim et la soif le tiraillent, il est tellement fatigué.  Il rencontre alors un vieux chevrier qui ne vit que de la nature, il vend le lait de ses chèvres et voyage au grès des puits d'eau, dormant à la belle étoile et se contentant de peu. Le jeune garçon se méfie d'abord du vieux, dont on ne connaîtra jamais le nom, mais celui-ci va le prendre sous son aile, le respect mutuel et l'attachement grandissant implicitement entre les deux compères, les mots sont rares. L'histoire prend des airs d'aventures pastorales, la nature est belle bien qu'hostile, les animaux et le vieux sont bienveillants. Et puis, tout d'un coup, tout devient dangereux, violent. Le petit garçon ne semble pas avoir fait qu'une simple fugue, et l'alguazil semble avoir des motifs cachés pour retrouver l'enfant à tout prix. L'intrigue tourne au cauchemar pour le vieillard mourant et le jeune enfant terrifié.

J'avais commencé ce livre à sa sortie mais les aléas de la vie de prof me l'avaient fait mettre de côté. Bien que j'en fus rendue à la moitié, j'ai décidé de le reprendre à zéro hier pour être certaine de ne pas manquer des détails importants. J'en étais alors restée à une belle histoire dans la nature... Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir hier la tournure que prenait le roman !

Le style est vraiment beau, doux, panthéiste, c'est sans conteste un très beau texte et malgré tout une belle histoire. Le jeune garçon et le vieillard se rencontrent, une rencontre comme il n'arrive qu'une fois dans la vie. Le petit n'a aucun repère dans la vie, aucun soutien de sa famille, il ne peut se fier à personne. Le vieillard prend alors ce rôle de gentil grand-père, bien que bourru. Le vieillard, quant à lui, sait qu'il n'est plus de toute jeunesse et que sa vie arrivera bientôt à son terme. Il prend le petit sous son aile, lui apprend la survie dans le désert et le métier de chevrier. Maladroit, il déverse sa bienveillance sur le petit garçon qui a pourtant bien du mal à lui faire confiance... dans son monde, les adultes sont hostiles et veulent du mal aux enfants. Alors, ils se rencontrent, à la vie, à la mort.

C'est un roman dans lequel le style contraste avec les horreurs qui sont racontées. La nature est belle, aride mais belle. Les chèvres, le chien se comportent avec respect et insouciance. Le vieux tient son rôle de vieux et le petit est très attachant. Atour, dans un environnement bien propice, rôdent les vautours qui veulent mettre à mal cette société utopiste.

Cette lecture fut une très belle découverte à la tournure très inattendue. Un très beau texte que je vous conseille grandement de découvrir.

L'avis de Titine.

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12 juillet 2015

"Le coeur qui tourne" de Donal RYAN

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Le coeur qui tourne de Donal Ryan

Éditions Albin Michel, 2015, 210 pages

Bobby Mahon vit dans une petite ville irlandaise. L'Irlande est durement frappée par la crise et le petit village n'y échappe pas. Bobby est une personnalité respectée dans le village, il est contremaître, il a réussi dans la vie, mais voilà, il se retrouve au chômage, sans le sou, à attendre que son père meure pour toucher l'héritage, en espérant qu'il ne tiendra pas jusqu'à ce qu'il ait tout dilapidé... parce qu'il tient le coup, ce vieux ! Le coeur qui tourne est le roman d'un village à la dérive, avec tout les travers qui peuvent en découler quand les gens sont à ce point désespérés qu'ils en deviennent à moitié fous. Ce roman est également un récit d'histoires d'amour, de meurtre, d'espoir et parfois de résignation aussi.

L'intrigue est racontée à plusieurs voix, vingt-et-un personnages se succéderont pour dépeindre leur communauté et leur vie quotidienne. Les vies des personnages s'entrelacent pour ne former qu'une histoire complexe au destin commun, tragique.

Ce roman est très finement construit. On suit l'histoire à l'image de ce coeur qui tourne que le portail du père de Bobby, selon l'éclairage, la face qu'il montre, le moment de la journée, l'intrigue nous apparaît d'un oeil nouveau. Le style de l'auteur est plein de douceur et de sensibilité. Quelque soit le destin de ses personnages, il les respecte et essaie de les comprendre plutôt que les juger.

Cette lecture fut une très belle découverte, et sachant que c'est un premier roman, Donal Ryan est un auteur qu'il va falloir surveiller !

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01 juillet 2015

Bilan du Mois Anglais !

Anglais 2015

Cette année, j'étais pourtant sur les starting-blocks, j'avais commencé mes lectures à l'avance, j'étais supra motivée et tout ! Et voilà que je suis admissible au CAPES d'anglais (ce qui n'était pas prévu du tout!) et que je me retrouve avec un oral à préparer et une épreuve à passer dans la première partie du mois anglais ! Pis v'là qu'une semaine après (soit au milieu tout pile du mois anglais), j'apprends que je suis reçue au concours ! Tout ça pour vous dire que je n'y étais pas trop, là, trop préoccupée, exaspérée, exaltée que je fus au mois de juin !

Je n'ai alors pas pu lire autant que je le voulais, ni publier autant que je le voulais (j'avais pas mal de films à chroniquer, et c'est tout bonnement passé à la trappe!) En même temps, vu que je voyais qu'une publication régulière était cause perdue, je ne me suis pas mis à la pression et ai lu mes livres tranquillement pour publier quand je pouvais.

Côté lectures, le bilan est mitigé... j'ai lu de très bons livres : Seul l'avenir le dira de Jeffrey Archer (j'ai d'ailleurs mis le second tome sur mon kindle pour l'été!), Une femme d'imagination de Thomas Hardy (que j'ai été ravie de retrouver Thomas en ce mois anglais!)... J'ai fait deux belles découvertes d'auteurs que je n'avais jamais lus avec Les jumeaux de Black Hill de Bruce Chatwin et Les Vieillards de Brighton de Gonzague Saint Bris.

Je me suis également mortellement ennuyé avec Au risque des ténèbres de Susan Hill et Robinson Crusoe de Daniel Defoe dans lesquels j'ai failli sombrer pour l'éternité infinie !

Neuf billets livres au total, sachant que je les ai presque tous lus durant le mois anglais, je ne m'en sors pas trop mal !

Je profite de ce billet pour remercier mes copines Lou et Martine pour l'organisation, ainsi que nos formidables participants qui se sont surpassé cette année encore ! Jettez donc un oeil au billet récapitulatif ! Un grand merci à vous , le mois anglais, c'est VOUS ! (je vais lire tous vos billets au fil de l'été, promis!)

Les prochains rendez-vous challengesques de la blogo : Le mois Américain de Martine en septembre, et le mois Québécois de Karine en novembre.

Pour ma part, je vous invite à passer le mois de décembre en Ecosse en ma compagnie avec le retour du Mois Kiltissime !

SEE YOU NEXT YEAR ! :-)

 

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30 juin 2015

"Les Vieillards de Brighton" de Gonzague SAINT BRIS

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Les Vieillards de Brighton de Gonzague Saint Bris

Éditions Livre de Poche, 2002, 286 pages

Arthur est un jeune français. Il vit à Londres avec ses parents et ses trois frères et soeurs. Il a cinq ans et un beau jour, il se bat gravement avec son petit frère. Ses parents décident alors de l'éloigner de la maison et le placent dans un hospice / asile pour personnes âgées à Brighton, au bord de la mer. Tout d'abord terrorisé, il va ensuite trouver sa place dans cette maison parmi les vieux, fous ou pas ? Ses parents ne lui rendront visite que très rarement. On ne sait pas exactement combien de temps il passe dans cette institution, mais ce qui est certain, c'est que ça le marquera à vie, le forçant à revoir sa vie à l'envers, pour finalement rajeunir après ce passage parmi les vieux.

Comme indiqué plus haut, je n'ai pas réussi à me faire une opinion : Sont-ce de vieux fous ou juste des vieux qui radotent leur jeunesse perdue ? Quoiqu'il en soit, qu'ils fabulent ou non, ils nous racontent des anecdotes, prétexte pour l'auteur à nous plonger dans la culture et l'histoire anglaises. On croisera Victoria, Jack l'éventreur, Defoe (argh! j'ai dû lire tout un passage sur Robinson aujourd'hui!), Shakespeare, Dickens.... mais aussi d'illustres auteurs français comme Verlaine ou Stendhal. Ce livre est alors un ode à la culture, à la littérature, à l'histoire. Les petits vieux vont essayer d'inculquer cette culture au jeune Arthur, lui faisant parfois la lecture le soir de classiques britanniques qui le captivent et le font voyager alors qu'il est prisonnier de son asile, dans la même galère que les vieux.

J'ai beaucoup aimé ce roman sans pour autant comprendre le postulat initial : On en comprend pas bien comment un enfant de cinq ans peut être placé dans un hospice, cela semble quelque peu incongru. Mais, et voici l'un des intérêts du roman, cela permet de mettre en cohabitation un petit garçon avec des personnes âgées haut en couleur : une ancienne prostituée, un vieux marins, un cuisinier ripoux, un curé cheminot.... Arthur va se trouver une deuxième famille une fois la période d'adaptation passée, ils vont finir par s'apprivoiser mutuellement.

C'est le premier livre que j'ai eu le courage de piocher dans la bibliothèque de mon oncle. Je suis ravie de cette lecture, c'est un ouvrage que je n'aurai jamais eu l'occasion d'ouvrir sans ce bel héritage bibliothesque (j'avoue que rien que le nom de l'auteur aurait réussi à me calmer - préjugé quand tu nous tiens!).

C'est un roman riche au style très fin et d'un grande originalité. Je n'hésiterai pas une seconde si je retombe un jour sur un roman de l'auteur.

Ceci signe ma dernière lecture pour le mois anglais 2015 !

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28 juin 2015

"Robinson Crusoe" de Daniel DEFOE

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Robinson Crusoe de Daniel Defoe

Kindle Éditions, 1719, 194 pages (enfin le double si j'en crois Kindle) (et le triple si j'en crois mon interminable lecture)

Il y a quelques mois, je me baladais en Écosse quand un ami me dit : Tu vois le village là-bas ? C'est celui du vrai Robinson. Et moi de me dire : Mais je n'ai jamais lu Robinson, comment ça se fait ? Surtout que j'adore Seul au monde, et Lost et tout se qui traite de survie dans un endroit isolé. Je m'y mets peu après pour le terminer seulement aujourd'hui... hum!

Notre jeune Robinson, petit bourgeois anglais rebelle, décide, contre l'avis de ses parents, d'embarquer pour les Amériques. Après quelques voyages, il se retrouve bloqué sur une île déserte au large du Brésil ou dans les Caraïbes. Seul son sur île, il apprend alors à se débrouiller, à faire pousser des trucs, à chasser, à se construire une forteresse pour se protéger des sauvages. Les années passent, il ne le vit pas trop mal, il apprend à son perroquet à parler, il découvre Dieu. Des sauvages arrivent un beau jour sur l'île pour s'adonner à des rituels de cannibalisme, puis repartent, puis reviennent et Robinson décide de leur piquer Friday (Vendredi) pour passer le temps et pour avoir un serviteur (lui le maître ultime des lieux!). Au bout de vingt-huit longues années (de lecture), il finit par s'échapper de son île et rejoindre l'Angleterre.

Franchement, j'ai eu beau essayer d'imaginer Robinson sous les traits de Tom Hanks, cela n'a pas suffit pour que cette histoire me passionne... D'entrée, on a bien du mal à éprouver la moindre empathie pour le snobe et prétentieux Robinson. Vu qu'il est tout seul, il écrit dans son journal pour nous, les (chanceux!) lecteurs. Mais voilà, sans aucun rythme, un peu sous forme de liste de courses (comme quelqu'un le dit très justement sur goodreads) et si lui n'a pas l'air de s'ennuyer le moins du monde, pour nous c'est une toute autre histoire ! Surtout que notre cher Robinson découvre la religion, tout en dénigrant tout être vivant qui ne soit pas Anglais. Nous avons alors de très "charmantes" pages sur les esclaves africains.

Et puis, Friday finit par arriver, et on s'attend à plus d'action, à un nouvel élan dans l'intrigue ! Mais non, Robinson décide de s'imposer en maître et d'éduquer son esclave, de lui apprendre à parler, les bonnes manières et lui faire découvrir dieu (encore lui!). Robinson, grand seigneur de l'île ! D'autres hommes finiront par débarquer sur l'île, et Robinson, tel Rambo, va tous les mettre à genoux ! Même quand il sera parti, il décidera de partager son île en parcelles pour la louer, c'est SON île que diable !

ENFIN, il arrive en Angleterre, et bien que le curseur Kindle nous indique que ce n'est pas encore tout a fait fini, on a de l'espoir, hé bien NON ! C'est pas fini ! Et on nous offre royalement une bataille entre Friday et un ours dans les Pyrénées alors que les deux compagnons sont presque dévorés par les loups ! (bon, là j'ai commencé à survoler sévère). Et puis, ENFIN il s'installe à Londres.... mais c'est TOUJOURS PAS fini, et hop qu'il nous liste toutes ses richesses etc.... (hum... j'ai lu deux phrases par pages à ce niveau là.)

Quelle déception ! Je me suis rarement ennuyé à ce point dans un classique (et là, ça rivalise avec Madame Bovary et le bio de Nabokov, ça résume tout!). Je comprends bien en quoi il est fondateur de tout un mythe, mais je me demande quand même comment ce texte a pu traverser les âges avec tant de popularité. Quel ennui !

Ce fut ma première rencontre avec Daniel Defoe, et certainement la dernière sauf si je trouve quelqu'un d'hyper persuasif sur le sujet.

J'ai lu ce livre dans le cadre de la LS (lecture solitaire) consacrée à Daniel Defoe durant le Mois Anglais, et je ne peux certainement en vouloir à personne de m'avoir si volontiers abandonnée dans ma galère !

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26 juin 2015

"Mugby Junction" de Charles DICKENS

mugby-junction-charles-dickens-paperback-cover-art (oh Turner sur la couv'!)

Mugby Junction (L'embranchement de Mugby) de Charles Dickens

Kindle Éditions, 1866

Un homme arrive en pleine nuit, sous la pluie, à l'embranchement de Mugby, une petite gare en Angleterre de laquelle partent plusieurs train, carrefour de directions. On ne sait pas son nom, juste qu'il avait une entreprise qui s'appelait Barbox Brothers. Sa femme est partie avec son associé. L'homme se retrouve là, désemparé. Il ne sait pas trop ce qu'il y fit, ni pourquoi il s'est arrêté. Il n'a pas envie de quitter la gare et reste là sous la pluie. Il finit par rencontrer l'aiguilleur qui lui indique où prendre une chambre. Il est ici dans une période délicate de sa vie, il ne sait plus quelle direction suivre, par conséquent le choix du train qu'il prendra sera déterminant. Mais pour l'instant il reste à errer dans la ville et finit par rencontrer une jeune femme handicapée, la fille de l'aiguilleur. Sans pour autant qu'une histoire d'amour s'installe (l'homme est bien abîmé par l'abandon de sa femme), une belle histoire d'amitié se développe. La jeune femme a un joie de vie à toutes épreuves, malgré ses handicaps.

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J'ai vu ce texte au théâtre il y a quelques mois, et bien que la mise en scène ait été épatante, je me suis ennnuyée par la lenteur de l'intrigue. Je me suis alors dit que c'était du Dickens mal adapté et j'ai lu le livre. Et je me suis ennuyée. Cette histoire d'homme qui se cherche ne m'a pas du tout happée. Il ne se passe pas grand chose, les mots utilisés n'ont aucune originalité (d'habitude c'est amusant de lire du Charlie!) et je me suis ennuyée.... Pire ! Alors que l'"intrigue" se terminait ENFIN, Dickens nous ajoute une dernière partie qui m'a achevée, une sorte de liste d'anecdotes d'un employé de la gare... j'avoue que j'ai baissé les bras et que j'ai plus que survolé cette dernière partie.

Voilà, une bien belle déception que mon Dickens de cette année, alors je n'ai plus qu'à en lire un autre pour me consoler !

Aujourd'hui, c'était LC Charles Dickens dans le cadre du Mois anglais, Praline a lu Un conte de deux villes, Tiphanie a lu Temps difficile et Titine a lu Les chroniques de Mudfog.

Mois anglais 1

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