Voyager... Lire...

11 septembre 2014

"La mer à courir" de Jean-Luc MARTY

La mer à courir de Jean-Luc Marty

Éditions Julliard, 2014, 260 pages

Paul vit en Polynésie avec sa mère. Son père est mort alors que Paul était très jeune, il a alors été élevé par sa mère et son beau père, un chercheur venu de la métropole. Lorsqu'il doit quitter son île pour l'île de France afin de poursuivre ses études, sa mère lui remet un vieux carnet de bord. Il doit retrouver une certaine Virginie, la fille de son beau-père, à laquelle le carnet doit revenir.

La métropole est loin de l'image que Paul s'en faisait. A son arrivée à l'aéroport, son chauffeur le transporte à travers la banlieue, c'est dans une cité un peu chaude qu'il sera logé par un de ses amis rencontré quelque temps auparavant à Tahiti : Le choc des cultures, le chocs des paysages !

Virginie nous permet, quant à elle, de "découvrir" le monde impitoyable de l'entreprise quand on est un jeune diplômé. Elle travaille à la rédaction d'un webzine, dans un grand immeuble moderne où tout est impersonnel, où il est impossible de lier des relations humaines saines.

Lorsqu'ils vont se rencontrer, il vont se raccrocher l'un à l'autre malgré le tabou : il a été élevé par son père qui l'a abandonnée, elle.

J'ai bien accroché à la première moitié du livre. J'avais très peur du monde de la banlieue dans lequel l'auteur tentait de nous plonger mais j'ai finalement trouvé que c'était bien rendu : Ici, l'auteur ne cherche pas à nous montrer que tout est noir dans les cités et j'ai aimé que l'on nous dépeigne l'entr'aide et la solidarité entre les communautés.

J'ai également aimé l'alternence des récits entre Paris et Tahiti, un contraste qui apportait un souffle d'air au lecteur et à l'intrigue.

Mais (oui, y'a un mais), je n'ai pas été passionnée plus que ça par Virginie et son milieu... et puis, quand les deux personnages se rencontrent en deuxième partie du roman, j'ai commencé à m'ennuyer ferme..... limite à m'énerver quand on nous place les deux prénoms côte à côte "Paul et Virginie". S'il y a un truc que je n'aime pas, c'est vraiment qu'on cherch à trop nous montrer dans un roman, sérieux, on aurait pas pu faire le rapprochement (si évident!) tout seul ?

Le roman, pour moi, s'éssoufle en deuxième partie... j'ai même été choqué par Virginie qui se dit, que finalement, y'a pas de mal à se taper son frère, que ça peut même être exitant (quand elle a encore des doutes sur ses liens de parentés avec Paul)... là je me suis dit que l'auteur se perdait un peu dans son intrigue et qu'il ne savait plus bien où il allait.

Je n'ai rien à redire sur le style, même si pour moi il n'a rien d'extraordinaire, ce n'est pas mal écrit.

Aussi, un avis en demie teinte pour moi à cause de l'intrigue qui a fini par avoir raison de moi... 

Ceci est une LC avec Leiloona et Stéphie.

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10 septembre 2014

"The Black Book" de Ian RANKIN

The Black Book (Le carnet noir) de Ian Rankin

Editions Orion, 1993, 340 pages

Nous retrouvons notre John Rebus alors qu'il vient de se faire larguer par sa copine, le Dr Patience, et qu'il retourne habiter dans son petit appartement avec les étudiants qui le louent... et son frère Michael, un type peu recommandable au premier abord. Il doit enquêter sur une affaire de mafia écossaise à laquelle les commerçants doivent reverser un montant pour avoir le droit d'exercer. Mais voilà, ça le passionne pas des masses notre Rebus, surtout quand l'un de ses amis et collègues se fait agresser un soir dans un bar à la gloire d'Elvis parce qu'il mettrait son nez là où il ne faut. Il n'en faut pas plus à John pour se détourner de sa mission première pour rouvrir un dossier vieux de cinq ans qui concerne l'incendie d'un hôtel dans lequel on a retrouver un cadavre jamais identifié.

J'ai retrouvé l'un de mes flics chouchous avec grand plaisir, c'est toujours charmant de le suivre et de le voir se moquer ouvertement de tout le monde, jouer son vieux bougre bourru (a priori un peu dégueu quand on nous décrit son appartement!) et, dans ce livre, il m'a beaucoup fait penser à Bernard Black ! (si y'a une adaptation un jour, il faut absolument penser à Dylan Moran!). Ce roman ruisselle de petits dialogues délicieux et à mourir de rire, la répartie de Rebus et son cynisme n'ont pas pris une seule ride !

Néanmoins... ce volume est loin d'être le plus passionnant... j'avoue avoir suivi l'intrigue d'un oeil, j'ai largement préféré les passages qui n'avaient rien à y voir, juste pour les trait d'humour de Rebus. D'ailleurs, je ne suis absolument pas certaine d'avoir tout compris à l'intrigue tellement ça ne m'a pas passionnée.

Enfin bon, même si ce n'est pas son meilleur, je n'avais pas d'autres choix que de passer par cette étape, car je ne les lirai pas autrement que dans l'ordre !

  • Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  • Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  • Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  • Strip Jack (Piège pour un élu)
  • The Black Book (Le Carnet noir)
  • Mortal Causes (Causes mortelles)
  • Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  • Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  • The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  • Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  • Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  • The Falls (La Colline des chagrins)
  • Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  • A Question of Blood (Cicatrices)
  • Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  • The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  • Exit Music (Exit Music)

Ce fut ma lecture du mois de septembre (trèèèèès en retard, because of the rentrée des classes) pour le Challenge Un an en Ecosse en compagnie de Rachel qui a lu Portes Ouvertes, Iroise et Claire ont lu Le fond de l'enfer et Lcath a lu Fleshmarket Close.

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Le mois prochain nous lirons une oeuvre de Robert Louis Stevenson !

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07 septembre 2014

"Park Avenue" de Cristina ALGER

Park Avenue de Cristina Alger

Éditions Albin Michel, 2013, 458 pages

Traduit de l'anglais (américain) par Nathalie Cunnington

Nous sommes à New York et le roman gravite autour de la finance et de la famille Darling, spéculateurs tous puissants dans le milieu. A la veille de Thanksgiving, l'un des associés de la famille décide de se suicider en sautant d'un pont. Forcément, ça cache des magouilles qui ne peuvent plus être dissimulées. Le lecteur est alors propulsé dans les histoires de cette famille qui semblait pourtant si bien sous tous rapports. Paul, "pièce rapportée" dans la famille, mari de Merill (l'une des filles de Darling) et avocat général pour la boîte de sa belle-famille, va devoir mener l'enquête, malgré lui, se partageant entre son sens de l'équité et son sens de la famille.

Ce n'est clairement pas le genre de roman que j'aime lire mais il trônait dans ma bibliothèque et c'est le mois américain, alors il fallait bien que je m'attaque à lui un jour ! J'avoue, que sans tout comprendre quand cela devenait trop technique (non mais je déteste le milieu de la finance, à ajouter à ma haine des bateaux et de la guerre dans les livres), j'ai lu ce livre avec un certain plaisir et pourtant je ne sais pas trop ce qui m'a plu. Je voulais un bon gros roman américain avec l'ambiance de la ville, les restos etc... mais non, y'a pas ça. On ne s'attache pas non plus à la famille, un peu trop superficielle à mon goût (et surtout, on ne vit pas dans le même monde, c'est certain!). Je n'ai pas non plus trouvé l'intrigue au comble du suspens... bref je ne sais pas, mais toujours est-il que lire ces 458 pages ne m'ont causé aucun problème et que j'ouvrais ce livre sans ensuite le lâcher pendant des heures, alors on peut dire que c'est un bon thriller quand même !

Voici ma première participation pour le Mois Américain organisé par ma copine Titine !

 

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03 septembre 2014

"N'oublie pas, s'il te plait, que je t'aime" de Gaétan SOUCY

N'oublie pas, s'il te plaît, que je t'aime de Gaétan Soucy

Éditions Notabilia, 2014, 89 pages

Ce texte, inespéré, est une publication posthume de Gaétan Soucy mais également un hommage que plusieurs auteurs et amis ont tenu à lui rendre. Le principe était pour Gaétan Soucy d'écrire une longue lettre d'amour, celle d'un vieux professeur à l'une de ses étudiantes de laquelle il s'est épris. Il devait ensuite composer la réponse de la jeune fille, qu'il a tout juste ébauchée comme publiée dans ce livre. Ce sont alors Suzanne Côté-Martin, Pierre Jourde, Catherine Mavrikakis et Sylvain Trudel qui prennent leur plume pour imaginer la réponse de la jeune fille, tout en respectant les indices semés par Gaétan Soucy et qui donnent la couleur de la réponse.

C'est un texte déroutant quand on connaît les autres oeuvres de Gaétan Soucy, et il ne faut pas s'attendre à retrouver un univers débordant de fantaisie et d'imagination cette fois. Gaétan se met à la place d'un amoureux transi, très rationnel au début (le personne est professeur de faculté, ne l'oublions pas !) puis à la limite de l'hystérie et de l'agressivité ensuite. Mais elle le fait exprès de ne pas comprendre ou bien ?! Moi, je me suis beaucoup amusée à lire cette lettre, sa folie montant m'a beaucoup fait rire. On a parfois envie de lui dire : "Bon ok, tu te calmes là ? Mais respire !" Que penser de sa crédibilité quand il en vient à citer Le Petit Prince pour appuyer ses propos et se justifier ?! (ahah)

Puis viennent les réponses écrites par la brochette d'auteurs que j'ai citée plus haut, très amusantes, pétillante, avec des clins d'oeil à la première lettre, comme des clins d'oeil à Gaétan Soucy.

J'ai été ravie de pouvoir lire ce dernier texte de cet auteur que j'aime tellement ! Je remercie son éditrice, Brigitte Bouchard, de nous l'avoir permis (et d'avoir répondu à mes mails désespérés aussi!)

Voici ma première participation (ma seule participation? Je vais faire de mon mieux, mais...) à Québec en Septembre organisé par Karine et Yueyin.

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26 août 2014

"Entre les murs" de François BEGAUDEAU

 

Entre les murs

de François Bégaudeau

Éditions Folio, 2006, 290 pages

Ce livre que tout le monde a lu bien avant moi raconte une année d'un professeur de français dans un collège populaire parisien (je n'ai pas vu le film.) Depuis que je suis prof, je cherche à lire des romans ou témoignages sur le sujet tellement ma première année m'a fait halluciner. J'avais lu il y a quelques mois, G229 de Jean-Philippe Blondel qui m'avait laissé de marbre par rapport à mon quotidien dans mon collège.

Le prof de ce livre enseigne dans un collège populaire dans lequel les élèves sont du style zonards, avec le langage qui va avec (sauf que quand même, même pour des zonards, il parlent bizarrement.) Il ne se sent pas particulièrement en danger quand il vient bosser non plus, à part avec l'un de ses élèves avec qui ça chauffe de plus en plus. Les autres s'intéressent plus ou moins aux cours, voire plus, même si les questions qu'ils posent peuvent laisser dubitatif, comme parfois les réponses du prof.

Encore une fois, j'ai trouvé de roman bien loin de ma réalité, à part quand on retrouve les profs en salle des profs : La panne de la photocopieuse m'a l'air d'être la seul réalité commune à tous les collèges de France ! Je me suis par contre, parfois, retrouvée dans le cynisme du prof qui m'a tout l'air de se demander ce qu'il fait là (à quelques jours de la rentrée, je me pose encore la question)... Et il y a une question qui m'a turlupinée pendant tout le roman : Il laisse ses élèves seuls dans la classe pendant qu'il en emmène un chez le CPE ??? Euh..... vraiment ??

Bref, en attendant cette rentrée, je continue à chercher le livre qui me parlera, et je mets tous mes espoirs dans Teacher Man de Franck McCourt, un auteur qui m'a beaucoup inspiré à un moment de ma vie où je doutais de beaucoup de choses.

Voilà, c'était mon billet "j'me-pose-des-questions, c'est-bientôt-fin-aout".

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24 août 2014

"L'été des noyés" de John BURNSIDE

 

L'été des noyés (A Summer of Drowning) de John Burnside

Edition Métailié, 2014, 287 pages.

Liv vit sur une petite île arctique en Norvège avec sa mère Angelika, atriste peintre illustre. Sur l'île, autour d'elles une petite communauté virevolte comme attirée par le charme et le côté mystérieux d'Angelika. Les vacances d'été débutent, et deux frères meurent successivement, noyés dans la mer en pleine nuit à quelques jours d'intervale. Pour Liv, bercée depuis sa plus tendre jeunesse par les récits magiques de son vieux voisin Kyrre, la Huldra (créature des forêts qui séduisent les humains dans le folklore scandinave) les a envoûtés et emportés un à un, jusqu'où ira-t-elle ?

Mais le roman n'a pas pour motivation de mener les enquêtes sur ces disparus. Le roman reste centré sur Liv et sa mère, alors qu'elles essaient tout au long du livre de préserver leur isolement et de plonger de plus en plus dans la solitude : Isolement envers la communauté, mais isolement mutuel également. Elles partagent la même maison mais vivent dans deux univers parallèles, se parlant à peine, ne se questionnant pas. Angelika est déroutante et on se surprend à plaindre la jeune Liv qui doit se construire, seule, sans l'aide de ses parents, dans un environnement plongé dans la magie.

Ici, comme dans tous les romans de Burnside, la nature et le style tiennent une place centrale dans le récit. Pour ma part, je lis John Burnside autant pour ses histoires que pour ses mots : les phrases regorgent de douceur, d'humanité et de respect pour la nature. L'île sur laquelle Liv vit, la forêt, la mer, les oiseaux sont les éléments essentiels pour créer l'ambiance à la fois duveteuse et effrayante de ce livre. La nature est plus imposante que l'homme et les isolent toujours un peu plus.

"He said once that the reason he wrote was that he wanted to take us all into a deep forest and leave us there, so we could see how beautiful it was. He wanted to carry people off to remote islands and the slopes of active volcanoes so they would stop what they were doing and start to care about the world. He wanted them to switch off the television and the piped music and see what was real."

La narratrice de ce roman est Liv. Aussi, l'auteur ne cherche pas à apporter des réponses à tous les évènements mystérieux qui surgissent dans l'environnement de Liv, mais tout comme elle, nous sommes plongés dans l'incompréhension. Nous n'en saurons jamais plus que Liv, qui se retrouve face à un mur quand elle questionne sa mère sur ses origines, qui ne veut plus questionner la seule personne qui pourrait lui parler de son père et mettre en péril sa vie "paisible" avec sa mère.

Un très joli roman qui se déroule entre réalité, rêve, démence et mythologie sous un paysage magique d'une île arctique. J'ai adoré !

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22 août 2014

"L'île du serment" de Peter MAY

 

 L'île du serment (Entry Island) de Peter May

Editions du Rouerge, 2014, 422 pages

Il y a des romans que l'on attend avec grande impatience, et c'était le cas de L'île du serment ! Surtout quand l'auteur en parle sur Facebook en l'écrivant mais sans trop en dire, histoire d'énerver ses lecteurs !

L'île du serment, c'est L'Île d'Entrée, au Québec. Un île d'irréductibles anglophones.

Sime est flic, un peu déprimé, totalement insomniaque depuis sa rupture avec sa femme Marie-Ange. Il doit partir avec une équipe de policiers sur l'ïle d'Entrée pour enquêter sur la mort d'un homme, agressé chez lui, en pleine nuit. De mémoire d'hommes, il n'y a jamais eu de crimes sur l'Île. Sime est d'origine écossaise, et dans sa famille, ses ancêtres ont décidé de garder l'usage de l'anglais, en plus du français. Il est alors le flic tout désigné pour tenir les interrogatoires des principaux suspects dans cette affaire, en particulier Kristy, la femme de la victime.

Dès qu'il voit Kristy pour la première fois, il a l'intime conviction de la connaître. D'autant plus, qu'il va découvrir un bijou grandement similaire à la bague de ces ancêtres qu'il porte au doigt depuis la mort de son père. Pourtant, il n'a jamais eu de contact avec Krysty avant.

Pourquoi toute cette histoire lui rappelle de vieux carnets que sa grand-mère lui lisant quand il était enfant ? Ces carnets, des journaux de son ancêtre Sime venu d'Ecosse pour s'installer de force au Canada, et qui le fascinent depuis toujours.

Alors, entre l'enquête, on est plongés dans l'histoire de l'Ecosse des années 1800, dans le destin de cette pauvre famille de l'Île de Lewis que l'on déloge de force pour l'expédier au Canada et les remplacer par des moutons. Puis on suit sa nouvelle vie au Québec, la perte de la jeune fille qu'il aimait en cours de route, son installation dans sa cabane en bois...

J'ai mis près d'un mois à lire ce livre il y a quelques mois car la version anglaise est intransportable, et puis le soir, ben je n'avais souvent pas le temps de lire. Mais voici qu'une "prophétique" grippe m'est alors tombé dessus, et une grande partie de la prescription pour guerrir est "reste au lit avec du thé et un bouquin".

Quel plaisir j'ai alors eu de terminer ce roman, en entendant les volets claquer à cause du vent, et les rafales de pluie s'abattre sur les vitres. Et moi, j'étais au Québec, puis sur Lewis, maintenant et y'a bien longtemps à suivre la destinée de ces personnages. C'est un livre très émouvant, parfois bien triste mais l'histoire est très belle. On pressent ce qui se passe dès le début du roman, mais on veut savoir le pourquoi et le comment. Alors l'auteur nous balade, dévoile des pièces, en dissimule d'autres pour nous faire traverser ce roman sans se rendre compte que l'on tourne les pages.

Et puis, ce n'est un doute pour personne, j'aime l'histoire écossaise et je m'étais déjà émue de ces clearances dans Consider de Lilies de Iain Crichton Smith... mais j'aime également l'histoire Américaine. Les colonisateurs, pas les explorateurs, mais ceux qui sont arrivés pour s'installer en démarrant de rien, ça m'a toujours intrigué et fasciné.

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20 août 2014

"Molloy" de Samuel BECKETT

Molloy de Samuel Beckett

Les Éditions de Minuit, Collection "double", 1951, 276 pages

Voyons... tentons un résumé... Le roman est composé de deux parties. La première s'intéresse à Molloy. On ne sait pas bien qui est ce personnage, s'il est mort, s'il est en décomposition ou s'il est juste vieux et handicapé. Quoiqu'il en soit, il rend visite à sa mère qui est pourtant morte au début du roman. Quand il revient, il rencontre une vieille dont il tue le chien par accident et qui du coup l'acceuille chez elle. Il traverse des lieux, se perd, repart, se fait arrêter... bref il tourne un peu en rond notre Molloy. La deuxième partie est rédigé par Moran, détective privé qui est chargé de retrouver Molloy, on ne sait pas pourquoi, il ne sait pas pourquoi, mais il le saura s'il le trouve.

Autant le dire tout de suite, c'est du Beckett, du vrai, du grand alors il ne faut pas s'attendre à une intrigue mais à de l'absurde à la Beckett dans toute sa grandeur. Je suis absolument incapable de vous dire de quoi parle ce livre. Il n'y a ni début, ni dénouement. Molloy, on peut s'imaginer plein de choses sur lui, mais à aucun moment on nous expliquera ce qui se passe vraiment dans l'histoire qu'on est en train de lire. C'est une partie dans laquelle on se trouve dans la tête tordue de Molloy qui m'a l'air un peu compliqué psychologiquement donc compliqué à suivre. Dans la deuxième partie, on s'attend à des éclaircissements ! Ouf on retrouve une forme plus conventionnelle avec des paragraphes, parfois même des dialogues ! (la première partie semble avoir été écrite d'une traite, pas de paragraphe, heureusement, la ponctuation y est.) Du coup, on s'attend à ce que la deuxième partie soir un peu plus rationnelle (oui, je suis naïve) du fait de l'arrivée de Moran et de sa supposée rigueur (malsaine.) Mais bien vite, on se rend compte qu'il est bien plus tordu est effrayant que Molloy. Il se comporte en tyran avec son jeune fils de quatorze ans... Il est colérique et sadique. On se saura jamais pourquoi il doit retrouver Molloy, d'ailleurs il ne le retrouvera jamais !

Bien que ces deux parties soient distinctes, elles dialoguent entre elles. Il y a finalement de troublants échos entre Molloy et Moran, dans l'absurde, bien sûr, mais aussi dans le voyage sans but, leur condition physique, leur autarcie. On se demande même, à un moment, si Moran n'est pas un jeune Molloy.

C'est alors un roman auquel on ne comprend pas grand chose, et pourtant on le dévore (du moins moi!) - enfin pas très vite vu le style, mais pour ma part, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Au contraire, le style est un vrai régal, inattendu, choquant parfois, plein d'humour. Quelques exemples : "Je n'étais pas dans mon assiette. Elle est profonde, mon assiette, une assiette à soupe, et il est rate que je n'y sois pas. C'est pourquoi je le signale" p.25, "J'étais courbé sur un tas d'ordures, espérant y trouver de quoi me dégoûter d'avoir faim" p.78, "La mort [...] je n'excluais pas la possibilité qu'elle fût encore pire que la vie, en tant que condition" p.92 "C'était le seul moyen de progresser, m'arrêter" p.107. Bon voilà, le roman est truffée de phrases intéressantes.

Ce roman est un exercice de style que j'ai trouvé épatant ! Alors que j'ai beaucoup de mal à lire le théâtre de Beckett (alors que je l'adore sur scène!), j'ai beaucoup aimé cette expérience de roman de l'absurde et je retenterai sans hésiter un autre roman (peut-être un peu plus tard par contre, il faut des pauses entre ce genre de livres, je pense).

Ce roman est la premier tome d'une trilogie, les suivants sont Mallone meurt et L'innomable.

Ce roman a été lu dans le cadre du challenge Un an en Irlande, l'auteur du mois d'Aôut était Samuel Beckett.

Yvon a lu Murphy, Chat de bibliothèques a lu En attendant Godot, Iroise a lu Fin de partie...

Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle lecture irlandaise consacrée cette fois à Keith Ridgway.

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Je signe également, avec ce livre, ma deuxième participation au Challenge Union Européenne en 28 livres : Irlande.

Challenge Europe

 

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14 août 2014

"Le cercle des femmes" de Sophie BROCAS

le cercle des femmes

Le cercle des femmes de Sophie Brocas

Editions Julliard, sortie prévue le 21 août 2014, 194 pages

Lia vient de perdre Mamie Alice, son arrière-grand mère. Elle se retrouve, pour les funérailles, dans la maison de celle-ci avec sa famille formée par trois générations de femmes et aucun homme ! Mamie Alice fut veuve très tôt, elle est restée enfermée dans le souvenir de ce mari parfait et a élevé sa fille toute seule, sans jamais, au grand jamais, songer à se remarier. Elle a emmagasiné des tas de souvenirs dans sa chambre, parmi lesquels, un vieux carnet que vont trouver et lire Lia et sa mère. Carnet porteur d'un lourd secret qui va peser en filigrane sur les générations successives de femmes dans cette famille. Marie, la vieille amie d'Alice se tient comme gardienne de la mémoire et de la vie de sa copine d'enfance.

Lia est la narratrice de l'histoire, c'est elle aussi qui va creuser, enquêter, provoquer le reste des femmes pour faire jaillir la vérité et peut-être se comprendre mieux elle-même. Le récit est alors divisé en plusieurs parties dédiées à chaque protagoniste de cette vieille histoire qui, par un effet de contraste, mettra également en lumière la vie de Lia qu'est-trop-pourrie-à-cause-des-conneries-de-mes-ancêtres.

Premier roman de la rentrée littéraire 2014 et première déception... je n'ai pas aimé ce roman et je me suis mortellement ennuyée dès la deuxième moitié du livre (dans la première, l'histoire s'intalle, on sait pas trop où on va, on est encore emplis d'espoir!) Ca commençait bien, je tournais les pages bien tranquillement... mais une fois l'intrigue posée (le secret dévoilé), on assiste à un succession de lieux communs, de psychologie du dimanche et d'agressivité de Lia. Son ton m'a particulièrement dérangée ! Sa colère pour la terre entière parce qu'elle ne parvient pas à trouver une relation stable; cette manie de s'énerver et de juger la vie des générations de femmes qui la précèdent (vis ta vie en fonction de tes futurs petits enfants, c'est bien connu!) Je n'aime pas les gens agressifs, dans les livres comme dans la vie.

D'une façon générale, j'aime quand l'auteur montre mais ne dit pas. J'aurais aimé qu'on me laisse comprendre les implications du secret sur les générations suivantes plutôt que l'on m'explique tout dans les moindres détails... L'ellipse, c'est bien aussi... Quand l'auteur a fini par nous expliquer lors d'un long paragraphe ce qui se transmettait inconsciemment de génération en génération, j'ai littéralement perdu patience !

J'ai trouvé la forme bien maladroite, les scènes ne s'enchainaient pas logiquement ni naturellement (on parle d'un truc hypra important mais l'un des personnages décrète "finissons notre marché, on en reparle plus tard!) (ou bien, en pleine révélation majeure et innatendue, ben l'un des personnages déclare aller se coucher.) (Mouais.)

Et puis de petites reflexions innatendues qui m'ont laissée perplexe : "Ils ont l'air serein, ces doigts de pied" (Moui?) Et pis c'est sûr, se demander si son arrière-grand-mère était frigide, deux jours après sa mort, ça coule de source (pis écouter les histoires de cul de sa grand-mère aussi.)

Et puis cette fin.... attendue, cliché, pas crédible, fleur bleue !

Bref, je m'arrête là mais vous pouvez aller lire les avis de mes copines Leiloona, Stéphie et Miss Léo pour notre LC du jour!

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13 août 2014

"Le crime de l'Orient-Express" d'Agatha CHRISTIE

Le crime de l'Orient-Express d'Agatha Christie

Éditions du Masque, 1934, 287 pages

L'Orient-Express se dirige vers Londres à travers l'Europe avec à son bord, entre autres passagers, le fameux Hercule Poirot. Alors qu'ils traversent la Yougoslavie, le train est pris dans une tempête de neige et est obligé de s'arrêter de longues heures sur la voie, en pleine nuit. De bon matin, on découvre l'un des passagers, un américain, sauvagement poignardé dans son lit. Hercule Poirot va alors être appelé à contribution pour interroger les passagers et découdre le vrai du faux dans cette sinistre histoire. Chaque passager va passer l'interrogatoire parfois déroutant d'Hercule et lui seul va commencer à comprendre la nature du crime.

Je ne suis pas du tout une spécialiste, ni une fan absolue d'Agatha Christie même s'il me plaît à la lire de temps en temps. Pour le mois anglais (oui là j'ai du retard pour publier, vous en conviendrez), j'avais décidé de lire enfin le plus connu ! Pour moi, Agatha Christie rime sans conteste avec Le crime de l'Orient-Express ! Je m'attendais alors au summum de l'Agatha Christie, l'ultimate roman policier de l'auteur et là.... mais quelle déception ! Une déception à la hauteur de mes attentes, mais dans le sens inverse ! J'ai bien aimé le départ de l'intrigue, le train, la tempête, la neige tout ça... tout ce qu'il faut pour installer une histoire et pouvoir enquêter pénard ensuite. Et puis l'enquête débute et je commence à m'ennuyer sévère. Déjà, tout le monde est lié d'une manière ou d'une autre dans ce train, et ça ne met la puce à l'oreille à personne au premier abord, nous sommes dans la normalité absolue. Et puis, je vous zappe l'enquête, et hop, on découvre la machination liée à ce meurtre et hop ! Je ne vous donne pas la fin, mais qu'elle pirouette de déception pur moi ! Mais à quoi donc sert la police ?!

Bref, je suis très très déçue. Je lirai certainement d'autres romans d'Agatha plus tard car je garde un très bon souvenir d'autres livres, mais damn, quelle déception !

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