Voyager... Lire...

02 mai 2015

"La fiancée de Lammermoor" de Walter SCOTT

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Portrait de Walter Scott par Sir Henri Raeburn

La fiancée de Lammermoor de Walter Scott

Kindle Éditions, 1819, 424 pages

J'ai totalement perdu le rythme pour le challenge Un an en Écosse mais je m'accroche et j'irai au bout, même si c'est dans le désordre! Je ne savais plus bien où j'en était mais je savais que Walter Scott était l'un des auteurs à lire et je me suis lancée, au hasard, dans La fiancée de Lammermoor.

La fiancée de Lammermoor est un bon gros livre romanesque ancrée dans l'histoire écossaise et avec une multitude d'intrigues amoureuses. Edgar Ravenswood est l'héritier d'une grande famille écossaise. Il vient de perdre son père, mort de chagrin et de lutte après avoir perdu tous ses domaines, et entre autres le château de Ravenswood, la couronne d'Angleterre ayant pris le pouvoir sur l'Écosse. Edgar vit dans la tour de Wolfcrag, le seul bien qui lui reste... et c'est en fait un vieux château délabré et vide au bord d'une falaise. Il vit avec deux serviteurs, dont Caleb qui a servi la famille Ravenswood depuis l'enfance. Le château de Ravenswood est habité par le puissant garde des sceaux écossais avec sa femme, ses deux fils et sa fille Lucie. Alors qu'Edgar crie vengeance et se prépare à aller régler ses comptes avec le garde des sceaux, il le sauve lui et sa fille d'un boeuf sauvage. La rencontre entre les deux jeunes gens sera fatale et va troubler l'ordre établi tacitement dans les deux familles. ils contractent bientôt un engagement mutuel et secret qui va être refusé par les parents, bien décidés à la marier à un meilleur parti.

Ce roman est une réécriture de Roméo et Juliette, des citations de la pièces de Shakespeare nous guident d'ailleurs tout au long de notre lecture. Walter Scott s'inspire très largement de Shakespeare à plusieurs reprises, il y a également de très nombreuses allusions à Macbeth et à Hamlet (il y a trois sorcières qui rodent tout au long du roman). Mais l'intrigue de Roméo et Juliette est transposée en Écosse sous fond de lute entre les royalistes et les jacobites. C'est un roman plutôt noir, Edgar est un personnage obscur mais juste et loyal. Le garde des sceaux apparaît comme une grandE marionnette qui veut jouer les lords.

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Ruins of Fast Castle, Berwickshire, Scotland: The Wolf's Crag of the 'Bride of Lammermoor'
William Trost Richards  - 1892       

Encadrés par les citations de Shakespeare, nous savons dès le départ que nous sommes en train de lire un drame. Le texte m'a également beaucoup fait pensée à Sophocle, il y a des oracles, de vieilles légendes qui enfoncent le clou, ça va mal finir tout ça !

AU milieu de toute cette noirceur, le personnage de Caleb apparaît comme un interlude comique à plusieurs reprises. Caleb ne supporte pas la déchéance de la famille Ravenswood, et jamais au grand jamais on ne lui fera avouer ou admettre que la tour est ruinée ! Alors, quand des visiteurs impromptus débarquent au château, il use de mille stratagèmes pour les recevoir comme il se doit et pour les mener en bateau au plus loin de ses possibilités. Edgar s'en amuse, mais il se charge d'avouer sa ruine aux visiteurs... qui est immédiatement contredit par le vieux Caleb. Cela donne lieu à de très bons passages d'humour qui n'en finissent plus, j'ai adoré le personnage de Caleb!

J'ai vraiment savouré cette lecture. J'aime beaucoup Walter Scott même s'il faut être prêt, à chaque fois, si l'on veut se lancer dans un de ses romans (vu la longueur! et encore, celui-ci est court.) Je vois toujours Walter Scott comme un grand-père qui a envie de nous raconter une histoire passionnante, avec plein de rebondissements pour garder l'attention de son auditoire. Il a un véritable talent de conteur et il s'arrange toujours pour donner l'impression de s'adresser directement à son lecteur.

J'ai beaucoup aimé le prélude à l'histoire où il s'explique sur ses choix en tant qu'auteur, à donner des détails, à élaborer de longs dialogues etc... il doit s'expliquer face à un peinte qui ne comprend pas du tout l'art et l'intérêt du romancier. Dans un tableau, tout est tellement limpide !

Ce fut une très bonne lecture douillette écossaise, je m'y suis sentie parfaitement bien et c'est avec grand plaisir que je me replongeais dedans dès que j'avais un instant. J'ai envie de lire tous ses autres romans, là, maintenant!

Ce roman a été lu dans le cadre du challenge Un an en Ecosse, Claire de chats de bibliothèque a également lu La fiancée de Lammermoor.

 

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01 mai 2015

Le retour du mois anglais !

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Cela devient une habitude et vous n'y échaperez encore pas cette année, le sublimissime Mois Anglais est de retour en ce mois de juin 2015 avec toujours la même folle équipe de choc : Lou, Titine et moi-même !

Tout est accepté du moment que c'est anglais : Les romans, les films, la musique, les recettes de cuisine, les récits de voyages etc...

Attention ! Suite à la pagaille habituelle, nous vous rappelons, en ce qui concerne les livres, que : Tous les livres d'auteurs anglais seront acceptés ainsi que les livres d'auteurs étrangers dont les romans ne passent en Angleterre. Le reste : NIET !  :-)

Le groupe facebook de l'évènement est déjà en pleine ébulition (vous pouvez d'ailleurs nous y rejoindre) et nous avons déjà un programme bien chargé en ce qui concerne les lectures communes. Jetez donc un oeil :

LC consacrées à un auteur :

-LC Mark Watson : 1er juin

-LC 175 ans de Thomas Hardy : 2 juin

-LC ou billet hommage à Terry Pratchett : 10 juin

-LC autour d'Ann Granger : 12 juin

-LC autour de Jane Austen : 16 juin

-LC autour de Tracy Chevalier (romans se déroulant en Angleterre) : 20 juin

-LC autour de Ian McEwan : 24 juin

-LC autour de Charles Dickens : 26 juin

-LC autour de Daniel Defoe : 28 juin

-LC 200 ans d'Anthony Trollope : 30 juin 

-LC autour de Conan Doyle : Date ?

-LC autour de Jonathan Coe : Date ?

 

LC sur d'autres thématiques :

-Journée polar anglais : 4 juin

-Roman historique se déroulant en Angleterre : 6 juin

-Journée littérature enfantine anglaise : 8 juin

-LC Reines et Rois anglais : 14 juin

-Journée auteurs anglais d'origine étrangère : 15 juin

-Journée autour des écrivaines anglaises du 20ème siècle : 18 juin

Nous avons déjà quelques super nouveaux logos élaborés par nos participants, vous pouvez bien sûr les utiliser ou reprendre ceux des précédentes années !

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Anglais 2015

Vivement juin !

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30 avril 2015

"Le mur invisible" de Marlen HAUSHOFER

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Le mur invisible de Marlen Haushofer

Traduit de l'allemand par Liselotte Bodo et Jacqueline Chambon

Éditions Actes Sud, 1963, 345 pages

Une femme, la narratrice dont on ne connaîtra jamais le nom, vient passer quelques jours avec sa soeur et son beau-frère dans les Alpes autrichiennes. Le premier soir, sa soeur taquine son mari jusqu'à ce qu'il accepte d'aller avec elle au village pour faire quelques courses. La femme reste toute seule et s'endort, épuisée, sans attendre leur retour. Le lendemain matin, elle se rend compte qu'ils ne sont pas rentrés. Elle attend et ils ne reviennent jamais. Elle part alors se promener dans les montagnes mais elle se trouve soudain arrêtée par un mur invisible, elle voit à travers mais elle ne peut pas le franchir, ni le casser. Au loin, elle aperçoit des gens qui ont l'air figé. Plus aucun oiseau ne vole au-delà du mur, même les vaches semble avoir été transformées en pierre sur leur pâture. La narratrice entreprend bientôt de tenir un journal, et c'est le texte que l'on a entre les main. Elle nous raconte sa captivité dans les montagnes, seule. Elle a le chien du contremaître comme compagnon, puis une vache désespérée débarque, et ensuite une chate. La narratrice doit alors s'organiser pour survivre au quotidien avec ce qu'elle a : le lait de la vache si précieux et les plantations qu'elle entreprend maladroitement au début. Elle raconte tous les jours ce qui lui arrive, ou pas. Elle s'accroche à ses animaux, ses compagnons d'infortune dont elle se sent responsable. Elle s'impose un emploi du temps pour tenter de continuer à vivre comme un être humain, tant bien que mal parfois. Petit à petit, elle s'éloigne de la société telle qu'on la connaît, sa montre tombe en panne, elle perd parfois le file des dates, mais elle se raccroche au temps, même s'il devient incertain.

On a l'impression qu'il ne se passe pas grand chose dans ce roman, et c'est en fait le cas, soyons honnête, pourtant ce livre se lit avec beaucoup d'intérêt, je l'ai lu en quelques jours seulement et à aucun moment mon attention ne s'est relâchée. Le style de l'auteur y est pour beaucoup, elle raconte son quotidien de façon à nous le faire vivre avec elle, avec ses peines et ses joies aussi, et avec beaucoup de douceur. Elle nous transmet son amour et son respect pour la nature, elle se plie d'ailleurs au rythme de dame nature sans jamais se plaindre, elle comprend de toute façon bien vite qu'elle doit s'accomoder et suivre le rythme imposée par la nature pour parvenir à survivre. La nature est comme une vieille amie pour la narratrice, protectrice. La relation entre les animaux et la narratrice est également exceptionnelle et, évidemment, cela m'a beaucoup plu. Marlen Haushofer a un don certain pour comprendre les animaux et pour en parler, pour décrire avec exactitude leur comportement (les passages sur le chien et les chats sont une totale réussite) et quand on a l'habitude des animaux, on ne peut que sourire, c'est tellement ça !

Le récit ne m'a pas semblé chronologique pour autant, et parfois je me demandais qui racontait : La narratrice au temps des faits, ou la narratrice plus tard ? Car bien que l'on lise un cahier de notes, ce n'est quand même pas bien clair... et il y a de nombreux flashforwards à la mine de rien qui, malgré tout, posent un léger suspens.

Alors que la vie est toujours bien compliquée en ce moment, j'ai trouvé refuge dans ce livre, au milieu des montagnes autrichiennes en suivant avec grand intérêt le destin de cette femme qui se bat jour après jour pour ne pas perdre la tête, ni son humanité et pour se sauver elle et ses animaux.

Pour résumer ce roman, je prends la liberté de citer l'auteur Bruno Hébert qui, quand j'ai commencé à en parler sur facebook, a commenter en disant " C'est un livre dans lequel il ne se passe rien et où tout peut arriver", c'est TELLEMENT ça ! (encore une fois) Et ce livre fut un véritable coup de coeur pour moi ! Ce texte m'est arrivé dans les mains exactement au moment parfait !

J'ai également eu beaucoup de plaisir à lire mon livre dans mon édition bien singulière : Un livre relié, sa couverture rigide recouverte d'un tissu vert pâle, le texte imprimé sur du beau papier crème... oui j'ai eu "le nez" de ne rien préciser en commandant mon livre chez mon libraire et de recevoir mon livre en édition "Les inépuisables" de chez Actes Sud. J'avais du coup l'impression, effectivement, de lire un vieux texte retrouvé sur un vieux support.

J'ai été embarquée dans ce roman par ma copine A girl from earth (il faut qu'on continue les LC ensemble, ce sont toujours de belles découvertes improbables!), en LC avec celle-ci ainsi que Keisha et Zarline (qui est en retard car perdue dans une lecture encore plus improbable! hihi!)

Et voici ma huitième participation au Challenge Union Européenne en 28 livres : Autriche.

Challenge Europe

 

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25 avril 2015

"Max et les poissons" de Sophie ADRIANSEN

Max et les poissons de Sophie Adriansen

Illustrations de Tom Haugomat

Éditions Nathan, 2015, 89 pages

Max est un petit garçon qui vit dans un immeuble parisien avec ses parents et sa soeur Hélène. Demain c'est son anniversaire, et il s'en fait une joie, il sait qu'il va recevoir un deuxième poisson qui tiendra compagnie à son premier poisson rouge, Auguste. Ses parents préparent ce jour tant bien que mal, car c'est la guerre et il n'est pas très facile d'avoir assez de sucre pour préparer un gâteau digne de ce nom. Mais voilà, on a déjà mis un étoile sur les vêtements du jeune Max et une rumeur de rafle rode dans tout Paris. La veille de son anniversaire, Max est emporté dans le camp de Drancy avec ses parents. Lui seul est sauvé de la déportation, il est recueilli par une famille de résistants...

J'ai vu ce livre défiler sur différents blogs, et vu que l'auteur/blogueuse est empreint d'humilité et de discrétion, ce qui est appréciable de nos jours, j'ai décidé d'acheter et de lire son livre. Je ne lis pas de jeunesse, mais Sophie aborde des thèmes qui me touchent toujours beaucoup, celui de la guerre, de la déportation, de l'occupation...

J'ai été très touchée par le récit du petit Max. Ce roman se lit de deux façons différentes si l'on est un enfant ou un adulte. Pour un enfant, cela permet d'aborder en douceur les notions terribles de déportation et d'antisémitisme. L'enfant, tout comme Max, comprendra que quelque chose de grave et d'innacceptable est en train de se passer mais sans forcément avoir en tête les images insoutenables que l'adulte a forcément. L'adulte, lui, comprendra tout ce qui est dit à demi mot et tout en douceur sous la plume de l'auteur. Et c'est terrible pour lui.

C'est un très joli texte malgré les horreurs qui y sont racontées, plein d'humanité, d'amour et d'espoir pour ce jeune Max. C'est également un très bel hommage à ceux qui ont risqué leur vie pour sauver celle d'enfants, de juifs, d'Hommes tout simplement.

Le roman est illustré de dessins en noir et blanc, ce qui amène une dimension supplémentaire au récit... ce n'est certainement un conte de fées que nous sommes en train de lire. Cependant, les dessins e donnent également une impression de douceur et d'apaisement.

En conclusion, j'ai beaucoup aimé ce roman et j'ai été très touchée par l'histoire de Max. Je vais alors continuer ma découverte de cet auteur!

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21 avril 2015

"Trois fois dès l'aube" de Alessandro BARICCO

Trois fois dès l'aube d'Alessandro Baricco

Traduit de l'italien par Lise Caillat

Éditions Gallimard, 2015, 128 pages

Trois histoires qui se passent à l'aube : Un homme qui se fait séduire par une femme fatale qui semble se cacher dans un hôtel, un gardien d'hôtel qui porte secours à une très jeune fille venue avec son petit-ami, et enfin un petit enfant que l'on emmène loin de sa maison qui vient de brûler, la catastrophe ayant emportant toute sa famille.

Ce livre ressemble à un recueil de nouvelles, on s'attend à ce que les trois histoires n'aient aucun lien, mais on s'apperçoit bien vite qu'elles ont toutes au moins un personnage en commun. J'ai lu sur la quatrième page de couverture que les trois histoires étaient trois rencontres des mêmes personnages à trois moments différents... c'est très étrange car ce n'est pas du tout la lecture que je fais de ce roman, car c'en est un. Les trois histoires ont pour moi le même personnage principal que j'appellerai "l'homme" et ces différents récits nous permettent de remonter dans sa vie et de découvrir, au fur à mesure, comme dans un puzzle, quelle est sont histoire.

Je n'avais pas lu de Baricco depuis un moment et ça m'a fait un bien fou de me replonger dans l'un de ses textes alors que ce n'est pas très joyeux dans ma vie en ce moment. J'ai aimé retrouver ses intrigues atypiques même si son style, dans ce livre, est moins fou, moins inattendu que d'habitude. Même les intrigues restent assez normale, et ce n'est pas du tout l'image que j'ai de Baricco. Il n'empêche que c'est un roman très agréable à lire, un roman qui fait vraiment du bien !

Et voici ma septième participation au Challenge Union Européenne en 28 livres : Italie.

Challenge Europe

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19 avril 2015

"Les nuits de Reykjavik de Arnaldur INDRIDASON

Les nuits de Reykjavik de Arnaldur Indridason

Traduit de l'islandais par Eric Boury

Éditions Métailié, 2015, 260 pages

Erlendur vient de rejoindre la police, il est encore tout jeune. Il doit gérer des bagares ou des conduites en état d'ivresse, de nuit, avec deux autres brigadiers. Il vit seul, c'est déjà un ours! Bien qu'il fréquente de temps en temps une jeune femme avec qui il ne parle pas. Au cours de ses services de nuit, il a pu rencontrer les bas-fonds de la ville et en particuliers les SDF d'Helsinki. Il se prend d'amitié pour Hannibal qui est retrouvé mort dans une tourbière... personne n'a l'air de s'en enquêter plus que ça, d'ailleurs différentes enquêtes semblent être bâclées, en particulier celle de la disparition d'une jeune femme, un soir, alors qu'elle rentrait d'une soirée avec des collègues.

L'histoire se passe un an après la mort d'Hannibal et Erlendur décide, d'un coup, de se pencher sur les éléments de l'enquête. Le dossier avait statué sur une mort accidentelle, le clochard était certainement imbibé d'alcool, raison pour laquelle il a dû tomber dans la tourbière en se tuant.

Pourtant, il y a plein d'éléments étranges, comme l'incendie de la cave qu'occupait Hannibal peu de temps avant sa mort, ou encore la boucle d'oreille qui a été retrouvée dans son autre abris de fortune, celui qu'il occupait au moment de sa mort.

Erlendur va se plonger et nous tirer avec lui dans les bas-fonds de Reykjavik, parmi les laissés pour compte. Hannibal, on l'apprendra, est une victime de la vie. Il avait tout pour réussir mais un accident dans sa jeunesse l'a plongé dans le désespoir et l'alcool, jusque dans la vie dans la rue.

C'est un prétexte pour l'auteur pour explorer le milieu des SDF et dénoncer le cercle vicieux qui s'intalle dès qu'une homme ou une femme passe sa première nuit dans la rue : Le danger la nuit dans la rue, le regard des autres, l'alcool, le rejet de la famille etc...

Ce roman nous permet de rencontrer le jeune Erlendur qui est déjà hanté par ses fantômes. Ce n'est pas pour rien s'il s'intéresse déjà tellement aux destins singuliers, aux destins brisés par la vie. C'est cette enquête, la subtilité de son raisonnement et son acharnement qui séduiront Marion Briem qui décidera de l'intégrer dans son service.

Un très bon opus de la série des Erlendur qui nous permet de cerner encore plus précisément la personnalité d'Erlendur. Quel plaisir de le retrouver après cette longue absence hors de la ville !

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13 avril 2015

Indian Palace et Indian Palace : Suite royale

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Indian Palace

Comédie britannique de Joe Madden, 2012, 2h05.

Avec Judi Dench, Tom Wilkinson, Maggie Smith, Bill Nighy, Dev Patel...

Pour essayer de se développer et de gagner de nouveaux clients, l'hôtel "de luxe" (hum) Indian Palace offre des billets d'avion à des retraités anglais (et souvent fauchés) avec l'espoir de les garder le plus longtemps possible là-bas. Lorsqu'ils arrivent, nos anglais dans toute leur splendeur, ne s'attendent pas au choc relatif à l'état de l'hôtel. Il est encore en construction et manque cruellement d'organisation et de fonds... Mais peu importe, les clients sont accueillis avec faste et bonnes manières ! On peut compter sur Sonny, jeune prorpiétaire qui rêve de grandeur, pour ça !

Mais il ne suffit pas de changer de pays pour que la retraite soit plus paisible, et nos britanniques ont emportés leur problèmes avec eux : mariages malheureux, maladie... et surtout leur vieillesse! Une mini société anglaise va alors se reformer, avec ses amitiés et ses rancoeurs.

J'avais bien aimé ce film même si je l'avais trouvé un peu déprimant... car c'est avant tout un film sur les années qui sont passées et la vieillesse. Mais le jeune Sonny avec son enthousiasme à toute épreuve et ses maladresses parvient à nous faire oublier que tout est en décrépitude dans ce film. Les paysages indiens sont magnifiques !

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Indian Palace : Suite royale

De John Madden, 2015, 2h02

Pour la disttibution, on prend les mêmes et on recommence! Sauf qu'on ajoute Richard Gere et Tamsin Greig (Fran de Black Books!)

Nous retrouvons les personnages de l'opus précédent, cette fois définitivement installés dans le Marigold Hotel. En effet, aidé de ses clients qui sont maintenant devenus des amis, voire pour certains, des actionnaires de l'hôtel, ils ont décidé de transformer l'hôtel en hôtel de retraités ou en fin de vie. Sonny part aux Etats-Unis pour trouver des partenaires et ils lui promettent d'envoyer un client mystère pour tester l'hôtel avant de se décider. Évidemment, quand l'élégant Guy Chambers (joué par Richard Gere) débarque, Sonny qui croit avoir démasqué le client mystère, va mettre le paquet pour séduire son client, au détriment de Fran (enfin j'ai oublié son nom dans le film) qui vient tester l'hôtel pour sa mère.

En parallèle, le jeune Sonny obnubilé par ses ambitions de grandeur, va avoir du mal à ne pas faire gaffe sur gaffe devant sa petite amie qui, elle, prépare leur mariage avec sérieux.

J'ai trouvé cette suite bien plus amusante et plus décalée que le premier épisode et le spectateur passe son temps à rigoler. Les quiproquos et les brouilles sont toujours bien présentes ainsi que l'ambiance indienne. J'ai beaucoup aimé tous les intermèdes musicaux à la Bollywood qui donnaient envie de danser avec eux. La suite est peut-être plus réussie que le premier épisode !

En tous cas, un bon moment de détente avec de l'humour noir et du flegme bien British !

 

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30 mars 2015

"Aide-moi si tu peux" de Jérôme ATTAL

Aide-moi si tu peux de Jérôme Attal

Éditions Robert Laffont, 2015, 265 pages

Stéphane Caglia est sorti sain et sauf d'une mystérieuse confrérie mafieuse. Il rejoint alors le rang de simple flic (enfin simple, on y reviendra) et va se lancer dans l'enquête sur l'étrange disparition d'une jeune lycéenne et, pour l'occasion, on va lui refourguer une flic anglaise avec laquelle il va devoir faire équipe. Stéphane a bien du mal avec notre société des années 2015 et, quand ça ne va pas, il se réfugie dans le monde des années 80, sa musique, ses films... ah quelle nostalgie ! Et d'un coup, ça va mieux ! Autant vous dire que sa jeune collaboratrice va s'y perdre quelque peu !

Je n'aime pas qualifier un roman d'ovni (parce que dans ce cas-là, il y a une escadron d'ovni sur ce blog) mais là je vais avoir bien du mal à trouver un autre qualificatif ! Enfin, c'est plutôt Stéphane qui est un ovni, sorti tout droit des années 80 dans un monde qui ne capte pas toutes ses références ! Bon, moi j'ai grandi dans les années 80 et j'avoue que ce cher Stéphane m'a remis en mémoire plein de choses qui étaient enfouies parmi les strates des années qui se sont déposées, mine de rien, sur ma mémoire. En particulier la maison ronde, les restaurants maison ronde, avec la petite maison que l'on emmène à la maison.... mais c'était quoi le nom de ce resto déjà ? (euh, une recherche google s'impose, là!) (aaaargh, je trouve pas!!!!!!) (aideeeez-moi si tu peux!). Je me suis vraiment amusée à lire les aventures de Stéphane, car il n'est décidément pas un flic comme les autres ! En plein interrogatoire, il s'arrête sur un détail, le chewing-gum que mâche le suspect.... est-ce un malabar ? Avec des images dans l'embalage, hein, hein, hein ????

Même si l'enuqête se tient (à peu près), ce livre est prétexte à beaucoup d'humour et de délires qui en même temps, même si je ne suis pas de la même banlieue, a posé son intrigue dans les décors de mon enfance. Ce livre est simplement hallucinant, et quand même, je me demande ce que ça me ferait de rencontrer un vrai gens comme Stéphane... je crois vraiment que je prendrais mes jambes à mon cou ! Ahah ! (Coure Forest, coure, quoi!) Ce roman m'a beaucoup fait penser à Oeil-de-dieu de Franz Hellens dans le genre flic complètement décalé et limite dans la parodie.

Je vous conseille ce roman pour effacer la grisaille actuelle de Paris (et des actualités) qui vous replongera dans votre jeunesse (si on est de la même génération) et qui vous transportera dans une intrigue improbable. Un très bon moment de lecture !

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28 mars 2015

Mon salon du livre

Même si vous ne me connaissez pas personnellement, vous avez pu deviner que la foule, ce n'est pas mon truc. C'est alors, chaque année, avec une certaine appréhension que je vois s'approcher l'énorme monstre qu'est le salon du livre. La première épreuve est de survivre à la consultation du site du salon qui, année après année, et malgré une nouvelle formule tous les ans, est toujours aussi indigeste. On en sort déjà épuisés. Ma hantise, tous les ans, serait de découvrir une pelleté d'auteurs incontournables qui me forcerait à passer de longues journées au salon (alors que j'ai déjà grand mal à survivre à quelques heures!)

Grace à ma copine de longue date A girl, j'ai pu assister à la soirée d'inauguration qui a débuté par un passage sur le stand de IVT où une autre amie de longue date nous a invitées à nous restaurer de coupes de champagne et de pâtisseries. Nous avons ensuite déambulé un peu et je suis allée rendre une petite visite au stand hyper VIP fermé des Éditions Robert Laffont. Être blogueuse a du bon messieurs dames, car aussitôt entrée, je me retrouvée (étouffée par la foule) à papoter avec les accueillantes Cécile et Maggie, entourée d'auteurs (j'ai reconnu Jérôme Attal et Jean Teulé) et de blogueurs ! Entre autres (et j'ai dû en rater un paquet) : Stéphie, Caroline, Hélène, Sophie, Yueyin (copiiiiine, j'ai été trop heureuse de te revoir enfin!!) (faut qu'on reprenne les LC ensemble!!!)... j'ai reconnu d'autres personnes dont j'ai déjà vu les photos sur FB, mais dur dur de mettre un nom sur tous ces visages parfois ! (sans parler d'autres, mais on ne s'est pas échangé un mot. Pas un mot de plus sur le sujet ici d'ailleurs.) Puis, la batterie de mon tel a lâché, j'ai cherché A Girl en vain (mais je suis tombée sur le beau libraire du Globe) et je suis retournée me réfugier dans ma chaumière avec cette impression d'avoir marché des heures (hum. environ deux en fait) dans une foule déchainée.

Le samedi matin, je dû me résoudre à y retourner. Je ne voulais pas, j'étais comme prise de sueurs, le salon un samedi, rendez-vous compte ! mais les Éditions Métailié organisaient un petit-déjeuner blogueurs très sélect, alors bon, pas question de snober ce genre d'agréables rencontres ! Autour d'un verre de jus de fruit et de pains aux chocolat, accueillis par l'adorable Anne-Charlotte, nous avons papoté livres plus particulièrement avec Hélène et Sandy (ravie de vous avoir rencontrées les filles!), et puis Jérôme et Noukette (bon un jour on aura le temps de vraiment parler!), Sara (ouais l'auteur des bitches de la semaine, j'étais ravie), Jostein (que je suis désolée, je ne me suis pas vraiment présentée et du coup je ne savais pas que tu étais là). Un slat Métailié (la classe!) nous attendait rempli de cadeaux. Merci <3

Ensuite, parce que le salon était déjà envahi, je suis allée faire une pause et je suis allée retrouver ma copine victorienne, la fameuse Lou pour une gargantuesque salade au camembert frit arrosée de Montbazillac (oui, faut se mettre en condition.) Mais fallait y retourner, j'entendais la foule gronder au loin, mais à l'intérieur se cachaient mes copines Yueyin et une autre victorienne de renom, Isil... alors bon.

Mais d'abord, nous avions comme mission d'apporter un café à Fabrice Bourland (ne cherchez pas, c'est un longue histoire liée à une blogueuse en détresse) (et ce fut l'occasion de rencontrer la souriante Romanza). Lou papote avec lui, et moi je prends un livre de l'auteur. Puis Lou me dit d'en prendre un autre, mais je suis une blogueuse raisonnable (avec ma pal de plus de 300 livres) alors elle me force et me l'offre !!!! Merci Lou <3.

Elle a du courage ma copine Lou, elle est super téméraire, malgré mes mises en garde, elle ve parler à Anne Perry à l'oeil malveillant !!! Elle en ressort vivante, ouf! Pour l'occasion, je lui offre un livre! (ouais, c'est donnant donnant, nan mais!)

Mais oh! C'est l'heure d'aller faire un coucou à Peter May ! Il y a foule devant sa table cette année, génial, plein de lecteurs !! Moi je lui fais signer son beau livre sur les Hébrides (dont je vous parlerai bientôt) sur lequel il confirme mon statut de superfan (oui, j'me la pète). Isil (qui me rend des négatifs qui ne sont pas à moi) et Yueyin sont là ! Youpi !

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Après d'autres déambulations, je trouve ENFIN (sérieux, j'ai failli abandonner) la table où Paul Watson dédicaçait. Vous ne le connaissez peut-être pas, mais c'est un grand défenseur des poissons et des océans, créateurs de Sea Shepherd, et pour moi ça veut dire beaucoup, alors je suis allée le remercier.

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Enfin, frôlant l'épuisement, je tente de retrouver Lou (oui elle était allée voguer -oui la mer, tout ça - à ses occupations) quand brusquement, au stand d'Albin Michel, je tombe sur Sébastien Gendron. Mais voilà, j'ai laissé mon livre à la maison! Misère! Panique! Je coure chez Pocket pour trouver, à l'aide des libraires, au bout d'au moins vingt minutes (ils fatiguaient les pauvres) un roman que je file lui faire dédicacer alors qu'il était en train d'essayer de sauver ses pistaches que des passants lui dérobaient sans aucun scrupule!

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Bref, après on a pris la fuite. Et puis, puisque ça devient comme un leitmotiv quand salon du livre il y a, je suis allée me ressourcer en allant jouer avec la petite bébé-Lou-ma-copine <3.

J'ai survécu, mais il en est tout autre pour ma pal. No comment, please. Je sais et j'assume moyen.

LIVRES

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26 mars 2015

"La revalorisation des déchets" de Sébastien GENDRON

La revalorisation des déchets de Sébastien Gendron

Éditions Albin Michel, 2015, 377 pages

Dick Lapelouse est un tueur à gage bon marché. Il est installé dans un bureau de Toulouse, sa clientèle partage sa salle d'attente avec un psychologue. Si l'un échoue ou refuse le patient, il peut toujours aller cogner chez l'autre. Chaque dossier doit être dûment motivé et réfléchi, sinon Dick s'accorde le droit de refuser la mission. Le roman est alors un succession de lugubres histoires, souvent de famille mais pas que! Il y a aussi des enfants qui veulent se venger de leur maire chasseur d'animaux domestiques (ah ah ah ces enfants!), ou encore une flic qui veut faire euthanasier son frère. Bref, rien de bien joyeux, mais rien au rabais non plus, Dick met du coeur à l'ouvrage ! Toujours minutieux, efficace, pragmatique !

C'est toujours avec grand plaisir que j'ouvre un roman de Sébastien Gendron, j'aime son univers totalement décalé (je rappelle que je l'avais découvert avec une histoire de pingouins camés en Angleterre) et cette fois encore, je n'ai pas été déçue! La revalorisation des déchets est un roman empreint d'humour noir mais qui soulève également plein de questionnements comme (comme indiqué ci-dessus) l'euthanasie, la méchanceté gratuite etc... mais voilà, froid et détaché au premier abord, Dick commence à se perdre et à avoir du mal assumer sa double personnalité, il n'exerce pas un métier qu'il peut mettre au placard dès que sa journée est terminée. Il finit d'ailleurs par se perdre, et il n'est pas certain que non ami le voisin le psychologue lui soit d'une grande aide (ben oui, lui aussi il est un peu détraqué, en même temps il est psychologue!)

Ce roman est un catalogue d'histoires affreuses (cet "ancien nazi" est à glacer le sang!), mais je me suis quand même bien amusée à suivre les aventures de Dick. Et ouf! on est bien contents que ce ne soit que de la rigolade tout ça une fois le roman refermé!

seb gendron

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