Voyager... Lire...

01 juillet 2015

Bilan du Mois Anglais !

Anglais 2015

Cette année, j'étais pourtant sur les starting-blocks, j'avais commencé mes lectures à l'avance, j'étais supra motivée et tout ! Et voilà que je suis admissible au CAPES d'anglais (ce qui n'était pas prévu du tout!) et que je me retrouve avec un oral à préparer et une épreuve à passer dans la première partie du mois anglais ! Pis v'là qu'une semaine après (soit au milieu tout pile du mois anglais), j'apprends que je suis reçue au concours ! Tout ça pour vous dire que je n'y étais pas trop, là, trop préoccupée, exaspérée, exaltée que je fus au mois de juin !

Je n'ai alors pas pu lire autant que je le voulais, ni publier autant que je le voulais (j'avais pas mal de films à chroniquer, et c'est tout bonnement passé à la trappe!) En même temps, vu que je voyais qu'une publication régulière était cause perdue, je ne me suis pas mis à la pression et ai lu mes livres tranquillement pour publier quand je pouvais.

Côté lectures, le bilan est mitigé... j'ai lu de très bons livres : Seul l'avenir le dira de Jeffrey Archer (j'ai d'ailleurs mis le second tome sur mon kindle pour l'été!), Une femme d'imagination de Thomas Hardy (que j'ai été ravie de retrouver Thomas en ce mois anglais!)... J'ai fait deux belles découvertes d'auteurs que je n'avais jamais lus avec Les jumeaux de Black Hill de Bruce Chatwin et Les Vieillards de Brighton de Gonzague Saint Bris.

Je me suis également mortellement ennuyé avec Au risque des ténèbres de Susan Hill et Robinson Crusoe de Daniel Defoe dans lesquels j'ai failli sombrer pour l'éternité infinie !

Neuf billets livres au total, sachant que je les ai presque tous lus durant le mois anglais, je ne m'en sors pas trop mal !

Je profite de ce billet pour remercier mes copines Lou et Martine pour l'organisation, ainsi que nos formidables participants qui se sont surpassé cette année encore ! Jettez donc un oeil au billet récapitulatif ! Un grand merci à vous , le mois anglais, c'est VOUS ! (je vais lire tous vos billets au fil de l'été, promis!)

Les prochains rendez-vous challengesques de la blogo : Le mois Américain de Martine en septembre, et le mois Québécois de Karine en octobre.

Pour ma part, je vous invite à passer le mois de novembre en Ecosse en ma compagnie avec le retour du Mois Kiltissime !

SEE YOU NEXT YEAR ! :-)

 

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30 juin 2015

"Les Vieillards de Brighton" de Gonzague SAINT BRIS

les vieillards

Les Vieillards de Brighton de Gonzague Saint Bris

Éditions Livre de Poche, 2002, 286 pages

Arthur est un jeune français. Il vit à Londres avec ses parents et ses trois frères et soeurs. Il a cinq ans et un beau jour, il se bat gravement avec son petit frère. Ses parents décident alors de l'éloigner de la maison et le placent dans un hospice / asile pour personnes âgées à Brighton, au bord de la mer. Tout d'abord terrorisé, il va ensuite trouver sa place dans cette maison parmi les vieux, fous ou pas ? Ses parents ne lui rendront visite que très rarement. On ne sait pas exactement combien de temps il passe dans cette institution, mais ce qui est certain, c'est que ça le marquera à vie, le forçant à revoir sa vie à l'envers, pour finalement rajeunir après ce passage parmi les vieux.

Comme indiqué plus haut, je n'ai pas réussi à me faire une opinion : Sont-ce de vieux fous ou juste des vieux qui radotent leur jeunesse perdue ? Quoiqu'il en soit, qu'ils fabulent ou non, ils nous racontent des anecdotes, prétexte pour l'auteur à nous plonger dans la culture et l'histoire anglaises. On croisera Victoria, Jack l'éventreur, Defoe (argh! j'ai dû lire tout un passage sur Robinson aujourd'hui!), Shakespeare, Dickens.... mais aussi d'illustres auteurs français comme Verlaine ou Stendhal. Ce livre est alors un ode à la culture, à la littérature, à l'histoire. Les petits vieux vont essayer d'inculquer cette culture au jeune Arthur, lui faisant parfois la lecture le soir de classiques britanniques qui le captivent et le font voyager alors qu'il est prisonnier de son asile, dans la même galère que les vieux.

J'ai beaucoup aimé ce roman sans pour autant comprendre le postulat initial : On en comprend pas bien comment un enfant de cinq ans peut être placé dans un hospice, cela semble quelque peu incongru. Mais, et voici l'un des intérêts du roman, cela permet de mettre en cohabitation un petit garçon avec des personnes âgées haut en couleur : une ancienne prostituée, un vieux marins, un cuisinier ripoux, un curé cheminot.... Arthur va se trouver une deuxième famille une fois la période d'adaptation passée, ils vont finir par s'apprivoiser mutuellement.

C'est le premier livre que j'ai eu le courage de piocher dans la bibliothèque de mon oncle. Je suis ravie de cette lecture, c'est un ouvrage que je n'aurai jamais eu l'occasion d'ouvrir sans ce bel héritage bibliothesque (j'avoue que rien que le nom de l'auteur aurait réussi à me calmer - préjugé quand tu nous tiens!).

C'est un roman riche au style très fin et d'un grande originalité. Je n'hésiterai pas une seconde si je retombe un jour sur un roman de l'auteur.

Ceci signe ma dernière lecture pour le mois anglais 2015 !

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28 juin 2015

"Robinson Crusoe" de Daniel DEFOE

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Robinson Crusoe de Daniel Defoe

Kindle Éditions, 1719, 194 pages (enfin le double si j'en crois Kindle) (et le triple si j'en crois mon interminable lecture)

Il y a quelques mois, je me baladais en Écosse quand un ami me dit : Tu vois le village là-bas ? C'est celui du vrai Robinson. Et moi de me dire : Mais je n'ai jamais lu Robinson, comment ça se fait ? Surtout que j'adore Seul au monde, et Lost et tout se qui traite de survie dans un endroit isolé. Je m'y mets peu après pour le terminer seulement aujourd'hui... hum!

Notre jeune Robinson, petit bourgeois anglais rebelle, décide, contre l'avis de ses parents, d'embarquer pour les Amériques. Après quelques voyages, il se retrouve bloqué sur une île déserte au large du Brésil ou dans les Caraïbes. Seul son sur île, il apprend alors à se débrouiller, à faire pousser des trucs, à chasser, à se construire une forteresse pour se protéger des sauvages. Les années passent, il ne le vit pas trop mal, il apprend à son perroquet à parler, il découvre Dieu. Des sauvages arrivent un beau jour sur l'île pour s'adonner à des rituels de cannibalisme, puis repartent, puis reviennent et Robinson décide de leur piquer Friday (Vendredi) pour passer le temps et pour avoir un serviteur (lui le maître ultime des lieux!). Au bout de vingt-huit longues années (de lecture), il finit par s'échapper de son île et rejoindre l'Angleterre.

Franchement, j'ai eu beau essayer d'imaginer Robinson sous les traits de Tom Hanks, cela n'a pas suffit pour que cette histoire me passionne... D'entrée, on a bien du mal à éprouver la moindre empathie pour le snobe et prétentieux Robinson. Vu qu'il est tout seul, il écrit dans son journal pour nous, les (chanceux!) lecteurs. Mais voilà, sans aucun rythme, un peu sous forme de liste de courses (comme quelqu'un le dit très justement sur goodreads) et si lui n'a pas l'air de s'ennuyer le moins du monde, pour nous c'est une toute autre histoire ! Surtout que notre cher Robinson découvre la religion, tout en dénigrant tout être vivant qui ne soit pas Anglais. Nous avons alors de très "charmantes" pages sur les esclaves africains.

Et puis, Friday finit par arriver, et on s'attend à plus d'action, à un nouvel élan dans l'intrigue ! Mais non, Robinson décide de s'imposer en maître et d'éduquer son esclave, de lui apprendre à parler, les bonnes manières et lui faire découvrir dieu (encore lui!). Robinson, grand seigneur de l'île ! D'autres hommes finiront par débarquer sur l'île, et Robinson, tel Rambo, va tous les mettre à genoux ! Même quand il sera parti, il décidera de partager son île en parcelles pour la louer, c'est SON île que diable !

ENFIN, il arrive en Angleterre, et bien que le curseur Kindle nous indique que ce n'est pas encore tout a fait fini, on a de l'espoir, hé bien NON ! C'est pas fini ! Et on nous offre royalement une bataille entre Friday et un ours dans les Pyrénées alors que les deux compagnons sont presque dévorés par les loups ! (bon, là j'ai commencé à survoler sévère). Et puis, ENFIN il s'installe à Londres.... mais c'est TOUJOURS PAS fini, et hop qu'il nous liste toutes ses richesses etc.... (hum... j'ai lu deux phrases par pages à ce niveau là.)

Quelle déception ! Je me suis rarement ennuyé à ce point dans un classique (et là, ça rivalise avec Madame Bovary et le bio de Nabokov, ça résume tout!). Je comprends bien en quoi il est fondateur de tout un mythe, mais je me demande quand même comment ce texte a pu traverser les âges avec tant de popularité. Quel ennui !

Ce fut ma première rencontre avec Daniel Defoe, et certainement la dernière sauf si je trouve quelqu'un d'hyper persuasif sur le sujet.

J'ai lu ce livre dans le cadre de la LS (lecture solitaire) consacrée à Daniel Defoe durant le Mois Anglais, et je ne peux certainement en vouloir à personne de m'avoir si volontiers abandonnée dans ma galère !

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26 juin 2015

"Mugby Junction" de Charles DICKENS

mugby-junction-charles-dickens-paperback-cover-art (oh Turner sur la couv'!)

Mugby Junction (L'embranchement de Mugby) de Charles Dickens

Kindle Éditions, 1866

Un homme arrive en pleine nuit, sous la pluie, à l'embranchement de Mugby, une petite gare en Angleterre de laquelle partent plusieurs train, carrefour de directions. On ne sait pas son nom, juste qu'il avait une entreprise qui s'appelait Barbox Brothers. Sa femme est partie avec son associé. L'homme se retrouve là, désemparé. Il ne sait pas trop ce qu'il y fit, ni pourquoi il s'est arrêté. Il n'a pas envie de quitter la gare et reste là sous la pluie. Il finit par rencontrer l'aiguilleur qui lui indique où prendre une chambre. Il est ici dans une période délicate de sa vie, il ne sait plus quelle direction suivre, par conséquent le choix du train qu'il prendra sera déterminant. Mais pour l'instant il reste à errer dans la ville et finit par rencontrer une jeune femme handicapée, la fille de l'aiguilleur. Sans pour autant qu'une histoire d'amour s'installe (l'homme est bien abîmé par l'abandon de sa femme), une belle histoire d'amitié se développe. La jeune femme a un joie de vie à toutes épreuves, malgré ses handicaps.

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J'ai vu ce texte au théâtre il y a quelques mois, et bien que la mise en scène ait été épatante, je me suis ennnuyée par la lenteur de l'intrigue. Je me suis alors dit que c'était du Dickens mal adapté et j'ai lu le livre. Et je me suis ennuyée. Cette histoire d'homme qui se cherche ne m'a pas du tout happée. Il ne se passe pas grand chose, les mots utilisés n'ont aucune originalité (d'habitude c'est amusant de lire du Charlie!) et je me suis ennuyée.... Pire ! Alors que l'"intrigue" se terminait ENFIN, Dickens nous ajoute une dernière partie qui m'a achevée, une sorte de liste d'anecdotes d'un employé de la gare... j'avoue que j'ai baissé les bras et que j'ai plus que survolé cette dernière partie.

Voilà, une bien belle déception que mon Dickens de cette année, alors je n'ai plus qu'à en lire un autre pour me consoler !

Aujourd'hui, c'était LC Charles Dickens dans le cadre du Mois anglais, Praline a lu Un conte de deux villes, Tiphanie a lu Temps difficile et Titine a lu Les chroniques de Mudfog.

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20 juin 2015

"The Queen" de Stephen Frears (film)

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The Queen (1h39, 2006) 

Réalisateur : Stephen Frears

Avec Helen Mirren, James Cromwell, Alex Jennings...

Le 31 août 1997, Lady Diana meurt dans un accident de voiture sous le pont de l'Alma. La couronne britannique doit gérer une situation de crise. Alors que le royaume est en larme, la Reine Elisabeth reste de marbre et semble se réjouir de la disparition de son indomptable ex-bru. Tony Blair, ministre de l'époque, va tenter d'éviter le scandale, la Reine doit être proche de ses sujets, elle doit pleurer avec eux ! Mais Elisabeth semble dotée d'un coeur de pierre...

Je n'avais jamais vu ce film avant sa diffusion à la télévision il y a quelques semaines. La mort de Diana reste un évènement marquant de ma vie... Tout d'abord, mon père a débarqué dans ma chambre (alors que je faisais la grasse mat') pour m'annoncer sa mort. Ensuite, je me rendais pour la première fois à Londres une dizaine de jours après. Mes premiers souvenirs de Londres sont alors tapissés de fleurs. Alors que touristes on voulait aller visiter le palace de Kensington (on était jeunes et naïves), on est même tombées dans la file pour aller signer le cahier de doléances, entourés de sujets en pleurs! (on osait à peine parler français!!)

Bref, j'arrête de vous raconter ma vie et retour au film... Ce film a titillé ma perplexité à plusieurs niveaux. On sait tous que ce n'était pas le grand amour entre Diana et Elisabeth... on se disait clairement à l'époque qu'Elisabeth devait se réjouir... Mais quand même, est-il possible qu'elle ait été si froide à la mort de la mère de ses petits-enfants ? J'ai également été bien étonnée de la voir prendre le volant d'un quatre-quatre, bottes plastique aux pieds, rustre et très paysanne-style. Il y a clairement un grand décalage entre l'image qu'elle donne, toujours très maîtrisée, très protocolaire et la reine de Stephen Frears qui la présente comme une femme de caractère, limite un peu camionneur parfois !

Ma perplexité a également été titillée par le fait qu'un tel film ait pu être diffusé alors qu'Elisabeth était toujours sur le tronne. Stephen Frears dresse un portrait de la reine qui est loin d'être flatteur.

J'ai bien aimé ce film qui mélange image d'époque et "fiction" mais je l'ai regardé d'un oeil très distant et critique. Je ne sais absolument pas où finit la réalité et où commence la fiction !

 

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18 juin 2015

Des Reines et des Rois anglais

Je suis en retard pour vous parler de mes lectures sur les Reines et Rois anglais... Lorsque j'ai proposé ce thème, j'ai été prise d'une boulimie réconfortante de lectures sur le thème. J'ai découvert des séries en ebook pour découvrir un thème ou un personnage historique en une heure de lecture ! J'en ai lu trois jusqu'à ce qu'un triste évènement n'arrive (toujours le même) et que finalement je passe à autre chose (je vous assure que j'ai eu des drôles de rapports à la lecture ces derniers temps!)

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Who was Queen Victoria ? de Jim Gigliotti

Éditions Grosset and Dunlap, 2014, 112 pages

J'ai commencé par lire une amusante biographie illustrée sur Victoria (bien sûr que j'ai choisi Victoria!) J'ai trouvé cette lecture très ludique pour découvrir la Reine Victoria comme une personne presque que comme vous et moi. On la retrouve petite fille, un peu colérique. Puis on la redécouvre Reine et amoureuse passionnée avec ses nombreux enfants, puis comme femme au coeur brisé à la mort de son chéri d'amour. Les illustrations un peu loufoques donnent une impression de proximité entre la Reine et le lecture. Le récit de sa vie est vulgarisé, du coup abordable pour les plus réfractaires à l'histoire.

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Henry VIII : History in an hour de SImon Court

Kindle Editions, 2014, 55 pages

Je me suis ensuite plongé dans la biographie d'Henry VIII, ce sacré lascar peu recommandable. Toujours en une heure, je me suis indignée devant ce défilé de femme, de sang, de trahison, devant ce mâle primaire et sanguinaire qu'était Henry VIII. Rien de nouveau n'est révélé dans ce livre mais c'est une bonne lecture pour remettre les choses (l'odre de ses femmes!) en ordre dans sa tête (parce que, quand même, ça perturbe quand on ne sait plus trop en quelle position est telle ou telle femme!) Bon, ce fut quand même un sacré bastard cet Henry !

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Bloody Mary : The Life and Legacy of England's Most Notorious Queen

Editions Charles River, 2015, 56 pages

Enfin, j'ai lu une biograhie de Bloody Mary mais j'ai peut-être enchainé trop vite car c'était très très répétitif après celle de Henry VIII (mais c'est toujours une lecture en une heure, donc ça passe!) C'était également une sacrée garce que cette Mary. Un peu bloody tout de même à mon goût, heureusement qu'Elizabeth était toute prête à reprendre les manettes du Royaume ! C'est pas bien petite Mary de faire des crises à cause de ta religion comme ça !! Tu donnes vraiment l'impression d'être une petite fille colérique, tu sais ? Vilaine, va !

Bon j'ai aussi vu l'émission de Stéphane Bern sur Elisabeth, et puis l'exposition Turdors dont je vous reparlerai. Une obsession réconfortante, je vous dis! J'avais bien envie de lire la biographie de Mary Stuart par Stephan Zweig mais je doute de trouver le temps avant la fin du mois !

Victoria

 

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13 juin 2015

"Les jumeaux de Black Hill" de Bruce CHATWIN

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Les jumeaux de Black Hill de Bruce Chatwin

Traduit de l'anglais par Georges et Marion Scali

Éditions Livre de poche, 1982, 375 pages

Les jumeaux de Black Hill, ce sont deux gallois élevés dans une maison où "l'une des fenêtres ouvrait sur les vertes prairies d'Angleterre et l'autre donnait, au-delà du bouquet de mélèzes de Black Hill, sur le pays de Galles." Ils naissent dans une ferme, dans une famille de paysans, du moins, leur père Amors l'est. Marie, leur mère, quant à elle, a été élevée par un pasteur, elle a voyagé aux Indes mais s'est follement éprise du jeune Amos à la mort de son père et l'a, par conséquent, bien vite épousé. Renonçant aux raffinements de la vie (elle a dû rapidement éviter de lui cuisiner de la cuisine trop exotique!), elle a dédié sa vie à son mari, à ses trois enfants (les deux jumeaux et une fille plus jeune) et à la tenue de la ferme. Le roman est une saga familiale, même si par rapport aux saga habituelles le nombre de personnages est réduit. Le livre raconte la vie des deux jumeaux, Lewis et Benjamin, inséparables. D'ailleurs ils ne se quitteront jamais, et lorsque ça arrive par petite période, les deux garçons dépérissent dans leur coin. Lewis, depuis toujours, ressent les émotions et les douleurs de son frère, quelque soit l'endroit.

Le roman de Bruce Chatwin est intéressant et très riche à plusieurs niveaux. Il raconte bien sûr la vie des deux jumeaux, une vie inhabituelle, les jumeaux refuseront de se marier, ils dédient leur vie l'un à l'autre, ils forment un tout, la personnalité de l'un étant contrebalancé par celle de l'autre jumeau, comme la dualité d'une même personnalité. Marie se complaît dans cette situation, elle encourage d'ailleurs chacun des jumeaux à ne pas laisser l'autre partir.

C'est également un roman qui traverse les époques. Le roman débute au début du dix-neuvième siècle et se termine à l'aube de l'an 2000. Mais l'intrigue se déroule au fin fond des montagnes galloises, alors on perçoit à peine les changements. Les jumeaux ne quittent d'ailleurs jamais leur campagne et le progrès n'est perceptible que par les gens de passage, ou la technologie qu'on leur apporte petit à petit. En ce sens, le roman semble hors du temps avec seul piliers les deux jumeaux.

C'est également l'occasion pour le lecteurs de passer de belles heures dans la campagne galloise que de lire ce livre. Je ne connaissais pas Bruce Chatwin mais j'ai découvert qu'il était d'abord connu pour ses récits de voyages. Tout ceci est très perceptible dans ce roman, Chatwin dépeint majestueusement la nature et l'atmosphère. Il respecte sincèrement la nature, les animaux, les destins et les gens. C'est alors un roman chaleureux et dans lequel on se sent bien. On aime à côtoyer les deux jumeaux qui n'ont pas eu la vie facile mais qui reste indéniablement des gens bons.

J'ai beaucoup aimé ce roman et je suis très curieuse de découvrir plus encore le personnage de Bruce Chatwin (car, c'est parait-il, quelqu'un de bien singulier) et de lire ses récits de voyage.

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11 juin 2015

Loin de la foule déchaînée (film)

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Loin de la foule déchaînée

Film de Thomas Vinterberg

2015, 1h59

Avec Matthias Shoennaerts, Carey Mulligan

Au fin fond de l'Angleterre, dans le Wessex, Gabriel Oak élève ses moutons, patiemment. Il travaille dur et sa ferme est prospère. Bathsheba vit non loin de là avec sa tante. Gabriel est sous le charme et la demande en mariage, mais puisqu'elle n'est pas son égal et qu'elle veut rester libre, elle refuse. Et puis Gabriel perd tout et part chercher du travail ailleurs, entre temps Bathsheba fait un héritage et devient une riche propriétaire, Gabriel deviendra alors l'un de ses employés, restant l'un de ses nombreux prétendants, dans le silence. Loin de la foule déchaînée, c'est l'histoire de l'ascension fulgurante de cette femme de caractère, un peu trop prétentieuse et qui se laissera prendre à son propre jeu. Femme indépendante, oui, mais séductrice et joueuse et ça finira par lui jouer de vilains tours !

Loin de la foule déchainée est également l'histoire du couple Gabriel / Bathsheba, semé d'embuches et pas si évident que ça. Gabriel se révélera d'un humanisme extrème et d'une patience à toute épreuve. Batsheba se comporte, elle, comme une véritable garce qu'on a bien souvent envie de baffer ! Tout ce pouvoir et la tête lui tourne !

Je n'ai jamais lu ce roman de Thomas Hardy mais j'avoue que j'en ai maintenant très envie. Ce film est une grande réussite. On retrouve parfaitement l'atmophère des romans de Thomas Hardy et, comme je l'imagine dans le roman, la beauté de la nature tient une place d'excellence dans le film. Ce n'est pas un film au suspense débordant, mais un film sur les sentiments humains, la nature humaine, sur le féminisme et parfois la bétise ! (bêtise victorienne même!)

L'ambiance est 100% Thomas Hardy et c'est un vrai délice ! Bathshaba a effectivement une tête à claque alors que Mr Oak.... sérieux, Mr Oak vous fait littéralement adorer le film ! (ahah!)

C'était bien, et si ça peut faire découvrir Thomas Hardy au plus grand nombre, je suis ravie !

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06 juin 2015

"Au risque des ténèbres" de Susan HILL

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Au risque des ténèbres de Susan Hill

Editions France Loisirs, 2006, 554 pages

(Attention aux spoilers dans ce billet!)

Une série d'enfants est enlevée dans la Yorkshire. L'inspecteur Simon Sérailler est sur l'enquête et c'est lui qui attrape, par hasard, la coupable présumée sur les bords d'une falaise. En parallèle, plein d'autres histoires : des histoires de famille, des histoires d'agression, des histoires de morts, des gens qui pètent des câbles... plein d'histoires parallèles... trop d'histoires parallèles ?

On pourrait croire que l'intrigue va tourner autour d'Ed, la kidnappeuse d'enfants mais la partie qui lui est consacrée est minime dans le livre. A la place, on va suivre les histoires des personnages environnants : Sa voisine et sa jeune fille Kyra qui est absolument fascinée par Ed, les parents d'Ed, la famille de Simon et ses histoires de c.... euh coeur! Oui bien sûr, coeur! Et pis la vie de la famille des autres aussi, avec tout plein de méchants qui leur font tout plein de mal !

Je me suis ennuyée dans ce livre alors que ce n'est vraiment pas le genre de rapports que j'ai normalement avec un polar ou un livre à suspense. Il y a trop d'agression dans un cercle trop restreint : La mère se fait cambrioler, la fille se fait séquestrée, quelques jours après la même mère se fait séquestrer et assassiner (trois coupables différents, c'est pas genre juste de l'archarnement d'une personne sur une famille!). Euh, spoilers, désolée, mais à moins d'avoir la poisse ou de rechercher les ennuis, ce genre de truc n'est pas vraisemblable !!!

Et puis.... la sous-titre du livre c'est "Une enquête de Simon Sérailler"... d'habitude, quand je lis une enquête (et je crois que c'est le contrat lecteur / auteur de polar, un peu, non?), et bien à la fin, on sait le pourquoi du comment. Ici, ben ouais, la nana est arrêtée, les flics s'emparent de sa maison pour enquêter, mais nous, perso, les lecteurs, on sait pas bien ce qui s'y passe dans cette maison... et on ne saura jamais ce qui s'est passé! La clef de l'énigme est découverte, par hasard, par un promeneur de toutou.... moui, ça je veux bien... mais je me demande à quel moment il y a eu enquête en fait !!!! Pas dans les pages du livre en tous cas... De même, la jeune Kyra qui passait beaucoup de temps avec Ed, elle est interrogée, mais le lecteur ne saura jamais ce qui en ressort de cette entretien, il n'est d'ailleurs pas invité dans la salle ! Et pour conclure, on ne saura jamais ce qui est arrivé aux enfants !

Alors, quel était le but de l'auteur ? Nous propulser dans une histoire, nous balancer plein de ptits trucs mais de nous faire comprendre que c'est pas notre affaire, qu'on a pas le droit de savoir ? Euh.... mais merde! (oups désolée!), c'est pas le but d'un roman, on est pas dans la vie réelle avec des gens qui ont des secrets pour nous ! Allo quoi ! On lit un livre là, pour une intrigue, une histoire qui se tient, un tout... si c'est pour expulser le lecteur, genre : toi, t'es trop curieux là, ça te regarde pas ! Euh... qu'on m'explique !

Je n'ai absolument aucun problème avec les histoires qui nous laissent dans le flou (j'adore Burnside, c'est dire!) mais il faut que je sente que c'est construit, que c'est totalement voulu, que cette ambiance fait partie du livre, que c'est maîtrisé ! Là ce n'est pas le cas, le style est banal, comme la construction et c'est juste long et.... chiant !

J'avais pioché ce livre dans une pile dont quelqu'un se débarrassait, j'avais entendu beaucoup de bien de Susan Hill, mais pour ma part, notre histoire s'arrête ici !

To read or not to read

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04 juin 2015

"The Professor's Story of the Yellow Mask" de Wilkie COLLINS

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The Professor's Story of the Yellow Mask de Wilkie Collins

Tiré de Supernatural & weird fiction of Wilkie Collins (volume 2) aux Éditions Leonaur

(A priori la nouvelle est traduite dans le recueil Quand la nuit tombe... enfin c'est là qu'elle devrait être!)

1855, 104 pages

L'action se déroule à Pise, au départ dans un atelier de sculpture. Dans cet atelier vont se croiser le charmant Fabio d'Ascoli (sculpteur également), Luca Lomi et son frère le Père Rocco. Nannina est de passage régulièrement pour déposer de menus objets qu'elle confectionne pour survivre, elle vit avec sa jeune soeur et son chien dans un tout petit appartement. C'est un coup de foudre discret entre eux. Nannina, alias la Biondella, se laisse influencer par le Père Rocco (ça me fait rire à chaque fois ce nom!) et décide de quitter la ville pour sauvegarder le bonheur de Fabio... il y a une histoire d'héritage clérical à sauver... c'est une longue histoire... mais elle part en laissant une lettre d'adieu à Fabio. Il finit par se marier avec une autre, puis comme c'est courant à l'époque, il perd sa femme en couche... et est hanté par celle-là même, une revenante qui vient le chambouler alors qu'un rapprochement avec Nannina est palpable ! Un fantôme ? Une illusion ? Mais qui est donc cette femme qui le suit et ne le laisse pas en paix ? Sacry !!!

C'est une récit typique à la Wilkie Collins, des amants séparés parce qu'ils ne sont pas du même milieu social, un méchant qui enfonce le clou et qui veille de son mauvais oeil à ce que ce soit encore plus compliqué entre eux... et puis un mystère limite paranormal, cette apparition au masque jaune!

Ce court roman est également prétexte pour l'auteur de nous faire voyager dans les rues mystérieuses d'une Italie déjà glamour, énigmatique et fascinante. C'est un lieu ou règne l'amour et le mystère, dans un décors de belles sculptures et de belles peintures. Et puis, alors que ce serait plus rare en Angleterre, le poids et le respect des gens de soutane.

J'ai forcément beaucoup aimé ce court roman de mon Wilkie, et j'ai par la même occasion terminé ma grosse anthologie (toute tristounette que j'étais d'ailleurs.) (mais il m'en reste encore, un peu!)

Et puis quelle meilleure occasion que de vous en parler en ce mois anglais, le jour de la LC polar... policier quoi, et Wilkie est incontestablement le maître des policiers sans aucun flic ! Alors, moi j'dis, ça compte !

God save the tea

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