Voyager... Lire...

21 mai 2017

"La Nuit derrière moi" de Giampaolo SIMI

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La Nuit derrière moi de Giampaolo Simi

Traduit de l'italien par Sophie Royère

Sonatine Éditions, 2012, 286 pages

D'entrée Furio Guerri nous le dit, c'est un monstre. Il commence le livre en épiant des jeunes filles devant un lycée et avale ses goutes. C'est un monstre, il nous le dit, mais on ne sait pas pourquoi. Le livre alterne entre présent et flashbacks qui nous racontent sa vie quand le monstre, il ne l'était pas encore. Dans le temps, quand il était normal, respectable et heureux, il travaillait pour une imprimerie, il écumait les routes pour faire son travail de commercial et assurer une vie tranquille et confortable à son épouse Elisa et à sa petite fille de six ans, Caterina. Mais maintenant que c'est un monstre, on le retrouve sans famille et tourmenté, à épier les jeunes filles et à manipuler. Et c'est tout ce que je dirai sur l'intrigue du roman pour ne pas trop vous en révéler.

La quatrième page de couverture annonce un "roman à la construction magistrale". Pourtant, au début, tout est bien lent, trop lent et on se sent un peu perdu. On comprend très vite que Furio nous cache quelque chose en rapport avec sa famille mais pendant un bonne moitié du livre, on ne sait pas trop où ça va, où on va, l'auteur ne voulant en aucun cas lâcher un indice. Ca m'agace un peu quand la lectrice que je suis se retrouve dans cette situation. J'aime cheminer avec les personnages, surtout dans le cas d'un polar et ne pas avoir l'impression que l'on me cache trop de chose pour sauver l'intrigue jusqu'au bout. Cette impression a commencer à se déliter au début de la deuxième moitié du livre et, du coup, ça a commencé à m'intéresser bien plus et l'impression de lenteur et de trouble a d'un coup disparu. J'ai alors terminé le livre en le dévorant, maintenant que je comprenais mieux et que je pouvais enfin mieux cerner les personnages et le drame qui se déroulait devant mes yeux.

J'ai également aimé toutes les références musicales dans le roman qui rappellent une période que moi aussi j'ai vécue (Cindy Lauper, Madonna ou encore des trucs à moitié oubliés comme Milli Vanilli :-) ), car finalement, Furio a à peu près le même âge que moi.

A noter le style particulier et travaillé. L'auteur parvient à établir une distanciation régulière entre le personnage qui raconte son histoire et le monstre. C'est déroutant au début, mais finalement ça marche très bien et c'est très pertinent pour l'intrigue.

Une bonne lecture, efficace qui est aussi ma deuxième participation au Mois Italien organisé par Martine durant tout le mois de mai !

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Voici également le neuvième livre de l'année sorti de ma vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

objectif pal

 

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18 mai 2017

"Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas JONASSON

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Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

Éditions Pocket, 2009, 507 pages

C'est le jour du centième anniversaire de Allan Karlsson que tout commença. Ou presque. En tous cas, ce jour-là, vu qu'il s'est encore réveillé, il ne compte absolument pas le fêter dans sa maison de retraite en compagnie de Soeur Alice et de ses vieux compères séniles. Il saute alors par la fenêtre, en chaussons, pour échapper à la fête qui lui était préparée et file à la gare de sa petite ville suédoise pour prendre le premier bus en partance pour... la distance que lui autoriserait cinquante couronnes. A la gare, avec son air de vieux papy inoffensif, on lui demande de garder une valise pendant que son propriétaire va aux toilettes. Le vieux file avec la valise de peur de rater son bus... une valise qui contient en fait 50 millions de couronnes. Bien sûr, sa petite cavale va alors se corser un peu, car la valise, il l'a dérobée à un gang locale. Mais bon, notre petit vieux en a vu d'autres, et c'est ce que le livre va nous raconter : Sa cavale en 2005 avec sa valise pleine de fric et ses rocambolesques aventures à travers le monde tout au long de sa vie.

Allan, tel un Forest Gump venu du froid va traverser l'histoire de son siècle en ce trouvant là au bon (ou mauvais) moment. Il rencontrera, mine de rien et sans trop s'en préoccuper vraiment, les grands qui ont fait l'histoire depuis sa naissance. De Gaulle, Franco, Mao, Truman, Staline...  Ils auront tous à apprendre de la candeur d'Allan qu'ils prennent pour de la plus grande intelligence.

Allan, ce qu'il aime depuis qu'il est tout petit, c'est faire exploser des trucs. Il a d'ailleurs travaillé dans une usine d'explosifs et se dit expert (forcément, ça ouvre des portes dans le vingtième siècle). Dans son pays, c'est un incompris qu'on a laissé croupir quelques années dans un hôpital psychiatrique alors qu'il avait juste fait des essais d'explosifs dans son champs, c'est quand même pas sa faute si un voisin passait par-là au même moment ! A l'étranger, c'est un génie bien futé qui saura se faire des amis où qu'il passe, dans l'Himalaya, au goulag de Vladivostok, en Corée du Nord... La politique, il s'en fiche pas mal ! Il dit ce que l'ont veut entendre et tout s'arrange autour d'un verre de vodka ou autre gnôle locale !

Voici un livre complètement fou auquel je ne m'attendais pas le moins du monde. Je croyais lire une petite variante d'une histoire de Arto Paasilinna (l'auteur y fait d'ailleurs référence, je me doute que cela doit être une de ses inspirations!) (et moi aussi, je l'adore!) à travers la Suède (j'avais besoin de me plonger dans une petite boule de coton suédoise) mais non, Jonas Jonasson va plus loin et envoie son personnage dans un road trip déjanté à travers le monde, un monde peuplé de joyeux originaux et de grands tarés (les grands de ce monde, quoi!). C'est un gros bazar, c'est rempli de situations loufoques et d'humour (parfois bien noir!) provoquées par la candeur et les maladresses d'Allan. On s'attache au vieil Allan et à sa bande de bras cassés.

J'ai beaucoup aimé ce roman même s'il est bien loin de la bulle suédoise dont j'avais besoin ! C'est un livre marrant, rafraichissant, délirant... une bien bonne dose de bonne humeur !

Voici mon le neuvième livre de l'année sorti de ma vieille PAL cette année pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

objectif pal

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17 mai 2017

Mois Anglais : Les LC !

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Cette année encore, le Mois anglais promet de belles rencontres littéraires, culturelles, artistiques, gustatives & co... Voici la liste des billets thématiques qui vous sont proposés :

Comme toujours, vous pourrez prendre part à une ou plusieurs lectures, ou participer selon vos envies du moment, sans tenir compte de ces dates.

Nous espérons que vous passerez cette année encore de très beaux moments avec la joyeuse tribu du Mois anglais. Nous avons hâte de vous retrouver et d'accueillir les nouveaux participants !

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08 mai 2017

"La Jeune Epouse" de Alessandro BARICCO

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La Jeune Épouse de Alessandro Baricco

Éditions Gallimard, 2016, 224 pages

La Jeune Épouse débarque un bon matin dans une grande maison italienne. Elle vient de fêter ses dix huit ans et a quitté sa famille en Argentine pour rejoindre le jeune homme qui lui avait été promis lorsqu'elle avait quinze ans. Mais le Jeune homme n'est pas là à son arrivée, cela fait de longs mois qu'il est en Angleterre. La Jeune Épouse attend alors son promis dans la grande maison, avec sa belle-famille : Le Père, la Mère, la Fille et un oncle qui passe son temps à dormir dans chaque coin de la maison.

Cette famille est étrange, cette demeure l'est aussi. Chaque matin, les habitants se lèvent et se traînent jusqu'à la table du petit déjeuner qui dure des heures et des heures et qui les emmène à l'heure de la sieste. Les livres sont interdits, les membres de la famille se côtoient sans vraiment se parler.

La Mère est une femme sensuelle qui, on nous le dit tout de go, a eu de nombreux amants et à fait tourné de nombreuses têtes tout au long de sa vie. A côté de cela, le Père va au bordel deux fois par mois. La Fille, elle, rêve de se marier avec L'oncle. Oui, tout est étrange... et tous les membres de cette famille partagent la phobie de la nuit... En effet, il est de tradition de mourir pendant la nuit pour cette dynastie.

La Jeune Épouse erre alors dans la maison, à la découverte des excentricités de la famille, de la maison et à sa propre découverte. C'est en effet un roman initiatique pour la jeune fille. Sa grand-mère lui a un jour dit d'oublier ce qu'elle avait entre les jambes et qu'un jour ça se réveillerait... Face à un telle belle-mère et à la Fille, la Jeune Épouse ne va pas pouvoir échapper à la sensualité environnante et à la découverte de son corps.

Je me faisais une joie de retrouver Alessandro Baricco dont j'adore le style mais j'avais avoir été déstabilisée par ce roman. Il y a bien sûr des choses intéressantes et un vrai travail d'écriture. On ne sait pas bien qui est le narrateur, le texte change de point de vue sans crier gare et c'est assez subtile et bien conduit. Par contre, j'ai eu beaucoup de mal à adhérer à l'histoire et j'ai même failli abandonner le livre (je l'ai posé pendant une journée pour parvenir à en terminer les dernières cinquante pages le lendemain.) J'ai retrouvé l'univers assez particulier de Baricco et que j'aime d'habitude sans parvenir à embarquer avec lui. L'intrigue ne m'a pas du tout intéressée. Toute cette sensualité ne m'a pas dérangée mais je me suis demandé en quel sens elle servait le livre et l'histoire.

Bref, une grosse déception pour moi, comme l'avait été Soie.

Et je signe avec ce billet ma première participation au Mois Italien organisé par Martine durant tout le mois de mai !

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Voici mon le huitième livre de l'année sorti de ma vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

objectif pal

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03 mai 2017

Mois Anglais Saison 6

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Le Mois anglais is back, pour la sixième année consécutive !

C'est le moment de dépoussiérer votre plus belle théière, de sortir vos recettes de scones, vos mugs "England Forever", vos parapluies, votre intégrale de Dickens et vos albums de vacances favoris !

Le voyage débutera le 1er juin 2017 et durera tout le mois.

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Les thèmes envisagés (n'hésitez pas à en suggérer d'autres ou à annoncer votre participation si vous le souhaitez déjà) :

Doris Lessing, Daniel Defoe, Ian McEwan, Jonathan Coe, Daphné du Maurier, Angela Huth, Julian Barnes, Jane Austen pour ne pas déroger à la tradition, polar, campagne anglaise, Susan Hill, Ann Granger, M.C. Beaton, album et littérature, auteurs victoriens, jeunesse...

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Lou et moi sommes très heureuses de vous retrouver cette année encore, et espérons que vous serez toujours aussi enthousiastes après ces nombreux voyages littéraires et virtuels ensemble en Angleterre.

Billets libres, lectures communes, comme chaque année il y en aura pour tous les goûts. Le seul mot d'ordre : fêter l'Angleterre sur nos blogs. 

Pour vous inscrire, nous vous invitons à laisser un commentaire à la suite de ce billet et sur le billet de lancement de Lou. N'hésitez pas non plus à nous y laisser les liens vers vos billets de présentation pour que nous puissions les relayer plus facilement.

Vous pouvez également rejoindre notre groupe facebook, sur lequel ont déjà été proposées de nombreuses idées de lectures communes.

N'hésitez pas à nous proposer de nouveaux logos... chaque année votre créativité nous impressionne !

Rendez-vous le 1er juin !

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16 avril 2017

Chronique d'Agrégation (2)

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Si vous me suivez sur Facebook, vous le savez, j'ai des livres à lire pour préparer l'agrégation. D'autant plus que ma spécialité est la littérature, et je compte vraiment dessus pour rattraper un peu les résultats de civilisation qui seront, normalement, moins glorieux.

Cette année, débordée par le travail, j'ai fait des impasses, ce que je m'interdis ABSOLUMENT pour l'année prochaine.

J'ai alors commencé par le livre que j'avais le moins envie de lire (si on oublie le recueil de poèmes, mais j'y reviendrai) et je suis fière d'annoncer ce soir que j'ai fini Roxana de Defoe ! Et, ce n'est pas une très bonne idée parfois de lire sur le kindle, ce livre m'a semblé interminable (même si j'ai aimé!) mais impossible de savoir combien de pages contenait mon livre et du coup d'évaluer si j'étais près de la fin ou pas ! En tous cas, bonne chose, comme je l'ai dit, j'ai aimé.

J'attaque maintenant Atonment de Ian McEwan, ce n'est pas ma première rencontre avec l'auteur et j'avais adoré son style dans Sur la place de Chésil alors je suis plutôt confiante.

Une fois ce roman terminé, j'en aurai fini avec la première lecture de tous les livres au programme (pour l'écrit) SAUF le recueil de poèmes, j'ai nommé Leaves of Grass de Walt Whitman et là, j'ai besoin de votre aide, vous lecteurs, qui lisez de la poésie ! (ça existe ? Nan, je blague..) Comment fait-on pour lire de la poésie sans s'endormir ? Comment fait-on pour lire un recueil sans passer trois heures sur un poème pour essayer de comprendre ce que l'auteur veut nous faire passer ? Comment fait-on pour se souvenir des textes ne serait-ce, que, genre, trois jours après les avoir lus ? J'ai l'air de blaguer comme ça mais je n'ai jamais aimé lire de la poésie, encore moins un recueil complet (je trouve ça carrément indigeste à vrai dire...)... et je me trouve TOTALEMENT désemparée là.. Help!

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15 avril 2017

"La vie selon Juan Salvador, palmipède d'Uruguay" de Tom MICHELL

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La vie selon Juan Salvador, palmipède d'Uruguay de Tom Michell

Traduit de l'anglais par Amélie de Maupeou

Éditions Fleuve, 2015, 263 pages

Tom est un jeune anglais d'une vingtaine d'années. Quand on lui propose de partir enseigner en Argentine, il ne peut résister à cette offre d'aventures et de découvertes. Son but, est de profiter des vacances scolaires pour visiter les pays alentours. A la fin d'un séjour en Uruguay, il s'offre une dernière balade en bord de mer lorsqu'il tombe sur une centaines de manchots échoués sur la plage, couverts de pétrole, morts. Il observe la scène avec dépit et remarque de l'un d'entre eux bouge encore alors il ne peut se résoudre à laisser l'oiseau mourir là-bas sans essayer de le sauver. Il emporte le palmipède récalcitrant dans l'appartement d'amis qu'il occupe pour les vacances pour le nettoyer. L'oiseau survit mais refuse de retourner à la mer le lendemain matin alors que le jeune professeur doit faire son voyage retour en Argentine. Il n'a plus le choix, il doit emmener son nouvel ami avec lui. Juan Salvador, le manchot ainsi dénommé, va alors devenir la mascotte du campus et vivre de beaux jours en compagnie de Tom Michell.

Outre une belle amitié entre un homme et un manchot, ce livre est également le récit de voyage d'un jeune anglais qui se confronte aux us et coutumes de l'Amérique latine.  Mais bien sûr, c'est l'hisoire de Juan Salvador qui occupe la plus grande partie de ce récit autobiographique. En effet, comme le titre l'indique, la vie du jeune Tom va être conditionnée par le rythme et les besoins du petit manchot. Mais cela ne semble pas poser de gros problèmes, sur le campus, tout le monde veut rencontrer et s'occuper de l'oiseau qui file de beaux jours sur la terrasse du professeur. Juan Salvador va devenir l'ami de tous, avec ses petits yeux noirs expressifs qui semblent donner des conseils à tous ceux qui viennent se confier à lui.

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Tom est totalement dévoué à ce nouvel ami. Les passages où il imagine les réponses que son manchot lui fait quand il lui parle sont excellents ! Tom se met à la place de l'oiseau en imaginant comment il appréhende sa nouvelle vie parmi les humains. Le jeune homme essaiera malgré tous de trouver des solutions pour essayer de remettre le manchot dans son habitat naturel mais comme cela semble bien compliqué, sans compter que le manchot décidera sans doute de rester avec Tom (on apprend à la fin du livre que pour les relâcher dans la nature, il faut deux individus de la même race, sinon les oiseaux ne veulent pas repartir), il décide de le chouchouter chez lui en lui offrant la plus douce vie possible.

C'est vraiment une belle histoire qui donne envie d'adopter un petit manchot ! Bon, pour ça, il faudra que j'en trouve un, couvert de pétrole, sur une plage. Mais, je ne souhaite pas une marée noire à ces pauvres petits pingouins, pis à Paris, on a la page en été, mais pas la mer.... et je doute qu'une famille de pingouins arrive jusque-là, surtout qu'on est de toute évidence dans une phase de réchauffement climatique ! Alors, moi ça me donne envie de partir en Argentine pour aller observer mes petits amis, bien portants j'espère, sur les plages. Mon problème maintenant c'est que je ne sais plus comment appeler les manchots de ma collection... Juan Salvador ou Micha ?

A noter que le livre est joliment illustré par des instants de vie de Juan Salvador.

Un grand merci à A Girl pour ce cadeau d'anniversaire. Tu as, encore une fois, visé juste !

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12 avril 2017

"Les filles des autres" de Amy GENTRY

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Les filles des autres de Amy Gentry

Traduit de l'anglais par Simon Baril

Éditions La Bête Noire - Robert Laffont, 2017, 336 pages

Alors qu'elle n'a que treize ans, Julie est enlevée en pleine nuit dans la maison familiale. La seule témoin est sa petite soeur de dix ans, Jane, qui a assisté à la scène, cachée dans la penderie de sa chambre. Les années passent, Anna et Tom, ses parents, ont occupé ces longues années à la rechercher, sans succès. Ils n'ont d'ailleurs plus grand espoir, tout ce joue habituellement dans les trois heures qui suivent l'enlèvement... celles-ci même que Jane a passé, tétanisée dans sa chambre, sans être capable de donner l'alerte. Huit ans plus tard, on cogne, Julie réapparaît, affaiblie, vieillie, sur le pas de la porte. Toute la famille est soulagée, bien sûr, mais rapidement, Anna est prise de doutes face au comportement étrange de Julie et à ses nombreux mensonges... Comment être certaine que Julie est bien sa fille ?

L'idée initiale de ce roman me plaisait : J'aime les histoires d'enlèvements. Ça m'intéresse de comprendre ce qui se passe dans la tête des gens qui sont coupés du monde, dans celle du ravisseur, dans celle de la famille et des proches qui se retrouvent confrontés à la situation. Le thème me plaisait, c'est pourquoi j'ai ouvert ce livre, d'autant plus que le dénouement est "joyeux", la jeune Julie revient.

C'est un roman qui se lit assez vite et qui tient en haleine. Tout comme la mère, on est rapidement pris de soupçons envers Julie, elle est effectivement très bizarre et oui, on croit vite qu'elle n'est pas la vraie Julie mais une détraquée qui veut profiter d'un foyer douillet. Mais, et c'est ce qui gâche un peu tout, il y a de nombreuses maladresses dans la structure du texte. Malheureusement, l'auteur en fait TROP pour semer le doute et du coup, elle se perd elle-même dans les détails qu'elle nous donne et parfois ça sonne très artificiel (surtout quand on a l'habitude des polars et des émissions d'enquêtes criminelles à la télé.) Du coup, on se pose plein de questions... Pourquoi Julie veut-elle absolument cacher les racines de ses cheveux à sa soeur ? (à part pour provoquer un doute sur le lecteur) Pourquoi, a aucun moment, la police n'a pris possession de l'ordinateur de la jeune Julie pour prendre connaissance de ses conversations internet ? Pour éplucher son compte facebook ? C'est quand même la base lors d'une disparition inquiétante.

Si je ne me trompe pas, il y a deux narrateurs dans ce roman : Anna, la mère, et Julie. C'est comme un dialogue sourd entre eux dans la narration, Anna qui a ses doutes, Julie qui nourrit nos doutes... Julie (ou pas Julie), a l'aide de flashbacks, finira par nous raconter son histoire et remonter les années jusqu'à son enfance... et au cours de sa vie, elle a pris de nombreuses identités (du coup, est-ce Julie ? Haha ! Vous aimeriez bien le savoir, hein? Car même si elle est Julie, elle a huit ans à raconter, avec de nombreuses identités). Et moi je me demande... à quoi ça sert à part à perdre le lecteur, à semer le doute sur l'identité de la jeune femme ? Pareil pour les personnes qu'elle a rencontrées au court de sa vie (et qui peuvent AUSSI changer de nom), pourquoi autant de floux dans la façon de nous les présenter ? Juste pour que le doute s'intalle encore plus en nous de façon tout à fait artificielle et grossière. 

C'est dommage, l'idée était bonne, même les idées étaient bonnes mais j'aurais aimé une trame plus subtile, moins brouillon, plus halletante. Au bout d'un moment, je ne remarquais plus que les maladresses et passais à côté de l'intrigue.

Après, tout n'est pas mauvais, et j'ai quand même passé une agrable lecture car oui ! je voulais connaître le fin mot de l'histoire !

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08 avril 2017

Midnight Diner - Tokyo Stories (série)

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Midnight Diner - Tokyo Stories

Série de Joji Matsuoka, une saison, 10 épisodes d'environ 20 minutes

Avec Koaru Kobayashi, Joe Odagiri, Mansaku Fuwa, Mikako Tabe, Saki Takaoka...

La série se déroule dans un restaurant de Tokyo. La Maître (chef cuisinier) tient tout seul l'établissement. La particularité du lieu ? Il n'est ouvert qu'entre minuit et sept heures du matin et a une carte très limitée. Par contre, il accepte toute demande de plats à condition qu'il ait les ingrédients. Dans son minuscule restaurant, des habitués vont se dévoiler autour de la sagesse ancestrale du cuisinier. Nous assisterons alors à des tranches de vies, parfois touchantes, bien souvent TRÈS déroutantes !

Lorsque copine Lou m'a parlé de son projet de mois japonais, je lui ai dit tout de go que ça allait être bien difficile pour moi de participer, même si d'habitude j'aime bien l'encourager dans ses challenges thématiques. C'est que le Japon, ce n'est pas trop ma tasse de thé... Ça ne me fait pas rêver, leur littérature ne m'attire pas plus que ça... Je n'ai d'ailleurs aucun japonais dans ma PAL (et vu que je suis à fond dans mon challenge "zéro achat", je me voyais mal le rompre pour un japonais!) Bref, j'ai alors dit à copine Lou que je regarderai des trucs (oui c'était encore bien vague) sur Netflix pour, au moins, une participation symbolique. Lou, très enthousiaste, m'envoie rapidement un texto pour me dire : "Regarde Midnight Diner, c'est génial !" Bon, d'ac. Le format me plaisait, juste vingt minutes par épisodes, "juste" dix épisodes (avec le recule, tout est relatif...), je me lance.

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Le premier épisode a de quoi refroidir même les plus curieux... Je l'appelle l'épisode Bioman, que j'ai eu la "chance" de revoir cette semaine car j'ai eu le malheur de parler de cet OVNI à des amies et qu'elles ont voulu voir.. youhou vraiment... Donc l'épisode Bioman dans lequel un des personnages reconnaît l'une de ses idoles actrices dans une série du genre bioman et dont il était absolument fan quand il était jeune. Elle fréquente aussi le restaurant et mange sa soupe sans nouille, c'est important de le noter. Bref, cris de bioman et tout le tralala... Sérieux, je me suis demandé dans quoi Lou m'embarquait encore.

Par la suite, ça ne s'est pas beaucoup arrangé... Fantômes qui viennent hanter leur famille pour des histoires de kama sutra (!), films pornos, tricoteuse amoureuse (elle m'a fait rire elle, elle drague en faisant des pulls !)....

Je me suis sentie absolument perdue dans cet univers et j'ai eu du mal à trancher : Est-ce que c'est juste une série nulle avec des acteurs pas très doués (non, mais ils sur-jouent, c'est ridicule!) ou est-ce que c'est censé être amusant et que je n'y comprends rien. En tous cas, j'ai mis presque deux mois pour aller jusqu'au bout de la série avec un sentiment de pure souffrance.

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Mais, il faut être honnête, tout n'est pas noir... J'ai aimé trois épisodes, les plus normaux, les plus neutres, je pense. J'ai été touchée par l'histoire du japonais qui tombe amoureux qu'une coréenne mais dont la relation est culturellement compliquée, par celle des deux frères qui se retrouvent ou encore celle du vieux qui retrouve son amour d'enfance et qui ne le calcule pas une seconde. Ces trois-là étaient intéressants et émouvants.

Et puis, j'ai quand même beaucoup aimé quelque chose dans cette série : La musique, les chansons du générique. Celle qui ouvre l'épisode est toujours la même et est vraiment très belle, je la partage avec vous :

Celles qui clôturent les épisodes peuvent changer mais je les ai toujours aimées.

Le billet de Lou ICI.

Voilà ce qui sera certainement mon unique participation au "Mois Japonais" de Lou et Hilde.

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04 avril 2017

Chronique d'Agrégation (1)

Je prédis, telle Mme Irma, un ralentissement manifeste sur le blog pour l'année à venir. Le mois dernier, j'ai vu de la lumière et je suis allée passer les épreuvres de l'agrégation externe d'anglais.

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J'ai appris deux choses :

1) Contrairement au CAPES, l'agrégation ça ne s'improvise pas.

2) Je suis capable d'écrire pendant six heures sur un livre que je n'ai pas lu. Pareil sur les républicains états-uniens auxquels je ne connais rien.

Mais, et il n'est pas la peine d'attendre les résultats de l'écrit pour l'affirmer, je rempile pour une deuxième année et cette fois, je prépare les épreuves.

Alors, adieu les mois thématiques ! (sauf le Mois Anglais mais je risque d'y aller tranquillou, comme pour le Mois Kiltissime qui vient de se terminer.) Et surtout, vous allez avoir :

1) L'impression que je vous raconte ma vie. En effet, j'ai l'intention d'écrire des chroniques d'agrégation pour me motiver, plus j'en parle, plus je serai obligée de préparer et de réussir.

2) L'impression que je tourne mono-maniaque (ou encore PLUS que d'habitude.) Je risque d'avaler TOUS les livres des auteurs au programme, parce que quand même, c'est l'agrégation et ce n'est pas du tout du tout sérieux de faire l'impasse sur un roman quand sa spécialité, c'est la littérature (et d'en être à écrire sur un livre qu'on a pas lu, c'est la lose, c'est la honte.) Et puis quand je fais quelque chose, j'y vais à fond ! (c'est une qualité ou un défaut, je n'ai pas encore tranché.) Alors cette agrégation risque bien d'être une bobine sans fin pour moi.

Premiers jours de vacances scolaires, j'ai téléchargé tous mes livres et je me suis déjà mise à la lecture du roman qui me faisait le plus peur : Roxana de Daniel Defoe (on avait passé un très mauvais moment ensemble avec Robinson Crusoe.) Et bonne nouvelle, ça me plaît !

J'ai passé presque toute ma journée à lire et j'ai le cerveau vidé, rincé, confituré. Rien de mieux qu'un épisode de The Big Bang Theory que je viens de m'accorder pour décompresser (même si c'est un peu le choc des cultures!) et un débat politique ce soir pour relativisier, nan, j'déconne. J'ai l'impression de rajeunir d'une vingtaine d'années, quand je révisais pour le bac ! Et... on est en qu'au premier jour. GROS LOL.

Bref, je voulais aller me faire à manger là, mais je crois que je vais retourner un peu aux coucheries de Roxana.

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