Voyager... Lire...

08 février 2017

"Les Liaisons dangereuses" de Pierre CHODERLOS de LACLOS

les liaisons dangereuses

Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos

Éditions Folio Classique, 1782, 488 pages

Depuis que je suis professeur parmi les professeurs, je rencontre des gens avec lesquels j'ai plus de points communs qu'avec les architectes ("Quoooii? Tu va lire ce livre ??? Mais il est groooos!".) L'année dernière, en particulier, j'ai rencontré une grande lectrice et nous sommes devenues "des gorilles littéraires mutuelles". Cherchez pas, en gros, on s'offre des livres, régulièrement, parmi ceux qu'on a vraiment envie de se faire découvrir.

J'ai traîné pour le lire, prise dans le feu de flux de livres qui m'arrive chaque mois... mais le premier livre qui m'a été déposé dans mon casier fut Les Liaisons dangereuses que je n'avais encore jamais lu (j'ai de sacrées lacunes en classiques français.) Pour moi, Les Liaisons dangereuses, c'était encore la parodie des Inconnus (et une chanson douteuse de je ne sais plus qui, qui m'a certainement pourrie un peu ma lecture!)

La Marquise de Merteuil et son correspondant, le Vicomte de Valmont, s'échangent de nombreuses lettres sur leur prouesses amoureuses et sexuelles. Ils ont été amants et ont depuis décidé de vaquer à leur occupations de leur côté, séduisant, manipulant, s'amusant... sans manquer de s'en rendre compte mutuellement à tout instant. Leur rivalité est manifeste, c'est à celui qui sera le plus malicieux pour piéger ses proies et s'en sortir indemne. C'est bien sûr plus facile pour Valmont, c'est sûr que lorsqu'on est un homme au dix-huitième siècle, on a déjà le droit de s'amuser bien plus qu'une femme ! La Marquise de Merteuil n'en est alors que plus machiavélique encore, elle qui doit se cacher, consommer sa proie tout en sauvant les apparences et sa réputation.

Si cela n'engageait qu'eux, on ne leur en tiendrait pas trop rigueur... Mais bien sûr, il n'y a pas de libertinage en solitaire, et les premières victimes sont les personnes sur lesquelles ils ont jeté leur dévolu : La Présidente de Tourvel du côté de Valmont, et de nombreux hommes du côté de la Marquise.

Mais, et ce qui est le plus "choquant", mais délicieusement choquant et divertissant pour le lecteur, ce sont les autres victimes qui sont vues comme des pions par les deux manipulateurs. En particulier la jeune Cécile Volanges à laquelle la Marquise prévoit un avenir et une "formation" qu'elle ignore totalement. La Marquise et Valmont aiment à jouer avec leur entourage comme avec des marionnettes à coups de mensonges et de manipulations.

Il ne faut pas oublier l'élément "roman épistolaire" que j'ai beaucoup aimé. Il n'y a pas de narrateur omniscient, juste des lettres écrites et envoyées entre les différentes victimes et les manipulateurs, sans schéma installé, en fonction des aventures heureuses ou malheureuses qu'ils vivent. J'ai adoré les échanges entre la Marquise et Valmont et la surenchère dans le jeu, la manipulation, la médisance, la jalousie.

L'attitude des deux personnages principaux dans ce roman est sans appel et révoltant mais c'est tellement amusant ! Pour moi, dans un roman, tout est permis ! Autant dans l'écriture que dans la lecture (je me souviendrai toujours d'une prof au lycée qui nous disait "il ne faut pas avoir peur des mots"), ce qui me permet de rire à des choses qui me révolteraient dans la vraies vie. Alors j'ai beaucoup ri, je me suis amusée de leur manigances, je me suis même mise à essayer de trouver ce qu'allaient être les suivantes. J'ai adoré le personnage de la Marquise de Merteuil, ne serait-ce que pour son féminisme exacerbé dans une époque où cela n'existait pas. En face, j'ai adoré la répartie, l'esprit, la rhétorique de Valmont. Il a toujours une pirouette pour s'en sortir. Son discourt est fin, futé, affûté, hilarant.

Ma seule déception, c'est que l'auteur ne soit pas allé jusqu'au bout et je regrette la fin moralisatrice du roman qui, pour moi, permet à l'auteur de s'en sortir sans trop de dommages face à la société.

Enfin, je suis ravie d'avoir découvert ce classique grâce à mon gorille littéraire. C'est un roman jubilatoire, révoltant, étonnant, intelligent. Pour ma prochaine aventure, mon gorille m'a offert La bête humaine de Zola, alors suite au prochain épisode !

les lectures du gorille

Et voici mon le quatrième livre sortie de mon immense et vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

objectif pal

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05 février 2017

"Une banale histoire" de Anton TCHEKHOV

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Une banale histoire (Fragment du journal d'un vieil homme) de Anton Tchekhov

Traduit du russe par Edouard Parayre, revu par Lily Denis

Editions Folio, 1971, 132 pages

Nicolaï Stepanovitch est un vieil et imminent professeur de médecine russe. Il aime à enseigner dans de grands amphithéâtres remplis d'étudiants avides de ses connaissances. Il vit avec sa femme et sa fille, son fils est parti en garnison quelques part en Russie. Il sait qu'il est à la fin de sa vie, il se pense atteint d'une maladie mortelle en phase terminale, mais il n'en parle à personne et surtout il refuse de se soigner. Nicolaï semble désabusé. A la maison, il ne reconnaît plus sa femme envers laquelle il éprouvait une telle passion lorsqu'il était jeune. Sa fille est puérile et superficielle. Il ne trouve que quelques réconforts chez Katia, sa fille adoptive dont il a obtenu la garde à la mort de son meilleur ami alors qu'elle n'était âgée que de sept ans.

Cette nouvelle est alors un extrait du journal de ce vieil homme. Il nous confie sa maladie, sa peur de sa mort, inévitable, qui se rapproche à grands pas. C'est le bilan d'une vie, avec tous ses regrêts et ses désillusions. Un bilan bien péssimiste au demeurant. Nicolaï comprend soudain que la plus grande jouissance de sa vie, il la trouvait à travers son travail, en enseignant, en cherchant, en rencontrant des gens instruits. Il comprend alors que sa vie personnelle est d'une banalité affligeante, entouré de personnes sans intérêt.

J'ai beaucoup aimé ce texte, je m'y suis beaucoup retrouvée sur certains points, en particulier ce qu'il disait sur l'enseignement et sur l'importance de s'épanouir dans sa vie professionnelle au détriment de sa vie personnelle parfois. Et puis, j'aime ce style, je suis toujours emportée par les textes de Tchekhov. C'est profond et léger à la fois, tragique mais qui nous arrache immanquablement des sourires.

Une belle réussite que cette nouvelle.

Ceci est ma deuxième lecture russe en l'honneur des journées du livre russes qui se sont tenues ce week-end à Paris.

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Et voici mon le troisième livre sortie de mon immense et vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

objectif pal

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04 février 2017

"J'ai tué" de Mikhaïl BOULGAKOV

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J'ai tué de Mikhaïl Boulgakov

Traduit du russe par Jean-Louis Chavarot et Françoise Flamant

Éditions Folio, 1997, 104 pages

Ce livre rassemble trois nouvelles : Le Brasier du Khan, L'île pourpre et J'ai tué.

Voici un livre qui traîne depuis très longtemps dans ma PAL et que j'avais dû acheter pour avoir un premier aperçu de l'auteur, vu que je ne l'avais jamais lu avant. Et vu que ce week-end ce sont les Journées du livre russe à Paris, j'avais décidé de lire russe. Je devais aussi me rendre au salon mais cela ne va finalement pas être possible, prise aujourd'hui d'un gros coup de fatigue (début de vacances effect, très certainement).

Malheureusement, j'ai fait un bien mauvais choix pour commencer mon week-end russe... je me suis littéralement ennuyée avec ces trois nouvelles... J'étais même à deux doigts de ne pas chroniquer ce livre, mais j'avais promis de parler de livres russes et je n'avais pas d'autres chroniques sous la coude. Je serai plus organisée pour l'édition 2018 !

Les trois nouvelles sont très ancrées dans l'histoires russes et c'est très compliqué de suivre si on ne connaît pas en détail les différentes révolutions et trahisons qui ont eu lui en Russie. Parfois, ce n'est pas dérangeant, on arrive à suivre... Mais là.... j'ai fini par ne plus m'y retrouver et nbe plus lire que d'un oeil. Mais c'est un recueil, alors à la fin de la première nouvelle, j'était pleine d'espoir ! Surtout que L'île pourpre est une parodie de Jules Verne. Hé bien, que nenni, même ennui.... qui s'est confirmé par la dernière nouvelle.

J'enchaine maintenant sur un court livre de Tchekov, avec lui, je pense prendre moins de risques, je le connais et d'habitude j'aime. Alors à plus tard ou à demain, et je vous en donnerai des nouvelles !

livre russe 2017

 

Et voici mon le deuxième livre sortie de mon immense et vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

objectif pal

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31 janvier 2017

"Le Noyau blanc" de Christoph HEIN

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Le Noyau blanc de Christoph Hein

Traduit de l'allemand par Nicole Bary

Éditions Métailié, 2016, 272 pages

Rüdiger Stolzenbur est chargé de cours à l'université de Leipzig. Il a bientôt la soixantaine et ses perspectives d'avenir sont bien pauvres. Il est divorcé et ne croit plus vraiment à l'amour, il enchaîne les aventures mais n'est vraiment plus dans l'optique d'une relation sérieuse et durable. D'un point de vue professionnel, tout est bien compliqué également. Il ne travaille qu'à temps partiel et le rêve d'un CDI semble être totalement évanoui. En effet, les budgets destinés à la littérature sont de plus en plus ténus, et le déjà vieux professeur en fait les frais. Alors il se pourvoit dans sa seule véritable passion : ses recherches autour du librettiste et topographe Weiskern. Que personne ne connaît, qui n'intéresse personne... Et pourtant, il veut croire qu'un jour il trouvera enfin un éditeur pour publier l'intégrale de ses oeuvres ! Le sauvant par la même occasion d'une faillite certaine !

L'éditeur nous promettait, et c'est pour cela que j'avais décidé de lire ce livre : "Christoph Hein analyse à sa manière sobre et incisive la façon dont la chute du Mur et la réunification ont profondément modifié le cours de la vie des Allemands de l’Est." L'histoire allemande me fascine réellement et je suis toujours très intéressée par lire des histoires sur l'Europe de l'est, en particulier sur la période charnière de l'avant/après dictature.

Mais, quand j'ai commencé le livre, j'avais un peu oublié la quatrième de couv'. Me voici alors plongée dans cette histoire d'universitaire qui a des préoccupations et des "trips" bien à lui, et qui peuvent ressembler aux miens. J'aime beaucoup les romans qui se passent dans le milieu universitaire, j'aime cet univers ! Rüdiger m'amuse alors beaucoup, entre ses histoires d'amour un peu décalées (et machistes ok, mais c'est un roman, alors ça ne me dérange pas) et ses aventures à la Pierre Richard. Sans parler de son idée fixe sur Weiskern. Il nous fait de la peine mais c'est en même temps bien divertissant.

Et puis, en deuxième partie du roman, j'ai comme la mauvaise impression que ça commençait à tourner en rond sans plus trop de trame évidente et logique dans l'histoire. Je n'ai pas encore bien compris si Rüdiger plongeait petit à petit dans la folie ou bien si c'était juste l'auteur qui ne savait plus trop, lui-même, où il allait.

J'ai alors fini ma lecture sur une note de petite déception, car vraiment, ça commençait bien ! J'ai fermé le livre sans être bien certaine d'avoir compris le dénouement... et vous l'avouerez, c'est quand même bien dommage...

Je relis toujours les quatrièmes pages de couv' une fois un roman terminé, c'est l'une de mes petites manies, pour voir si c'est bien fidèle.. Et là, je me suis souvenu du pourquoi du comment de l'arrivée de ce livre chez moi... L'Allemagne de l'est, la chute du mur, tout ça.... Ah... mais où est-ce que cela a bien pu se cacher dans le livre ?!

Une lecture alors en demi teinte.

Voici ma troisième participation au Challenge Petit Bac 2017 d'Enna - Catégorie "Couleur" : BLANC.

Challenge Petit Bac 2017

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21 janvier 2017

"Dans la dèche à Paris et à Londres" de George ORWELL

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Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell

Traduit de l'anglais par Michel Pétris

Éditions 10/18, 291 pages, 1933

J'aime tellement 1984 de George Orwell (le livre que j'ai le plus relu, bien 6/7 fois, alors que je relis très rarement un livre) que je n'ai finalement pas lu grand chose d'autre de lui au cours des années.... Sinon RIEN ! J'ai découvert l'auteur au lycée avec Animal Farm que j'ai étudié en long, en large, en travers, à l'envers, bref, dans tous les sens pour mon oral de bac. Ma prof d'anglais était passionnée par ce livre (enfin sûrement par l'auteur), elle nous avait même fait voir la version dessins animés du livre... on avait honte, on était en terminale, quoi ! L'année suivante, j'ai découvert 1984. Et c'est tout.

L'année dernière, soit hum... quelques vingt ans après ma terminale, alors que je voulais revenir à mes classiques lors du mois anglais, j'ai acheté une pile de romans classiques à la fnac, comme ça, frénétiquement. Ce qui est un peu écervelé, car je n'ai rien pris de tout ça en anglais. Mais bref. Je l'ai commencé en juin dernier, mais bon, c'est un peu la folie le mois anglais, et je n'ai pas eu le temps de le terminer à l'époque. En pleine frénésie urgente de billets, j'ai même dû me lancer dans des livres plus courts et mettre celui-ci de côté, sans aucune raison, comme ça m'arrive souvent.

Tout ça pour dire, que cette année, c'est l'année où je lis ma PAL et où j'essaie aussi de terminer les livres entamés.

Revenons au livre... La quatrième page de couv' complètement mensongère (merci 10/18) parle de ce livre en ces termes "A la fin des années 20, Orwell tombe brusquement dans la misère." Voilà, on me dit que ce livre est un récit des dures années de George Orwell à Londres, soit. Sauf qu'avant de vous parler du livre, je dois vous parler de mes différents phases de questionnement face à cette lecture...

- D'abord, je plains l'auteur - enfin je rigole beaucoup de ses expériences parisienne, c'est effectivement bien amusant et on se dit que l'auteur veut vivre à fond son expérience parisienne.

- Ensuite, il décide de rejoindre Londres car Paris c'est trop dur. Soit. Mais Londres ça devient la misère la plus pure et il devient clochard, vagabond, sans le sous, à se nourrir de pain et de thé.

Soit. Mais, plusieurs réactions :

1) Si ce génie peut se retrouver à la rue, on peut tous y finir un jour. 

2) Pourquoi ne retourne-t-il pas à Paris ? Moi à choisir, je préfère sa vie à Paris, à trimer mais avec à manger et un toit sur la tête.

3) Mais il est né en Indes, il est revenu à Londres, ses parents ne doivent pas être tout à fait n'importe qui ni sans le sou.... Ils sont morts pour qu'il puisse à ce point livré à lui-même?

4) Il aurait fait comme Jack London ? Il aurait tenté une plongée dans la misère pour voir et témoigner de l'intérieur?

5) Nan mais en fait, il a pas vraiment vécu tout ça, même si ça a l'air tout à fait véridique, hein ?

J'ai fini ma lecture et ai épluché le net à la recherche d'élèlements sur cette noire période pariso-londonienne de l'auteur (car finalement, je ne fais jamais confiance à qui que ce soit aveuglement sans vérifier par moi-même) (c'est mon côté "ouais, on m'la fait pas à moi!) Et, bingo ! Ce n'est pas un texte biographique mais un roman ! Un document ! Une étude ! 10/18, si tu pouvais JUSTE vérifier tes sources !

Donc, le livre...

A la fin des années 20, George Orwell est à Paris et est occupé à écrire (en particulier sur son expérience à Londres) mais ça le livre ne nous le dit pas. Le personnage George Orwell, vit dans des hôtels miteux, puceux même. Il travaille comme plongeur dans des hôtels de luxe, du moins pas des petites gargotes - l'auteur a effectivement travaillé dans un hôtel mais on ne sait pas si c'est pour se faire des sous ou pour vivre l'expérience et témoigner ensuite. Il raconte sa vie parisienne de galère, avec ses compagnons de galère. Le travail qu'on a ou qui manque. Quand il manque, la faim et les diverses manigances pour essayer de se remplir le ventre. Les hôtels miteux et les parisiens des bas-fonds. Même si l'expérience n'est pas très joyeuse au départ, c'est un récit plein d'humour, on rencontre des bons bougres (et grâce à Orwell, je connais le sens d'origine du mot!). Tout le monde galère bien mais tout reste bon enfant. C'est dur pour eux car ils bossent comme des esclaves mais globalement survivent et ça va pour eux.

George Orwell, le personnage, en a ras-le-bol de ne faire que bosser puis rentrer dormir quelques heures comme un robot. Il n'a même plus le temps de se laver, de voir ses amis, de profiter de Paris. Il décide alors de retourner à Londres où l'un de ses amis lui a trouver un emploi pour s'occuper d'un jeune handicapé. Il file, arrive à Londres, mais l'emploi est reporté à plus d'un mois. Sans le sou, il fait alors cette fois l'expérience des lodgings pour chemineaux. A Londres, il ne fait pas bon être clochard ! Les lois interdisent tout bonnement aux clochards de s'asseoir dans la rue dans la journée, et d'y dormir la nuit. Un système d'asile est alors en place pour "parquer" les vagabonds la nuit : Cellules sans matelas, vermines, thé dégueulasse, froid, saleté et tartines de margarine. C'est pas cher, et ça se voit ! Une autre loi anglaise veut que les vagabonds n'aient pas le droit de passer deux fois la nuit dans le même asile au cours du même mois, sous peine d'être enfermé une semaine (!). Voici pourquoi ils portent le nom de chemineaux... des gens qui cheminent à pied à travers le pays parce qu'ils n'ont pas le droit de s'arrêter et parce qu'ils doivent changer de lieu toutes les nuits.

George Orwell nous raconte alors son quotidien avec ses compagnons de mésaventures. Il n'a pas vécu cet épisode après son épisode parisien mais avant. Il s'est plongé dans le monde des vagabonds comme l'avait fait avant lui son idole Jack London dans Le peuple d'en bas (j'avais, pour ma part, détesté ce livre.) Il raconte alors ce qu'il a vécu, les gens qu'il a rencontrés comme un manifeste contre la misère et contre les préjugés sur les chemineaux. Il dresse un portrait humain, touchant, révoltant de tous ces gens.

Lui, comme le lecteur, ne peut s'empêcher de comparer la vie des pauvres à Paris et à Londres. A Paris, tout est plus bon enfant, on ne se voile pas la face. Le travail, même peu payé, semble se trouver bien plus facilement. A Londres, tout doit rester décent... On s'occupe des vagabonds la nuit, mais il faut voir de quelle manière. On leur impose de faire de longues distances qui les épuisent et ne leur permettent pas de chercher un travail puis de rentrer dormir dans un asile le soir.

J'ai adoré ce livre ! Quand je l'ai rouvert il y a quelques jours, je m'y suis plongée tous les jours avec intérêt et passion. George Orwell est un grand écrivain et un grand homme. Il est plein d'humanisme, d'intelligence, d'humour. C'est juste un plaisir de le lire dans un livre qui n'est pas vraiment de la fiction (et pourtant, je n'aime pas du tout les livres plus ou moins autobiographiques normalement, même écrits par des auteurs que j'aime.) et de découvrir quelle belle personne il était. Et puis j'ai adoré ces petites notes personnelles, ses petites pensées sur le travail, sur les lois etc... par-ci par-là, à travers le livre dans lesquelles il n'est plus en train de nous raconter son histoire mais où il a besoin de crier au monde comme tout cela est totalement ridicule ! J'ai également beaucoup aimé sa petite partie sur le vocabulaire des rues, sur l'évolution de la langue en général, tout bonnement passionnant (c'est à ce moment que j'ai le plus regretté de ne pas lire le livre en anglais.)

J'aime beaucoup les livres de ce style qui remettent les choses à leur place et qui nous permettent d'apprécier plus encore toutes les petites choses de notre vie.

Comme tout tombe a point dans le meilleur des mondes possibles et que le hasard fait bien les choses, c'est aujourd'hui l'anniversaire de la mort de George Orwell, il nous a quitté le 21 janvier 1950. Alors je lui dédie ce billet.

Au cours de mes pérégrinations sur le net lors de ma lectures (j'ai beaucoup creusé sur la biographie de l'auteur) je suis tombée sur un témoignages des ses nièces et de son neveu qui disaient : "Ok, il était populaire à l'époque mais jamais on aurait cru qu'on parlerait encore ce lui maintenant." Heureusement qu'on ne l'a pas oublié, ce serait un sacrilège !

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 (Photo que j'aime beaucoup de George Orwell et de son fils adoptif)

Voici ma deuxième participation au Challenge Petit Bac 2017 d'Enna - Catégorie "Lieu" : LONDRES et PARIS.

Challenge Petit Bac 2017

C'est également le premier livre sortie de mon immense PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

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08 janvier 2017

Bilan de mon "Décembre Nordique" & Swap Nordique

Le mois dernier, c'était "Décembre Nordique" qui a clôturé en beauté mon année 2016 qui a de toutes façons été nordique de bout en bout !

Logo Décembre Nordique

J'avoue que je m'y étais prise bien à l'avance pour tenir sur la durée et j'ai bien fait, car avec la fin d'année très chargée au collège (conseils de classe, réunions avec les parents), ça se serait vite essoufflé ! J'ai lu et chroniqué en tout 11 romans pour ce Challenge. De belles, voire bonnes lectures, deux grosses déceptions, pas de gros coup de coeur à part pour Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers de Björn Larssson qui confirme seulement que j'adore cet auteur !

Ma belle découverte du mois, c'est sans conteste Le violon du Fou de Selma Largerlöf. J'ai beaucoup aimé son style et si je m'écoutais, j'achèterais d'autres livres d'elle tout de suite ! (Mais résolutions 0 livre cette année, et on est que le 08 janvier, alors...)

J'ai regardé des séries, avec un gros coup de coeur pour Bron, j'en ai aussi abandonné deux (dont je n'ai pas parlé sur le blog), car il ne suffit pas d'être nordique pour être passionnant !

Je n'ai pas assez cuisiné alors que je voulais absolument faire plein de gâteaux de Noël nordiques... encore une fois la faute au travail qui a pompé toute mon énergie !

Je voulais aussi vous parler de mon apprentissage du suédois et je n'en ai pas eu le temps... peut-être un peu plus tard dans l'année car je compte bien passer la certification A2 en 2017 !

Voilà, ce fut un très beau mois, tenté majoritairement de Suède pour moi cette année...

Et à la demande générale, je peux déjà vous annoncer que Décembre Nordique reviendra pour une deuxième saison à la fin de l'année ! Pas le choix de toutes façons, ma PAL nordique déborde ! (enfin, pour résumer, ma PAL déborde, qu'elle soit nordique ou pas !)

Ce billet qui est également l'occasion pour moi de vous présenter un colis nordique offert par Lou en fin de Décembre Nordique. On avait décidé de se faire un "petit" swap entre nous et j'ai été très gâtée !

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Plein de lectures pour commencer à préparer l'année prochaine :

  • Miséricorde de Jussi Alder Olsen
  • Cochon d'allemand de Knud Romer
  • Sept contes de Troll de Jacques Cassabois
  • La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson
  • La véritable histoire de Noël de Marko Leino

Et comme si ce n'était pas encore assez, Lou a rajouté Le garçon qui n'existait pas de Sjon quand on était en train de se promener à la Fnac !

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Merci beaucoup pour ce beau colis, Lou ! :) Voici celui que je lui ai préparé.

Un grand merci à vous tous pour votre participation à Décembre Nordique et rendez-vous en fin d'année !

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A venir...

Début février, je vous propose un "Weekend Russe" en marge du Festival "Journées du livre Russe et des littératures russophones" qui se tiendra à Paris les 04 et 05 février prochains, et aux mêmes dates sur le blog. Un groupe FB (recyclé) existe ! Pour participer, il vous suffit de chroniquer au moins un livre russe durant ce weekend !

En Mars, le mois Kiltissime revient...

En Juin, c'est le retour du mois Anglais...

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07 janvier 2017

Kiltissime is BACK !

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Parce que les kilts manquaient sur la blogosphère...

Parce que ma PAL écossaise déborde...

Parce qu'en chacun de vous se cache un lecteur kiltissime...

Parce que le 31 mars, c'est l'anniversaire d'Ewan...

Et juste parce qu'on en a très envie...

Le mois Kiltissime revient en mars 2017 !

Propositions de LC en commentaires ici-même ou sur le groupe Facebook.

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05 janvier 2017

"Heimska - La stupidité" de Eirikur ÖRN NORDDAHL

 

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Heimska - La stupidité de Eirikur Örn Norddahl

Traduit de l'islandais par Eric Boury

Éditions Métailié, 2016, 158 pages

Aki et Lenita sont un couple d'écrivains sulfureux. Il vivent dans le village sur-connecté de Isafjördur au fin fond de l'Islande. Leur relation est, dès le départ, bien animée. Quand ils se rendent compte qu'ils ont écrit, au même moment, une variation du même roman, la guerre est déclarée ! Ni une, ni deux, ils se séparent et se provoquent à coup de pokes ! C'est que les Islandais, dans cette dystopie, évoluent dans un monde régulé par la surVeillance. Tout le monde est connecté, tout le monde à tout moment, est sous l'oeil d'une ou plusieurs caméras et de ses concitoyens. A la moindre coupure de courant, lorsque les voyants verts s'éteignent, c'est la panique partout ! Comment peut-on vivre si l'on ne peut plus voir ni plus être vu !? Aki et Lenita, dans leur guerre conjugale, passent leur temps à provoquer l'autre en couchant à tout va et en se prévenant mutuellement pour que tous deux vivent ça "ensemble" en direct.

Eirikur Örn Norddahl dessine de sa plume incisive un monde qui trempe dans les excès et l'addicition des réseaux sociaux. Finalement, en sommes-nous si loin ? Ici les personnages ne peuvent supporter de ne tout partager, absolument tout, en temps réel. Les "like" sur les réseaux sociaux sont autant de reconnaissance par la société. Si on ne se montre par et qu'on n'est pas vu, existons-nous ? Ce livre n'est pas sans me rappeler le monde imaginé dans le premier épisode de la série "Black mirror".

Le style de l'auteur est absolument remarquable ! Humour noir, dérision, et réflexion profonde sur la société arrosés par un ton direct, franc, efficace. Le lecteur se trouve emporté dans cette histoire insolite, dans la folie malsaine du couple et se retrouve face à sa propre utilisation du net. Tout est maintenant accessible immédiatement, les informations, la culture et la vie des autres. Il n'y a plus de filtre, plus d'attente et l'impatience s'impose sans qu'on se rende vraiment compte. La vie devient un jeu misant sur le paraître ou l'humain s'efface de plus en plus pour laisser place au paraître, au paraître bien ou du moins le mieux possible.

Forcément, dans ce genre de société, une nouvelle forme de terrorisme va s'installer... moins sanglant mais tout aussi dévastatrice pour les victimes...

Enfin, sauf Aki et Lenita qui, bien que complètement omnibulés par la surVeillance, vivent leur folie malsaine sans aucun tabou, inhibition ni pudeur. Et ils sont franchement drôles !

Un très bon roman alors et je me régale d'avance quand je pense que j'ai le premier roman, Illska, de l'auteur en attente de lecture dans ma bibliothèque. J'ai adoré la folie de ce livre, son originalité, son rythme, son imagination, son humour !

Isafjördur

(Isafjördur - ça fait rêver, n'est-ce pas?)

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04 janvier 2017

Le Fondateur (film)

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Le Fondateur

Un film (USA) de John Lee Hancock, 2016, 1h55 

Avec Michael Keaton, Nick Offerman, John Carroll Lynch, Linda Cardellini, Patrick Wilson, B.J. Novak et Laura Dern.

Dans les années 50 (souvenez-vous "Happy Days"!), les américains aiment passer au drive-in pour manger des burgers. Le problème, c'est que l'attente est longue pour être servi et que souvent, il y a erreur sur les commandes. A San Bernadino, en Californie, les frères McDonald décident de se lancer dans un nouveau concept : Le fast food ! On vient, on fait deux-trois minutes de queue et on repart avec son burger chaud que l'on va manger où l'on veut. Plus de service au volant, plus d'erreur, c'est rapide et c'est bon ! Car oui, c'est une petite entreprise à taille humaine avec de la nourriture de qualité. Ray Kroc est un commercial qui arpente les États-Unis en voiture pour vendre ses dernières trouvailles... là, un nouveau mixeur pour faire des milk-shakes. Il n'en vend pas beaucoup et quand les frères McDonald le contactent pour en acheter six d'un coup, il est intrigué et décide sur un coup de tête de traverser les USA pour les rencontrer. Il découvre leur petit restaurant et trouve le concept absolument génial ! Le problème, c'est que c'est un commercial de base, Américain en plus, alors vous imaginez bien... Il pense vite, s'enflamme, pense grand ! Il veut encourager les deux frères à s'implanter ailleurs, et étendre leur concept à tous les USA ! Façon capitaliste américain...

J'ai été invitée à aller voir ce film qu'il y a quelque temps déjà. J'ai vu Michael Keaton, j'ai dit allons-y, Allonzo ! sans avoir aucune idée, comme d'habitude, de ce que j'allais voir... Dès les premières images, j'ai eu TRES peur ! Serais-je là à assister à un film à la gloire de McDonald's, moi ?! Mais bien vite, je comprends que ce film est bien plus complexe et intéressant que ça... Michael Keaton apparaît comme un véritable requin face aux deux frères qui veulent juste vendre tranquillement leur burgers à San Bernardino, à l'ancienne, en respectant son équipe et ses clients, en choisissant des produits de qualité...  Forcément, les McDonald vont très vite être dépassés par l'énergie et la folie des grandeurs de Ray Krock magnifiquement joué par Michael Keaton.

Le spectateur que je suis, déjà bien loin d'être convaincue par McDo assiste médusée à la montée de l'industrie McDonald et même si le film s'arrête avant son expansion mondiale, nous on sait très bien jusqu'où ça va aller par la suite et les dérives qui se sont petit à petit installée tant sur la gestion de son personnel que sur la qualité de ce qu'ils servent (dans ce film, il en sont déjà au milk-shake en poudre en même temps, c'est allé très vite dans la bad bouffe cette histoire...)

Un film révoltant mais néanmoins bien intéressant et cativant qui donne encore plus envie de boycotter McDonald's!

Le Fondateur - Bande-annonce VOSTFR

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02 janvier 2017

"Un chat sous ma fenêtre" de Sophie KOP-TERRADE

un chat sous ma fenêtre

Un chat sous ma fenêtre de Sophie Kop-Terrade

Éditions du Quotidien, 2016, 134 pages

Emily, une jeune collégienne, vient de perdre sa grand-mère et le monde semble bien vide autour d'elle. Ses parents sont également très atteints par cette disparition. Sa mère refuse même d'aller poser des fleurs au cimetière et c'est à Emily que cette lourde charge revient. Mais même quand tout est noir, quand on se sent au plus mal, des paillettes de lumières nous éclaboussent. Les paillettes, ce sera d'abord ce petit chat noir et réconfortant qu'Emily va trouver sous sa fenêtre comme un cadeau envoyé de l'au-delà par sa grand-mère. Puis, La Mouche, ce vieil SDF italien au grand coeur qui hante le cimetière et avec lequel Emily va lier une amitié très forte. Emily guérit petit à petit sa peine jusqu'au jour où Chouchou, son petit chat noir, ne rentre pas à la maison.

Il y a longtemps que je voulais lire ce livre d'autant plus que je croise l'auteur sur la blogosphère depuis un moment. Mais voilà, son livre était compliqué à trouver au début et j'ai oublié... et puis ça m'est revenue suite à un message qu'elle a posté récemment sur Facebook. J'essaie en principe de lire les livres des blogueuses, souvent en silence au cas où je déteste. Dans ce cas, j'évite d'en parler car c'est pas facile de dire du mal de quelqu'un que l'on connaît, même de loin !

Donc, si je parle de ce livre aujourd'hui, c'est que j'ai beaucoup aimé ! Je lis rarement de la littérature jeunesse mais la période de Noël s'y prête bien (c'est peut-être le moment où je retrouve mon âme d'enfant!) C'est un livre très touchant, surtout quand on a vécu des deuils il n'y a pas si longtemps, car que l'on soit enfant ou pas, la douleur et cette sensation de vide et d'injustice restent les mêmes. Je ne pouvais pas rester insensible non plus à la relation de tendresse qui se noue entre Emily et son nouvel ami le chat. Ça sonne tellement vrai pour une amoureuse des animaux comme moi (et une inconditionnelle de mon petit chien d'amour) et on ne peut que s'y retrouver quand on a un animal domestique qui nous apporte tant !

Ce livre est tout en douceur, tout en humour et tout en poésie. J'ai aimé suivre le cheminement d'Emily qui grandit en devenant plus sensible et humaine tout au long du livre. La relation avec la Mouche m'a également beaucoup touchée.

Une bonne suprise que la lecture de ce livre, un très joli premier roman et je continuerai de suivre les parutions de Sophie.

Voici ma première participation au Challenge Petit Bac 2017 d'Enna - Catégorie "animal" : Chat

Challenge Petit Bac 2017