Voyager... Lire...

11 juin 2021

Complete Tales of Beatrix Potter's Peter Rabbit

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The Complete Tale of Peter Rabbit de Beatrix Potter

Editions Racehorse for Young Readers, 2017, 87 pages

Ce livre rassemble quatre histoires mettant en scène Peter Rabbit et sa famille. Si j'ai tout compris, ce sont les quatre seules histoires de Peter Rabbit alors que j'imaginais un série bien plus longue vu la renommée du personnage. Nou rencontrons ici un jeune Peter Rabbit qui apprend la dangerosité du monde, en particulier des jardin de humains. Outre les humains, les lapins doivent aussi se méfier de méchants prédateurs prêts à tout pour une tourte de lapinous, comme Mr Tod le blaireau, ou Tommy Brock, le patient et rusé renard.

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Je parle tous les ans de Peter Rabbit à mes élèves mais je ne m'étais jamais plongée dans ses aventures, je n'avais jamais lu Peter Rabbit non plus en étant enfant (on ne lisait pas beaucoup chez moi) alors je me suis offert cette très belle édition illustrée en couleur et ce fut un régal de tourner les pages. Les histoires sont mignonnes mais ce sont les illustrations que j'ai particulièrement aimées. Les animaux sont tous très beau et la nature est accueillante et chaleureuse.

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J'aurais beaucoup aimé découvrir ces histoires en tant qu'enfant, du coup je vais en acheter un exemplaire pour ma nièce :-)

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Un livre que j'ai lu pour le thème jeunesse du 09 juin (oui je suis en retard comme un autre célébre lapin!) pour Le mois anglais que j'organise avec mes copines Lou et Titine.

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07 juin 2021

"The Last Bookshop in London" de Madeline MARTIN

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The Last Bookshop in London de Madeline Martin

Editions Hanover Square Press, 2021, 251 pages

En août 1939, alors que la guerre n'est encore qu'une lointaine rumeur, Grace Bennett débarque à Londres avec sa meilleure amie Viv (plus très sûre de son nom, sorry!) Elles ont passé toute leur vie à la compagne mais Grace, désormais orpheline, doit quitter sa maison pour rejoindre la meilleure amie de sa mère à Londres. Elles arrivent pleine d'espoir. Alors que Viv (nous l'appellerons donc Viv) se faire employer dans une grand magasin de nouveautés, Grace rejoint un vieil homme acariâtre pour travailler dans sa librairie poussiéreuse. Grace n'est pas une lectrice, loin de là, mais elle va réorganiser le magasin comme elle l'avait fait dans celui de son oncle. Elle rencontrera finalement la lecture grâce à un client pour lequel elle aura un gros faible. La guerre est soudain déclarée avec l'Allemagne et le Blitz commence. Pour mener sa part du combat depuis Londres, elle travaillera la nuit dans la brigade du blackout dont le travail est de vérifier que la lumière derrière les fenêtres est bien dissimulée, et d'aider les victimes en cas de bombardement. En parallèle, à travers son travail dans la librairie, elle apportera un peu de douceur aux londoniens écorchés grâce à la lecture.

Ce livre va a coup sûr ravir les lecteurs ! Car c'est un livre qui parle de la guerre mais qui explore également le monde réconfortant des livres et des librairies. Cet aspect contraste avec l'horreur de la guerre et des bombardements. J'ai trouvé que ce roman retranscrivait bien l'atmosphère de cette période en nous plongeant dans le quotidien des londoniens. Bien sûr, on a déjà tous entendu parler de ce fameux Blitz, mais pour ma part, je n'avais pas une image précise d'une vie sous alerte. Je n'avais jamais entendu parler de ces brigades par exemple (est-ce qu'elles existaient en France?)

Enfin, malgré cette ambiance pas super joyeuse, ce livre rend bien l'atmosphère cosy anglaise. Quand Grace rentre chez sa logeuse, le thé fume et on se débrouille pour avoir des petits réconforts malgré la liste du rationnements qui ne cesse de s'allonger.

Un roman parfait pour le thème du jour pour Le mois anglais que j'organise avec mes copines Lou et Titine : Première ou deuxième guerre mondiale.

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22 mai 2021

Juin - 10 ans du Mois Anglais !

 

 
C'est avec grand plaisir que nous ouvrons les festivités de ce nouveau Mois anglais, qui débutera le 1er juin. Il y a dix ans Titine de Plaisirs à CultiverLou et moi lancions la toute première édition de ce challenge, sans imaginer que c'était le début d'une aussi belle aventure. Nous avons chaque année retrouvé avec bonheur des participant.e.s aussi enthousiastes que nous à l'idée de parler littérature anglaise, voyages, culture, et même cuisine ! D'autres ont rejoint le Mois plus tard avec tout autant de folie et de générosité. Merci pour cela ! Ce Mois anglais c'est un rendez-vous qui nous tient à cœur et nous sommes très heureuses de le passer une nouvelle fois avec vous.
 
Vous pourrez participer :
- Sur les blogs où est né le challenge
- Sur le groupe Facebook du Mois anglais (pour papoter, partager des idées et vos chroniques)
- Sur Instagram, avec le compte @ayearinengland2021 géré ensemble, et #lemoisanglais et/ou #ayearinengland et/ou #ayearinengland2021 (pensez à nous taguer et à utiliser les # pour nous aider à vous suivre).
 
Et voici maintenant le programme que certain.e.s d'entre vous attendaient avec impatience ! Merci pour toutes vos suggestions qui nous ont beaucoup inspirées. Nous avons voulu simplifier cette année pour laisser plus de place aux lectures libres, pour nous permettre de piocher dans nos PAL mais bien sûr, les thèmes non traités directement et surtout les auteurs s'intègrent aisément dans les rendez-vous par période que nous vous proposons (sur l'une de vos suggestions). On espère que ce programme vous plaira :
  • Présentation de PAL, d'envies : dès à présent
  • Billets libres: à tout moment
  • Avant 1837 : 3 juin
  • Animaux : 5 juin
  • 1ere ou 2e guerre mondiale : 7 juin
  • Littérature jeunesse / album jeunesse : 9 juin
  • Époque victorienne : 10 juin
  • Une saison au choix : 12 juin
  • Années 50/60 : 14 juin
  • Époque édouardienne : 17 juin
  • English Royals : 19 juin
  • Années 70/80/90 : 21 juin
  • Non fiction (essai / biographie / livre d'histoire) : 22 juin
  • Années 20/30/40 : 24 juin
  • Voyage / évasion au sens large (régions anglaises, voyage dans le temps, dans l'espace si l'équipage est anglais) : 26 juin
  • Années 2000 jusqu’à aujourd’hui : 28 juin

Nous vous souhaitons un excellent Mois anglais, de belles lectures et un excellent voyage en Angleterre, littéraire mais pas que !

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16 mai 2021

"L'examen" de Sylvain NEUVEL

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L'examen de Sylvain Neuvel

Traduit de l'anglais (Canada) par Patrick Imbert

Editions Le Livre de Poche, 2019, 121 pages

Idir a fui l'Iran avec sa famille pour s'installer en Angleterre. Il est dentiste, bien intégré dans la société. Il doit passer le British Value Assesment pour obtenir la citoyenneté Britannique, et cela n'aurait dû être qu'une formalité. C'est un grand jour pour lui et il se sent prêt à répondre aux vingt-cinq questions qui prouveront son attachement aux valeurs du pays ainsi que sa connaissance de la culture et de l'histoire. Alors qu'il est plongé dans son questionnaire, un terroriste fait irruption dans la salle d'examen et tire sur un autre candidat. Idir l'aide et lui fait un garrot... Le terroriste lui donnera alors un rôle dans cette histoire... toutes les quinze minutes, si la police ne répond pas à ses revendications, le terroriste tuera une otage... sur deux qui seront sélectionnés, et Idir aura la lourde charge de choisir le survivant, sous peine que les deux soient exécutés.

Difficile d'en dire plus sur ce livre sans en dire trop et gâcher la découverte de l'intrigue. Mais ce livre n'est pas une partir de plaisir, ni pour Idir, ni pour le lecteur. Heureusement, rapidement l'auteur m'a donné une clef pour me détacher un peu de la folie de la situation et continuer plus sereinement ma lecture.

Ce livre est un très court roman, mais il est incisif, dérangeant et efficace. A lire d'une traite pour s'échapper le plus vite possible de cette machination infernale !

Livre hors thème du mois lu dans le cadre de A year in England que j'organise durant toute cette année avec mes copines Lou et Titine.

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01 mai 2021

"Number 11" de Jonathan COE

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Number 11 de Jonathan Coe or Tales that Witness Madness

Editions Penguin books, 2015, 351 pages

Ce roman ressemble au premier abord bien davantage à un recueil de nouvelles. Même si dès le début on reconnait des personnages d'un chapitre à l'autre, il n'y a pas vraiment de continuité de prime abord (d'où le titre "Tales" j'imagine.) D'autant plus que le roman avance dans le temps et le narrateur, loin d'être omniscient, raconte uniquement la vie du personnage au temps présent et dont il a la charge dans son chapitre, donc plein d'ellipses.

Par contre, il y a comme un mouvement cyclique dans la construction du roman, il commence et termine au même endroit, dans la maison des grands parents de Rachel. Et finalement, c'est l'histoire de Rachel que l'on suivra aussi plus en détail. 

Alors il se passe plein de choses dans ce roman hanté par le numéro 11, qui est d'ailleurs également le onzième roman de Jonathan Coe. Tout d'abord, les aventures de Rachel, habitée par un souvenir de jardin lors de ses vacances avec Alison alors qu'elles étaient enfants. Puis Alison, présentée comme la parfaite cible et qui incarne tout ce qu'une société conservatrice anglaise n'aime pas : noire, handicapée, lesbienne et bénéficiaire d'aides sociales. La mère d'Alison qui est une has-been de la chanson qui tentera sa chance dans une émission de télé-réalité pour pouvoir payer ses factures de chauffage. Laura, la directrice de recherche de Rachel qui n'est pas loin de sombrer dans une folie douce qui la plonge dans des nanars dédiés au monstre du Loch Ness depuis que la même obsession a tué son mari. Une journaliste égocentrique qui ne supporte pas la critique. Et enfin, une famille multi millionnaire (ou plus) pour laquelle travaillera Rachel comme professeur particulier pour ses enfants, qui a la folie des grandeurs et les pieds qui ne touchent pas souvent le sol. Sans oublier Livia de Bucarest qui promène les chiens du quartier, mais pas que !

Le roman présente alors une Angleterre sombre, tout le long du roman on a une sensation d'obscurité, de froid, de maladie, d'un pays qui ne fait pas trop rêvé. Et pourtant, ce roman est loin d'être déprimant. Tout d'abord parce que l'écriture est fine et intelligente, on sent que Jonathan Coe s'amuse dans la construction de son intrigue et qu'il s'amuse avec son lecteur. C'est également un roman avec beaucoup de références, et j'ai passé beaucoup de temps à tout vérifier sur internet, comme un jeu de piste. Et puis, c'est drôle et déroutant, tant et si bien que je ne suis pas certaine d'avoir compris le fou dénouement de cette folle histoire ! 

Tout comme lors de ma lecture de L'Odyssée du Marsouin de Mark Haddon, j'ai retrouvé un plaisir de lecture que j'avais à la fac, la découverte d'un nouvel auteur qui m'embarquait par son style ou son univers, un univers riche et réfléchi avec plein de tiroirs à tirer pour ne pas s'en tenir uniquement à l'intrigue latente.

Ce livre m'a alors menée au visionnage d'un film déjanté qui s'intitule What a Whopper! et dont je vous parlerai prochainement, puis à la lecture de The Door in the Wall de HG Wells (dont je ne vous parlerai pas, parce que je n'ai pas spécialement aimé...) et plus encore !

Et ce n'était pas une mauvaise idée car What a Whopper! pose l'ambiance de la fin du roman, et je n'ai pas bien compris non plus la fin du film ! Haha ! 

Pour conclure, vous comprendrez que j'ai adoré ce roman, je l'ai dévoré et j'en ai fait un coup de coeur. Jonathan Coe est sans conteste un auteur pour moi et je dois continuer ma découverte de ses autres livres !

Livre lu pour le thème "Jonathan Coe" d'avril dans le cadre de A year in England que j'organise durant toute cette année avec mes copines Lou et Titine.

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14 avril 2021

"Rendez-vous avec le mal" - Les détectives du Yorkshire de Julia CHAPMAN

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Rendez-vous avec le mal - Les détectives du Yorkshire de Julia Chapman

Traduit de l'anglais par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Editions Robert Laffont, 2017, 392 pages

Nous voici de retour à Bruncliff dans le Yorshire pour ce deuxième tome des aventures de Samson et Delilah (mon billet sur le premier tome est ICI). Depuis leur dernière aventure, rien n'a vraiment changé pour eux. Delilah continu de galérer financièrement entre son agence de rencontres et sa société de site internet. Son fidèle compagnon à quatre pattes, Calimero, la suit toujours partout, en particulier dans les collines pour courir avec elle. Samson attend toujours la sentence de ses supérieurs suite à ses bourdes en tant que policier à Londres. Il continue de squatter le premier étage du bureau qu'il loue à Delilah, elle ne le sait toujours pas...

Ca bouge de nouveau dans la petite communauté. Dans la maison de retraite de Bruncliff, Alice se sent menacée et vient en parler à Samson - le détective privé du village - qui ne la prend pas très au sérieux, la pauvre. Quelque jours après, elle meurt... Affolant dans la foulée, un à un, tous ses amis dans la maison de retraite. Surtout que les locataire semblent tour à tour faire preuve de malchance. Ana, la responsable des lieux inquiète. Et si elle cherchait à se débarrasser de ses locataires ?

En parallèle, on suit la réconciliation prudente entre Samson et de son père Joseph, qui vit justement dans cette résidence. L'enquête va leur permettre de retrouver une confiance et une complicité mutuelle.

Dans ce nouveau tome, nous suivons également les efforts de Samson pour se faire de nouveau accepter dans la famille de Delilah, c'est qu'il n'y a pas qu'à Londres qui a fait des bourdes dans le passé. 

Voici un livre bien agréable à lire. Les personnages sont attachants et on se prend rapidement au jeu dans l'intrigue, en ayant le sentiment que nous faisons nous aussi partie de cette communauté et en s'effrayant pour le sort de ces pauvres petits vieux.

Avec ce polar douillet et feel good, je signe ma participation très en retard au thème du mois d'avril - polar - pour A year in England que j'organise durant toute cette année avec mes copines Lou et Titine.

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24 février 2021

"L'Odyssée du Marsouin" de Marc HADDON

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L'Odyssée du Marsouin de Mark Haddon

Traduit de l'anglais par Odile Demange

NiL Editions, 2021, 397 pages

Philippe aime follement sa compagne qu'il perd dans un accident d'avion. Elle est enceinte mais le bébé est sauvé in extremis. Il décide alors d'élever sa fille Angelica seul, dans une prison dorée. Il aime également follement sa fille, de façon malsaine, inappropriée, charnellement. Angelica grandit privée de tout, entourée uniquement de son père et de ses quelques employés pour la préserver d'une quelconque influence du monde extérieur et pour garder leur secret intact et impalpable. Elle grandit alors au milieu de la littérature classique. Elle rêvasse beaucoup, s'ennuie beaucoup. Alors adolescente, elle commence à comprendre que l'attitude de son père est déviante. Lorsque Darius leur rend visite, tout va déraper dans ce huis-clos (enfin, si on part du principe que tout cela n'est pas déjà un sacré dérapage.) et nous voilà, en parallèle embarqués dans l'Odyssée du Marsouin, en pleine Grèce antique, dans l'histoire de Périclès, de Chloë et de leur fille Marina. Chloë meurt en bateau lors de la naissance de Marina... 

Quel roman ! Quelle épopée ! Quelle Odyssée !

Dès les premières pages du récit j'ai été happée par le style de l'auteur, percutant, efficace, dynamique, entrainant. L'entrée dans le roman est déroutante mais on y va pour voir où ça va nous mener. Puis on tombe rapidement dans l'horreur de l'inceste, c'est dérangeant, révoltant et malsain. L'ambiance est lugubre mais la lecture de l'histoire de la pauvre Angelica est captivante. J'ai frissonné pour elle tellement je voulais lui tendre la main à travers les pages remplies d'encre noir pour l'aider et l'attirer dans mon refuge. Elle se créé un refuge à elle et part voguer du côté de la Grèce antique, un monde dans lequel sa mère meurt mais pas vraiment, son père l'abandonne mais la met en sécurité. Un monde où il est possible de prendre la fuite quand tout déraille. 

C'est captivant. Tout au long du roman, j'ai pu noter la métaphore de l'araignée qui tisse sa toile, son monde. Pour moi, ce roman est une large toile d'araignée. Les deux mondes dialoguent, raisonnent, se rapprochent pour s'éloigner de nouveau, comme les mouvement de l'araignée qui travaille. Ce roman n'est qu'échos, tissages, liens entre de deux mondes, des personnages qui vivent finalement la même trame d'une histoire mais pourtant tellement différente. 

Et là je dis bravo, car c'est ce que j'aime le plus dans un roman : Qu'il soit travaillé, maîtrisé, ambitieux, exigeant envers ses lecteurs. J'aime les romans qui me font réfléchir à ce point sur la trame, sur la forme, sur le choix des mots. Je peux d'un coup lever la tête et me mettre à réfléchir une demie heure sur la construction et le travail de l'auteur avant de reprendre ma lecture. L'araignée qui se balade dans le livre pour tisser sa toile a atteint et envahi mon cerveau de lectrice pour la continuer en dehors du livre. Voici ce qu'est pour moi la vraie création littéraire, un livre réussi.

Je connaissais pourtant Mark Haddon pour ses autres romans que j'avais déjà appréciés, cette fois il m'a bluffée alors BRAVO !

J'ai oublié de parler de ce passage où Shakespeare, lui-même, nous accompagne à travers le Londres Elisabéthain, un vrai délice ! Car oui, le livre est une adaptation très libre du Périclès de Shakespeare.

Livre hors thème du mois lu dans le cadre de A year in England que j'organise durant toute cette année avec mes copines Lou et Titine.

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20 février 2021

"The Evil Genius" de Wilkie COLLINS

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The Evil Genius de Wilkie Collins

Kindle, 1886, 332 pages version papier

Tout commence par une longue "avant-histoire" qui nous emmène dans des histoires de matelots et de trésor caché. A l'issu d'un procès, Roderick Westerfield est reconnu coupable d'un vol de diamants après avoir délibérément provoqué un naufrage. Il meurt avant la sentence, qui est elle-même la peine capitale. Il laisse sa femme et deux enfants derrière lui. Sa femme se remarie dans la foulée et décide de partir à l'aventure aux Amériques avec son jeune fils, laissant Sydney, sa souffre douleur de fille derrière elle, aux "bons soins" de sa soeur, dans une école. Sydney grandit, très seule, dans cette école où elle est formée pour devenir institutrice à son tour... N'en pouvant plus, elle décide de passer une annonce pour devenir gouvernante et se trouve embauchée, dans un manoir en Ecosse par Mr Linley pour s'occuper de la jeune Kitty. Tout va bien, même si Mrs Presty, la mère de Mrs Linley n'aime pas trop la jeune fille qui pourrait bien devenir une trop belle jeune femme. Vous comprenez la suite, Mr Linley... Sydney... et voilà.

Pour cette année anglaise et le thème du mois consacré au Victoriens, je ne pouvais bien sûr pas ne pas mettre à l'honneur Wilkie Collins.

C'est un roman bien divertsisant qu'il nous offre ici. L'humour, bien sûr au rendez-vous, est en particulier incarné par Mrs Presty, la mère de Mrs Linley. Qu'elle est drôle ! Condescendante, à la logique bien personnelle, grinçante, méprisante, vive, tout ce que l'on aime dans les livres de Wilkie et qui les rendent drôles ! De plus, elle sème la zizanie dans une intrigue déjà bien compliquée en répandant des obstacles et en créant des quiproquos tout au long du roman et qui servent délicieusement à l'intrigue. J'ai également particulièrement aimé Mr Sarazin, l'avocat, moitié anglais, moitié français et donc le raisonnement vacille en fonction de ses gènes dominants du moment ! 

C'est également un roman avant-gardiste qui évoque le thème du divorce et il y a aussi, pour moi, un personnage gay qui s'ignore, ou que l'auteur veut que l'on ignore sans vraiment l'ignorer. Peut-être suis-je la seule au monde à avancer une telle théorie mais Randal Linley tient des propos bien étonnants concernant son ami le Captain Bennydeck. Parlons-en du Captain Bennydeck ! C'est un "cul-benny" ! Il m'était au départ assez sympathique à vouloir aider le monde entier, il pouvait même avoir des réparties drôles mais... mais le voici qui se transforme en grenouille de bénitier dès lors qu'il entend le mot "divorce" ! J'ai moyennement aimé le côté trop moralisateur à la fin du roman, comme si Wilkie voulait s'excuser de son intrigue et revenir dans la bienséance, alors qu'on le sait, lui le mariage, tout ça, c'était pas son truc ! Bon peut-être qu'il y avait trop de pression à l'époque mais ça plombe un peu l'ambiance assez cocasse du reste du roman.

Quant au titre, Wilkie s'amuse beaucoup à faire glisser d'un personnage à l'autre la dénomination de Evil Genius.

Enfin, le roman se termine avec une longue "après histoire", mais qu'est ce que tu es bavard Wilkie ! Il n'y avait pas vraiment besoin de ça, hein... d'ailleurs pour en revenir à la loooooongue avant-histoire, ça aurait pu faire l'objet d'une véritable intrigue pour un autre roman. D'ailleurs bien trop de mystères sont posés dans ces premières pages sans que l'on y revienne par la suite, bien malheureusement ! 

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé retrouvé mon vieil ami Wilkie que j'aime toujours autant ! 

Livre lu pour le thème des Victoriens de février dans le cadre de A year in England que j'organise durant toute cette année avec mes copines Lou et Titine.

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13 février 2021

Quand Amazon abuse du laudanum !

Je me baladais tranquillement en sifflotant sur amazon ce soir quand j'ai failli faire une syncope devant tant d'inédits de Wilkie Collins ! Mais soyez rassurés, j'ai toujours une fiole de sels volatiles à portée de main.

N'empêche, je savais déjà qu'il y avait embrouille entre Wilkie et Dickens... mais pas que que Lewis Carroll avait subtilisé une histoire à Wilkie ! Voyez donc :

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Sinon, The Queen of Hearts est effectivement le titre d'un roman de Wilkie Collins qui n'a RIEN à voir avec Alice.

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J'apprends aussi avec stupeur que mon Wilkie a écrit un roman patriotique américain ! (en fait, ça parle d'un mariage bien compliqué!)

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Bon bah on a maintenant un Wilkie sépcialiste des iroquois. Oui, il est très polyvalent notre Wilkie d'amour. Et surtout, on le sait, un véritable aventurier sur petites pates !

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Sans oublié la suite de The Black Robe, toujours au Québec, qui parle d'un curé.

(Bon y'a bien un curé dans The Black Robe... mais il n'a pas quitté l'Angleterre si je ne m'abuse!)

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La dame en blanc a pris quelques rides et s'est propulsée au 21ème siècle. Oui, les voyages dans le temps, ça fatigue!

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Cette couverture a le mérite de m'avoir plongée dans l'histoire fascinante du sèche-cheveux ! (Bah oui, un roman domestique quoi... :-) ) Enfin au départ c'est juste une vieille qui raconte des histoires le soir au coin du feu, mais on va quand même pas chipoter non plus ! Elle a tout de même bien le droit de faire un CAP coiffure dans la journée !)

Et pis cette dernière, une petite histoire de châtons bien mignonnes !

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Pour résumer, avec Wilkie, il y en a pour tous les goûts ! :-)

Billet qui entre parfaitement dans le thème des Victoriens de février pour  A year in England que j'organise durant toute cette année avec mes copines Lou et Titine.

(Sinon, en vrai, je suis en train de lire un délicieux Wilkie et je vous en parle bientôt!)

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07 février 2021

"La brodeuse de Winchester" de Tracy CHEVALIER

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La brodeuse de Winchester de Tracy Chevalier

Traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff

Editons de la Table Ronde - Quai Voltaire, 2019, 350 pages

Violet Speedwell est toute fraîchement arrivée à Winchester pour enfin commencer sa vie rien qu'à elle. Elle a trente-huit ans et a vécu uniquement dans la maison parentale à Southampton. Victime collatérale de la guerre, son fiancé y est mort, elle fait partie des femmes excédentaires, celles pour lesquelles il n'y a plus de maris disponibles. A la mort de son père, sa mère est devenue insupportable alors elle a demandé un poste de dactylo à Winchester pour échapper à sa famille. Elle travaille dans une société d'assurance, loue une chambre chez une logeuse et mène une vie bien bien simple et bien vide. Ce qu'elle aime avant tout à Winchester, c'est sa cathédrale. Un jour où elle est en train de flâner, elle se retrouve à assister à une mystérieuse réunion de brodeuses à l'intérieur de la cathédrale. Elle décide de les rejoindre et d'apprendre la broderie pour aider à la conception de coussins et d'agenouilloirs pour la cathédrale. Grâce à ses après-midi de broderies, elle va enfin tisser des liens sociaux et remplir sa vie qui va dorénavant graviter autour de la cathédrale, de la broderie et du tintement des cloches.

Voici une bonne entrée en matière pour commencer mon année anglaise pour le Challenge A Year in England afin de célébrer les 10 ans du Mois Anglais. Alors qu'il nous est bien difficile de voyager en ces temps pandémiques, ce livre m'a permis de revivre avec délice ma visite de Winchester (en 2008 je crois!). Ce livre nous embarque en Angleterre, même sans connaître Winchester, j'en suis persuadée. Cette Angleterre à l'ambiance duveteuse des pauses thé-biscuits, celle des dimanches de pluie, celle de la broderie surannée. Une Angleterre dans laquelle on se sent bien (une Angleterre qui nous brise le coeur quand on ne sait pas quand on va pouvoir la retrouver!) On ouvre le livre et on est transportés. Quand le livre est fermé, on y pense et on a juste envie de s'y réfugier, de se mettre à la broderie et de demander au curé de sa ville s'il est possible de monter dans le clocher de l'église pour voir les cloches sonner ! (peut-être qu'il y a un beau sonneur du nom d'Arthur, d'ailleurs?)

Néanmoins, ce livre n'est pas seulement une histoire de filles qui se retrouvent pour broder, c'est également un roman qui aborde l'identité des femmes, leur difficultés quand on est différentes et que l'on ne colle pas avec les attentes de l'époque : Le mariage, l'arrivée d'enfants pour s'accomplir, les relations homosexuelles. 

C'est un roman riche, avec une trame passionnante et entraînante avec en filigrane des histoires particulières que la société bien pensante souhaiterait étouffer.

Ce roman c'est toute une ambiance habilement installée par Tracy Chevalier et j'ai retrouvé mes sensations de lectrice d'il y a une quinzaine d'années alors que je découvrait Tracy Chevalier avec La jeune fille à la perle. Je me demande alors pourquoi, mais pourquoi, ce n'est que le deuxième livre de cette auteure que je lis ! J'aime sa plume et sa facilité à nous faire voyager à travers ses pages.

Pas un coup de coeur mais presque, j'ai juste remarqué quelques longueurs dans la dernière partie du livre... mais bien minimes par rapport au plaisir de lecture de ce roman !

Livre hors thème du mois lu dans le cadre de A year in England que j'organise durant toute cette année avec mes copines Lou et Titine.

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