Voyager... Lire...

20 décembre 2014

"On the Brinks" de Sam MILLAR

On the Brinks de Sam Millar

Édition Brandon, 2012, 454 pages

J'ai déjà lu quelques romans de Sam Millar et j'étais très intriguée par son récit autobiographique. L'histoire de l'Irlande m'intéresse beaucoup, comme vous le savez, et le récit qui parle d'un nord irlandais contestataire, ça ne pouvait qu'attérir sur mes étagères!

Dans ce livre, Sam Millar nous raconte son enfance, puis son séjour en prison pour avoir été en possession d'armes (enfin c'est pas très clair tout ça, y avait-il un délit au départ?) pendant huit ans à la même période que Bobby Sand et suivant le même mouvement. Puis Sam sort de prison et décide d'aller à New York pour un nouveau départ. Grâce à la diaspora irlandaise sur place, il travaille dans des casinos (alors illégaux!) jusqu'au jour où débute son rêve d'argent facile. C'est qu'il a besoin de fonds pour ouvrir sa boutiques de Marvels ! Et justement... les hangars de la brinks sont à portée de main, et c'est parti pour le casse du siècle !! (damn!)

La première partie du livre est un poignant témoignage historique. Sam Millar était présent à Derry le jour du Bloody Sunday puis, lors de son séjour en prison, il était blankett man (c'est à dire de ceux qui refusait de porter l'uniforme de prisonnier de droit commun car ils se considéraient prisonniers politiques.) J'ai mis beaucoup de temps à lire cette première partie parce que, d'accord, j'étais débordée et que j'avais bien du mal à trouver du temps pour lire, mais également parce que ce récit m'a glacée. J'ai eu du mal à prendre la distance nécessaire pour "survivre" à ce récit (ils avaient froid la nuit et j'étais totalement frigorifiée chez moi). Les prisonniers sont traités comme des animaux (et déjà que pour des animaux c'est révoltant!). On essaie de les pousser à bout, on les prive du minimum vitale, on veut les réduire à néant autant physiquement que psychologiquement (ils n'ont pas accès à l'information, n'ont pas le droit de lire le moindre livre.) Leur quotidien c'est le néant, l'ennui, la peur aussi des matons qui aiment les battre et les torturer psychologiquement, le froid, le manque d'hygienne etc... Malgré tout, les prisonniers survivent, ils n'ont pas le choix. Ils se soutiennent entre eux même s'ils ne se voient jamais. Ils imaginent alors le visage de leur potes. Le plus étonnant, c'est cette force, ce sens de l'humour acéré qu'a Sam Millar tout au long de son renfermement. J'imagine qu'il y en a eu, mais l'auteur ne parle pas ou très peu de ses moments de désespoir. Ce récit a été pour moi une façon de me confronter à l'histoire, de la "vivre" car je suis Sam Millar sur Facebook, et du coup, ce n'est pas comme si je lisais un autre témoignage d'une personne que je ne "connais pas", comme un autre récit historique avec toute la distance que ça implique.

Parlons maintenant de la deuxième partie du livre.... ou du film, les aventures de Sam Millar à New York. Je n'avais pas lu la quatrième page de couverture du livre, car pour moi, ce livre était seulement un témoignage sur l'Irlande du Nord, la prison etc.... mais voilà que l'auteur s'en va refaire sa vie à New York, part vivre le rêve américain, celui des films ! Avec les brigands, les gangsters, les nuits au casinos dans un brouillard de fumée de cigare. Bon ok, jusque là, ça va, je me dis que c'est cool pour lui cette nouvelle vie, qu'il a eu la chance d'avoir l'autorisation de rester après un séjour touristique et tout. Et puis, il commence à déconner.... on se dit qu'il blague quand il parle de faire un casse, non la prison il connaît, quand même, il peut pas risquer d'y retourner, c'est du bluff ! Hé ben non ! Allons-y Alonzo ! Hop, on y va, on fonce(et là je comprends le titre du livre!) , on pique l'argent et on sait plus où le planquer ensuite ! J'ai halluciné, je n'ai pas bien compris comment les flics ont mis tant de temps à retrouver les coupables, car sérieusement, c'était juste trop facile pour être vrai ! Sam accumule toutes les erreurs. Et là on se dit : ok, ben bien fait pour lui, il va se faire choper.... mais en même temps, c'est ton ami facebook et t'as vraiment vraiment pas envie qu'il se fasse choper !!!! Cette deuxième partie est une aventure de dingue ! Je suis certaine qu'un jour, ils vont en faire un film !

J'ai lu ce livre avec beaucoup d'intérêt, les deux parties m'ont captivée mais pour des raisons différentes. A la fin du roman, on apprend beaucoup de détails sur la vie de Sam Millar à New York, comment il a réussi à rester etc... Ce qui m'a marqué dans ce roman, c'est la façon dont l'auteur raconte son histoire en gardant une grande pudeur sur son entourage, on ne sait presque rien sur sa vie de famille tout au long de ses aventures, comme si (et ça m'a tout l'air d'être effectivement le cas) ses histoires ou ses bêtises ne concernaient que lui.

Ah oui, j'ai également beaucoup aimé la forme du livre, les polices utilisés etc.... j'ai trouvé cela très chaleureux, comme si une atmosphère d'intimité entre le lecteur et l'auteur était installée, comme si on lisait le cahier qu'il écrivait jour après jour.

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Voilà, c'était bien et je recommande cette lectures qui vous fera passer par un ribambelle d'émotions : peur, dégoût, rire, soulagement... pour des personnes empathiques comme moi, c'est une sacrée aventure !

Voilà, très en retard (et je m'en excuse!) ma participation pour la LC du mois de novembre autour de Sam Millar dans le cadre du Challenge Un an en Irlande. L'auteur suivant est Liam O'Flaherty (et je suis en retard!!!)

Valériane a lu Rouge est le sang, Chat de bibliothèque a lu Les chiens de Belfast.

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11 décembre 2014

"Idiopathie" de Sam BYERS

Idiopathie de Sam Byers

Éditions Points, 2013, 378 pages

Katherine aborde la trentaine célibataire et aigrie, elle se change les idées avec ses sexfriends. Elle vient de se séparer de Daniel et, décidément, elle ne veut pas se faire à l'idée. On est limite pris de pitié pour elle (au début.) Daniel, quant à lui, est en couple avec une autre jeune femme, Angelica, toute en guimauve et bons sentiments, ce qui contraste violemment avec Katherine. Daniel et Katherine ont un ami en commun, Nathan. Il sort d'une institution, il a des cicatrices partout, on comprend vite qu'il a fait une grosse bêtise, mais on ne sait pas bien dans quelles circonstances. Ce que l'on comprend par contre, c'est que Katherine et Daniel étaient au centre de son histoire. Nathan veut les voir, tous les deux. C'est que Katherine et Daniel ne sont plus en contact depuis un an et demi.

Forcément, l'appel va perturber l'ancien couple.... enfin si on peut considérer qu'aucune personne de ce livre peut être plus perturbée qu'il ne l'est déjà. Les personnages ne sont pas sympathiques, loin de là! J'ai peine à me souvenir d'un autre roman dans lesquels les personnages m'ont à ce point TOUS tapé sur le système : Katherine est chiante, tout simplement chiante, elle déteste le monde entier, elle en veut à tout le monde, et même ceux qu'elle semble aimer (on imagine qu'elle aime Daniel), elle les méprise et son seul but c'est de provoquer des disputes, de leur faire mal, très mal, pour paraître supérieur. Daniel, quant à lui, est un gentil tout mou qui tape également sur les nerfs du lecteur. Il est en couple avec son bonbon du nom de Angelica, qui est omnibulée par l'état de ses intestins (je veux dire, ça va loin, ils ont des conversations autour de leur popot respectif) - et ce qui m'a agacé le plus peut-être, c'est qu'elle fait passer pour ridicules les gens qui font simplement attention à ne pas manger des trucs dégueulasses et industriels (genre moi, et je ne me suis pas du tout du tout retrouvée dans sa mièvrerie, croyez-moi!). Les longs dialogues - oh mon dieu - mais sérieux, comment est-il possible de publier ça ? Les dialogues du roman en général, en fait. C'est d'un creux ! Inutiles, niais, ennuyeux. Ah oui, il n'y a pas que les dialogues qui sont à revoir, mais toutes les digressions pseudo-philosophiques de chaque personnage. Non mais au lieu de réfléchir comme ça, vivez, nom d'un chien ! Et puis surtout, arrêtez de vous engueuler ! (moi qui déteste les engueulades, j'ai été servie!)

Et puis il y a Nathan, qui semble presque normal au milieu de tout ça, alors que franchement, il est flippant ! Tout comme ses parents. Non, en fait, c'est ce livre qui est flippant. Et pourtant, le flippant, ça peut tout à fait me plaire, mais là c'est flippant du genre je m'inquiète sincèrement pour l'auteur.

Pourtant, c'est bien moi qui ai choisi ce livre, je croyais même m'amuser avec ce roman anglais, noir, qui avait l'air tellement marrant et décalé d'après la couverture : "Un roman d'amour. De narcissisme et de vaches en souffrance." D'amour... bon on a pas la même définition de l'amour, hein. De narcissisme, ah là! Je suis 100% d'accord ! Et de vaches en souffrance... moi qui croyais trouver ici une bonne dose d'humour (non pas que j'aime voir souffrir des vaches, on s'entend.)... Moi j'ai juste envie d'ajouter la mention suivante sur la couverture : "De vaches et de lecteurs en souffrance." Parce que oui, j'ai cruellement souffert avec ce livre, mais que suis donc allée faire dans cette galère ?!

Une grosse déception, comme rarement... des fois j'ai du mal, mais c'est que je me lance dans des aventures littéraires tordues... m'enfin, là, c'est moi qui l'ai cherché....

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08 décembre 2014

"L'homme qui avait vu le Roi" de André-Benoît de COOMAN

L'homme qui avait vu le Roi

L'homme qui avait vu le Roi de André-Benoît  de Cooman

Éditions Baudelaire, 73 pages, 2014

A.H., pourtant Docteur ès Sciences, travaille dans une usine, occupant un poste médiocre qui ne correspond pas à ses ambitions. Même ce poste, il le perd. Sa femme le quitte dans la foulée. Désespéré, A.H. décide de s'en remettre aux plus hautes autorités et d'aller plaider sa cause auprès du Roi de Belgique, rien que ça ! Mais quand on est un simple sujet, ce n'est pas chose simple... Alors A.H. va profiter d'une visite guidée du palais du Roi pour se glisser dans ses appartements et supplier le monarque de lui donner un emploi.

A.H. nous promène avec lui dans une histoire totalement loufoque, entre réalité, rêves et fantasmes à l'humour belge affirmé. Même si ce court roman a l'air d'une grosse farce au premier abord, c'est également une critique de la politique et des tout-puissants qui sont bien loin du quotidien de monsieur-tout-monde dans cette période de crise aiguë actuelle. Nous sommes donc les témoins de situations cocasses et totalement décalées. Imaginez un peu le Roi des belge qui rencontre,vêtu de son peignoir, notre A.H. désabusé et désespéré, et qui y croit dur comme fer ! Mais voyez-vous mes bonnes gens, c'est la crise, même pour le Roi des Belges, hein. 

J'ai bien aimé lire ce roman un peu fou, mais j'aurais aimé qu'il aille encore plus loin dans la folie, encore plus loin dans l'humour belge. Mais ce fut une lecture bien agréable et une découverte bien cocasse.

Et voici ma cinquième participation au Challenge Union Européenne en 28 livres : Belgique.

Challenge Europe

 

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22 novembre 2014

Des livres voyageurs de Peter May !

Il y a quelques temps, Peter May nous invitait sur Facebook à aller visiter la page de Quercus Book, son éditeur au Royaume-Uni afin de postuler et peut-être devenir Superfan de Peter May :

J'ai pas lu les conditions, j'ai rempli le formulaire avec enthousiasme pour réaliser au dernier moment que c'était réservé aux lecteurs du Royaume-Uni. Bon ben, j'ai tout rempli, j'envoie quand même et je rale sur le fait que les lecteurs étrangers ne puissent pas participer.... ! Non mais ho !

Et puis j'oublie....

Jusqu'au jour où je reçoie un mail pour me prévenir que j'ai été sélectionnée, malgré mon état de française avéré.... et là, c'est la fêêêêête ! I am a Superfan !

Et Quercus est généreux quand il s'agit d'appuyer ses auteurs !

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(Tout ça dans ma boîte ! Oui oui oui!)

Donc ma mission, et je l'accepte, c'est de partager avec vous le roman de Peter May que j'ai choisi : Entry Island / L'île du Serment (son tout dernier sorti et dont vous pouvez retrouver ma chronique ici).

Pour débuter ma propagande campagne avec sérieux, je lance dans la nature un livre voyageur du roman en anglais et un exemplaire en français !

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(Le chien de garde féroce de ma bibliothèque veut bien laisser partir les romans, mais c'est bien parce que c'est vous!)

La proposition a été faite en exclusivité aux lecteurs participants à Un an en Ecosse, mais vous pouvez maintenant vous inscrire aussi !!

Vous devrez alors vous transmettre le roman entre lecteurs une fois lu, et le chroniquer sur votre blog, bien sûr !

N'hésitez pas à vous inscrire en commentaire de ce billet et à faire passer le message !!! :-)

 

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20 novembre 2014

"Molière"de Laurent TIRARD et Ariane MNOUCHKINE

Molière (2007)

Réalisé par Laurent Tirard et Ariane Mnouchkine

Avec Romain Duris, Fabrice Luchini , Laura Morante...

Alors que Molière (Romain Duris) a vingt-deux ans et qu'il rêve de gloire, et s'entête à jouer dans des tragédies dans lesquelles il est très mauvais. Il finit par amasser de grosses dettes qui le mènent en prison. Rapidement, il a la visite de Monsieur Jourdain (Fabrice Luchini) qui lui propose un travail en échange de sa liberté. Bien sûr, Molière accepte. Monsieur Jourdain est un riche bourgeois, has been (oui un has been du 17ème siècle, y'en avait bien!) et il est amoureux d'une jeune et belle duchesse. Il demande à Molière de lui apprendre à jouer, car lui-même souhaite écrire une pièce et la présenter à sa dulcinée pour la séduire. Molière rejoint alors la belle demeure de Jourdain dans laquelle il se fait passer pour un prêtre en charge de l'éducation de sa fille. Là, Molière va rencontrer Elmire, la séduisante femme de Jourdain...

Ce film prend quelques libertsé dans la biographie de Molière. Alors qu'il a vingt-deux, on ne sait plus en effet ce qu'il a fait pendant quelques mois, c'est ici que le film invente son intrigue avec le parti pris que c'est une période majeure dans la vie du jeune homme et qu'elle va lui inspirer nombre de ses comédies.

Je ne suis pas une grande fan de Romain Duris en général, mais il faut avouer que c'est un jeune Molière très convaincant. Le duo qu'il forme avec Fabrice Luchini (enfore lui!) est mémorable : un jeune homme bien douée qui s'amuse de la situation et un homme défraîchi qui croit dur comme fer en son pouvoir de séduction, même sur une jeune femme déjà si convoitée. J'ai été ravie de retrouver Fabrice Luchini, toujours excellent dans des rôles qui jouent avec les mots.

Un très bon film que j'ai découvert avec beaucoup de plaisir grâce au mois Molière qui a toujours lieu en ce moment dans ma ville.

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16 novembre 2014

"Le Puits" d'Ivan REPILA

Le Puits d'Ivan Repila

Traduit de l'espagnol par Margot Nguyen Béraud

Éditions Denoël, 2014, 110 pages

Le livre commence dans un trou profond, au milieu d'une forêt. Deux enfants sont prisonniers de ce puits, un Grand et un plus Petit, on ne nous dira jamais leur nom, mais on comprendra très vite que ce sont deux frères. On croit comprendre qu'ils sont tombés dans ce trou après être allés faire des courses pour leur mère, le sac est près d'eux mais ils n'y toucheront sous aucun prétexte. Même après 97 jours, personne ne viendra à leur recherche, même pas leur mère qui pourtant doit attendre son fromage et son pain.

Les deux enfants vont d'abord chercher à sortir de ce trou, mais ils n'y parviennent pas... alors leur survie va s'organiser avec ce qu'ils ont autour d'eux, c'est à dire pas grand chose : des vers, de la terre, la pluie quand elle tombe, des racines... Le Grand se lance également dans de longues séances d'entrainement, il doit se muscler, il doit grandir, se fortifier, et souvent au détriment de la ration de lombrics de son petit frère. La mission du plus jeune, lui, est de ramasser les protéïnes de la journée tous les matins.

Les deux enfants vont rester 97 jours dans ce trou, l'intitulé des chapitres correspondants aux jours des prisonniers. Il en manque, on ne lit pas ce qui se passe au cours de ces 97 jours, il n'y a pas 97 chapitres.

C'est un roman très psychologique, les deux enfants perdent pied, le plus jeune qui est aussi le plus fragile, frôle la folie, perd ses mots, sa langues et ne parvient plus à s'exprimer ni à communiquer avec son frère. Le Grand a un projet qui'il garde secret mais qui lui permet de ne pas sombrer dans le désespoir ou dans la démence... C'est ce qui manque au petit, il attend et devient fou. Ils sont tous les deux réduits à l'état d'animal, l'important est la survie du corps même si l'esprit se perd.

Bien sûr, il n'y a aucune hygiène dans ce trou et au bout de cent jours, on imagine bien ans quels était ils sont, à manger des lombrics et à sucer des racines....

Jusqu'au dernières pages, ou presque, je n'ai pas bien compris la situation, comment ces deux enfants peuvent rester bloqués là sans que personne ne les recherchent. Pourquoi, également, ne piochent-ils pas dans la nourriture qui se trouvent dans leur panier ? C'est que les enfants en savent plus sur leur situation que les lecteurs.... c'est peut-être aussi ce qui les fait tenir.

C'est un roman effroyable qui scrute la nature humaine, celle de deux enfants.... Ils se détestent, ne se supportent plus, mais s'aiment plus que tout, l'un sans l'autre, ils ne survivraient pas. On imagine leur force de se mourir de choses immondes, c'est ça ou mourir... On comprend aussi leur désespoir, leur colère et leur peine.

L'auteur, pour moi, a voulu se mettre dans la pire des situations que deux enfants puissent connaître et imaginer leur quotidien dans tout ce qu'il y a de plus horrible. J'ai été fascinée par ce roman autant que terrorisée par cette histoire. Heureusement, c'est une fiction !

Et puis, ce roman a une portée écologique, c'est une allégorie de la terre qui n'en peut plus. Les deux enfants épuisent la terre autour d'eux comme les habitants de la terre le font avec la planète "Dans son rêve, le puits est aussi grand qu'une ville. Ses habitants sont affamés car la terre n'en peut plus" p.28 "A leurs pieds, des plaques profondes reflétaient un ciel noir, lourd de nuages se gonflant et se dégonflant tour à tour comme les poumons d'un océan" p.41 Mère nature est défaillante dans son rôle, mais à cause de quel dérèglement? Il y a clairement quelque chose de pourri dans ce roman.

J'ai également vu ce livre comme une critique de la télé réalité, d'émission du genre kho lanta : "Le Petit continue de mourir quelques jours encore tandis que son frère s'efforce de le maintenir en vie. Comme si ce n'était qu'un jeu" p.44 "L'eau, la vraie, est dehors. Celle-là n'est qu'un mensonge" p.47. Ce roman est une expérience... pour l'auteur comme exercice littéraire, pour les enfants qui sont observés par nous, la société, alors qu'on les a sciemment mis dans cette situation, dans le support du livre qui est censé être un divertissement.

Un premier roman très prometteur, Ivan Repila est sans conteste un auteur sur lequel il va falloir garder un oeil.

Et voici, par la même occasion, ma quatrième participation au Challenge Union Européenne en 28 livres : Espagne.

Challenge Europe

13 novembre 2014

"Le malade imaginaire" de MOLIERE

Le malade imaginaire de Molière

DVD de la Comédie Française

Avec  Jacques Charon, Jacques Eyser, Georges Descrières, Jacques Toja, Simon Eine, Françoise Saigner...

Cette fois, le mois Molière de ma ville m'a menée jusqu'à la médiathèque en ce samedi après-midi dernier pour assister à la projection du Malade imaginaire par la Comédie Française. J'ai retrouvé les comédiens mais pas la date à laquelle cette version a été jouée.

Le malade imaginaire, mais tout le monde connaît cette pièce (y-a-t-il vriment quelqu'un qui y aurait échapé à l'école ? C'est possible?), raconte l'histoire d'Argan, stéréotype de l'hypocondriaque. Il est soigné et taquiné sans cesse par sa servante, Toinette. Bien sûr, il y a une intrigue amoureuse : Angélique aime Cléante mais elle doit épouser le jeune médecin autiste (c'est comme ça que je l'ai vu dans cette version), hystérique et maladroit, Diafoirus. Et forcément, on a Béline, la méchante belle-mère profiteuse et perfide !

Nous avons ici un Argon peu ragoûtant, faut le dire.... Assez fort, râleur, et toujours malade ! (bien sûr!) à attendre impatiemment ses pilules et ses lavements. Bon on ne va bien sûr pas réinventer l'intrigue en même temps.... mais c'est vrai que le contraste est flagrant quand Béline vient le câliner ! Toinette (et je viens de voir qu'elle est décrite comme la meilleure Toinette de tous les temps), je l'ai trouvée un peu hystérique parfois avec son rire beaucoup trop théâtrale (ok on est au théâtre, mais là, je trouve que c'était un peu ridicule). Angélique, rien à redire, sauf que (et là c'est franchement en rapport avec Molière, vous en conviendrez).... qu'est-ce qu'elle a des airs à M.LeP !!(ça me ferait mal de la citer, là, texto sur mon blog, mais vous comprendrez!) Ok en plus jolie, mais même la voix a des similitudes !!!

Il paraitrait que tous ces comédiens sont des pointures, d'ailleurs la salle, majoritairement de pas ma génération, semblait les connaître tous ! Bon moi, je connais personne... en même temps, le jour où je reconnaitrait un comédien.... bref c'est pas trop la discipline dans laquelle je brille.

J'ai bien aimé cette version même si j'ai pu la trouver un peu vieillotte (les couleurs, le son, la toute petite scène.) La salle de la médiathèque était remplie, et ça fait plaisir ! Les gens se sont amusés, ont bien ri... dommage que ça n'attire pas un public plus jeune par contre... En tous cas, j'ai été ravie de retrouver cette pièce qui, je crois, fut ma première découverte de Molière jadis.

A noter, à la médiathèque, une très intéressante exposition sur le thème des jardins à la française de la princesse Palatine par Jeanne Muller, au temps de Molière et dans ma ville. Cette exposition est également l'occasion de découvrir la topographie et les strates géologiques de la ville (qui peuvent nous donner un semblant de réponse à l'inévitable question que l'on se pose quand on vit au Raincy : mais pourquoi est-ce que les trottoirs et les routes s'affaissent) (ma ville est un gruyère parfois visible quand on rentre tout bonnement chez soi) (la rumeur dit qu'on a déjà perdu un camion lors d'un éboulement) (bref on en rigole même si c'est pas marrant du tout.)

Prochaine escale demain soir avec la diffusion du film Molière avec Romain Duris. au Centre Culturel !

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11 novembre 2014

"Le détroit du Loup" d'Olivier TRUC

Le détroit du Loup d'Olivier Truc

Éditions Métailié, 2014, 410 pages

Nous sommes de retour en Laponie avec Nina et Klemet, les deux patrouilleurs de la police des rennes. Alors qu'un troupeau est en train de traverser un détroit, des rennes se noient et un éleveur perd la vie. Que s'est-il passé ? Quelqu'un aurait-il effrayé les bêtes pour provoquer la catastrophe ? En parallèle, le maire de la ville d'Hammerfest est retrouvé mort au bord de l'eau... ça commence à faire beaucoup pour une petite ville, surtout que l'écatombe va continuer. Hammerfest est une petite ville qui prospère grâce au pétrole, ce qui pose de sacrés problèmes quand la cohabitation doit se faire avec la transhumance des rennes.

Alors que j'avais peur de retrouver la copie presque conforme du premier opus, Le dernier Lapon, lu cet été (je m'étais d'ailleurs donné du temps entre mes deux lectures), j'ai eu la bonne surprise de retrouver certes, Nina et Klemet, mais avec une intrigue qui a su se renouveler. Alors que le précédent roman mettait plus l'accent sur la tradition et les croyances, ici on s'intéresse plus à la nature, à l'écologie et à la tradition des éleveurs de rennes qui sont mises en danger par les gisements de pétrole qui montent à la tête des habitants pour son argent facile. Bien sûr, la présence de l'industrie du pétrole se fait au détriment des pâturages des rennes. Et puis, il y a ces histoires de plongeurs dont on se sert pour que tout aille plus vite, au détriment de leur sécurité.

J'ai beaucoup aimé retrouver l'ambiance bien particulière de la Laponie ainsi que Nina et Klement alors qu'une amitié profonde semble s'installer entre eux. Alors que dans le premier tome les nuits étaient très longues, cette fois ce sont les journées qui n'en finissent plus et Nina a bien du mal à supporter cet ensoleillement quotidien.

Ce roman est également l'occasion pour Nina de renouer avec son père qu'elle n'a pas revu depuis son adolescence. Il étaient plongeur lui aussi... par contre, je trouve dommage que Nina prenne son enquête comme moyen d'approche, ça ne me semble pas très moral et à la place de son père, je l'aurais envoyé balader direct ! J'ai été presque choquée par son attitude...

A noter que j'ai beaucoup aimé le personnage de Tikkanen que j'ai vu comme une réécriture du personnage de Fagin dans Oliver Twist, Tikkanen qui chérit ses petites fiches comme Fagin ses bijoux.

J'ai de nouveau lu ce roman avec beaucoup de plaisir et d'intérêt et je l'ai autant aimé que le premier volume. J'adore cette ambiance que l'auteur réussi à recréer ! Vivement les prochains romans !

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09 novembre 2014

Il y a 25 ans...

Bien sûr j'avais entendu parler du mur de Berlin... mais c'est au collège que j'ai vraiment compris ce que c'était. Une ville coupée en deux, des familles séparées.... la guerre froide, tout ça... une période de l'histoire qui continue de me passionner et qui me passionnera toujours.

Il y a 25 ans, j'étais scotchée dévant ma télé....

Et il y a 5 ans, j'étais là, les larmes aux yeux...

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Et c'est tout.

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08 novembre 2014

"Alceste à bicyclette"

Alceste à bicyclette (2013)

Réalisé par Philippe Le Guay

Avec Fabriche Luchini et Lambert Wilson

Serge est un comédien à la retraite, ou plutôt en retraite sur l'Île de Ré où il a hérité une vieille maison en lambeaux... un peu à son image. Il s'est mis à la peinture et vit reclus ("oui j'ai un portable, mais personne n'a le numéro!) Son vieil "ami" Gauthier débarque un bon matin pour lui proposer de reprendre du service en jouant avec lui dans Le Misanthrope, à Paris. Serge n'est pas très chaud au départ, mais on sent bien que ça le titille, que ça lui fait du bien qu'on se souvienne enfin de lui. Les deux amis vont alors se lancer dans des répétitions pendant une semaine, se chamaillant sur le rôle qui leur serait attribué : Tous les deux veulent incarner Alceste. Gauthier est la star d'un téléfilm français (pourri) du style Urgence, il est un peu dépeint comme le beau gosse qui présente bien sur scène mais qui n'a pas trop de talent. Serge, quant à lui, est un amoureux des mots, de la littérature du théâtre et de Molière (j'adore quand il fait la morale à Gauthier sur sa diction, sur l'importance des syllabe, un pied manquant et on mutile le texte!), , il pense que tout naturellement le premier rôle lui revient.

Autour de ces répétitions, on voit doucement les deux personnalités des vieux amis se révéler : Serge reprend vie grâce au texte de Molière, reprend confiance en lui et sourit de nouveau. Gauthier, lui, apprend beaucoup de ses heures passées avec Serge, mais son côté beau gosse, grosse star, show biz reprend trop souvent le dessus et on comprend bien qu'il n'a pas grand intérêt en son amitié avec Serge, il veut juste qu'il accepte le rôle, il est en pleine transaction sur l'île !

Et puis il y a cette histoire de cette jolie italienne à la dérive qu'ils vont apprendre à connaître et à laquelle Serge va s'attacher...

J'ai beaucoup aimé ce film, les deux acteurs, Fabrice Luchini et Lambert Wilson sont parfaits dans leur rôle ! Je suis une grande admiratrice de Fabrice Luchini, de sa diction, de son humour... la scène où il fait une crise car le portable de Lambert Wilson ne cesse de sonner quand ils jouent Molière m'a fait mourir de rire, c'est tout à fait le genre de répliques que je pourrai sortir dans la vraie vie : "Non mais on est en train de jouer du Molière sur la sonnerie d'un portable ! Molière et un portable!!!!!!" J'adore !

C'est un film touchant et rempli d'humour, et puis les décors de l'Île de Ré sont grandioses ! La pluie, les belles plages, les virées en vélo, le calme... exactement le souvenir que je garde de mon séjour sur cette île ! C'est également un très bel hommage à Molière !

Bon je réalise que je n'ai jamais lu Le misanthrope et qu'il va falloir réparer ça au plus vite ! Cet après-midi, je file à la médiathèque pour voir une projection du Malade imaginaire par la Comédie Française !

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