Voyager... Lire...

27 janvier 2012

"La théorie du panda" de Pascal GARNIER

71396800La théorie du panda de Pascal Garnier

Editions Points, 2012, 182 pages

Gabriel sort un bon matin de la gare d'un petit bled au fin fond de la Bretagne et va se prendre une chambre au petit hôtel du coin. Il mène une vie très simple, limite aseptisé, se couche tôt car il doit se lever tôt (je ne sais toujours pas pourquoi), sort pour prendre ses repas mais malgré sa distance perpétuelle avec le monde, il se lie d'amitié avec tout ceux qui lui adressent la parole : José le cafetier, Madeleine qui travaille à l'hôtel etc... chacun semble trouver en lui une oreille attentive et apaisante. En effet, il semble prêt à tendre sa main dès lors que quelqu'un a besoin d'aide. 

Ce récit est un roman froid et cynique, plus qu'un polar, il se rapproche en effet du roman noir (je teste là la cohérence des collections Points). Gabriel est très détaché du monde, on ne comprend pas bien ce qu'il fait ici au départ. Le texte est parsemé de flashbacks qui vont nous raconter par petits épisodes la vie de Gabriel, mais de façon tellement vague tout d'abord, qu'on ne sait pas vraiment sur quel pied danser avant un bon trois quart du roman.

La forme du texte est tout à fait originale et colle parfaitement avec le style très détaché, qui s'occupe du minimum sans vraiment accompagner le lecteur dans le roman. Tout est très froid, très cynique, décalé, sans aucun sentiment même. A l'image du personnage de Gabriel qui s'entoure d'un mur obscure et qui ne laisse rien filtrer de sa tragédie.

Je n'en menais pas large à l'ouverture de ce roman, je me méfie toujours des romans contemporains français et je suis alors pleine de préjugés... mais j'avoue que j'ai vraiment aimé ce roman, je l'ai lu presque d'une traite. Je ne connaissais pas cet auteur mais je n'hésiterai pas à me plonger de nouveau dans son univers, ne serait-ce que pour voir si le style est toujours similaire ou si cette histoire est à part.

sonners2

Posté par Cryssilda à 08:00 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
Tags : , ,


24 janvier 2012

"La carte du monde invisible" de Tash AW

9782221114162La carte du monde invisible de Tash Aw

Éditions Pavillons Robert Laffont, 2012, 437 pages

Adam vit avec son père adoptif, Karl, sur la petite île paradisiaque de Nusa Perdo. Nous sommes en Indonésie, en 1960, et l'ambiance est tendue. Karl est d'origine hollandaise, il se trouve bientôt enlevé par l'armée du Président Soekarno sous prétexte de rafles anti-colonialistes. Adam décide alors de partir à sa recherche et va pour cela se rendre à Jakarta pour la première fois de sa vie pour rencontrer Margaret, une amie de longue date de son père, et lui demander de l'aide. Une fois dans la capitale indonésienne, Adame va découvrir avec stupeur que Jakarta est bien loin de la ville qu'il a fantasmé depuis des années. Le pays est en pleine révolte, il faut se méfier de tout le monde, le danger est partout.

C'est ici avant tout un roman initiatique que nous présente Tash Aw. En effet, le jeune Adam va découvrir l'histoire et la réalité de son pays à mesure de sa recherche de son père. Il va également se découvrir lui-même et se poser la question de sa propre identité : Qui est-il dans pays, lui le jeune indonésien au père Hollandais ? Quelles sont ses racines ? Qui sont ses parents biologiques ? Quel est son pays ?

Sa découverte de l'Indonésie sera comme un éveil personnel pour Adam à qui vont se révéler petit à petit des souvenirs oubliés de sa vie de jeune enfant avec son frère à l'orphelinat. Sa quête du père semble l'éloigner de ses retrouvailles avec son frère, et c'est pourtant en parallèle de ses recherches que tout va finir par lui revenir.

Ce n'est alors pas seulement un roman politique. A travers une multitude de personnages déracinés, l'auteur nous dresse un état de la société et de la vie à Jarkarta à cette époque : La corruption, un état qui ne protège absolument pas les individus, l'argent gaspillé à côté des bidonvilles, l'instabilité et l'ignorance des gens, le problème de l'identité d'un pays, déstabilisé par la présence et le colonialisme hollandais.

Malgré les thèmes abordés dans ce roman et qui peuvent sembler lourds et bien sérieux, ce livre se lit à tout allure. Le lecteur est emporté dans l'histoire du jeune Adam et l'auteur sait construire un récit plein de rebondissements et de suspens. Le style est fluide et agréable à lire, le texte est parfois amusant même. Tash Aw nous dessine un pays plein de pouriture (dans tous les sens du terme) mais nous dépeint ensuite avec plaisir la beauté de la nature indonésienne, en particulier l'île fantasmagorique qu'Adam habite au début du roman.

J'ai trouvé l'écriture de ce roman très intelligente, le texte est en dialogue constant avec lui même, les personnages et les situations dialoguent les uns avec les autres, tout en nuances au fur et à mesure de l'intrigue qui avance (le thème du bruit de la mer, les amitiés féminines d'Adam etc...) Enfin, il y a dialogue perpétuel entre Adam et son frère Johan, sans qu'ils ne s'adressent jamais la parole tout au long du roman.

J'ai eu la chance, grâce aux éditions Robert Laffont de rencontrer Tash Aw la semaine dernière avec deux autres blogueuses autour d'un verre. C'est un auteur simple et plein d'humilité... et qui parle un français absolument parfait. Les différents thèmes de son roman ont pu être abordés avec lui, il semble comme perpétuellement habité par son histoire et son pays. C'est comme s'il n'en avait pas encore fini de régler ses comptes avec l'Asie qui le hante encore et encore et qui le pousse à écrire des romans qui se déroulent là-bas. J'étais déjà en train de lire son roman le jour de la rencontre, mais je me serais procurer un livre de lui de toute urgence si ça n'avait pas été le cas, sans aucun doute.

Une très belle découverte alors que je recommande à tous les lecteurs ayant envie de passer quelques jours en Indonésie en lisant une belle histoire (car oui, au bout du compte, cela reste une belle histoire). Un grand merci aux Éditions Robert Laffont de nous avoir permis de lire ce livre en exclusivité et de rencontrer Tash Aw.

Retrouver également le billet de ma copine Titine.

Posté par Cryssilda à 19:30 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
Tags :
22 janvier 2012

"The Black House" de Peter MAY

BlackhouseCover_200x298The Black House de Peter May (L'île des chasseurs d'oiseaux)

Editions Quercus, 2011, 386 pages

Fin MacLeod est flic à Edinburgh (dans le même bâtiment que Rebus, d'ailleurs). Tout va mal dans sa vie, son petit garçon vient de mourir et sa relation avec sa femme bat de l'aile, son boulot l'ennuie. Lorsqu'on décide de l'envoyer enquêter sur son île natale, l'île de Lewis, on pourrait croire à un souffle d'air frais pour lui, mais il n'a pas l'air enchanté de l'opportunité... Il n'a pas vraiment le choix alors il traverse l'Écosse, prend un ferry douteux, et se retrouve sur l'île. Il doit enquêter sur un meurtre, la victime est une connaissance de Fin, le caïd de ses années collège et lycée, celui qui traumatisé toute une génération.

Présenté comme ça, on pourrait croire à un polar, mais ce livre, c'est avant tout l'histoire de Fin. Alors qu'il se replonge dans l'ambiance de l'île, dans cette communauté très fermée, qu'il essaie de mener l'enquête auprès des gens qui furent ces amis de longues années auparavant; c'est son histoire qui resurgit par petites bouffées. Plus l'enquête avance, plus on découvre l'enfance de cette génération, étouffante et sombre sur cette petite île bien souvent comparée à une prison. Il y a d'ailleurs beaucoup de jalousie et de rancoeur envers Fin lorsqu'il revient, lui qui a réussi à s'échaper et qui les a tous abandonnés derrière à un moment ou l'autre de sa vie.

L'intrigue est hantée par une tradition ancestrale de l'île : Une fois par an, une équipe de dix hommes de l'île part sur An Sgeir, le rocher... une île sauvage peuplée de fous de bassans. Ce voyage fait figure de rite initiatique pour chaque jeune homme qui embarque pour la première fois. Ces chasseurs d'oiseaux ont tout le respect de l'île. Synonyme de toute la sauvagerie dont l'homme est capable (des milliers gugas - des bébés fous de bassans - sont tués chaque année lors de leur visite), ce passage annuel sur l'île représente un véritable pacte entre les chasseurs, tout ce qui s'y passe doit rester la-bas. Comme tout ce qui se passe de plus sombre dans la nature humaine.

Quand un jour de gaélique une copine vous tombe dessus, plus qu'entousiaste, avec ce roman à la main et vous dit : Ce livre est pour toi !!!!!!! Après un oeil rapide sur la couverture (non mais vous avez vu cette couv'??), vous ne réfléchissez même pas ! Vous foncez ! Et dans mon cas, vous ouvrez le livre et pendant trois jours vous êtes totalement anti-sociale.

Ce livre était effectivement pour moi... Je crois qu'il est maintenant de notoriété publique internationnale que j'aime les îles paumées en Ecosse. Alors si en plus l'histoire se passe parmi une communauté de locuteurs gaéliques, vous me perdez totalement !

L'atmosphère insulaire écossaise est très bien rendue, le climat, les gens, les habitudes etc... de nombreux sourires quand des passages me sont apparus comme de multiples clins d'oeil à mes voyages à Arran. Vraiment, lorsqu'on ouvre ce livre, on est propulsés à Lewis ! (si en plus chez nous, il pleut dehors, qu'on est dans notre lit avec des litres de thé et qu'on a pas à sortir pour aller bosser - merci les vacances - c'est le bonheur total !)

Mais ce n'est pas tout (car je sais bien que vous pensez qu'il suffit d'une ambiance purement écossaise et je suis comblée!) : L'intrigue est très bien menée, j'ai adoré les révélations qui arrivent comme de petites touches de peinture de-ci de-là jusqu'à ce que tout se révèle à nous (pas avant les dernières pages, bien sûr, sinon ça perd tout son intérêt). J'ai aimé l'ambiance noire du roman qui nous plonge totalement dans la mauvaise conscience collective. Ce roman est bien écrit, c'est un régal à lire (lisez-le en anglais si vous le pouvez, l'atmosphère est toujours plus prenante).

Encore une précision avant de termine, si vous aviez encore une doute : Ce livre est un énorme coup de coeur !! Et la bonne nouvelle, c'est que je reçois la suite dans deux jours !! Le livre a d'abord été publié en français, vous pouvez donc vous procurer sans difficulté L'île des chasseurs d'oiseaux en poche, ainsi que L'homme de Lewis (celui-là même qui vient de paraître en anglais et qui est en route vers moi !) - parce que l'autre bonne nouvelle, c'est que c'est une triolgie !

Et pis, hop, tiens, je lui décerne un kilstissime d'or !

homme_kilt_nu_940043c68

 

Posté par Cryssilda à 13:45 - - Commentaires [9] - Rétroliens [0]
Tags : ,
19 janvier 2012

Bilan Anglais & autres Curiosités

Il y a quelques jours se clôturait le mois anglais organisé avec mes copines Lou et Titine qui, nous nous devons de l'avouer humblement, a reçu un vif succès sur la blogosphère. Alors commençons par le plus important : Merci à toutes les participantes, plus enthousiastes les unes que les autres ! J'ai adoré l'ambiance de ce mois, nos échanges ici et ailleurs, nos engouements qui ont fait boule de neige, votre bonne humeur et tout le reste ! Merci merci !

Et merci à mes deux copines so British !!

Plein de billets anglais donc (et je suis très loin d'avoir pu tous les parcourir à ce jour!) avec un grande gagnante : Agatha Christie, qui semble être le neck plus ultra de l'ambiance so British en littérature ! En ce qui concerne la télé, Dr Who (Karine aurait pu tenir un an sur le sujet... enfin ça fait bien trois ans qu'elle tient si on y pense bien) se bat dangereusement contre ses rivaux dans les couloirs de Downton Abbey !

Pour mon petit bilan plus personnel, même si je suis loin d'avoir lu tout ce que j'avais prévu, je suis quand même assez fière de moi avec 11 billets lectures, mais surtout parce que je ne me suis pas bornée à mes chouchous... La découverte d'Elisabeth Gaskell, de William Thackereay, Anne Perry (mouais), Henry (mouais), A.R Dick...

J'ai réalisé au cours de ce mois anglais, que lire des romans anglais est peut-être ce que je préfère lire dans ma vie de lectrice. Rien n'égalera jamais mon premier amour de la littérature anglaise, je crois.

Mes billets (car ceci est bilan, un vrai!) :

Et pour le vrai bilan du mois anglais, consultez le bilan de Titine, la grande vainquereuse des billets récap' ! (merci, vraiment) : Récap ! avec tous les billets des participantes, jour après jour.

God_save_the_tea

Et parce qu'il n'y a pas que les Anglais dans la vie, et qu'il faut bien passer à autre chose, je suis en train de lire Anna Karénine de Léon Tolstoï !

Oui j'étais censée revenir par ici pour vous parler un peu de mes problèmes existenciels concernant ce roman, est-ce que j'avance, est-ce que j'avance pas, ce genre de trucs... Hé bien, je n'avance pas ! A cause du mois anglais, à cause d'un autre roman dans lequel on m'a plongée DE FORCE, oui je dis bien DE FORCE messieurs, mesdames ! Mais duquel je devrais pouvoir me sortir ce soir ! (en fait c'est un très bon roman, je me plains pour la forme. Je suis parisienne, c'est dans les gènes.)

Où en êtes vous vaillants lecteurs d'Anna ? Avancez-vous à grand pas ? Où vous arrêtez-vous nonchallement pour danser la polka, un verre de vodka à la main ? (ce qui ne doit pas être bien évident pour tourner les pages rapidement)

Courage à vous ! Courage à nous ! Je n'ai lu qu'environ 150 pages, mais à chaque fois que je m'y replonge, c'est avec un réel plaisir ! J'y crois, croyons-y Alonzo ! Nous l'aurons terminé pour le 31 janvier !

tumblr_l0gmujvkzK1qzz1h3o1_500

Posté par Cryssilda à 22:52 - Commentaires [10] - Rétroliens [0]
14 janvier 2012

"Mme Muir et le fantôme" de R.A. DICK

Mme Muir et le fantôme de R.A. Dick

Editions : Bibliothèque de l'Evasion / L'Atlante, 1945, 218 pages

Mme Muir vient de perdre son mari architecte, elle se retrouve seule avec ses deux jeunes enfants. Elle décide alors de profiter de la mort de son mari pour s'éloigner de sa belle-famille superficielle et oppressante et commence par se chercher une nouvelle maison ailleurs. Elle prend le train pour Whitecliff et rencontre un agent immobilier, il lui présente un éventail des maisons disponibles dans les alentours mais garde une réserve inhabituelle dès qu'il parle de la Villa des Mouettes, au bord de la falaise. Il n'en faut pas plus à Lucie et elle insiste pour la visiter. Elle tombe amoureuse de cette maison étrange, poussiéreuse à qui elle veut redonner une nouvelle vie. Mais la maison est hantée par le Capitaine Gregg, vieux marin aventurier au sale caractère, bien décidé à régler les affaires qu'il a laissé en suspens à sa mort - d'où la réserve de l'agent immobilier qui est bien loin d'ignorer la présence du fantôme. Mme Muir, incontrôlable, va décider de cohabiter avec le fantôme et une belle histoire d'amitié va petit à petit s'intaller entre eux...

Je ne devais absolument pas lire ce livre, je ne savais même pas qu'il existait ! Mais la bibliohtèque est un endroit bien dangereux... alors que je choisissais un Dickens, voilà que mon oeil gauche tombe sur ce livre, sagement installé à côté et qui n'attendait que moi. Il faut savoir que l'on m'a offert le DVD de cette histoire il y a un an, et que j'ai trouvé le moyen de ne pas le regarder encore... Alors je prends le livre dans ma main (gauche toujours), là je sens que c'est foutu (surtout que je lis que c'est un classique de littérature anglaise! Ahem, même si l'auteur est écossaise, mais passons!) et je le mets avec les autres dans mon sac Wilkie (l'objet indispensable pour frimer à la bibliothèque).

C'est un très joli roman et une très jolie histoire. Je n'ai pas trouvé le chef-d'oeuvre auquel je m'attendais (simplement parce qu'on me dit que c'est le film le chef-d'oeuvre, je pense) mais j'ai vraiment apprécié ma lecture ! La psychologie de Lucie m'a semblé un peu légère par contre et elle a accepté cette histoire de fantôme un peu trop facilement je trouve, peut-être parce que le but de l'auteur n'était surtout pas d'effrayer ses lecteurs, mais de créer une belle histoire. J'ai adoré le personnage du Capitaine Gregg, sa mauvaise humeur, ses tendances parfois à trop entrer dans la vie de Lucie et de faire des petites frayeurs à son entourage, son côté aventurier au grand coeur. Moi je veux bien qu'un fantôme comme ça vienne hanter mon appart', sans problème !

J'ai aimé la trame narrative, le fait que l'on suit Lucie et sa famille à travers les années, qu'on survole sa vie, les ellipses, un peu comme le fantôme qui disparait de l'autre côté et qui repasse de temps en temps se méler de la vie de Lucie pour voir si tout va bien !

Et la fin, quelle fin !! Elle m'en a donné des frissons !!

Un très bon moment de lecture, je vais regarder le DVD dès que je trouve un moment (sujet délicat ces derniers temps!)

God save the tea Classique-final-4

Posté par Cryssilda à 13:30 - - Commentaires [11] - Rétroliens [0]
Tags : ,




12 janvier 2012

"Lady Susan" de Jane AUSTEN

Lady SusanLady Susan de Jane Austen (lu sur mon kindle)

Ecrit en 1794 mais publié pour la première fois en 1871

Nombre de pages : 100%

C'est un peu la grosse blague du mois anglais là.. car à l'heure ou je vous écris, et bien avant la date de publication du présent billet (telle une Jane Austen, quoi), je suis certaine d'être la première à avoir bouclé cette lecture commune ! Et pourtant, Jane Austen et moi, ce n'est pas le grand amour... Il y a d'ailleurs eu crêpage de chignons lorsque l'on s'est mises d'accord sur une lecture commune de Jane Austen avec mes copines organisatrices!

Mais bon, le kindle ouvre bien des possibilités auxquelles je ne me serais jamais tentée avant son arrivée dans ma vie... et j'ai décidé de jouer le jeu et de lire Lady Susan, sur les conseils par mes copines Austiennes.

Lady Susan est veuve depuis quelques mois mais c'est une chaudasse (si vous me permettez) et elle ne se gène pas pour séduire le mari de ses "amies" (enfin amies selon le concept susanien), les prétendants de sa fille, de sa nièce... Enfin, elle aime briller c'est son seule but dans la vie, avec celui aussi de manipuler et d'embrouiller son monde... et pourquoi pas de pourrir la vie de son entourage par la même occasion, en particulier celle de sa fille. Elle est importuniste, elle aime s'imposer chez ses relations (d'autres ont réagi au spécimen, et imposent leur droit de veto.)

Lady Susan est un personnage plein d'humour, malgré elle... disons que j'ai découvert avec ce court roman que Jane Austen avait un sacré humour. Les répliques de Lady Susan sont toujours très cinglantes, grinçantes et efficaces. Avec sa copine Mrs Johnson, elle s'occupent à ragoter sur tout le monde et à mettre au point des plans plus que douteux en ce qui concerne la vie sentimentale de Lady Susan.

Ah j'allais oublier! C'est un roman épistolaire. Ce procédé donne ici une impression de ping pong entre les personnages, et heureusement que les emails n'existaient pas à cette période et que les courriers mettaient quelques jours à arriver, car je pense que le roman aurait fait trois fois son nombre de pages actuel (je n'ai aucune idée du nombre de pages de ce livre, mon kindle s'entêtait à me parler de pourcentage. C'est déroutant.)

C'est un court roman très réussi, j'ai adoré (j'en connais qui sont en train de savourer cette phrase). Je ne sais pas si je suis prête à tenter autre chose de l'auteur car on m'a prévenue que ce roman était à part.... mais je suis vraiment contente de l'avoir lu!

Juste une petite citation pour la route (j'ai du mal à choisir tellement il y en a de succulentes) : "My dear Alicia (c'est sa pote de toujours, sa confidente, sa copine de bitchage), of what a mistake were you guilty in marrying a man of his age! just old enough to be formal, ungovernable, and to have the gout; too old to be agreeable, too young to die."

Victoria Classique_final_3

 

 

Posté par Cryssilda à 08:00 - - Commentaires [15] - Rétroliens [0]
Tags :
08 janvier 2012

"The Frozen Deep" de Wilkie COLLINS

books_frozend_cw75The Frozen Deep de Wilkie Collins (1856)

(Profondeurs glacées)

A Portsmouth, deux bateaux, le Wanderer et le Sea-Mew, sont sur le point quiter le port pour une expédition en Arctique. A son bord, embarqueront Mr Crayford et Francis Aldersley laissant derrière eux Mrs Crayford et la jeune Clara. Une réception est donnée en l'honneur des matelots la veille de leur départ. Wardour revient lui d'Afrique et se rend directement à la rencontre de Clara qu'il a imaginé sa fiancée pendant ses longues années à l'étranger... Elle l'éconduit... Il s'embarque alors pour l'expédition, la rage au ventre, et se retrouve à côtoyer le futur mari de Clara...

Ce roman est librement inspiré de l'expédition en Arctique de 1845 de John Franklin, avec l'échec que nous savons... Ici une intrigue et des rivalités amoureuses sont ajoutées à la déroute des marins. Le roman alterne entre de longs passages sur le bateau puis son naufrage et la tentative de survie de l'équipage avec la vie et l'inquiétude de Mrs Crayford et Clara restées à terre et sans aucune nouvelles de l'expédition. 

Clara a le dont de "Second-sight" (seconde vue?), c'est à dire qu'elle peut voir ce qui se passe ailleurs sans y être au cours de séances de transe. Elle frémit à la penser de savoir Francis et Wardour en train de cohabiter.

Ce roman a tout d'abord et écrit sous forme de pièce de théâtre (sous la grosse influence de Charles Dickens) et cela se ressent énormément de part la forme du texte : Il est divisé en cinq scènes, avec des indications très précises du décor dans lequel se déroule le drame.

J'avais déjà lu ce roman il y a quelques années en français et j'avais moyennement accroché. Cette fois, j'ai téléchargé la version anglaise sur mon kindle et j'ai été totalement hapée par l'histoire. Je ne sais pas si c'est la version anglaise qui m'a fait cet effet ou bien parce que je ne l'avais pas lu au bon moment la première fois.

J'ai beaucoup aimé toutes les scènes qui se passent au bord du bateau et dans l'Arctique. Les parties qui concernent Clara m'avaient semblées plus longues à ma première lecture, mais non, elles sont très courtes et du coup pas ennuyeuses (ce qui aurait pu l'être avec deux femmes dont la seule occupation est de se ronger les sangs). L'histoire est de plus en plus sombre au fur et à mesure que l'on avance dans l'expédition et le naufrage. L'environnement est hostile et malgré la blancheur environnante, tout nous semble lugubre.

Au milieu de cette atmosphère lourde et tendue, un personnage, Mr John Want (le cuisinier du bateau) joue le rôle du bouffon propre au théâtre, avec ses répliques cyniques et son humour acéré et va donner un petit souffle de légèreté par-ci par-là au milieu du texte.

Un roman que j'ai pris grand plaisir à relire ! Et que j'ai relu en l'honneur de Wilkie Collins qui fête aujourd'hui ses 188 ans ! Happy Birthday Wilkie !

Livre lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou, Titine et moi-même, en l'honneur de l'anniversaire de Wilkie Collins avec Titine et Lou et pour le Challenge Un classique par mois de Cess.

God save the tea Classique-final-4

Posté par Cryssilda à 21:22 - - Commentaires [10] - Rétroliens [0]
Tags : ,
05 janvier 2012

La Citation du Jeudi (7)

Parce que Chiffonnette et Wilkie le valent bien, voici la Citation du Jeudi !

Jeudi_citation

"Les descriptions éloquentes et les aperçus saisissants sont précisément dans un livre les parties que les gens ne lisent jamais. Quoi que nous fassions, gardons-nous bien, si possible, d'écrire une seule phrase qui se puisse commodément éviter."

Quand la nuit tombe de Wilkie Collins

Ou comment l'hôpital se fout de la charité, n'est-ce pas ?

Posté par Cryssilda à 20:31 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
04 janvier 2012

"Rebecca" de Daphné du MAURIER

rebecca11Rebecca de Daphné du Maurier

Éditions Avon Books, 1938, 380 pages

Après avoir été totalement convaincue par La Maison sur le Rivage il y a quelques années, j'avais rapidement ajouté Rebecca dans ma bibliothèque pour de futures vacances de Noël (car sachez qu'un roman de Daphné du Maurier, ça se combine parfaitement avec des vacances en hiver) (même si je viens de remarquer que je n'ai pas du tout lu mon premier Daphné du Maurier à cette période, mais je me souviens qu'il ne faisait pas beau du tout, plein de pluie et tout). Bref autant le dire, ce livre traînait dans ma pal depuis fin 2008...

Mais heureusement : Le mois anglais est là !

Tout d'abord, je dois dire que je ne m'attendais pas à un tel livre, comme Lou je crois, je pensais que c'était une histoire de fantôme dans une vieille maison anglaise... mais d'où nous est donc venuE cette idée?

La vie de château rêvée par la nouvelle Mrs de Winter va rapidement tourner au cauchemar lorsqu'elle se rend compte que la présence de Rebecca, la première femme de Maxim, est partout, à travers les meubles, le personnel, le regard des gens etc...

La jeune femme va devoir se confronter à l'idée d'être la deuxième, de passer après une première épouse morte. Sa jeunesse et sa naïveté vont la faire douter de tout, d'elle-même (d'autant plus qu'elle n'est pas de la même classe sociale que son mari), des domestiques, de son entourage et même de Maxim.

Ce texte est très dérangeant... en effet l'histoire est racontée à la première personne, par la jeune femme. Ce roman est un constant stream of consciousness dans lequel le personnage nous fait part de ses doutes, ressasse en permanence ce qui l'obsède, ses crises de paranoïa etc... C'est un roman qui nous plonge dans l'intimité d'un couple, un couple à trois personnes dont l'un des membres est mort.

Comme la nouvelle Mrs de Winter (savons-nous même son prénom?), nous sentons l'extrème tension dans la demeure, sa solitude, sa maladresse, son incompréhension de tous et de la part de tous. Du fait de la structure même du texte, j'ai trouvé que c'était un peu répétitif. Elle ressase souvent ses craintes, forcément ça tourne en boucle dans sa tête.

La deuxième partie du roman change soudain de rythme et je l'ai trouvée excellente. On est pratiquement en train de lire un polar à présent. Tout s'enchaine et, comme les personnages, on retient notre souffle et on perd le sommeil (si jamais on lit ce roman tard le soir, on ne peut pas le fermer).

J'ai beaucoup aimé le personnage de Maxim, intègre jusqu'au bout malgré ce qu'il traverse (mais je ne peux pas vous dire ce que c'est pour ne pas vous gâcher votre lecture).

Aussi, j'ai beaucoup aimé ce roman, c'est un très bon texte et je ne regrette absolument pas de l'avoir lu en anglais (dire que j'avais pris la version française à la bibliothèque au départ pour aller plus vite) car la langue ajoute vraiment un cachet au livre, du bel anglais, bien poli et fluide.

Ce livre est connu comme le livre de référence de Daphné du Maurier, j'y ai bizarrement préféré La maison sur le rivage, peut-être parce que ce fut mon premier roman de Daphné du Maurier, mais Rebecca, malgré sa qualité, n'a pas réussi à me déconnecter du monde pendant quelques jours.

Livre lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou, Titine et moi-même, en lecture d'un auteur commun avec Titine et Lou et pour le Challenge Un classique par mois de Cess.

PAL-18

God save the tea Classique-final-4

Posté par Cryssilda à 21:15 - - Commentaires [19] - Rétroliens [0]
Tags :
03 janvier 2012

Top Ten Tuesday - Top Ten des livres à lire en 2012

Et voici mon premier Top Ten Tuesday, après avoir résisté des mois auprès des copines ! Mais bon, je m'ennuie au bureau, donc c'est aussi bien de faire ça qu'autre chose (genre travailler). Et puis ce thème m'inspire !

top_ten

Toujours sur une idée orginale de The broke and the bookish .

Alors le Top Ten de mes livres de PAL (ben oui) à lire en 2012 :

Drood de Dan Simmons: Parce que je l'ai acheté à sa sortie en anglais en format intransportable (alors qu'il existe maintenant en poche... passons...) et qu'une copine m'a dit que je ne devais pas le lire avant d'avoir lu Le mystère d'Edwin Drood de Dickens... et que j'ai traîné pour le lire... mais maintenant que c'est fait, je m'y mets bientôt ! Pour mon Wilkie, et aussi un peu parce que c'est l'année Charlie... et aussi pour avoir le plaisir d'envoyer une lettre à Dan Simmons pour me plaindre de toutes les bêtises qu'il ose dire sur Wilkie.

The Lewis Man de Peter May : Parce qu'il n'est pas du tout dans ma pal (!), qu'il n'est même pas encore sorti... mais parce que le premier volume de cette trilogie, The Black House (que je n'ai pas encore chroniqué), m'a transporté pendant les vacances de Noël et que je ne peux absolument pas attendre plus longtemps que sa sortie pour le lire.

Un livre (roman ou théâtre) en gaélique, parce qu'il est temps que je m'y mette, parce que c'est un véritable challenge et parce que je veux pouvoir frimer sur ce blog.

Don Quichote de Cervantes : Je veux le lire depuis des années, et je suis censée embarquer des copines blogueuses dans cette lecture... nous verrons, peut-être plus en deuxième partie d'année.

Anna Karénine de Léon Tolstoï : Oui c'est un peu de la triche car c'est déjà en cours et que ça doit être terminé pour le 31 janvier, il n'est d'ailleurs pas trop tard pour vous joindre à notre lecture commune !

Une journée d'Ivan Denissovitch d'Alexandre Soljenitsyne : Juste parce que ça m'intéresse, que j'ai beaucoup entendu parler de goulag dans un musée en Hongrie, et qu'il faut lire ce genre de livre pour mieux apprécier le monde autour de nous.

Voyage au bout de la nuitde Louis Ferdinand Céline : C'est en cours aussi, pour une pseudo lecture commune avec une copine... J'ai commencé, j'aime beaucoup, j'ai mis de côté, je ne sais pas pourquoi. Je dois donc le terminer cette année.

Une vie irlandaise de Conchur O'Giollagain : Parce que je ne peux pas passer à côté de ce livre si je veux un peu de légitimité dans mon apprentissage du gaélique (mais ce ne sera pas celui-ci mon livre en gaélique, j'en serais bien incapable!)

(encore deux... c'est que je ne suis pas devant ma PAL, c'est difficile)

Ah oui, lire au moins une aventure de Sherlock Holmes parce que je n'en ai encore jamais lu, et j'ai honte.

Lire un classique français, n'importe lequel (en dehors de Voyage au bout de la nuit) parce que je n'en lis pas assez.

Ouf, ce fut un exercice compliqué ! Pas certaine de recommencer le TTT avant l'année prochaine donc !

Posté par Cryssilda à 11:14 - - Commentaires [12] - Rétroliens [0]