Voyager... Lire...

26 août 2016

Zorba le Grec (film)

Zorba le grec

Zorba le Grec

Film de Michael Cacoyannis, 1964, 2h04

Avec Anthony Quinn, Alan Bates, Irene Papas...

Certains se souviennent peut-être comme j'avais adoré Alexis Zorba lors de ma lecture il y a quelques années. Depuis, je voulais voir le film... ce que j'ai enfin pu faire cet été car il traînait dans les caisses de DVD de mon oncle.

Je me mets en condition, il fait bien chaud, une journée parfait pour baisser les volets et s'envoler vers la Grèce en compagnie de Zorba, ce grand philosophe de mon coeur.

L'histoire...

Sous un malentendu, Zorba embarque pour la Crète avec son "patron", un jeune anglo-grec qui revient s'installer sur les terres de son père pour reprendre l'exploitation d'une mine. A leur arrivée, ils sont accueillis en grande pompe dans le petit village, tout le monde veut sa part du gâteau qui peut apporter le jeune patron. Il ne se passe pas grand chose dans ce village, il y a quelques veuves qu'on surveille bien minutieusement, on picole dans le café, et voilà, c'est tout.

Zorba, lui, adore les veuves, c'est sa grande passion dans la vie... alors il va fricoter avec leur première logeuse, Bouboulina.

C'est un film pour lequel Anthony Quinn a reçu un oscar pour sa prestation de Zorba... Ok... il essaie de son mieux d'incarner le personnage, sa folie, sa bonne humeur etc... mais il manque quelque chose, cette folie des mots qui le rend pétillant dans le roman et qui a bien du mal à être retranscrite dans le film. Finalement, il ne se passe pas grand chose non plus dans le roman mais Alexis Zorba est savoureux. Ses sorties sont... étonnantes, choquantes parfois, même tellement amusantes et... philosophiques même parfois !

Force est de constater que je me suis sacrément ennuyée devant ce film... je l'ai regardé jusqu'au bout mais plus que d'un oeil à partir de la moitié.... Fichtre, qu'il n'est pas sage d'adapter les livres parfois ! Du coup, ça m'a donné envie de relire le roman, ce chef-d'oeuvre.

Ah j'allais oublier, il y a un passage qui m'a fait mourir de rire, celui de la traversée en bateau sous la tempête, avec les personnages qui miment les mouvements du bateau, c'en est limite une chorégraphie et c'est vraiment marrant !

Bref, sinon, lisez le livre.

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24 août 2016

"L'île au trésor" de Robert Louis STEVENSON

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L'île au trésor de Robert Louis Stevenson

Kindle Éditions, 1883, 262 pages

Jim Hawkins vit avec ses parents dans l'auberge qu'ils tiennent quelque part sur la côte anglaise. Un beau jour, un pirate colérique, mystérieux et alcoolique s'y installe. Il s'appele Billy Bones. Il terrifie toute la maison, en particulier le jeune Jim partagé entre sa curiosité et sa peur. Billy Bones lui confie une mission, celle de guetter tout signe d'un pirate à la jambe de bois, la seule personne qu'il semble craindre au monde. Lorsqu'une horde de pirates débarque à la porte de l'auberge, c'est la panique à bord, ils veulent voir Billy Bones, veulent lui soutirer quelque chose... ils lui laissent un sursis, mais la tâche noire lui rappelle que sa vie ne tient plus qu'à peu de chose... surtout que le vieux bougre abuse du rhum depuis bien trop longtemps et que sa vie s'en trouve bancale depuis quelques jours. Le vieux Billy meurt et Jim s'enfuie avec le contenu du coffre que Billy surveillait jour et nuit. La maison est mis à sac par les pirates et Jim se fait aider du Docteur Levesey et Sir Trelawney. Le vieux coffre renfermait une vieille carte, celle de l'île au trésor ! Les deux hommes en mal d'aventures décident alors d'affrêter un navire, l'Hispaniola, de rassembler un équipage, de prendre Jim sous le bras et de partir à la rechercher de l'illustre trésor. Malheureusement pour eux, le personnel du bateau n'est constitué que de vieux pirates... dont Long John Silver, le fameux, à la jambe de bois... A l'approche de l'île, l'ambiance tourne à la mutinerie...

S'il y a avait UN livre qui me faisait peur, le voici ! Des pirates en veux-tu en voilà, des bateaux, des mutineries.... exactement TOUT ce qui me pousse à reposer un livre si d'aventure il se retrouve dans mes mains. Mais voilà, j'aime les défis et, malgré ce que j'en ai dit pendant des années, j'aime Stevenson... et je survis même à ses histoires de bateaux et de pirates (mais il faut quand même que je les lise en français, sinon il continue de me perdre.)

Je me suis alors bien prise au jeu de ce roman et le suspense était intacte car je n'avais même jamais osé regarder un film de l'île au trésor !  Donc voici que je rencontre l'illustre Long John Silver, celui là même que je rencontre dans beaucoup de romans écossais, ne serait-ce que par une allusion. J'avoue que l'idée de le lire vient de Björn Larsson dont j'adore les romans et qui en a écrit un sur Long John Silver, du coup, je n'avais pas trop le choix que de passer par la case Stevenson avant.

J'ai beaucoup aimé lire ce roman, Jim le sale gamin intrépide, Long John cynique, faux, rusé comme un renard. Le Docteur Levesey et Sir Trelawney un peu nunuche, il faut bien le dire... Un cocktail qu'il fait bon mettre ensemble lors d'un voyage de roman d'aventure. J'ai "un peu" survolé les scènes de boucherie et de mutinerie par contre car outre les pirates, je n'aime pas les bagarres ou autres guerres dans les romans. Mais, globalement, cela s'est très bien passé pour moi, la traversée, les pirates, tout ça.

Par contre, j'aime les îles désertes et les conditions un peu extrême, alors j'ai été ravie de faire la connaissance de Ben Gunn, vieux pirate abandonné ici à son triste sort par Billy Bones, vieux sauvage fou, mais pas tant que ça !

Je pensais par contre que la chasse au trésor elle-même était le coeur du livre et j'ai été un peu surprise de son peu de place dans le roman finalement... Tout n'est en fait qu'histoires de trahisons, de traversée, de rhum et de vieilles chansons de pirates !

A la fin de mon édition, Robbie (oui, ça y est, je lui donne son petit nom) nous raconte un peu sa vie et la genèse de ce roman. Il avait beaucoup écrit auparavant, mais des textes que personne ne lisait comme il nous le raconte. Il avait bien envie de tenter d'écrire un roman (pour avoir des lecteurs!) mais il hésitait, c'était quand même du travail et il ne s'en sentait pas le courage. Et puis, un jour, il passait d'un temps avec un enfant et il s'est mis à dessiner avec lui... une île au trésor ! Et voici comme l'idée du livre à commencer à germer dans sa tête. Il nous raconte ensuite, très humblement, comment il a organisé son travail, pour arriver à ses fins.

J'ai survécu, vaillamment comme une intrépide pirate ! Je crois que maintenant je vais pouvoir continuer à écumer les autres livres de Stevenson pépère.

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22 août 2016

"Capitaine frites" de Arnaud LE GUILCHER

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Capitaine frites de Arnaud Le Guilcher

Illustrations de Charles Berberian

Éditions Robert Laffont, 18 août 2016, 326 pages

Pour échapper à sa future ex-femme psychopathe, Arthur décide de quitter Paris pour le Khongia, pays imaginaire du fin fond de l'Afrique. Il est missionné par Motal, la puissante compagnie pétrolière française, pour recoller les morceaux avec le gouvernement local. C'est l'usage à chaque nouvelle catastrophe provoquée par l'entreprise, on tente d'étouffer les dégâts en proposant une compensation (folle) qui profitera au pays et à ses habitants. Arthur est là pour implanter un gros poisson amazonien au Khongia, le pirarucu. Pendant six mois, Arthur n'a pas fait grand chose à part glander, picoler le soir jusqu'à plus soif, dragouiller sa copine fée-Morgane avec laquelle il a bien du mal à conclure. Alors, c'est un peu le gros stress quand un matin, il apprend qu'il doit rencontrer le président de Khongia dans sa tour Babybel. A partir de là, tout commence à rouler plutôt bien pour Arthur jusqu'au jour où sa future ex-femme décide de débarquer pour lui pourrir la vie... déclenchant limite une guerre civile dans le pays ! Un roman burlesque de folie sur rythmes de djembé et de Michel Sardou (voir les deux en même temps!)

Je n'avais jamais lu de romans d'Arnaud le Guilcher auparavant mais lors de la présentation de la rentrée littéraire par Robert Laffont en juin dernier, s'il y a un roman qui m'a tapé dans l'oeil, c'est bien celui-ci ! La folle vidéo qui nous avait été diffusée de l'auteur en train de nous présenter son livre n'y est pas étrangère !

Tous les puristes de la littérature devraient  se tenir loin de ce roman... car ici tout n'est que situations incongrues (voire hallucinantes), jeux mots (parfois douteux mais bien souvent très subtiles!) et folie ambiante! D'un style très oral, Arnaud le Guilcher nous offre un roman frais et amusant, très étonnant aussi quand on découvre ! Arthur, c'est un peu le Pierre Richard de la biologie, on se demande, et lui aussi, ce qu'il a bien pu faire dans une autre vie pour mériter ça ! Il les enchaîne, le pauvre... parfois c'est de sa faute (ou de la faute des expériences alcooliques qu'il tente), mais parfois, le sort s'acharne vraiment ! Il faut dire qu'il n'est pas aidé par son ex, elle en tient une couche celle-ci en ce qui concerne la rancune, l'amerture et la frappa-dingue-attitude.

Les autres personnages sont également hauts en couleur, tous ou presque dotés de prénoms improbables en fonction des desiderata du gouvernement en place. Et puis, la folie du lieu implique la folie du livre, un pays où tout n'est que survie, débrouille, bricolage... Outre es autochtones bien allumés, il y a aussi Roani (!), le représentant amazonien du projet, des rastas blancs qui jouent du djembé (aérien parfois!), un roi du commerce muti-fonctions...

Enfin, j'ai pour ma part vu dans ce roman une critique du monde toujours plus absurde du monde dans lequel on vit. Pour avoir longtemps travaillé avec des pays Africains, j'y ai pu reconnaître l'organisation (ou la non organisation) ambiante, la bidouille, la corruption.... le truc qui te débecte dans la vraie vie mais qui te fait bien rire dans un livre.

Bef, j'ai ri, j'ai beaucoup ri dans ce tourbillon de folie. C'est un roman à l'imagination débordante, plein de jeux de mots bien trouvés (les titres des chapitres sont juste excellents!), de détournements de nos références culturelles. J'ai passé un excellent moment avec Arthur !

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18 août 2016

"J'ai longtemps eu peur de la nuit" de Yasmine GHATA

j'ai longtemps eu peur de la nuit

J'ai longtemps eu peur de la nuit de Yasmine Ghata

Éditions Robert Laffont, 18 août 2016, 156 pages

Suzanne, femme d'une quarantaine d'années, anime des ateliers d'écriture. Elle rencontre une classe de troisième d'un lycée parisien à laquelle elle propose l'activité suivante : Choisir un objet de famille et le ramener au lycée, les élèves devront ensuite, au cours des séances, écrire ou imaginer l'histoire de cet objet. Au fond, une jeune garçon à la peau noir semble tétanisé, il s'appelle Arsène. Le seul objet qui lui appartient et qui lui vient de sa famille est une vieille valise en cuir, celle qui l'a sauvé de la mort au Rwanda, sa meilleure amie, l'incarnation de son exile. Suzanne va, avec beaucoup de patience, apprivoiser le jeune garçon et il a, à elle seule et pour la première fois, confié son histoire, celle qu'il n'est pas capable d'écrire.

Arsène avait huit ans quand sa grand-mère lui a ordonné de partir, de fuir à toutes jambes son village, de laisser sa famille derrière lui pour échapper à la mort. Elle lui a remis la valise familiale, remplie à la hâte de quelques vêtements, de quelques gâteaux secs et d'une gourde d'eau.

"Cette valise ne fut jamais utilisée [...] Elle ne servait à rien, mais présentait l'avantage de rendre tout départ possible" (p.27)

La suite, c'est la fuite du jeune garçon, à travers les champs et la forêt, effrayé, affamé, et seul, si seul. Sa valise va tenir le rôle d'une mère protectrice. Il se glissait dedans pour dormir la nuit et pour se protéger de la faune alentour, prête à le grignoter comme dans ses pires cauchemars... des milices hutu.

Suzanne, elle aussi garde de vieux fantômes cachés au fond d'elle, qui ressurgissent d'un coup en enseignant, justement, dans la cité scolaire qu'elle fréquentait dans son enfance. Son père est mort dans un appartement tout près alors qu'elle était toute jeune. Elle n'en a toujours pas fait son deuil.

Les deux histoires alternent et communiquent entre elle dans ce texte. Même si l'enfance de Suzanne n'a rien à voir avec celle d'Arsène, la perte de ce père lui permet de comprendre le jeune garçon et de gagner, petit à petit, sa confiance.

C'est un très joli roman, tout en poésie, très émouvant. L'histoire d'Arsène nous prend au tripes, elle m'a personnellement fait verser quelques larmes. Malgré les évènements tragiques relatés, c'est une histoire sobre, douce et chaleureuse, pleine de respect pour ce Rwanda meurtri. C'est un livre très fort et je découvre, grâce à cette nouvelle rentrée littéraire, la très belle plume de Yasmine Ghata.

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16 août 2016

"(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire" de Stéphanie PELERIN

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(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire de Stéphanie Pélerin

Éditions Mazarine, 2016, 200 pages

Un beau matin, Ivana se fait larguer par son mec avec lequel elle vit depuis huit ans. Même si ce n'était plus l'amour passion comme au premier jour, Ivana ne s'y attendait pas et c'est un sacré coup de massue qu'elle se prend sur la tête. Alors, c'est la panique ! D'autant plus que les vacances scolaires arrivent pour cette prof de lettres et qu'elle ne supporte pas sa solitude. Alors, maladroite, elle va enchaîner les plans d'un soir (ou d'une visite de l'agent immobilier...) c'est tellement facile de trouver un homme sur les sites de rencontres de nos jours ! Mais Ivana va rapidement se rendre compte que oui, c'est facile de trouver ce genre d'hommes, mais, de toutes évidences, aucun d'entre eux sera le nouvel homme de sa vie... Même pas Jonathan qui était pourtant mimi tout plein. Heureusement, elle a les copines, les soirées cocktails, les mojitos, weight watchers et les sport qui l'aideront à reprendre confiance en elle et à ne pas tomber plus bas que terre.

Rien ne me destinait à lire ce livre... sauf que je croise Stéphanie Pélerin depuis des années grâce aux blogs et que j'ai même déjà bu des cocktails avec elle... alors bon, vu que je suis tombée sur son livre, je me suis dit pourquoi pas !

On reconnaît ici la maîtrise de la langue de Stéphanie (elle n'est pas prof de français pour rien)  mais j'avoue n'avoir pas trop adhéré à l'histoire, même si j'ai lu ce livre très vite. En même temps, je crois que l'auteur s'y serait attendu ! Mon problème, c'est que je sentais trop l'auteur derrière le livre... je me doutais qu'il y aurait des cocktails, de la zumba etc... Je ne peux pas lui reprocher bien sûr, mais j'ai eu beaucoup de mal à me détacher suffisamment pour voir ce livre comme juste un roman... comme si je ne découvrais pas vraiment l'histoire...

C'est un roman léger et plein d'humour, de bon ton pour l'été et qui ravira, je n'en doute pas, les adeptes du genre !

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13 août 2016

"Les Adeptes" de Ingar JOHNSRUD

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Les Adeptes des Ingar Johnsrud

Traduit du norvégien par Hélène Hervieu

Éditions Robert Laffont / La bête noire, 2016, 560 pages

Le commissaire Fredrik Beier n'est pas loin d'être mis au placard, on le trouve un peu fragile en ce moment, surtout depuis qu'il a perdu son petit garçon dans un accident domestique tragique et qu'il a divorcé. On le met alors sur une banale affaire de disparition, celle de Annette Wetre, fille d'une responsable politique, de toute évidence enrôlée dans la secte Sorla "La Lumière de Dieu" avec son petit garçon de cinq an. Mais, une tuerie a lieu dans le domaine de la secte, cinq hommes sont sauvagement assassinés dont l'un des trois pasteurs de la secte. Le reste de la communauté a disparu, évaporée, et la fille d'Annette reste introuvable. Fredrik se retrouve, de fait, en enquêter sur la secte et sur ces meurtres. Kafa (dans ma tête, je lisais imanquablement Kafka.. faut pas chercher), jeune pakistanaise des services secrets suédois, lui est imposée pour mener cette affaire à bien. C'est que le dossier prend rapidement une tournure plus inquiétante, et si le massacre avait un rapport avec des terroristes islamistes ?

Soyons honnête, les premières pages de ce roman m'ont fait TRES PEUR : Une mosquée, un assassinat, puis une tuerie en Norvège... Je REFUSE totalement que "le roman sur le terrorisme islamiste" soit le nouveau courant littéraire en vogue suite aux évènements du moment. J'avoue que la rentrée littéraire de cette année me fait un peu peur à cause de ça... traumatisme de ma date de naissance malheureusement liée au carnage... Bref, lire sur des terroristes, sur notre quotidien déprimant, je veux pas.

Mais bon, j'avais ouvert ce livre, autant lui donner une chance et comme je fus inspirée de continuer ma lecture ! Ce polar est d'une efficacité indéniable ! On avance à toute allure, et on avale bien rapidement les 560 pages du livres ! (hum... j'ai lu ce livre en à peine trois jours...) C'est un roman intelligent et d'une construction remarquable. On suit l'enquête de nos jours et celle-ci nous mène au coeur de la guerre 39/45 parmi les savants fous responsables de nombreuses atrocités nazies. On passe de l'enquête tranquille pépère des hauts dirigeants de la police qui ne semble pas trop passionnés ni inquiétés par ce qui se passe, à des scènes de polar et de suspens purs et durs quand Fredrick et Kafa, eux, veulent percer le mystère. Nous assistons alors à des scènes d'une rare violence, c'est qu'ils traquent un tueur sanguinaire (et zarbi) qui n'hésite pas à frapper, et à frapper fort ! Puis hop, on plonge dans la folie nazie, puis dans le fanatisme sectaire. L'auteur aurait pu s'y perdre, vraiment... un si long roman, ce n'est pas facile de ne pas s'embourber au bout d'un moment... mais voilà, tout est méticuleusement réfléchi et ça marche parfaitement ! Et dire que c'est un premier roman !

De plus, l'auteur a su éviter tous les piège faciles dans lesquels l'intrigue aurait pu le mener, l'islamisme et les préjugés, j'ai eu peur de revivre la tuerie de de l'île Utoya en Norvège (ça se profilait et j'aurais pas aimé!) mais non ! Je croyais aussi qu'on allait d'engoufrer dans une histoire de police infiltrée par les méchants tous désignés, mais non ! Bref, c'est futé !

Et c'est très violent aussi... avant je me rendais pas bien compte quand je lisais des histoires de tueries ou d'attentats mais maintenant je ressens une peur bien plus palpable, plus dans mon réel... Le passage qui se passe à l'opéra (vous verrez si vous lisez ce livre!) fut par conséquent riche en émotions de ma part...

Enfin, j'ai adoré cette ambiance norvégienne ! J'ai passé mon temps à fouiner sur google pour avoir une idée des endroits où se passait l'intrigue.... et de fil en aiguille, j'ai regardé une tonne de photos qui n'avaient plus rien à voir et... je veux y aller ! (oui, c'est bien étonnant, me direz-vous!)

Il y a néanmoins quelques petites maladresses que l'on pardonne et que l'on oublie parmi la richesses du livre : les gens pissent trop souvent dans leur slip quand ils ont peur (mdr), et les mecs ont trop souvent un regard grivois devant les femmes ! Je m'y suis également un peu perdue dans la multitude des personnages...

Bref, un très bon roman, j'ai aimé !

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10 août 2016

"Le lagon noir" de Arnaldur INDRIDASON

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Le lagon noir de Arnaldur Indridason

Traduit de l'islandais par Eric Boury

Éditions Métailié Noir, 2016, 319 pages

Un homme est retrouvé dans un lagon isolé dans une banlieue de Rekjavik.  Il s'agit de toute évidence d'un meurtre, le corps est meurtri et ne présente aucune trace de défense. Erlendur, alors tout jeune inspecteur dans la criminelle doit enquêter sur cet homicide accompagné de sa "tutrice" Marion. On est en 1979. Elrendur est, on le sait, également très tourmenté par les disparitions (inexpliquées). En parallèle, il se décide enfin de reprendre l'enquête sur une affaire classée qui le hante depuis des années : La disparition de la jeune Dagbjört qui s'est volatilisée un beau matin sur le chemin de l'école, sans laisser de trace ni aucune piste pour la retrouver morte ou vive. Les deux dossiers le mèneront vers la base militaire américaine de Keflavik dans laquelle il est décidément difficile d'enquêter librement.

Qu'il est agréable de retrouver Erlendur à chaque fois dans un nouveau roman ! Et comme à mon habitude, j'ai tardé à le lire, comme pour attendre le moment idéal.  C'est une nouvelle fois une plongée dans la société islandaise dans laquelle Arnaldur nous entraîne. Ici, le livre est largement centré sur la présence américaine en Islande et les problèmes éthiques que cela pose à Erlendur tout comme aux citoyens islandais au sens plus large. La base est en effet présentée comme un no man's land, du moins un territoire sur lequel les islandais n'ont pas leur mot à dire, ni aucune loi à appliquer. Les tensions sont alors vives entre les soldats américains et la police islandaise.

Ce roman nous présentera des personnages atypiques... la jeune Caroline, belle américaine, membre de l'armée américaine, qui aidera notre équipe islandaise malgré les dangers; Joan, femme excentrique et battue... ou encore les deux victimes de ce roman, Kristvin et la jeune Dagbjört qui ne demandaient rien à personne et qui voulaient juste continuer leur petite vie tranquille.

Ce roman est également pour nous l'occasion de connaître plus encore Erlendur et Marion, une façon pour l'auteur de creuser leur personnalité et leur fantômes. Marion bien perturbée par son amour perdu que l'on avait découvert dans le tome précédent, et Erlendur ne peut et ne pourra jamais se pardonner la disparition de son frère alors qu'il n'était qu'un enfant.

Alors oui, Arnaldur Indridason nous habitue à ses histoires un peu lentes, avec le narrateur qui se répète un peu mais ça reste pour moi une bulle littéraire de douceur dans laquelle j'adore me plonger tous les ans. L'intrigue est bonne et l'enquête est menée avec humanité, comme Erlendur nous y a accoutumés.

Vivement l'opus suivant ! Moi, j'aimerais bien retrouver le vieil Erlendur un peu bourru la fois prochaine...

challenge nordique scandinavie

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06 août 2016

"Les ferrailleurs, Tome 1 : Le Château" de Edward CAREY

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Les ferrailleurs, Tome 1 : Le Château de Edward Carey

Traduit de l'anglais par Alice Seelow

Éditions Le livre de Poche, 2013, 471 pages

Clod vit dans le château familial dans les environs de Londres. C'est un château biscornu, qui part dans tous les sens, avec des pièces bien peu accueillantes : le grenier aux chauves-souris, la salle au canapé... Le château appartient à l'illustre famille des Ferrayor, riche propriétaire des décharges de Londres. Dans le château vivent les Ferrayor de pur sang, dans les sous-sols triment une flopée de Ferrayor inférieurs, ceux qui sont récupérés à Londres, ceux qui ne sont pas de pure race. Quoiqu'il en soit, c'est un grand honneur de vivre dans le château d'en-haut comme dans celui d'en-bas. Lucy vient d'arriver, arrachée de bon gré de son orphelinat. En arrivant, on lui demande de tout laisser derrière elle, jusqu'à son identité... elle devra dorénavant répondre au nom de Ferrayor, comme tous les autres. Mais, Lucy, contrairement à leurs nouveaux recrutés ordinaires, est dotée d'un caractère bien trempé et elle ne compte pas écouter tout ce qu'on lui dit, elle songe, en particulier, à fouiner dans le château du haut, curieuse qu'elle est !

Chaque habitant du château est lié à un objet, un objet de naissance... Ceux du haut les ont depuis la naissance, ceux du bas découvrent le leur en arrivant. Celui de Clod est une bonde et celui de Lucy une petite boite d'allumettes suédoises. C'est bizarre, mais passons, pourquoi pas... Tout se corse pour nous comme pour les personnages quand les objets de naissance se mettent à crier leur nom et à vouloir semer la pagaille !

Tout cela se déroule dans une atmosphère sale, poisseuse, noire, polluée. Les personnages sont pâles et maladifs... et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne respirent pas la joie de vivre ! (dans tous les sens du terme!) D'autant plus que, tout autour du château, une mer de détritus les menace bien trop souvent de tout inonder !

Voici une histoire bien étrange dans laquelle je me suis lancée, et tellement éloignée de mes lectures habituelles ! Mais, j'avais besoin d'un peu de nouveauté, de fantaisie, alors je me suis décidée à acheter ce livre en voyant la couverture qui m'a tout de suite fait penser à Tim Burton. Le roman est d'ailleurs illustré, nous pouvons alors mettre un visage (inquiétant) sur chaque personnage.

Je me suis trouvée un peu décontenancée dès les premières pages, dans ce monde totalement hallucinant ! Mais j'ai tout de suite accroché et j'ai plongé dans l'histoire d'entrée. C'est intriguant, dérangeant, amusant aussi.  Et glauque, qu'est-ce que c'est glauque ! La poisse, le goudron, la saleté, la maladie colle à ces pages. On sent tout de suite que ça ne peut pas bien tourner cette histoire, comment une telle communauté peut survivre dans une atmosphère à ce point apocalyptique ?

On ne peut pas s'empêcher de réfléchir à la portée d'un tel roman... c'est pour moi, de toute évidence, un roman qui dénonce notre mode de vie actuelle, la société de consommation qui produit plus d'objets que l'on en a besoin besoin, objets qui se retrouvent bien rapidement au rebus ! Et puis toute cette pollution qui est pour moi, dans ce livre, le produit de toute cette industrie inutile. Le nécessaire vitale manque et l'atmosphère est saturé de ferraille.

Ce roman ne se passe pourtant pas aujourd'hui mais en 1875... La révolution industrielle bat son plein... peut-être sommes nous seulement les victimes et tristes héritiers de cette période, que tout a commencé à aller de travers à ce moment-là ?

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman et je pense bien lire la suite un jour, mais pas maintenant, j'ai besoin d'AIR FRAIS et de romans un peu plus gais... c'est un coup à devenir dépressif que de les enchaîner !

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29 juillet 2016

"Gaspard ne répond plus" de Anne-Marie REVOL

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Gaspard ne répond plus de Anne-Marie Revol

Éditions JC Lattès, 2016, 500 pages

Gaspard, jeune homme maladroit, instituteur et descendant direct de Ronsard, décide de tenter l'Aventure de sa vie. Il postule pour participer à l'émssion de téléréalité "Un jour j'irai à Shanghaï avec toi." Le but de l'émission étant, par binâmes et avec peu d'argent en poche, d'atteindre Shanghaï en premier ! Pour Gaspard, c'est surtout l'occasion d'aller sur les traces de ses parents, morts dans cette partie du monde alors qu'il n"était qu'un jeune enfant. Il est affublé de Cindy, la bimbo de l'émission, avec qui il doit faire équipe, les opposés attirent l'audience ! Alors qu'ils voyagent, en plein nuit, il tombe du véhicule. Tout le monde est en train de dormir et ne s'en rend compte que le lendemain. De fil en aiguille, il sera recueilli et soigné dans un petit village reculé du fin fond du Vietnam. En parallèle, tout le monde s'affole à Paris ! La production, la mère adoptive du jeune homme ! Lors se sa détention (parce que comme accueil, on a fait mieux), il découvrira de vieux cahiers, journal écrit par une certain Hubert, vieux français qui, jadis, occupait lui-même sa chambre.

La chef du village, c'est My Hiên. Une vieille vietnamienne qui, on le découvrira dans les carnets d'Hubert, a vécu en France. Elle a un caractère bien trempé, c'est le moins que l'on puisse dire ! Et surtout, elle refuse catégoriquement que concéder le moindre espace à la modernité dans son village, nostalgique qu'elle est de son Vietnam d'avant Paris. Donc pas de concession, et Gaspard a intérêt lui aussi d'obéir au doigt et à l'oeil ! Non il ne partira pas maintenant, hors de question, elle a besoin de lui pour faire la lecture le soir aux villageois (qui ne comprennent pas un mot de français, mais c'est un détail!) et faire diversion ! Pourquoi aurait-on besoin de l'électricité, de la télé alors qu'on a Gaspard ?

Un roman assez compliqué à résumer, comme vous le voyez ! Car ça part un peu en vrille dans tous les recoins du livre ! Les personnages sont hauts en couleur : My Hiên, Gaspard, Hubert, Eulalie... Anne-Marie Revol met ici en pratique la méthode téléréalité, tous ces personnages ensemble et c'est un sacré bazar !

Alors voici un récit très amusant à lire. Les parties alternent entre le quotidien de Gaspard, celui d'Hubert des années plus tôt qui fait par la même occasion le bilan de sa vie, la panique totale de la production à Paris, et le personnage un peu fou d'Eulalie. Le rythme est dynamique, fou (oui, vous l'aurez compris, ce roman est un peu fou!) et enjoué. C'est une bonne lecture pour lâcher prise pendant les vacances !

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28 juillet 2016

Life is but shit spread by scatterbrains.

Je n'ai pas écrit de billets sur ce blog depuis quelques jours... refroidie que je suis par toute cette MERDE. Je lis, à peine, pas facile de se concentrer sur quoique ce soit alors qu'à tout moment un taré peut détruire une vie, des vies. Je zappe de livres en livres comme je zappe sur les chaînes infos.

Le 07 janvier de l'année dernière, on a attaqué mon enfance avec Cabu, une communauté et les SALOPARDS se sont réfugiés presque dans le jardin de ma belle-soeur. Le 13 novembre, alors que je fêtais égoïstement mon anniversaire, une amie de mon père écoutait de la musique au Bataclan quand elle s'est pris une balle. Le 14 juillet dernier, alors que naïvement je m'étais plus inquiétée pour la finale de l'Euro, on attaque MA fête nationale et le beau-frère d'une amie est encore aujourd'hui entre la vie et la mort. Hier, on tue un curé, nan mais sérieux ?

Ma famille est saine et sauve (MERCI) de ce cauchemar qui se déroule devant nos yeux depuis plus d'un an  mais comme beaucoup d'entre nous, les actes de ces CONNARDS ont éclaboussé ma vie. Oui, on connaît tous ou presque, une victime, quelqu'un qui connaît une victime etc.

Mes arrières grand-pères sont des réfugiés. Ils sont tous les deux venus en France pour les promesses que ce pays leur offrait : La liberté et l'égalité des chances. Ils ont aimé ce pays, ils l'ont RESPECTE. Si tu t'installes dans un pays, c'est la moindre des choses. Si t'aimes pas ce pays, s'il t'horripile à ce point, c'est simple TU TE BARRES et tu nous laisses vivre.

La France m'a donné les chances d'être ce que je suis : Grande gueule, fêtarde, lectrice, prof. Française.

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Je ne crois en rien mais je respecte tout. Aujourd'hui, comme souvent, je suis pourtant allée à l'église car c'est le seul endroit qui semble me convenir pour poser des bougies pour mes chers disparus. A chaque fois, je m'y sens bien, accueillie, chez moi. Car c'est ça aussi ma culture, quoique j'en dise. Je suis allée dans cette église vide poser mes deux bougies, les vitraux rayonnaient, l'orgue posait une ambiance duveteuse. Je ne comprends pas, je ne comprends rien à ce qui se passe et je n'ai qu'un chose à vous dire bande d'écervelés que vous êtes, vous, les amis de la faucheuse :

 

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Posté par Cryssilda à 02:14 - Commentaires [2] - Permalien [#]