35ème édition du Prix Relay des Voyageurs
Comment, vous ne le savez pas encore ? Cette année encore le Prix Relay des Voyageurs persiste et signe pour sa 35ème édition !
En lice cette année, les ouvrages suivants :
- La tristesse du Samouraï de Victor Del Arbol
- Une année studieuse de Anne Wiazemsky
- Le chapeau de Mitterand de Antoine Laurain
- Les règles du jeu de Amor Towles
"Le grillon du foyer" de Charles DICKENS
Le grillon du foyer de Charles Dickens
Kindle Éditions, 100 pages, texte original de 1845 sous le titre The Cricket on the Hearth
Comme vous le savez, ou peut-être pas, j'ai décidé en ce bicentenaire de Dickens de lire plusieurs écrits du grand Charlie. Je choisis mes textes bien arbitrairement jusqu'à présent - et parait-il, je ne prends pas les meilleurs. Aujourd'hui Le grillon du foyer pour la simple et bonne raison que nous avons beaucoup rigolé lorsque nous avons vu la couverture de ce livre chez Victor Hugo lors de l'exposition Charles Dickens / Victor Hugo qui leur était consacrée à la Maison de Victor Hugo à Paris . Nous remercions d'ailleurs encore une fois la Maison de Victor Hugo qui a été la seule, à ce jour, à se bouger un peu pour rendre hommage à Charlie dans la capitale en cette année 2012.
Le grillon du foyer alors, ou encore Le cricri du foyer qui est la version que Victor Hugo a lu.
On a bien ri à ce titre, mais après avoir lu le roman, je comprends. Car un grillon, comme tout le monde le sait, pousse son cri-cri à tout va quand on en a un dans le foyer ! Je dois avouer que j'ai lu ce texte en français comme une flemmarde que je suis parfois, mais la curiosité piquée, je viens de télécharger la version anglaise pour savoir quel est le cri du grillon dans cette langue (comme on le sait, le grillon ne s'exprime pas pareil d'un côté ou de l'autre de la Manche). Hé bien sachez, qu'un grillon du foyer en Angleterre pousse plus un chirrup qu'un cricri !
L'intrigue se passe quelque part en Angleterre, dans une petite maison habitée par un couple, Mr & Mrs Perrybingle, leur jeune bébé et leur maladroite servante. Mais aussi par un grillon du foyer et par une bouilloire qui fait décidément beaucoup de bruit elle-aussi. Mr. Perrybingle est coursier, sur sa route ce jour-là, il a dû transporter une paquet bien étrange...ment vivant, un vieillard qui demande un lit dans la maison en attendant qu'on vienne le chercher. Soit.
A quelques Miles de là, Caleb vit avec sa fille aveugle, il fabrique des jouets dans sa misérable demeure tout en faisant croire à sa fille qu'elle est entourée des choses les plus somptueuses.
Il y a aussi le vieux et dégoûtant Mr. Tackelton qui s'apprête à se marier avec une jolie jeune femme.
C'est un récit délirant que nous offre ici Charles Dickens, je me demande, à force, si je vais réussir à lire un roman sérieux du grand Charles ! (Et je rigole dans mon coin quand je découvre que ce texte fait partie de ses livres de Noël...). Les situations sont incongrues et surnaturelles (il y a des fées qui viennent rendre visite aux personnages pour les guider), les personnages très loufoques et absolument pas réalistes ! Le texte s'incrit dans une farce totale, c'est de la grosse comédie, avec des imbroglios à foison, et forcément une fin heureuse !
Et puis, ce petit coquinou de Dickens, dans un conte de Noël je le rappelle, nous raconte une scène des plus érotiques entre la bouilloire et le cricket. Je viens de survoler la version anglaise qui est encore plus éloquente ! Quand on voit qu'un "chant" de grillon et de bouilloire sa donne un bébé, on se pose des questions ! Passage hilarant à lire absolument ! Même si le reste du récit reste très moyen POUR quelqu'un comme Charlie.
Je vais continuer ma découverte avec, peut-être, un texte majeur pour changer un peu.

"La métamorphose" de Franz KAFKA
La métamorphose de Franz Kafka
Kindle Edition, 126 pages en version papier (Folio)
Texte original publié en 1915
Un matin comme les autres, Gregor Samsa se réveille pour se rendre au travail. C'est un commercial minutieux et efficace, mais ce jour-là, il se rend compte que le réveil à sonné et qu'il ne l'a pas entendu. Il y a déjà plus d'une heure que le train qu'il devait prendre est parti. Alors qu'il essaie de se lever, il réalise que quelque chose d'étrange s'est produit pendant la nuit... son corps est devenu celui d'un énorme et monstrueux insecte. Va débuter pour Gregor une vie cloîtré dans sa chambre, à se découvrir et à espérer la moindre attention des membres de sa famille qui semblent absolument dégoûtes à la plus petite vision furtive de l'insecte.
Je ne sais pas bien quel était le but de Kafka en écrivant cette nouvelle, toujours est-il que je me suis laissée transporter par cette petite histoire improbable. Moi qui déteste les insectes (et ils me le rendent bien), je me suis retrouvée à être désolée pour ce pauvre cafard (non mais un cafard quand même!!)... bien sûr, parce que même si son apparence est changée, il garde sa conscience humaine et il se retrouve confronté à la solitude et au rejet de sa famille et de la société. Il reste terré dans cette chambre, s'il tente la moindre sortie il effraie les gens et risque sa vie, alors il attend dans sa chambre et espère un peu de tendresse... mon pauvre Gregor-Cafard...
Le style de Kafka est impeccable et efficace, le rythme retient toute notre attention jusqu'à la fin du récit. C'est de la grande littérature, aucun doute là-dessus ! Et Kafka confirme sa place dans la liste de mes chouchous absolus !


"Sur la route" ! Et plus vite que ça !

Aujourd'hui, je vous propose de partir en voyage avec Jack Kerouac !
Si vous avez échappé à la bonne nouvelle, il est temps alors pour moi de vous annoncer que Sur la route, tiré du célèbrissime roman de Jack Kerouac, sera sur vos écrans à partir du 23 mai prochain !
Et comme sur ce modeste blog, on aime bien les livres qui vous font voyager, qui vous remplissent les yeux de jolis paysages, bref qui vous transportent !... Nous avons décidé, en partenariat avec Le K et Folio, de vous guider sur les pas de Jack Kerouac en vous faisant gagner :
- 4 places de cinéma
- 2 affiches du film
- 2 BD "The Beat"
- 2 exemplaires de la version complète et inédite du roman
C'est tout. Car c'est déjà beaucoup !

Pour participer et tenter votre chance, pas de question improbable cette fois ! Il vous suffit de me faire voyager en m'envoyant une photo qui illustre pour vous l'essence même du voyage.
Merci de ne m'envoyer que des photos dont vous avez le copyright ! Soyons fair-play ;)
Vous pouvez m'envoyer vos photos jusqu'au mercredi 23 mai à 12h00 à l'adresse suivante : cryssilda@hotmail.com
Je retrouverai ensuite des amis piochés au hasard pour décider de vos plus belles ou de vos plus éloquentes photos !
Les gagnants seront annoncés le 25 mai !
Bonne chance à tous !
NB : Je n'accepte les participations que de la part des blogueurs que j'ai déjà croisés ici ou ailleurs, en aucun cas je ne prendrai en compte les participants venant de sites répertoriant les concours du net.
"Hôtel Adlon" de Philip KERR
Hôtel Adlon de Philip Kerr
Éditions du Masque, 2012, 509 pages
Bernie Gunther a quitté la police de Berlin dans le précédent opus de ses aventures. Nous sommes maintenant en 1934 et il travaille comme vigile à l'hôtel Adlon, hôtel de luxe berlinois dans lequel l'ordre et le confort absolu des clients se doivent d'être respectés. Les jeux olympiques sont prévus en 1936 et la ville s'occupe à ce que tout soit prêt dans les temps. Parallèlement, des inspecteurs venus tout droit des Etats Unis enquêtent sur les possibles preuvs d'antisémitisme dans le pays qui pourraient justifier un boycott des Jeux. Des sportifs juifs se font virer de leur fédérations.. mais alors qu'ils n'en ont pas le droit, ils se mettent à travailler sur les chantiers des Jeux pour gagner un peu d'argent, chose difficile en ces temps. Arrive alors Noreen, journaliste juive américaine, et sulfureuse, qui va traîner Bernie malgré lui, dans une enquêtes sur le mystérieux meurtre d'un boxeur juif.
Comme dans Une douce flamme, j'ai beaucoup apprécié l'aspect fouillé et la justesse historique de ce roman. Bernie semble avoir franchi un échelon supplémentaire côté cynisme, au même titre que la monté nazie dans le pays. L'enquête sert alors de prétexte à dépeindre cette époque cruciale de la mise en place du nazisme et de son irréalisme. J'ai par contre moyennement aimé l'aventure amoureuse entre Bernie et Noreen, un peu trop clichée à mon goût.
En deuxième partie du roman, Bernie se trouve propulsé dans la Havane de 1954. Il essaie de se faire oublier tant bien que mal en utilisant un faux nom et en travaillant le fer. Mais son passé le rattrape, le monde corrompu est petit ! Un vieil "ami" de Berlin se trouve tenir l'un des plus luxueux hôtels de la ville... et sa charmante amie est l'invitée d'Ernest Hemingway... Une rupture radicale dans la structure du récit qui dénote avec la première partie. C'est alors comme un second roman qui débute, et j'avoue que ça m'a un peu turlupinée. Alors que Une douce flamme alternait judicieusement entre les périodes, ici il y a comme une cassure pour se retrouver vingt ans après, procédé que j'ai trouvé un peu facile...
Une très agréable et intéressante lecture, je trouve encore une fois Bernie Gunther très attachant malgré ses zones sombres.
Choupynette a également lu ce roman, un peu à cause de moi.
"La dernière conquête du Major Pettigrew" de Helen SIMONSON
La dernière conquête du Major Pettigrew de Helen Simonson
Éditions Nil, 2012, 494 pages
Le Major Pettigrew est retraité de la glorieuse armée britannique. Il vit dans son vieux cottage dans le petit village de Edgecomb Saint Mary en Angleterre. Il est veuf, son fils débute une brillante carrière à Londres et fréquente une exubérante américaine. Lorsque son frère Bernie meurt, les habitants du village se présentent un à un pour lui présenter leur soutien, en particulier Madame Ali, le veuve pakistanaise qui tient l'épicerie du village. A son âge avancé, la Major Pettigrew va redécouvrir la passion amoureuse comme un jeune homme et va s'éprendre de Madame Ali. Bien sûr, ça va jaser dans le village, son fils ne va pas s'en remettre, et la famille de Madame Ali va voir cette histoire d'un bien mauvais oeil...
Je ne pensais pas que ça m'arriverait un jour, mais j'ai eu avec ce livre une impression violente d'over-dose de trop de britisheries. Parce que trop, c'est trop. Le livre nous présente ici la carte postale du petit village anglais comme dans une comédie anglaise de noël au cinéma (oh! d'ailleurs on a le réveillon de Noël dans ce livre!). Les villageois sont tous des gentlemen et gentlewomen retraités (à part Madame Ali bien sûr), ils jouent au golf ou bien organisent de réceptions annuelles... ce qui les occupent et les comblent. Madame Ali (pakistanaise, rappelons-le), elle, trime dans sa petite épicerie et est traitée comme une personne bien exotique ! On l'aime bien, mais elle fait partie des petites gens. Les personnages se vouvoient (même après avoir fricoté ensemble... hum)... ils sont bien charmants dans ce village, ils ont tout du flegme bien anglais ! Ils se choquent pour ce qui doit les choquer, ils boivent du thé et font des pâtisseries. Et qu'est-ce qu'ils sont polis ! Bref, sommes-nous dans le cliché, vraiment ????
Alors bien sûr, l'étranger fait peur... en Angleterre, ben ce sont les pakis ! N'est-ce pas ? Et là ooooh ! Sous fond de réalité sociale et historique (bon écoutez, j'essaie de trouver de la profondeur) on décide de rendre hommage au glorieux père du Major, héros de la présence anglaise aux Indes et on demande à Madame Ali d'aider ces charmants anglais à préparer la soirée thématique. Tout va bien.
Ah ! Et puis... ok c'est juste personnel... l'auteur n'y est pas pour grand chose pour cette aversion viscérale... mais dans ce livre, il y a des promoteurs et des architectes.... Je déteste les romans qui parlent de mon boulot !!!
Bon. La première partie m'a amusée, à partir de la seconde je me suis ennuyée ferme. Ce roman est bien trop rempli de clichés et bourré de lieux communs. On prévoit les réactions des personnages dix pages à l'avance (ah ! Sauf l'attaque à l'aiguille à tricoter, c'est vrai que je me suis laissée surprendre, là!) L'auteur à choisi la facilité pour nous présenter un roman cosy à l'anglaise, sauf que ça ne marche pas... le roman n'a aucune profondeur, c'est une grosse farce à l'anglaise. Mais qui ne m'a pas fait rire... m'a plutôt désabusée.
Cast :
Major Pettigrew : Bill Nighy
Madame Ali : je sèche.
Roger (le fils du major) : Jude Law
L'Américaine : Cameron Diaz
(bon je sais, c'est facile, ce sont toujours les mêmes.)
Bon j'ai pas aimé.... ça se voit, non ?
"Le Coeur de l'hiver" de Dominic COOPER
Le Coeur de l'hiver de Dominic Cooper
Éditions Métailié, 2006, 187 pages
Alasdair Mor vit sur une petite île isolée, venteuse et pluvieuse de l'ouest de l'Ecosse (il y a comme des lieux redondants sur ce blog). Son village est abandonné depuis de longues années, il est le seul à y vivre encore depuis la mort de son père et le départ de son frère. Il vit de la nature, dans son étable des moutons et des brebis, quelques poules, une vache des highlands qu'il chérit. Il vit au rythme des saisons, se lève quand le soleil pointe son nez et se couche quand la nuit tombe. Il se nourrit, part cueillir ses crabes, papote deux trois minutes au recoin d'un chemin avec un "voisin", rentre faire la causette à ses animaux, allume sa tourbe pour faire son thé, et dort d'un sommeil de plomb sous son toit bien souvent livré aux vents violents.
Quand An Sionnach (le renard en gaélique) débarque et que lui aussi pèche le crabe, il ne s'en inquiète pas plus que ça... la nature appartient à tout le monde. Mais celui-ci semble vouloir s'acharner contre le vieil Alasdair, comme lors d'une vieille vengeance ruminée depuis des années.
Un très beau livre que nous signe encore une fois Dominic Cooper comme un hymne à la nature et un éloge à la vie en symbiose avec les éléments. Vous l'aurez compris, ce n'est pas Alasdair le personnage principal du roman, mais bien la nature qui donne lieu à de magnifiques descriptions du vent, des tempêtes, de la couleur de la bruyères, des odeurs de la montagne etc...
Un rythme très lent et très doux, il ne se passe pas grand chose pendant la première moitié du roman, on observe juste Alasdair mener sa vie, très simple et très pure. Tel un animal sauvage, il évolue dans ses paysages sans rien attendre de plus que de la nourriture pour la journée et un toit chaud pour dormir.
Le rythme s'accélère en deuxième partie avec ce duel entre Alasdair et An Sionnach... et comme le vieux paysans, on est incrédule et on ne comprend pas bien pourquoi quelqu'un vient déranger sa petite vie si simple.
J'aime lire Dominic Cooper, c'est toujours comme un grand souffle d'air frais dans ma vie parisienne.
"Algernon Woodcock - Sept Coeurs d'Arran" Tomes 1 & 2 de Mathieu GALLIE & SOREL

Algernon Woodcock - Sept Coeurs d'Arran - Tomes 1 & 2 de Gallié & Sorel
Éditions Delcourt, 2004 / 2005
Les personnes qui suivent régulièrement ce blog auront bien compris qu'il n'est pas dans mes habitudes les plus régulières de lire de la BD. Et pourtant, je me suis aventurée dans le rayon BD de ma bibliothèque, j'ai cherché mes BD pendant bien cinq minutes (désespérée, j'ai même failli demander de l'aide à un ado qui se trouvait là)... et j'en suis ressortie avec les deux tomes de Algernon Woodcock... Parties 1 & 2 des Sept Coeurs d'Arran mais qui sont en fait les tomes 3 & 4 d'une série. Mais passons, car 1/ Je n'ai aucune envie de me lancer dans une période BD 2/ Vous aurez bien compris que l'intérêt pour moi de lire ces deux volumes réside dans le mot "Arran" qui se trouve malencontreusement dans le titre.
Malencontreusement, peut-être pas d'ailleurs, car l'intrigue se passe bel et bien à Arran en Ecosse (pour ceux qui n'auraient pas bien suivi, Arran c'est mon le paradis sur terre.) Algernon Woodcock, brillant professeur d'anatomie à l'université d'Edinburgh, se retrouve à devoir se rendre à Arran j'ai pas trop bien compris pourquoi. Il m'a semblé qu'une aventure passée venait à le rattraper là, mais encore une fois, je n'ai pas tout bien compris (d'où peut-être l'utilité des tomes 1 & 2, mais je vais survivre sans). Quoiqu'il en soit, nous voilà à Arran, et j'apprends qu'à l'époque (18...) la seule façon de rejoindre l'île est de prendre le bateau, ça n'a pas changé. Il se retrouve bien malgré lui dans une histoire de sorcière / fée qui erre sur l'île et qui vole les coeurs des jeunes filles dans la région de Lochranza (voilà pourquoi le village est dépeuplé, tout s'explique) et les bouffe (les bd, c'est violent.)
C'est amusant, ça parle de lieux qu'on connaît, mais que l'on ne reconnaît pas. Ah si, les montagnes sont assez crédibles. Mais j'en aurais beaucoup à dire sur l'endroit où se trouve le cimetière de Lochranza. Même pas une zombiche qui rôde. J vous le dit, ce n'est pas crédible.
Mais bon, j'ai lu cette aventure avec plaisir, mais si je ne me suis pas du tout sentie dans mon univers. Je serais même capable de recommencer l'experience si d'aventure Arran devenait le cadre d'une longue série de bd (et là j'y crois à donf.)
"Anna Karénine" de Léon TOLSTOÏ
Anna Karénine de Léon Tolstoï
Éditions Folio Classique, 909 pages (si on lit l'intro, les notes, tout ! Ce qui n'est pas mon cas), texte original de 1877.
La bonne société russe regorge d'intrigues amoureuses, de rencontres fortuites, ou pas, entre les bonnes familles dans les salons où il fait bon genre de se montrer. Kitty en pince pour Vronski, qui lui ne pense qu'à s'amuser et à profiter de sa prime jeunesse de charmeur irrésistible. Lévine, lui, en pince sévère pour Kitty qui le snobe, - moi je suis une princesse, je te regarde de haut si je veux et je vais d'abord voir autour de moi ce qui se présente, et après on verra mon cher ! - Mais, les dames distinguées et convenablement mariées se rendent aussi au bal, juste comme ça, pour se faire voir et papoter du dernier concert en vogue. Et là, la pagaille commence, Vronski tombe raide dingue d'Anna, oublie Kitty, qui a déjà refusé d'épouser Lévine et tout le monde est bien triste... Sauf Anna et Vronski qui vont vivre la passion amoureuse de leur vie ! Le mariage ? Tssss... les enfants ? Ben tss itou. L'amour, le vrai, celui qu'on ne peut pas arrêter va s'emparer des deux amants ! C'est la pagaille, je le répète, c'est bon, on a matière à 800 pages délicieuses.
J'ai abordé mon troisième livre de Tolstoï comme les deux premiers un challenge car Anna Karénine fait partie des romans qui font peur ! Et quand on a autour des nous des gens qui vous le vendent assez mal, hé bien, ça donne encore plus envie de le découvrir et de combler cette grosse lacune de n'avoir encore jamais lu ce roman magistral de la littérature russe (oui attendez vous à une surenchère, non pas de gros mots, mais de grands mots dans les lignes à venir). Il faut dire, qu'après m'être tapé avec délice un roman de 1243 pages (et non, un an après, je n'ai toujours pas oublié le nombre de pages) sur les guerres Napoléoniennes, plus rien de cet auteur ne peut me faire bien peur. Surtout, que je ne vous l'ai peut-être pas encore dit, j'aime Tolstoï ! J'aime son style, sa douceur, son cynisme, son humour, ses personnages délirants (oui après Pierre, je découvre un Stépane qui fait tout mon divertissement ! Lévine aussi dans son genre décalé est des plus amusants - comment oublier la naissance de son fils ? Jamais, je crois, je ne m'en remettrai !)
Mais au-delà du style, j'ai aimé les thèmes abordés dans ce roman qui est d'un féminisme déroutant pour l'époque. Le thème latent du roman, c'est le mariage. Qu'est-ce que le mariage ? Qu'est-ce que l'amour ? Est-ce que les deux sont compatibles ? Comment agir pour que l'amour ne refroidisse pas ? Et les enfants, pourquoi en avoir ? Voici les méandres dans lesquels vont se perdre tour à tour tous les personnages de ce beau roman. Et au milieu de tout cela, la bonne société hypocrite va juger, isoler et enfermer les personnages dans leur passion parce qu'une formalité manque au registre. Dans ce roman il nous semble que le comble du comble, c'est de coucher avec l'homme qu'on aime et de ne pas le cacher ! Parce qu'en Russie, on fait des enfants, mais jamais jamais n'interviennent les pulsions primaires de l'homme... non non non, en Russie, on sait se tenir ! (bizarrement, les victoriens envisageait la sexualité de la même façon!)
C'en est alors pas fini entre Léon et moi, car voici encore une roman que j'ai lu avec très grand plaisir, d'une grande richesse, d'un très bon style avec des personnages romanesques à souhait... alors je vous donne rendez-vous l'hiver prochain pour ma prochaine lecture annuelle d'un pavé du grand Léon (on dirait qu'une routine s'installe!)
Enfin, il ne faut pas l'oublier, ce roman a fait partie d'une lecture commune que j'ai lancée (ahem) et pour laquelle je suis très en retard, ayant vécu quelques perturbations ces derniers mois (encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, il est vrai que ça ne fait pas très très sérieux de ma part!)
Je remercie toutes les lectrices qui ont joué le jeu (et dans les temps, elles!) et je vous invite à lire leur billet : Yueyin, Titine (qui a un peu triché, mais on lui pardonne!), Hébelit, Valériane, Fleur, Nadael, Nathalie, Manu... (merci de me signaler si j'ai oublié quelqu'un, si c'est le cas, je m'en excuse d'avance!). Il restera Vounelles et Lamalie, qui l'ont terminé bien avant moi, mais qui sont flémardes de blog :-)
Bravo à toutes !


"Le procès" de Franz KAFKA
Le procès de Franz Kafka
Kindle Edition, 284 pages en version papier, texte original publié en 1925
Joseph K. est réveillé un bon matin par trois individus qui lui annoncent son arrestation. Pourtant ils repartent et le laissent libre, lui conseillant même de se presser pour ne pas être en retard au bureau. Convoqué à son interrogatoire, il trouvera l'assemblée dans un grenier poussiéreux pour ce qui semble être un simulacre de procès. Il sent bien qu'il faut qu'il se trouve rapidement un avocat, ce sera bien vite fait grâce à l'aide de son oncle, car quand on a un procès, il faut prendre l'histoire bien au sérieux! Le problème, c'est que le pauvre Joseph K. a un peu de mal à savoir ce qu'il a fait de mal, nous aussi d'ailleurs. La justice ne l'aide pas plus qu'elle ne l'accuse ou l'enferme. Cette ambiance lourde du procès stagne, rôde, s'insère dans la vie des accusés, et pourtant la seule façon d'échaper à la justice semble d'être de faire durer le procès, bizarrement... Bref, tout cela est obscure, je vous l'accorde, kafkaïen même. Le mieux est encore de lire le roman.
Ce texte se lit à deux niveaux. On peut tout d'abord se divertir de tant d'absurdités, Joseph K. les enchaîne. Quoiqu'il fasse pour aider à son procès, ils se retrouve confronté à des situations burlesques ainsi qu'à des personnages loufoques. Ce roman m'a beaucoup fait penser à Dans la peau de John Malkovitch : Des fenêtres inaccessibles, des toits trop bas.... un monde brouillard ou rien n'est logique mais dans auquel le personnage va coûte que coûte se raccrocher parce que, de toutes façons, c'est son quotidien et il n'a pas le choix d'un autre. Le lecteur et les personnages se retrouvent alors dans un monde hallucinant, impalpable, métaphysique même parfois et très flou. Le lecteur s'amuse, mais imaginez un peu le calvaire de Joseph K. qui, lui, doit essayer d'équilibrer et comprendre le monde dans lequel il évolue.
Je ne suis pas une spécialiste de le République Tchèque en 1925 mais ce texte me donne comme une impression que la corruption régnait en maître, ainsi qu'un certaine malaise dans la société, ou encore un sentiment d'insécurité latent pour la population, j'irais même jusqu'à souligner cette légère impression que le peuple était surveillé et manipulé par un gouvernement malveillant. Ce sont tous ces aspects que le roman exprime par la vie désarticulée de Joseph K. ainsi que par cette parodie extrême de procès, de justice et de sécurité dans le pays. Il n'est question que de rhétorique, de jouer avec les mots, donc avec les idées pour manipuler les gens sans qu'ils n'y voient rien d'illogique. C'est l'individu seul face à l'état.
L'ambiance est alors sombre et pesante, magnifiquement exprimée dès que Joseph pénètre dans une institution d'état, pas la lourdeur de l'air, la densité de la foule qui dépérie sur des bancs, les plafond bas etc... et sans aucun espoir.
La force du texte réside alors par son aspect divertissant qui contraste sauvagement avec l'humour latent crée par des situations absurdes à la Boris Vian. Bien que grave et d'une maîtrise parfaite, fine et intelligente de la langue, des images, des ambiances, de l'atmosphère... ce roman reste d'une grande fluidité et d'un grand divertissement.
Un texte fort, un grand classique. Je découvre Kafka avec ce texte et ce fut un véritable coup de foudre pour le style autant que pour l'univers de l'auteur.





