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30 mars 2015

"Aide-moi si tu peux" de Jérôme ATTAL

Aide-moi si tu peux de Jérôme Attal

Éditions Robert Laffont, 2015, 265 pages

Stéphane Caglia est sorti sain et sauf d'une mystérieuse confrérie mafieuse. Il rejoint alors le rang de simple flic (enfin simple, on y reviendra) et va se lancer dans l'enquête sur l'étrange disparition d'une jeune lycéenne et, pour l'occasion, on va lui refourguer une flic anglaise avec laquelle il va devoir faire équipe. Stéphane a bien du mal avec notre société des années 2015 et, quand ça ne va pas, il se réfugie dans le monde des années 80, sa musique, ses films... ah quelle nostalgie ! Et d'un coup, ça va mieux ! Autant vous dire que sa jeune collaboratrice va s'y perdre quelque peu !

Je n'aime pas qualifier un roman d'ovni (parce que dans ce cas-là, il y a une escadron d'ovni sur ce blog) mais là je vais avoir bien du mal à trouver un autre qualificatif ! Enfin, c'est plutôt Stéphane qui est un ovni, sorti tout droit des années 80 dans un monde qui ne capte pas toutes ses références ! Bon, moi j'ai grandi dans les années 80 et j'avoue que ce cher Stéphane m'a remis en mémoire plein de choses qui étaient enfouies parmi les strates des années qui se sont déposées, mine de rien, sur ma mémoire. En particulier la maison ronde, les restaurants maison ronde, avec la petite maison que l'on emmène à la maison.... mais c'était quoi le nom de ce resto déjà ? (euh, une recherche google s'impose, là!) (aaaargh, je trouve pas!!!!!!) (aideeeez-moi si tu peux!). Je me suis vraiment amusée à lire les aventures de Stéphane, car il n'est décidément pas un flic comme les autres ! En plein interrogatoire, il s'arrête sur un détail, le chewing-gum que mâche le suspect.... est-ce un malabar ? Avec des images dans l'embalage, hein, hein, hein ????

Même si l'enuqête se tient (à peu près), ce livre est prétexte à beaucoup d'humour et de délires qui en même temps, même si je ne suis pas de la même banlieue, a posé son intrigue dans les décors de mon enfance. Ce livre est simplement hallucinant, et quand même, je me demande ce que ça me ferait de rencontrer un vrai gens comme Stéphane... je crois vraiment que je prendrais mes jambes à mon cou ! Ahah ! (Coure Forest, coure, quoi!) Ce roman m'a beaucoup fait penser à Oeil-de-dieu de Franz Hellens dans le genre flic complètement décalé et limite dans la parodie.

Je vous conseille ce roman pour effacer la grisaille actuelle de Paris (et des actualités) qui vous replongera dans votre jeunesse (si on est de la même génération) et qui vous transportera dans une intrigue improbable. Un très bon moment de lecture !

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28 mars 2015

Mon salon du livre

Même si vous ne me connaissez pas personnellement, vous avez pu deviner que la foule, ce n'est pas mon truc. C'est alors, chaque année, avec une certaine appréhension que je vois s'approcher l'énorme monstre qu'est le salon du livre. La première épreuve est de survivre à la consultation du site du salon qui, année après année, et malgré une nouvelle formule tous les ans, est toujours aussi indigeste. On en sort déjà épuisés. Ma hantise, tous les ans, serait de découvrir une pelleté d'auteurs incontournables qui me forcerait à passer de longues journées au salon (alors que j'ai déjà grand mal à survivre à quelques heures!)

Grace à ma copine de longue date A girl, j'ai pu assister à la soirée d'inauguration qui a débuté par un passage sur le stand de IVT où une autre amie de longue date nous a invitées à nous restaurer de coupes de champagne et de pâtisseries. Nous avons ensuite déambulé un peu et je suis allée rendre une petite visite au stand hyper VIP fermé des Éditions Robert Laffont. Être blogueuse a du bon messieurs dames, car aussitôt entrée, je me retrouvée (étouffée par la foule) à papoter avec les accueillantes Cécile et Maggie, entourée d'auteurs (j'ai reconnu Jérôme Attal et Jean Teulé) et de blogueurs ! Entre autres (et j'ai dû en rater un paquet) : Stéphie, Caroline, Hélène, Sophie, Yueyin (copiiiiine, j'ai été trop heureuse de te revoir enfin!!) (faut qu'on reprenne les LC ensemble!!!)... j'ai reconnu d'autres personnes dont j'ai déjà vu les photos sur FB, mais dur dur de mettre un nom sur tous ces visages parfois ! (sans parler d'autres, mais on ne s'est pas échangé un mot. Pas un mot de plus sur le sujet ici d'ailleurs.) Puis, la batterie de mon tel a lâché, j'ai cherché A Girl en vain (mais je suis tombée sur le beau libraire du Globe) et je suis retournée me réfugier dans ma chaumière avec cette impression d'avoir marché des heures (hum. environ deux en fait) dans une foule déchainée.

Le samedi matin, je dû me résoudre à y retourner. Je ne voulais pas, j'étais comme prise de sueurs, le salon un samedi, rendez-vous compte ! mais les Éditions Métailié organisaient un petit-déjeuner blogueurs très sélect, alors bon, pas question de snober ce genre d'agréables rencontres ! Autour d'un verre de jus de fruit et de pains aux chocolat, accueillis par l'adorable Anne-Charlotte, nous avons papoté livres plus particulièrement avec Hélène et Sandy (ravie de vous avoir rencontrées les filles!), et puis Jérôme et Noukette (bon un jour on aura le temps de vraiment parler!), Sara (ouais l'auteur des bitches de la semaine, j'étais ravie), Jostein (que je suis désolée, je ne me suis pas vraiment présentée et du coup je ne savais pas que tu étais là). Un slat Métailié (la classe!) nous attendait rempli de cadeaux. Merci <3

Ensuite, parce que le salon était déjà envahi, je suis allée faire une pause et je suis allée retrouver ma copine victorienne, la fameuse Lou pour une gargantuesque salade au camembert frit arrosée de Montbazillac (oui, faut se mettre en condition.) Mais fallait y retourner, j'entendais la foule gronder au loin, mais à l'intérieur se cachaient mes copines Yueyin et une autre victorienne de renom, Isil... alors bon.

Mais d'abord, nous avions comme mission d'apporter un café à Fabrice Bourland (ne cherchez pas, c'est un longue histoire liée à une blogueuse en détresse) (et ce fut l'occasion de rencontrer la souriante Romanza). Lou papote avec lui, et moi je prends un livre de l'auteur. Puis Lou me dit d'en prendre un autre, mais je suis une blogueuse raisonnable (avec ma pal de plus de 300 livres) alors elle me force et me l'offre !!!! Merci Lou <3.

Elle a du courage ma copine Lou, elle est super téméraire, malgré mes mises en garde, elle ve parler à Anne Perry à l'oeil malveillant !!! Elle en ressort vivante, ouf! Pour l'occasion, je lui offre un livre! (ouais, c'est donnant donnant, nan mais!)

Mais oh! C'est l'heure d'aller faire un coucou à Peter May ! Il y a foule devant sa table cette année, génial, plein de lecteurs !! Moi je lui fais signer son beau livre sur les Hébrides (dont je vous parlerai bientôt) sur lequel il confirme mon statut de superfan (oui, j'me la pète). Isil (qui me rend des négatifs qui ne sont pas à moi) et Yueyin sont là ! Youpi !

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Après d'autres déambulations, je trouve ENFIN (sérieux, j'ai failli abandonner) la table où Paul Watson dédicaçait. Vous ne le connaissez peut-être pas, mais c'est un grand défenseur des poissons et des océans, créateurs de Sea Shepherd, et pour moi ça veut dire beaucoup, alors je suis allée le remercier.

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Enfin, frôlant l'épuisement, je tente de retrouver Lou (oui elle était allée voguer -oui la mer, tout ça - à ses occupations) quand brusquement, au stand d'Albin Michel, je tombe sur Sébastien Gendron. Mais voilà, j'ai laissé mon livre à la maison! Misère! Panique! Je coure chez Pocket pour trouver, à l'aide des libraires, au bout d'au moins vingt minutes (ils fatiguaient les pauvres) un roman que je file lui faire dédicacer alors qu'il était en train d'essayer de sauver ses pistaches que des passants lui dérobaient sans aucun scrupule!

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Bref, après on a pris la fuite. Et puis, puisque ça devient comme un leitmotiv quand salon du livre il y a, je suis allée me ressourcer en allant jouer avec la petite bébé-Lou-ma-copine <3.

J'ai survécu, mais il en est tout autre pour ma pal. No comment, please. Je sais et j'assume moyen.

LIVRES

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26 mars 2015

"La revalorisation des déchets" de Sébastien GENDRON

La revalorisation des déchets de Sébastien Gendron

Éditions Albin Michel, 2015, 377 pages

Dick Lapelouse est un tueur à gage bon marché. Il est installé dans un bureau de Toulouse, sa clientèle partage sa salle d'attente avec un psychologue. Si l'un échoue ou refuse le patient, il peut toujours aller cogner chez l'autre. Chaque dossier doit être dûment motivé et réfléchi, sinon Dick s'accorde le droit de refuser la mission. Le roman est alors un succession de lugubres histoires, souvent de famille mais pas que! Il y a aussi des enfants qui veulent se venger de leur maire chasseur d'animaux domestiques (ah ah ah ces enfants!), ou encore une flic qui veut faire euthanasier son frère. Bref, rien de bien joyeux, mais rien au rabais non plus, Dick met du coeur à l'ouvrage ! Toujours minutieux, efficace, pragmatique !

C'est toujours avec grand plaisir que j'ouvre un roman de Sébastien Gendron, j'aime son univers totalement décalé (je rappelle que je l'avais découvert avec une histoire de pingouins camés en Angleterre) et cette fois encore, je n'ai pas été déçue! La revalorisation des déchets est un roman empreint d'humour noir mais qui soulève également plein de questionnements comme (comme indiqué ci-dessus) l'euthanasie, la méchanceté gratuite etc... mais voilà, froid et détaché au premier abord, Dick commence à se perdre et à avoir du mal assumer sa double personnalité, il n'exerce pas un métier qu'il peut mettre au placard dès que sa journée est terminée. Il finit d'ailleurs par se perdre, et il n'est pas certain que non ami le voisin le psychologue lui soit d'une grande aide (ben oui, lui aussi il est un peu détraqué, en même temps il est psychologue!)

Ce roman est un catalogue d'histoires affreuses (cet "ancien nazi" est à glacer le sang!), mais je me suis quand même bien amusée à suivre les aventures de Dick. Et ouf! on est bien contents que ce ne soit que de la rigolade tout ça une fois le roman refermé!

seb gendron

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24 mars 2015

"Petit joueur" de Jason STARR

Petit joueur de Jason Starr

Traduction de Frédéric Brument

Éditions Denoël, 2015, 247 pages

Mickey traville dans une poissonnerie de Brooklyn. Il économise pour reprendre ses études, aller à la fac et devenir comptable. Il vit avec son père atteint d'Alzheimer et ce n'est pas facile tous les jours. Un jour, l'un de ses clients, supposé membre de la mafia, lui demande de placer des paris sur des chevaux pour lui. Il le paiera plus tard, pas de ça entre nous, hein ! Mais paris après paris, la dette s'accumule et Mickey ne récupère pas son argent. Mickey a tellement du mal à joindre les deux bouts, sa dette aux jeux a tellement grignoté ses économies que l'argent facile va finir par lui faire les yeux doux, surtout que c'est la solution de facilité pour ses amis.... c'est tellement compliqué de ne pas céder à la tentation. Un beau jour (ou peut-être une nuit), il se retrouve embraqué dans le cambriolage d'une villa, ce qui va signer le début (ou la suite) d'une spirale infernale pour Mickey.

Il est bien difficile de ne pas s'attacher à Mickey. Il a tout du jeune gentil et honnête jeune qui va faire les mauvais choix à cause de son entourage. Il n'a rien demandé à personne, il s'en sort pas mal mais voilà qu'on le plonge dans les embrouilles et que lui ne veut surtout pas renoncer à ses études ni à ses ambitions. C'est vrai qu'il n'a pas la vie belle : Quand il arrive à se dénicher une copine, son odeur de poisson le poursuit. Son père, quand il ne s'est pas perdu au milieu des rues de New York, l'accueille et l'agresse comme un voleur dans son propre appartement. On lui vole son argent si durement gagné... On assiste alors totalement démunis à la descente aux enfers de Mickey qui perd tout en quelques heures.

J'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a plongée dans l'ambiance de Brooklyn alors que j'étais malade et bloquée au lit. J'ai pu le lire presque d'une traite et ce fut un véritable plaisir de lecture. Mickey nous apparaît comme un vieil ami qu'on aimerait tellement aider, ou secouer. L'ambiance de Brooklyn est très bien rendue, ça donne limite envie de prendre l'avion pour s'y retrouver nous aussi (les embrouilles et les odeurs de poisson en moins!) Je découvre l'auteur avec ce roman mais c'est avec plaisir que le lirai d'autres de ses livres!

 

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08 mars 2015

"Un jour ou l'autre" de Linda McLean au théâtre du Lucernaire

Un jour ou l'autre de Linda McLean

Théâtre Le Lucernaire jusqu'au 14 mars

Traduction de Blandine Pélissier et Sarah Vermande

Mise en scène de Blandine Pélissier

Avec Alain Granier, Eric Herson-Macarel, Christine Pignet et Sarah Vermande

Nous montons tout en haut, dans la salle Paradis du théâtre du Lucernaire et nous sommes "accueillis" par une dame au milieu de la scène, assise sur une sorte de balançoire, au milieu de son appartement. La lumière s'éteint et son mari la rejoint sur scène. Bill et Bertha vivent ensemble depuis que les institutions psychiatriques ont été fermés par Thatcher, pour restriction de budget. Bill et Bertha ont un certain nombres de phobies qui nous apparaissent à mesure de leur dialogue sur scène. Ils ont peur de la nuit qui tombe, du téléphone. Peur de sortir car ils se croient surveillés et menacés. Leur vie est dans leur salon, autour d'une tasse de thé, et ils attendent Jackie, la nièce de Bill qui doit leur rendre visite. C'est l'animation de la journée pour les deux personnages et une grosse source de stress. Ils n'ont plus de pain de mie, et Jacky aime les toasts! On imagine ce que cela peut provoquer pour des gens qui sont pétrifiés dès que leur quotidien est modifié. La pièce est tout en humour et en poésie, jeux de mots et jeux d'esprits. On est pris d'empathie pour les personnages, on ressent leur peine et leur angoisse... et puis, d'un coup, on rigole à cause d'une pirouette de langage inattendue qui sonne pourtant très vrai.

Et puis, brusquement, un deuxième tableau. Jackie est au travail en compagnie de son patron Dave. Ils travaillent dans un bar mais celui-ci n'est pas encore ouvert. Dave prévient Jacky que son fils l'a appelée pour lui dire qu'aujourd'hui, c'est un jour avec. Grand évènement pour elle, on comprend que son fils est malade depuis toujours, et que des jours avec, il n'y en a pas des masses.... Mais l'oncle de Jacky l'attend avec ses toasts froids qu'elle déteste. Ils vont lui rabâcher les mêmes histoires, mais elle doit y aller, c'est important. Mais Dave est là pour lui rappeler que c'est un jour avec et qu'il faut en profiter, pourquoi pas partir à la mer, courir nus vers les vagues et plonger (euh.... on est en Ecosse là.... ok soyons fous!). Le texte garde le même ton, tragique puis amusant d'un coup, d'autant plus que les deux personnages s'avalent une bouteille de Sancerre (un vraie, les vérifications ont été faites!!!) en moins de deux sur scène!!

Quelle étonnante et belle découverte que Linda McLean ! Cette pièce m'a littéralement captivée, j'ai même été très surprise quand le public s'est mis à applaudir à la fin du spectacle, je n'étais pas prête pour la fin ! Je m'attendais à un tableau sociale du style de Ken Loach, et c'est tout à fait ça. Ce sont deux tranches de vie, on entre dans le quotidiens des personnages et on en ressort en un clin d'oeil, mais pas indemne. C'est une pièce touchante et criante de vérité. Comme je disais plus haut, même si les répliques peuvent paraître très simples et épurées, l'émotion passe, et très fort ! C'est un beau texte plein de vérité, de souffrance et de tendresse.

linda_mclean

Le lendemain de la pièce, je suis retournée au Lucernaire car il s'y tenait une rencontre l'auteur et l'équipe de la pièce. Une très intéressante rencontre avec l'auteur qui nous raconte qu'elle entend des voix le matin ver quatre heures, et que c'est comme ça que naissent ses textes. Elle aime écrire sur les gens qui sont en marge de la société, que ce soit pour une maladie mentale ou autre. Je vous en reparlerai plus tard car j'ai acheté le livre qui rassemble quatre de ses pièces, mais elle raconte qu'elle veut absolument écrire une dialogue vrai, avec ses hésitations et ses balbutiements, comme dans la vraie vie, et cela peut devenir un véritable casse-tête pour les comédiens qui doivent apprendre ces lignes (et en plus, elle les fait boire!)

Je vous invite à aller voir cette pièce, c'est vraiment une belle expérience de théâtre et pour ma part, une très belle découverte littéraire.

Théâtre du Lucérnaire, 53 rue Notre-Dame-Des-Champs 75006 Paris. 01 45 44 57 34

 

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02 mars 2015

"Mortal Causes" de Ian RANKIN

Mortal Causes de Ian Rankin

Éditions Orion, 1994 (j'ai juste vingt ans de retard!), 320 pages

Voici le sixième volumes des aventures de John Rebus. Rebus est cette fois sur une histoire de meurtre (oui, ça change!), mais un meurtre qui a été perpétré dans la célèbre Marie King Close à Edinburgh (bon c'est célèbre maintenant, j'y ai d'ailleurs eu la frayeur de ma vie! mais à l'époque, c'était juste un sous-terrain fermé au public, en travaux). Une jeune homme est retrouvé tué selon un rituel qui ressemble étrangement à une mise en garde utilisée en Irlande du nord, sauf que d'habitude il n'y a que mise en garde, pas meurtre. Nous sommes en plein été écossais, durant le Festival D'Edinburgh. Les rues grouillent de monde, le moment parfait pour une action qui peut faire très mal quand on est terroristes. Rebus est tiré de son QG pour rejoindre une autre brigade à Fettes, toujours pour enquêter sur ce meurtres et les liens de plus en plus ténus avec l'Irlande du nord, un trafic d'armes et les bas fonds de la ville.

J'avais été un peu déçue par le précédent opus, mais j'ai cette fois retrouvé Rebus avec grand plaisir, au plus haut de sa forme, au plus noir de son cynisme! Je n'ai pas tant aimé l'intrigue, qui se tient, y'a pas de problème, qui peut être palpitante etc... que les réparties de plus en plus acérées de notre cher inspecteur. J'adore les personnages comme lui, même dans la vraie vie !

J'ai trouvé un rythme particulier à ce roman, Rebus est très malmené, mon pauvre petit chou! Il a pas mal d'énemis qui semblent tous se réveiller en même temps pour faire de lui un punching-ball. On apprend avec plaisir qu'il est de retour avec Patience, mais quand même, ça ne semble pas gagné cette histoire...

Et puis, j'ai lu ce roman, du moins en partie, dans une situation bien particulière car je l'ai commencé à Edinburgh, et qu'en cours de route, j'ai fait mon Rebus tour. Forcément, au niveau ambiance, c'était le top! J'ai eu l'impression de continuer à nager dans l'atmosphère de la ville bien après mon retour grâce à ce livre.  C'est absolument génial comme sensation, car si je lis autant de romans écossais, c'est pour cette atmosphère qui me manque tellement quand je n'y suis pas! Par contre, j'ai bien du mal à m'habituer aux lieux que j'ai vus pendant ma visite touristique, tous les décors que je m'étais construits dans ma tête ont décidé de s'imposer! Sauf le Oxford Bar, qui ressemble quand même beaucoup à ce que j'imaginais, et en plus, je sais maintenant qu'on peut y bouquiner un Rebus (attention, sacrée mise en abîme!) au coin du feu... Quel souvenir de lecture magique !!!!

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Bref, je vais continuer mes Rebus, car c'est clairement une lecture qui me fait du bien !

Où en suis-je donc dans l'avancement de mes lectures ?

  • Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  • Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  • Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  • Strip Jack (Piège pour un élu)
  • The Black Book (Le Carnet noir)
  • Mortal Causes (Causes mortelles)
  • Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  • Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  • The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  • Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  • Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  • The Falls (La Colline des chagrins)
  • Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  • A Question of Blood (Cicatrices)
  • Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  • The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  • Exit Music (Exit Music)

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28 février 2015

"Je suis un dragon" de Martin PAGE

Je suis un dragon de Martin Page

Éditions Robert Laffont, 2015, 284 pages

Margot est une jeune ado, elle a perdu ses parents de façon tragique alors qu'elle n'avait que six ans: Ils ont été exécutés devant ses yeux le jour de son anniversaire. Depuis elle erre entre familles d'accueil et foyers, en essayant de gérer ses sentiments et sa colère. C'est une fille solitaire et singulière, la cible parfaite pour quelques collégiens peu scrupuleux qui aiment à s'attaquer à ceux qui sont différents ou qui semblent faibles. Un jour, elle se fait attaquer dans un couloir désert du collège.... elle écrabouille littéralement trois élèves à elle seule. Elle devient à partir de ce jour un cas d'étude, elle a une force hors du commun, son corps est un veritable bouclier, inaltérable. Notre super héroïne (costume inclus) sera dès lors la nouvelle arme des gouvernements français et américain, chargés de missions qu'elle exécutera en échange d'un semblant de cocon familial et pour se racheter ses homicides.

J'ai lu ce roman avec plaisir bien que ce ne soit pas mon genre de prédilection. J'avoue que j'ai accepté de lire ce livre car j'avais passé un bon moment à l'époque avec Comment je suis devenu stupide qui résumait pas mal mon expérience dans la vie professionnelle. Donc voilà, je n'ai même pas cherché à savoir ce qu'était ce livre et j'ai voulu tenter. Forcément, j'ai été un peu désorienté quand j'ai découvert ce vers quoi se dirigeait ce roman! Néanmoins, j'ai aimé. J'ai aimé la première partie du roman qui sonne tellement vrai et qui nous parle beaucoup quand on est confronté tous les jours à des ados qui ne se sentent pas toujours bien dans leur peau. J'ai également aimé le personnage et la personnalité de Margot. C'est une jeune fille pleine de courage et d'énergie. Malgré tout, elle garde une certaine fraîcheur et le texte est écrit avec beaucoup d'humour. Malgré sa vie pas toujours facile, ça reste assez amusant à lire.

C'est également un texte très riche de par les différents et nombreux thèmes qu'il aborde : la jeunesse et le malaise, la politique et les politiciens, la manipulation, la construction de soi, la cause animale, le féminisme. Néanmoins, je trouve que justement il y a trop de thèmes et pas assez approfondis.... tout va trop vite pour moi, j'aime quand on passe du temps sur un sujet à partir du moment où on décide d'en parler (oui bon, je lis Wilkie et Dickens, ça laisse des traces!). Telle une Margot en action, les sujets m'ont semblé survolés et parfois à peine abordés.

Par contre, je tiens à applaudir pour ce qui concerne la cause animale dans le roman et la vivisection. Je n'en dirait pas plus, mais un gros bravo pour le singe !!

Et comme nous sommes des chanceux, nous, les blogueurs, j'ai eu l'occasion d'assister à un très agréable petit-déjeuner avec Martin Page chez Robert Laffont la semaine dernière. Je n'avais jamais entendu l'auteur, je l'avais juste déjà apperçu au salon du livre quand j'étais jeune (haha! - genre y'a quatre ans - private joke qu'une seule personne comprendra!). J'ai découvert un auteur très simple et tout en sensibilité, très amusant également (faut faire gaffe, il bloque facilement sur facebook! haha! Du coup je le laisserai m'ajouter si mon billet passe l'étape du "filtre" :-) ). Ce livre est le deuxième qu'il a écrit sous son pseudo Pit Agermen qui, nous explique-t-il, lui permet d'écrire des romans de genres différents (et moi qui me suis demandé pendant un moment c'était quoi ce Pit Agarmen, avant de comprendre que c'était un pseudo!). Ce roman existe car l'auteur aime beaucoup les super héros, il trouve d'ailleurs que ce genre est bien trop souvent considéré comme un sous genre, que les lecteurs snobent parfois (bon je n'ai rien dis, mais c'est pas forcément qu'on snobe, mais juste que cet univers ne nous intéresse pas. Enfin je parle pour moi, là!)

Un grand merci à Cécile et à Robert  Laffont pour nous avoir majestueusement reçues comme d'habitude !

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26 février 2015

Un petit tour chez Rebus.

Vous le savez peut-être si vous suivez sur Facebook, je suis allée passé quelques jours dans la capitale écossaise récemment. Vous le savez certainement si vous lisez ce blog, j'aime lire les romans de la série des Rebus de Ian Rankin (mais, oh que j'ai du retard!)

Alors, et il avait longtemps que j'avais envie de le faire, je me suis inscrite pour faire le Rebus tour à Edinburgh. Le but de la visite était de découvrir les endroits qui font partie du quotidien de notre enquêteur écossais alcoolique préféré.

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Rendez-vous dans un pub (bien sûr!) et nous voilà partis à travers les rues d'Edinburgh en suivant notre guide Colin.

Premier arrêt, la morgue (oui c'est joyeux, mais c'est Rebus et il enquête sur des meurtres!) dans laquelle travaille le fameux Dr Cut (remarquez le nom) (il aime bien s'amuser avec ça Ian Rankin) (même si parfois c'est un peu gros!).

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Nous filons ensuite vers les écoles respectives de quelques pointures de la littérature écossaise : Walter Scott (Wattie pour les intimes, donc moi!) et Arthur Conan Doyle (n'oublions pas qu'il n'est pas anglais!)

L'école de Wattie :

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L'université d'Arthur Conan Doyle :

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On continue à gambader au gré de la lecture d'extraits de romans de Ian Rankin, d'anecdotes, jusqu'au QG de Rebus, le poste de police de Saint Leonard !!!

La deuxième fenêtre en partant de la droite, en haut, c'est le bureau de John !!! (je vous assure que j'ai gardé mon calme! mais juste parce que je faisais cette visite avec de parfaits inconnus)

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Et voici l'entrée du poste de police :

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Et de l'autre côté de la rue, le newsagentdans lequel Rebus achète son journal tous les matins :

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Je conseille vivement cette visite, très vivante, très amusante et forcément, quand on est un lecteur des Rebus, c'est juste le top!

Et comme je ne pouvais pas passer à côté de l'Oxford Bar (repaire de Rebus et de Ian Rankin), j'ai terminé la soirée en lisant un Rebus au coin de la cheminée dans ce pub très chaleureux ! Et là, ce fut le kiffe total !

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23 février 2015

"The Informer" de Liam O'FLAHERTY

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The Informer de Liam O'Flaherty

Éditions Wolfhound, texte de 1925, 217 pages

Francis Jospeh McPhilipp est de retour pour rendre visite à sa famille après s'être caché de longs mois dans les montagnes. Il est en effet en cavale pour avoir tuer un leader politique lors d'une manifestation. Il semble malade et très affaibli. Il rencontre Gypo dans un foyer et lui demande s'il est dangereux de s'approcher de chez ses parents, si l'endroit est surveillé. Après cette brève conversation, il se dirige vers la maison de ses parents. Gypo, sans le sous et à la rue depuis des semaines décide de se rendre à la police pour dénoncer son ami et empocher les vingt livres de récompense. Francis sera tué et Gypo passera du statut de moins que rien à celui de mouchard.

ce roman est pour moi une transposition de Crime et châtiments version irlandaise. On est ici en pleine période charnière de l'Irlande, soit nationalistes, soit un traître pour le pays! Gypo décide d'être un traître pour son ami et de se tourner vers la police, il devient également un traître pour son pays... Alors commente vivre plus riche (avec vingt livres en poche) quant on a trahi son ami, ses convictions et sa communauté ? Gypo va avoir beaucoup de mal à assumer ses actes. Il va devenir à moitié schizophrène car si lui n'y croit pas, comment pourrait-on le soupçonner de quoique ce soit ? Et puis cet argent qui le met gravement en cause... même s'il s'invente une histoire qu'il débite volontiers à qui veut l'entendre, il ne peux pas s'empêcher de le dilapider, de s'en débarrasser avec un sentiment d'urgence... Son attitude étrange, sa générosité soudaine et suspecte va mettre la puce à l'oreille à la communauté et surtout aux nationalistes. On croit d'abord que c'est au nom de l'Irlande et de la loyauté envers Francis que l'organisation nationaliste dont faisait partie celui-ci avant son méfait va mettre tous ses moyens en oeuvre pour retrouver le mouchard. On comprendra bien vite qu'il s'agit plus ici de sauver sa peau, de trouver le traitre quiest capable de recommencer pour chaque autre membre de l'organisation!

C'est un texte très riche qui est très ancré dans la culture irlandaise. L'ambiance est là, on sent la pluie, le froid, on entend l'accent des autochtones (le texte en anglais est flagrant d'irlanditude!). Le roman est également un reflet de l'atmosphère en Irlande au moment de la guerre civile, cette suspicion et ce danger au coin de chaque rue, dans chaque pub.

C'est également un très beau texte sur le sentiment de culpabilité et de trahison. Gypo va devenir presque fou à essayer d'assumer puis de cacher son crime. Pour sauver sa peau, il va même aller jusqu'à dénoncer un autre de ses camarades pour la trahison qu'il a commise ! C'est un texte où l'on rencontrera tous les vices : le meurtre, la luxure, l'alcool... c'est un tableau très lugubre et désabusé que nous dresse ici Liam O'Flaherty de son pays.

J'ai eu très peur de m'ennuyer au début de ce roman, je pensais que ça allait tourner en rond dans la tête de Gypo et que ça allait peut-être également tourner en rond dans le roman.... mais non ! J'ai adoré ce roman, il est très intelligemment écrit, l'ambiance nous emporte. J'ai suivi les méandres de Gypo avec grande attention, indignation et pitié parfois. C'est un très grand texte, très beau malgré tout, digne d'un grand auteur.

Voilà, très en retard (ecnooooore!) ma participation pour la LC du mois de décembre (!) autour Liam O'Flaherty dans le cadre du Challenge Un an en Irlande. L'auteur suivant est Colm Toibin (pour janvier. Hum.)

Claire a lu The Black Soul et Dviolante a regardé Le Mouchard et également lu L'âme noire.

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13 février 2015

"Le dernier gardien d'Ellis Island" de Gaëlle JOSSE

Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse

Éditions Notabilia, 2014, 167 pages

L'intrigue ne passe à New York, au mois de novembre 1954 à Ellis Island, la porte d'entrée de nombreux immigrants entre 1892 et 1954 justement. Le centre ferme, les immigrants ne doivent plus passer par l'île pour avoir le droit d'entrée aux Etats Unis. Son directeur pendant de longues années, John Mitchell, s'apprête à quitter son poste pour rejoindre Manhattan. Il a mené toute sa carrière sur Ellis Island, il a fait de son mieux pour être le plus loyal à son pays possible quitte à manquer d'empathie à l'égard des nouveaux arrivants. Mais voilà, le centre ferme et les fantômes de l'île le hantent, il décide d'écrire son expérience et ce qu'il a vécu durant ces longues années, en mettant l'accent sur certains immigrants qui, d'une manière ou d'une autre, se sont distinguées durant sa carrière. En particulier Nella une femme qu'il a aimé et trahi, une histoire dont il ne s'est jamais vraiment remis.

J'ai acheté ce livre parce que j'ai toujours été très intéressée par Ellis Island, depuis qu'on m'en a parlé en cours d'anglais il y a bien longtemps. Je ne connaissais pas l'auteur mais j'attendais beaucoup de ce livre même si je n'avais aucune idée de ce dont il parlait, à part d'Ellis Island. J'ai découvert avec grand plaisir la plume de Gaëlle Josse qui nous livre ici un roman riche et fouillé sur l'histoire de l'île. On s'y croit et on suit les histoires des gens qui passent par là avec grand intérêt. L'ambiance New Yorkaise comme porte de l'Amérique est bien là, avec tous ses espoirs et ses injustices. Le narrateur, en contraste, n'est pas très attachant... mais il faut dire que seul une personne détachée et froide pouvait tenir ce poste "sérieusement"... un personne comme moi aurait fait passé tout le monde en douce !

C'est un beau roman qui rend un bel hommage à tous ces voyageurs dont je ne peux m'empêcher de me sentir proche de par l'histoire de ma famille. Le style est doux et fluide, respectueux, un vrai bonheur de se plonger dans ces pages d'autant plus que les éditions Notabilia rendent leur livre très douillet par le papier, la couverture etc.

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