Voyager... Lire...

01 octobre 2014

"Le maître de Ballantrae" de Robert Louis STEVENSON

Le maître de Ballantrae de Robert Louis Stevenson

Kindle Éditions, 1889

Ce mois-ci, pour le challenge "Un an en Écosse, nous devions lire un roman de Robert Louis Stevenson. Bien que ce soit moi qui ai sélectionné les auteurs, je ne me fais pas de cadeau parfois ! J'ai toujours une certaine appréhension lorsque j'ouvre un roman de Stevenson, j'ai peur des bateaux, des pirates, il y en a toujours dans ses romans et c'est ma phobie littéraire. Donc, pour minimiser les risques de "ça me soûle, du coup je lis d'un oeil, du coup je comprends plus rien", j'ai décidé de lire ce livre en français. Et vu que mes copines les frogs décrivent Le maître de Ballantrae comme un chef-d'oeuvre, allons-y courageusement !

Le maître de Ballantrae, c'est l'histoire du château de Durrsideer (en Ecosse) et de sa famille. Le roman débute en 1745, en plein soulèvement jacobite (je ne sais plus trop ce que c'est, mais finalement c'est pas très important pour suivre le roman.) La famille est composé du Mylord (le père de la tribu) de James, le fils chouchou, au charisme débordant et qui attire l'affection de tous (au départ) (à tort) et de Henry, le plus jeune, plus effacé, vu comme un loser. Alison, un cousine éprise de James, riche héritière, vit également avec eux. Le maître c'est James, mais l'un des frères va devoir aller se battre à la guerre. Henry veut y aller, James aussi, ils tirent à pile ou face (à la demande de James) et James part (pour en vouloir au monde entier ensuite.) Très vite, on le croit mort à la bataille mais il joue les pirates (j'ai cru mourir pendant ces passages!) puis part en Amérique, histoire de vivre comme un aventurier. Les poches vides, il va revenir pour les renflouer. C'est le début d'un cycle incessant dans le roman, la famille qui vit plus ou moins paisiblement, James qui part à l'aventure à travers le monde (France, Inde...), James qui revient réclamer des sous et détruite la quiétude de la famille. Car entre temps, Alison a épousé Henry et Henry aimerait être, une fois pour toute, considéré comme le maître de la maison !

J'ai eu du mal à rentrer dans le roman au début, les batailles c'est pas mon truc, puis le personnage a la folle idée de devenir pirate, dur dur pour moi ! Mais ensuite je me suis laissée embarquer dans ce roman d'aventure un peu fou ! Ça m'a pas mal dérouté ce style "roman d'aventure", je n'ai pas du tout l'habitude de lire de tels récits et j'ai trouvé que l'intrigue et le suspens prenaient trop souvent le dessus sur la qualité du récit. Les personnages ne sont pas forcément très profond (Alison en particulier, mylord également...) Ça va souvent très vite, et les événements priment.

J'ai retrouvé les bonnes vieilles habitudes victoriennes : les récits de différents points de vue, le fidèle serviteur plein d'humour par qui nous vient le récit qui fait office de fou (j'ai beaucoup aimé Mackellar)... mais le côté aventures était vraiment une nouveauté pour moi, et ça va trop vite. J'ai également trouvé que l'auteur reprenait trop facilement les ficelles du roman d'aventure et qu'il tombait parfois dans les clichés et les situations un peu trop faciles (ou peu crédibles) (oui d'accord, il a un peu inventé le genre, mais bon, ça n'empêche rien!)

Mais, je me suis finalement bien prise au jeu, j'ai eu pitié de Henry qui devient plus au moins fou à cause de la perfidie de son frère. James est un méchant bougre, c'est son rôle dans le roman, et on a bien du mal à s'attacher à lui. J'ai aimé me balader à travers le monde avec ces personnages et voir jusqu'où pouvait aller la méchanceté et la folie (allant de paire.)

Par contre, je suis loin de m'extasier devant un chef-d'oeuvre là, preuve que Stevenson et moi, on est quand même pas forcément sur la même longueur d'ondes (et pourtant on est nés le même jour!). Mais je suis fière d'avoir enfin lu un roman d'aventure de Stevenson, une première je vous dis !

Ce roman a été lu dans le cadre du challenge Un an en Ecosse, Chat de bibliothèques à également lu ce roman.

LOGO_GENE victorian frogs 1

Le mois prochain, nous lirons un roman d'Alasdair Gray qui va totalement nous changer d'univers !


29 septembre 2014

"Dirt" de David VANN

Dirt de David Vann (traduit par Impurs en français)

Éditions Windmill Books, 2013, 258 pages

Galen vit au fin fond des États-Unis avec sa mère dans ce qui semble être une belle maison avec des dépendances. On apprend bien vite que c'est la maison familiale dans laquelle vivait sa grand-mère mais celle-ci a été remisée dans une maison de retraite. La tante de Galen et sa cousine ont également été éloignées de la maison, bien qu'elles viennent souvent en visite (Galen les appelle la mafia). Galen est un jeune homme de vingt-deux ans atypique, solitaire et décalé. Il n'a jamais quitté sa mère, il n'y a pas d'argent pour l'envoyer à l'université, alors il se renferme sur ses quelques livres et s'entiche bientôt de son allumeuse de cousine. L'ambiance familiale est bien tendue et glaciale dès les premières pages et on s'attend bien vite au pire.... mais on se s'imagine pas une seconde ce qui va nous tomber dessus.

De nouveau David Vann signe ici un roman très noir. Chacun des personnages de ce livre est enfermé dans sa solitude et ne parvient pas à en sortir. Tout d'abord Galen, le personnage principal, est psychologiquement et financièrement prisonnier de sa mère. Il ne peut pas fuir, il n'a par d'argent. Il n'est plus scolarisé alors il n'a pas d'ami, sa seule compagnie est sa mère, sa tante et sa cousine, et quelque fois sa grand-mère. Il se sent d'ailleurs très proche de sa grand-mère, qui, comme lui, est isolée : Elle est mise en maison de retraite alors qu'elle est en forme, il est enfermé chez lui pour qu'il ne puisse pas s'épanouir et quitter le "cocon" familial un jour. J'ai adoré les remarques qui reviennent, lorsqu'il imite sa grand-mère dans la voiture pour exaspérer sa mère et lui rappeler qu'il est totalement conscient qu'elle a enfermé sa propre mère pour profiter de la maison et de la richesse de celle-ci. La tante et la cousine de Galen sont quant à elles dépeintes comme des vautours inquiétants qui rôdent, on ne sait pas pourquoi, autour de la maison alors que de toutes évidence, ce n'est pas dicté par quelconque liens affectueux. Enfin, on finira par savoir pourquoi elles rôdent.

Dans ce climat familial aride, Galen va tenter de se révéler et d'échaper à son état de membre de la famille dans un premier temps, puis d'être humain par la suite. Il va se livrer à de multiples expériences en marge du raisonnable pour que son esprit prenne le pouvoir sur son corps, sur ses besoins vitaux et sur son animalité. Tel un amérindien, il va tenter de se reconnecter à la terre, à la nature, aux éléments (à la poussière "dirt") et aux monde des esprits. Il tente de communier avec une forme de liberté, car de la liberté il ne connaît rien, en permanence étouffé par sa mère.

Et puis, comme David Vann nous y a habitués, la tension monte au plus haut jusqu'à ce que la situation explose. En deuxième partie du roman, c'est un huis-clos qui s'installe entre Galen et sa mère ("Far worse than being put in a box alone, to be put in a box with the insane" (p.209) qui en dit long sur ce qui se passe dans ce roman), et une tentative d'inversion de la situation. Galen tente à son tour de mettre en boîte cette situation familiale qui découle de plusieurs génération, il essaie de s'émanciper de cette famille, de sa mère, de ses liens familiaux que son corps porte inévitablement : Galen's mother, "keeping a son as a husband to punish a father" (p.229)... cette citation résume parfaitement la situation folle dans laquelle Galen se trouve. Et ce qui est le plus effrayant, c'est que l'on comprend Galen et que sa folie, finalement, ne nous semble pas si folle. Comme il le dit "All of this would look crazy, he realized. If you hadn't been here, if you hadn't seen each step happen, then none of it could make sense" (p.210)

Encore une fois, j'ai adoré ce roman de David Vann qui scrute l'âme humaine dans sa folie la plus profonde. C'est un roman riche sur la société de consommation et son inverse, sur un pays qui doit vivre avec les villes et la modernité les plus folles, et la nature la plus sauvages, l'histoire la plus aventureuses et la nature et les traditions amérindiennes, latentes, présentes dans l'air et bien décidées à s'exprimer dès qu'une faille apparaît. C'est un livre que j'ai lu comme un roman à deux dimensions, celle de la réalité et de la folie, et celle de la quête et de l'envolée de l'esprit. Un gros coup de coeur !

Posté par Cryssilda à 23:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

28 septembre 2014

"The Spectacular " de Keith RIDGWAY

The Spectacular - An Olympic Event de Keith Ridgway

Éditions Granta Books, 2012, 46 pages

Clive Drayton est écrivain et vit à Londres. Il vient de se séparer de sa femme et ses finances sont au plus bas car il a le malheur d'être un bon écrivain, du coup, pas vendeur par rapport aux livres people. Quand son éditeur lui demande de prendre son mal en patience, il n'y a que ça à faire car, il faut se rendre à l'évidence, il ne sait pas mal écrire! Quel insulte ! Clive décide de faire un livre populaire, un bon vieux polar, sans profondeur psychologique, avec du suspens, un livre vendeur ! Et ça tombe bien, les JO de Londres se préparent, c'est le décor parfait ! Sauf que, quand on est un écrivain pointilleux, ça peut entraîner quelques problèmes...

Keith Ridgway était l'auteur du mois de septembre pour Un an en Irlande. J'avais d'abord prévu de lire Standard Time, un recueil de nouvelles, mais ça n'était pas le bon moment, et je bloquais... je me suis alors retranchée sur cette nouvelle. J'ai beaucoup aimé, d'abord pour le côté écrivain qui se pose beaucoup de question, il est amusant malgré lui. J'ai également trouvé la deuxième partie très futée alors que l'auteur et l'intrigue perdent pied tout en restant tout à fait plausible. C'est très court, mais c'est un nouvelle qui en vaut la peine quand on aime les livres, car cet thème est au coeur de l'histoire.

Keith Ridgway n'a pas eu beaucoup de succès... pour l'instant un billet a été publié, celui de Chat de Bibliothèques qui a lu Hawthorn and Child (ces deux personnages apparaissent d'ailleurs dans The Spectacular.)

LOGO_GEN

L'auteur du mois prochain est Roddy Doyle.

Posté par Cryssilda à 13:26 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 septembre 2014

"La mer à courir" de Jean-Luc MARTY

La mer à courir de Jean-Luc Marty

Éditions Julliard, 2014, 260 pages

Paul vit en Polynésie avec sa mère. Son père est mort alors que Paul était très jeune, il a alors été élevé par sa mère et son beau père, un chercheur venu de la métropole. Lorsqu'il doit quitter son île pour l'île de France afin de poursuivre ses études, sa mère lui remet un vieux carnet de bord. Il doit retrouver une certaine Virginie, la fille de son beau-père, à laquelle le carnet doit revenir.

La métropole est loin de l'image que Paul s'en faisait. A son arrivée à l'aéroport, son chauffeur le transporte à travers la banlieue, c'est dans une cité un peu chaude qu'il sera logé par un de ses amis rencontré quelque temps auparavant à Tahiti : Le choc des cultures, le chocs des paysages !

Virginie nous permet, quant à elle, de "découvrir" le monde impitoyable de l'entreprise quand on est un jeune diplômé. Elle travaille à la rédaction d'un webzine, dans un grand immeuble moderne où tout est impersonnel, où il est impossible de lier des relations humaines saines.

Lorsqu'ils vont se rencontrer, il vont se raccrocher l'un à l'autre malgré le tabou : il a été élevé par son père qui l'a abandonnée, elle.

J'ai bien accroché à la première moitié du livre. J'avais très peur du monde de la banlieue dans lequel l'auteur tentait de nous plonger mais j'ai finalement trouvé que c'était bien rendu : Ici, l'auteur ne cherche pas à nous montrer que tout est noir dans les cités et j'ai aimé que l'on nous dépeigne l'entr'aide et la solidarité entre les communautés.

J'ai également aimé l'alternence des récits entre Paris et Tahiti, un contraste qui apportait un souffle d'air au lecteur et à l'intrigue.

Mais (oui, y'a un mais), je n'ai pas été passionnée plus que ça par Virginie et son milieu... et puis, quand les deux personnages se rencontrent en deuxième partie du roman, j'ai commencé à m'ennuyer ferme..... limite à m'énerver quand on nous place les deux prénoms côte à côte "Paul et Virginie". S'il y a un truc que je n'aime pas, c'est vraiment qu'on cherch à trop nous montrer dans un roman, sérieux, on aurait pas pu faire le rapprochement (si évident!) tout seul ?

Le roman, pour moi, s'éssoufle en deuxième partie... j'ai même été choqué par Virginie qui se dit, que finalement, y'a pas de mal à se taper son frère, que ça peut même être exitant (quand elle a encore des doutes sur ses liens de parentés avec Paul)... là je me suis dit que l'auteur se perdait un peu dans son intrigue et qu'il ne savait plus bien où il allait.

Je n'ai rien à redire sur le style, même si pour moi il n'a rien d'extraordinaire, ce n'est pas mal écrit.

Aussi, un avis en demie teinte pour moi à cause de l'intrigue qui a fini par avoir raison de moi... 

Ceci est une LC avec Leiloona et Stéphie.

Posté par Cryssilda à 09:42 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

10 septembre 2014

"The Black Book" de Ian RANKIN

The Black Book (Le carnet noir) de Ian Rankin

Editions Orion, 1993, 340 pages

Nous retrouvons notre John Rebus alors qu'il vient de se faire larguer par sa copine, le Dr Patience, et qu'il retourne habiter dans son petit appartement avec les étudiants qui le louent... et son frère Michael, un type peu recommandable au premier abord. Il doit enquêter sur une affaire de mafia écossaise à laquelle les commerçants doivent reverser un montant pour avoir le droit d'exercer. Mais voilà, ça le passionne pas des masses notre Rebus, surtout quand l'un de ses amis et collègues se fait agresser un soir dans un bar à la gloire d'Elvis parce qu'il mettrait son nez là où il ne faut. Il n'en faut pas plus à John pour se détourner de sa mission première pour rouvrir un dossier vieux de cinq ans qui concerne l'incendie d'un hôtel dans lequel on a retrouver un cadavre jamais identifié.

J'ai retrouvé l'un de mes flics chouchous avec grand plaisir, c'est toujours charmant de le suivre et de le voir se moquer ouvertement de tout le monde, jouer son vieux bougre bourru (a priori un peu dégueu quand on nous décrit son appartement!) et, dans ce livre, il m'a beaucoup fait penser à Bernard Black ! (si y'a une adaptation un jour, il faut absolument penser à Dylan Moran!). Ce roman ruisselle de petits dialogues délicieux et à mourir de rire, la répartie de Rebus et son cynisme n'ont pas pris une seule ride !

Néanmoins... ce volume est loin d'être le plus passionnant... j'avoue avoir suivi l'intrigue d'un oeil, j'ai largement préféré les passages qui n'avaient rien à y voir, juste pour les trait d'humour de Rebus. D'ailleurs, je ne suis absolument pas certaine d'avoir tout compris à l'intrigue tellement ça ne m'a pas passionnée.

Enfin bon, même si ce n'est pas son meilleur, je n'avais pas d'autres choix que de passer par cette étape, car je ne les lirai pas autrement que dans l'ordre !

  • Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  • Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  • Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  • Strip Jack (Piège pour un élu)
  • The Black Book (Le Carnet noir)
  • Mortal Causes (Causes mortelles)
  • Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  • Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  • The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  • Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  • Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  • The Falls (La Colline des chagrins)
  • Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  • A Question of Blood (Cicatrices)
  • Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  • The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  • Exit Music (Exit Music)

Ce fut ma lecture du mois de septembre (trèèèèès en retard, because of the rentrée des classes) pour le Challenge Un an en Ecosse en compagnie de Rachel qui a lu Portes Ouvertes, Iroise et Claire ont lu Le fond de l'enfer et Lcath a lu Fleshmarket Close.

LOGO_RANKIN

Le mois prochain nous lirons une oeuvre de Robert Louis Stevenson !

Posté par Cryssilda à 19:26 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,



07 septembre 2014

"Park Avenue" de Cristina ALGER

Park Avenue de Cristina Alger

Éditions Albin Michel, 2013, 458 pages

Traduit de l'anglais (américain) par Nathalie Cunnington

Nous sommes à New York et le roman gravite autour de la finance et de la famille Darling, spéculateurs tous puissants dans le milieu. A la veille de Thanksgiving, l'un des associés de la famille décide de se suicider en sautant d'un pont. Forcément, ça cache des magouilles qui ne peuvent plus être dissimulées. Le lecteur est alors propulsé dans les histoires de cette famille qui semblait pourtant si bien sous tous rapports. Paul, "pièce rapportée" dans la famille, mari de Merill (l'une des filles de Darling) et avocat général pour la boîte de sa belle-famille, va devoir mener l'enquête, malgré lui, se partageant entre son sens de l'équité et son sens de la famille.

Ce n'est clairement pas le genre de roman que j'aime lire mais il trônait dans ma bibliothèque et c'est le mois américain, alors il fallait bien que je m'attaque à lui un jour ! J'avoue, que sans tout comprendre quand cela devenait trop technique (non mais je déteste le milieu de la finance, à ajouter à ma haine des bateaux et de la guerre dans les livres), j'ai lu ce livre avec un certain plaisir et pourtant je ne sais pas trop ce qui m'a plu. Je voulais un bon gros roman américain avec l'ambiance de la ville, les restos etc... mais non, y'a pas ça. On ne s'attache pas non plus à la famille, un peu trop superficielle à mon goût (et surtout, on ne vit pas dans le même monde, c'est certain!). Je n'ai pas non plus trouvé l'intrigue au comble du suspens... bref je ne sais pas, mais toujours est-il que lire ces 458 pages ne m'ont causé aucun problème et que j'ouvrais ce livre sans ensuite le lâcher pendant des heures, alors on peut dire que c'est un bon thriller quand même !

Voici ma première participation pour le Mois Américain organisé par ma copine Titine !

 

Posté par Cryssilda à 08:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 septembre 2014

"N'oublie pas, s'il te plait, que je t'aime" de Gaétan SOUCY

N'oublie pas, s'il te plaît, que je t'aime de Gaétan Soucy

Éditions Notabilia, 2014, 89 pages

Ce texte, inespéré, est une publication posthume de Gaétan Soucy mais également un hommage que plusieurs auteurs et amis ont tenu à lui rendre. Le principe était pour Gaétan Soucy d'écrire une longue lettre d'amour, celle d'un vieux professeur à l'une de ses étudiantes de laquelle il s'est épris. Il devait ensuite composer la réponse de la jeune fille, qu'il a tout juste ébauchée comme publiée dans ce livre. Ce sont alors Suzanne Côté-Martin, Pierre Jourde, Catherine Mavrikakis et Sylvain Trudel qui prennent leur plume pour imaginer la réponse de la jeune fille, tout en respectant les indices semés par Gaétan Soucy et qui donnent la couleur de la réponse.

C'est un texte déroutant quand on connaît les autres oeuvres de Gaétan Soucy, et il ne faut pas s'attendre à retrouver un univers débordant de fantaisie et d'imagination cette fois. Gaétan se met à la place d'un amoureux transi, très rationnel au début (le personne est professeur de faculté, ne l'oublions pas !) puis à la limite de l'hystérie et de l'agressivité ensuite. Mais elle le fait exprès de ne pas comprendre ou bien ?! Moi, je me suis beaucoup amusée à lire cette lettre, sa folie montant m'a beaucoup fait rire. On a parfois envie de lui dire : "Bon ok, tu te calmes là ? Mais respire !" Que penser de sa crédibilité quand il en vient à citer Le Petit Prince pour appuyer ses propos et se justifier ?! (ahah)

Puis viennent les réponses écrites par la brochette d'auteurs que j'ai citée plus haut, très amusantes, pétillante, avec des clins d'oeil à la première lettre, comme des clins d'oeil à Gaétan Soucy.

J'ai été ravie de pouvoir lire ce dernier texte de cet auteur que j'aime tellement ! Je remercie son éditrice, Brigitte Bouchard, de nous l'avoir permis (et d'avoir répondu à mes mails désespérés aussi!)

Voici ma première participation (ma seule participation? Je vais faire de mon mieux, mais...) à Québec en Septembre organisé par Karine et Yueyin.

Posté par Cryssilda à 08:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,

26 août 2014

"Entre les murs" de François BEGAUDEAU

 

Entre les murs

de François Bégaudeau

Éditions Folio, 2006, 290 pages

Ce livre que tout le monde a lu bien avant moi raconte une année d'un professeur de français dans un collège populaire parisien (je n'ai pas vu le film.) Depuis que je suis prof, je cherche à lire des romans ou témoignages sur le sujet tellement ma première année m'a fait halluciner. J'avais lu il y a quelques mois, G229 de Jean-Philippe Blondel qui m'avait laissé de marbre par rapport à mon quotidien dans mon collège.

Le prof de ce livre enseigne dans un collège populaire dans lequel les élèves sont du style zonards, avec le langage qui va avec (sauf que quand même, même pour des zonards, il parlent bizarrement.) Il ne se sent pas particulièrement en danger quand il vient bosser non plus, à part avec l'un de ses élèves avec qui ça chauffe de plus en plus. Les autres s'intéressent plus ou moins aux cours, voire plus, même si les questions qu'ils posent peuvent laisser dubitatif, comme parfois les réponses du prof.

Encore une fois, j'ai trouvé de roman bien loin de ma réalité, à part quand on retrouve les profs en salle des profs : La panne de la photocopieuse m'a l'air d'être la seul réalité commune à tous les collèges de France ! Je me suis par contre, parfois, retrouvée dans le cynisme du prof qui m'a tout l'air de se demander ce qu'il fait là (à quelques jours de la rentrée, je me pose encore la question)... Et il y a une question qui m'a turlupinée pendant tout le roman : Il laisse ses élèves seuls dans la classe pendant qu'il en emmène un chez le CPE ??? Euh..... vraiment ??

Bref, en attendant cette rentrée, je continue à chercher le livre qui me parlera, et je mets tous mes espoirs dans Teacher Man de Franck McCourt, un auteur qui m'a beaucoup inspiré à un moment de ma vie où je doutais de beaucoup de choses.

Voilà, c'était mon billet "j'me-pose-des-questions, c'est-bientôt-fin-aout".

Posté par Cryssilda à 14:33 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : ,

24 août 2014

"L'été des noyés" de John BURNSIDE

 

L'été des noyés (A Summer of Drowning) de John Burnside

Edition Métailié, 2014, 287 pages.

Liv vit sur une petite île arctique en Norvège avec sa mère Angelika, atriste peintre illustre. Sur l'île, autour d'elles une petite communauté virevolte comme attirée par le charme et le côté mystérieux d'Angelika. Les vacances d'été débutent, et deux frères meurent successivement, noyés dans la mer en pleine nuit à quelques jours d'intervale. Pour Liv, bercée depuis sa plus tendre jeunesse par les récits magiques de son vieux voisin Kyrre, la Huldra (créature des forêts qui séduisent les humains dans le folklore scandinave) les a envoûtés et emportés un à un, jusqu'où ira-t-elle ?

Mais le roman n'a pas pour motivation de mener les enquêtes sur ces disparus. Le roman reste centré sur Liv et sa mère, alors qu'elles essaient tout au long du livre de préserver leur isolement et de plonger de plus en plus dans la solitude : Isolement envers la communauté, mais isolement mutuel également. Elles partagent la même maison mais vivent dans deux univers parallèles, se parlant à peine, ne se questionnant pas. Angelika est déroutante et on se surprend à plaindre la jeune Liv qui doit se construire, seule, sans l'aide de ses parents, dans un environnement plongé dans la magie.

Ici, comme dans tous les romans de Burnside, la nature et le style tiennent une place centrale dans le récit. Pour ma part, je lis John Burnside autant pour ses histoires que pour ses mots : les phrases regorgent de douceur, d'humanité et de respect pour la nature. L'île sur laquelle Liv vit, la forêt, la mer, les oiseaux sont les éléments essentiels pour créer l'ambiance à la fois duveteuse et effrayante de ce livre. La nature est plus imposante que l'homme et les isolent toujours un peu plus.

"He said once that the reason he wrote was that he wanted to take us all into a deep forest and leave us there, so we could see how beautiful it was. He wanted to carry people off to remote islands and the slopes of active volcanoes so they would stop what they were doing and start to care about the world. He wanted them to switch off the television and the piped music and see what was real."

La narratrice de ce roman est Liv. Aussi, l'auteur ne cherche pas à apporter des réponses à tous les évènements mystérieux qui surgissent dans l'environnement de Liv, mais tout comme elle, nous sommes plongés dans l'incompréhension. Nous n'en saurons jamais plus que Liv, qui se retrouve face à un mur quand elle questionne sa mère sur ses origines, qui ne veut plus questionner la seule personne qui pourrait lui parler de son père et mettre en péril sa vie "paisible" avec sa mère.

Un très joli roman qui se déroule entre réalité, rêve, démence et mythologie sous un paysage magique d'une île arctique. J'ai adoré !

Posté par Cryssilda à 14:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

22 août 2014

"L'île du serment" de Peter MAY

 

 L'île du serment (Entry Island) de Peter May

Editions du Rouerge, 2014, 422 pages

Il y a des romans que l'on attend avec grande impatience, et c'était le cas de L'île du serment ! Surtout quand l'auteur en parle sur Facebook en l'écrivant mais sans trop en dire, histoire d'énerver ses lecteurs !

L'île du serment, c'est L'Île d'Entrée, au Québec. Un île d'irréductibles anglophones.

Sime est flic, un peu déprimé, totalement insomniaque depuis sa rupture avec sa femme Marie-Ange. Il doit partir avec une équipe de policiers sur l'ïle d'Entrée pour enquêter sur la mort d'un homme, agressé chez lui, en pleine nuit. De mémoire d'hommes, il n'y a jamais eu de crimes sur l'Île. Sime est d'origine écossaise, et dans sa famille, ses ancêtres ont décidé de garder l'usage de l'anglais, en plus du français. Il est alors le flic tout désigné pour tenir les interrogatoires des principaux suspects dans cette affaire, en particulier Kristy, la femme de la victime.

Dès qu'il voit Kristy pour la première fois, il a l'intime conviction de la connaître. D'autant plus, qu'il va découvrir un bijou grandement similaire à la bague de ces ancêtres qu'il porte au doigt depuis la mort de son père. Pourtant, il n'a jamais eu de contact avec Krysty avant.

Pourquoi toute cette histoire lui rappelle de vieux carnets que sa grand-mère lui lisant quand il était enfant ? Ces carnets, des journaux de son ancêtre Sime venu d'Ecosse pour s'installer de force au Canada, et qui le fascinent depuis toujours.

Alors, entre l'enquête, on est plongés dans l'histoire de l'Ecosse des années 1800, dans le destin de cette pauvre famille de l'Île de Lewis que l'on déloge de force pour l'expédier au Canada et les remplacer par des moutons. Puis on suit sa nouvelle vie au Québec, la perte de la jeune fille qu'il aimait en cours de route, son installation dans sa cabane en bois...

J'ai mis près d'un mois à lire ce livre il y a quelques mois car la version anglaise est intransportable, et puis le soir, ben je n'avais souvent pas le temps de lire. Mais voici qu'une "prophétique" grippe m'est alors tombé dessus, et une grande partie de la prescription pour guerrir est "reste au lit avec du thé et un bouquin".

Quel plaisir j'ai alors eu de terminer ce roman, en entendant les volets claquer à cause du vent, et les rafales de pluie s'abattre sur les vitres. Et moi, j'étais au Québec, puis sur Lewis, maintenant et y'a bien longtemps à suivre la destinée de ces personnages. C'est un livre très émouvant, parfois bien triste mais l'histoire est très belle. On pressent ce qui se passe dès le début du roman, mais on veut savoir le pourquoi et le comment. Alors l'auteur nous balade, dévoile des pièces, en dissimule d'autres pour nous faire traverser ce roman sans se rendre compte que l'on tourne les pages.

Et puis, ce n'est un doute pour personne, j'aime l'histoire écossaise et je m'étais déjà émue de ces clearances dans Consider de Lilies de Iain Crichton Smith... mais j'aime également l'histoire Américaine. Les colonisateurs, pas les explorateurs, mais ceux qui sont arrivés pour s'installer en démarrant de rien, ça m'a toujours intrigué et fasciné.

Posté par Cryssilda à 13:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,



Fin »