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24 septembre 2016

"Riquet à la houppe" de Amélie NOTHOMB

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Riquet à la houppe d'Amélie Nothomb

Éditions Albin Michel, 2016, 188 pages

Déodat est un enfant brillant mais très laid. Il grandit au milieu des moqueries de ses camarades jusqu'à ce qu'il se découvre une passion irrésistible pour les oiseaux. Au cours des années, la laideur et la singularité de Déodat vont néanmoins, petit à petit, le rendre populaire parmi ses camarades, il va également connaître un certain succès auprès des filles. De son côté, Trémière est très belle et un peu simplette, ou plutôt, elle ne brille pas de perspicacité. Il faut dire qu'elle est élevée par sa grand-mère, vieille femme excentrique qui vit dans le rêve et qui entraîne sa petite fille dans son monde.

On retrouve ici l'univers (prévisible?) d'Amélie Nothomb. Je ne l'avais plus lue depuis cette sombre histoire de tv réalité dans un camp de concentration (sans aucun intérêt.) Mais, après une longue pause, j'ai décidé de lui redonner une chance. Même si ce roman fut une lecture agréable, c'est loin d'être un livre original. On retrouve les prénoms étranges, des personnages et leur personnalité originale. Leur familles aussi ne sont pas des plus banales... des parents emprunts d'extravagence, trempant dans l'art, la poésie et, comme ce n'est pas très original pour Amélie Nothomb, dans l'anorexie. On retrouve également des personnages écorchés et brillants à leur façon.

Je me souviens que je n'aimais toujours que très moyennement les fins d'Amélie Nothomb... même si elle nous a déjà fait pire, j'avoue que la fin du roman m'a encore une fois dérangée... dans le dernier chapitre, on pense que c'est fini et que l'auteur prend la parole... et hop, comme si elle changeait d'avis, on replonge dans le roman!

C'est alors un roman très sympathique a lire, il y a parfois des sorties amusantes et originales mais je pense que ce sera encore, cette fois, une histoire vite oubliée.

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17 septembre 2016

"Tant que dure ta colère" de Åsa LARSSON

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Tant que dure ta colère de Åsa Larsson

Traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Éditions Albin Michel, 2016, 331 pages

Simon et Wilma, jeune couple même pas âgé de vingt-ans, décident de partir plonger dans un lac suédois gelé par le froid de l'hiver. On dit qu'un avion de l'armée allemande repose en son fond depuis la seconde guerre mondiale. Simon et Wilma ne reviendront jamais de leur expédition gardée secrète, personne ne sait d'ailleurs vers où diriger les recherches. Quelques mois après, le corps sans vie de Wilma est retrouvée dans une rivière des environs. Rapidement, les enquêteurs, dont la procureure Rebecka Martinsson, en arrivent à la conclusion que le mort de la jeune femme ne résulte pas d'un simple accident. L'enquête commence alors parmi la communauté tourmentée des alentours du lac Vittangijärvi, tout au nord de la Suède. Les enquêteurs sont "aidé" par la sensation que Wilma est là, près d'eux, et qu'elle essaie de leur dire quelque chose. Bien vite, les flics comme le lecteur comprennent que de lourds secrets ont été étouffés tout au long des années par les habitants de la région, en particulier par les peu recommandables frères Krekula.

J'avais déjà rencontré Rebecka Martinsson dans Horreur boréale il y a quelques années et je me souviens avoir bien aimé la lecture. Cette fois aussi j'ai passé un bon moment dans ce roman. J'ai apprécié l'intrigue, bien pensée et bien menée. L'ambiance particulière de l'hiver suédois dans une petite bourgade est également bien rendue. L'isolement environnant et les personnages un peu glauques participent à construire une histoire très angoissante, d'autant plus que les enquêteurs sont également assez malmenés. Paradoxalement, le retour de Wilma, ou plutôt de son esprit, apporte un peu de douceur dans l'intrigue. Elle fait maintenant partie intégrante de la nature, comme le vent, les oiseaux... elle erre dans le livre pour guider ou rassurer ceux qui lui ont survécu afin que le mystère de sa mort soit découvert. J'ai beaucoup aimé les passages consacrés à Wilma, les corbeaux etc...

Néanmoins, j'ai trouvé que le style était parfois très maladroit, les dialogues entre les personnages peuvent sonner creux, tout comme les relations entre eux. Ce roman est la quatrième enquête de Rebecka Martinsson et j'ai bien senti que j'avais manqué des informations, ne les ayant pas tous lues. Je ne comprenais parfois pas très bien les sautes d'humeur des différents intervenants, ni leur attitude, et c'est dommage pour un polar dont on est censés pouvoir lire les épisodes séparément. Mais cela reste quand même une bonne lecture "polar nordique".

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30 août 2016

"Le livre de la jungle" de Rudyard KIPLING

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Le livre de la jungle de Rudyard Kipling

Kindle Éditions, 1894, 380 pages

Cet été j'ai décidément décidé de me lancer des défis ! Après L'île au trésor, je me suis attaquée à un autre livre (et auteur) qui me fait très peur depuis toujours : Le livre de la jungle ! Mais, après ma (re)rencontre avec Kipling lors du mois anglais avec mon presque coup de coeur La lumière qui s'éteint, je ne pouvais que lui donner une deuxième chance ! Une deuxième chance d'aimer profondément un autre de ses livres.

Alors, j'ai choisi la bête ultime : Le livre de la jungle... à bien y réfléchir, je crois que je n'en ai même JAMAIS regardé une adaptation cinématographique, même pas celle de Disney (même si j'en connais des scènes, petits frères obliges.)

Pour moi, dans Le livre de la jungle, il y a effectivement un petit garçon élevé par des animaux dans la jungle (where else?), parmi eux, son meilleur pote, le singe Mowgli (oui, je pars de loin!). J'avais grandement besoin d'une petite mise à jour...

L'histoire...

En fait, et c'est très inattendu, l'histoire n'est pas du tout uniquement celle de Mowgli, un petit garçon enlevé à une famille de bûcherons par le tigre boiteux du nom de Shere Khan, et élevé par une famille de loups dans la jungle. Le livre de la jungle, c'est l'histoire de Mowgli dans deux ou trois nouvelles (car oui, surprise! Le livre de la jungle n'est pas un roman sinon un recueil de nouvelles!) et le reste, ce sont des histoires d'animaux, dans la jungle du monde, dans la jungle humaine souvent.

Mais il y a l'histoire de Mowgli, oui, parmi les loups, avec l'ours Baloo qui lui apprend les langages de la jungle, protégé de Shere Khane par la majestueuse panthère Bagheera. Il est enlevé du monde des humains pour grandir comme un intrépide enfant sauvage selon les lois de la jungle. On y croise aussi Kaa, le python et les bandar-log, tribus de singes hilarants ! Que j'ai aimé ces singes ! Ils sont dépeints avec tellement de tendresse, de justesse, d'humour ! Il est juste impossible de ne pas s'attacher à ces singes farfelus, maladroits et étourdis, essayant désespérément à se faire remarquer par le peuple (de la jungle) d'en bas ! Je suis FAN !

Ces nouvelles sont également l'histoire de Mowgli qui doit survivre dans la jungle à laquelle il appartient, qu'il aime et respecte, mais dont il est rejeté. De plus, c'est l'histoire de la rivalité entre le jeune garçon et Shere Khan qui l'a enlevé pour le dévorer alors qu'il n'était qu'une grenouille toute nue. C'est aussi l'histoire de la tentative de retour de Mowgli parmi les hommes.

Le reste du recueil, c'est qu'aventures d'animaux... des phoques (non mais oui ! Moi qui aime tellement les phoques!) qui tentent de fuir les humains qui les massacrent (quand ce livre a-t-il été écrit, déjà? hum...), une mangouste qui adopte des humains et qui les défendra coûte que coûte conte les vilains serpents mangeurs d'oiseaux (haha, ces oiseaux et leur chants qui font perdre patience à notre pauvre mangouste!), des éléphants....

Bref, ce livre est un hymne à la nature et aux animaux! Les humains ont bien peut la parole dans toutes ces intrigues, l'animal est roi et bien plus sage que l'Homme. Je me suis sentie en osmose totale avec cet univers animal, végétale... qui nous donne une aperçu de ce que serait le monde sans la folie destructrice de l'homme. C'est un livre TELLEMENT pour moi !

 

Et puis, c'est rempli de sagesse, de la sagesse d'une telle évidence telle que ça fait pâlir de honte les humains que nous sommes...

"[...] Ce que je voudrais savoir, c'est pourquoi il faut nous combattre.

- Parce qu'on nous le dit.

[...]

- Oui, mais qui donne les ordres ? [...]

- L'homme qui marche à votre tête.

- Mais, à eux, qui donne des ordres ?

- Voilà que tu veux trop en savoir [...] Tout ce qu'il faut, c'est obéir à l'homme qui vous tient la figure, et sans faire de questions."

 

De paroles d'animaux en souffrance...

"Je me souviens de qui je fus. J'ai brise corde et chaîne.

Je me souviens de ma forêt et de ma vigueur ancienne.

Je ne veux plus vendre mon dos pour une botte de roseaux,

Je veux retourner à mes pairs, aux gîtes verts des taillis clos:

Je veux m'en aller jusqu'au jour, partir dans le matin nouveau.

Parmi le pur baiser des vents, la claire caresse de l'eau :

J'oublierai l'anneau de mon pied, l'entrave qui veut me soumettre.

Je veux revoir mes vieux amours, les jeux de mes frères sans maître."

 

"- Quelle mouche vous pique lorsqu'on parle d'homme blanc? Je vis avec eux.

- Ils... nous... mangent !"

 

Enfin, comme dans La lumière qui s'éteint, Kipling nous offre de très jolis instantanés de nature...

"Il fait presque toujours du brouillard à Novastoshnah, sauf quand le soleil parait pour donner à toutes choses, l'espace d'un instant, des aspects de parle et d'arc-en-ciel."

 

Voilà, ai-je besoin de préciser que j'ai beaucoup aimé ?

Et sinon, pour vous prouver mon inculture, je crois que dans ma tête j'avais fait une véritable tambouille entre Mowgli et Tarzan (quoi, c'est pas le même enfant?!) alors je vais lire bientôt Tarzan, seigneur de la jungle... car, faut pas mourir inculte, hein ! (qui me suit pour une LC?) (J'essaie d'enbarquer Lili, mais c'est pas gagné ! Héhé!)

Lili a également lu cet ouvrage et vous en parle aujourd'hui sur son blog.

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26 août 2016

Zorba le Grec (film)

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Zorba le Grec

Film de Michael Cacoyannis, 1964, 2h04

Avec Anthony Quinn, Alan Bates, Irene Papas...

Certains se souviennent peut-être comme j'avais adoré Alexis Zorba lors de ma lecture il y a quelques années. Depuis, je voulais voir le film... ce que j'ai enfin pu faire cet été car il traînait dans les caisses de DVD de mon oncle.

Je me mets en condition, il fait bien chaud, une journée parfait pour baisser les volets et s'envoler vers la Grèce en compagnie de Zorba, ce grand philosophe de mon coeur.

L'histoire...

Sous un malentendu, Zorba embarque pour la Crète avec son "patron", un jeune anglo-grec qui revient s'installer sur les terres de son père pour reprendre l'exploitation d'une mine. A leur arrivée, ils sont accueillis en grande pompe dans le petit village, tout le monde veut sa part du gâteau qui peut apporter le jeune patron. Il ne se passe pas grand chose dans ce village, il y a quelques veuves qu'on surveille bien minutieusement, on picole dans le café, et voilà, c'est tout.

Zorba, lui, adore les veuves, c'est sa grande passion dans la vie... alors il va fricoter avec leur première logeuse, Bouboulina.

C'est un film pour lequel Anthony Quinn a reçu un oscar pour sa prestation de Zorba... Ok... il essaie de son mieux d'incarner le personnage, sa folie, sa bonne humeur etc... mais il manque quelque chose, cette folie des mots qui le rend pétillant dans le roman et qui a bien du mal à être retranscrite dans le film. Finalement, il ne se passe pas grand chose non plus dans le roman mais Alexis Zorba est savoureux. Ses sorties sont... étonnantes, choquantes parfois, même tellement amusantes et... philosophiques même parfois !

Force est de constater que je me suis sacrément ennuyée devant ce film... je l'ai regardé jusqu'au bout mais plus que d'un oeil à partir de la moitié.... Fichtre, qu'il n'est pas sage d'adapter les livres parfois ! Du coup, ça m'a donné envie de relire le roman, ce chef-d'oeuvre.

Ah j'allais oublier, il y a un passage qui m'a fait mourir de rire, celui de la traversée en bateau sous la tempête, avec les personnages qui miment les mouvements du bateau, c'en est limite une chorégraphie et c'est vraiment marrant !

Bref, sinon, lisez le livre.

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24 août 2016

"L'île au trésor" de Robert Louis STEVENSON

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L'île au trésor de Robert Louis Stevenson

Kindle Éditions, 1883, 262 pages

Jim Hawkins vit avec ses parents dans l'auberge qu'ils tiennent quelque part sur la côte anglaise. Un beau jour, un pirate colérique, mystérieux et alcoolique s'y installe. Il s'appele Billy Bones. Il terrifie toute la maison, en particulier le jeune Jim partagé entre sa curiosité et sa peur. Billy Bones lui confie une mission, celle de guetter tout signe d'un pirate à la jambe de bois, la seule personne qu'il semble craindre au monde. Lorsqu'une horde de pirates débarque à la porte de l'auberge, c'est la panique à bord, ils veulent voir Billy Bones, veulent lui soutirer quelque chose... ils lui laissent un sursis, mais la tâche noire lui rappelle que sa vie ne tient plus qu'à peu de chose... surtout que le vieux bougre abuse du rhum depuis bien trop longtemps et que sa vie s'en trouve bancale depuis quelques jours. Le vieux Billy meurt et Jim s'enfuie avec le contenu du coffre que Billy surveillait jour et nuit. La maison est mis à sac par les pirates et Jim se fait aider du Docteur Levesey et Sir Trelawney. Le vieux coffre renfermait une vieille carte, celle de l'île au trésor ! Les deux hommes en mal d'aventures décident alors d'affrêter un navire, l'Hispaniola, de rassembler un équipage, de prendre Jim sous le bras et de partir à la rechercher de l'illustre trésor. Malheureusement pour eux, le personnel du bateau n'est constitué que de vieux pirates... dont Long John Silver, le fameux, à la jambe de bois... A l'approche de l'île, l'ambiance tourne à la mutinerie...

S'il y a avait UN livre qui me faisait peur, le voici ! Des pirates en veux-tu en voilà, des bateaux, des mutineries.... exactement TOUT ce qui me pousse à reposer un livre si d'aventure il se retrouve dans mes mains. Mais voilà, j'aime les défis et, malgré ce que j'en ai dit pendant des années, j'aime Stevenson... et je survis même à ses histoires de bateaux et de pirates (mais il faut quand même que je les lise en français, sinon il continue de me perdre.)

Je me suis alors bien prise au jeu de ce roman et le suspense était intacte car je n'avais même jamais osé regarder un film de l'île au trésor !  Donc voici que je rencontre l'illustre Long John Silver, celui là même que je rencontre dans beaucoup de romans écossais, ne serait-ce que par une allusion. J'avoue que l'idée de le lire vient de Björn Larsson dont j'adore les romans et qui en a écrit un sur Long John Silver, du coup, je n'avais pas trop le choix que de passer par la case Stevenson avant.

J'ai beaucoup aimé lire ce roman, Jim le sale gamin intrépide, Long John cynique, faux, rusé comme un renard. Le Docteur Levesey et Sir Trelawney un peu nunuche, il faut bien le dire... Un cocktail qu'il fait bon mettre ensemble lors d'un voyage de roman d'aventure. J'ai "un peu" survolé les scènes de boucherie et de mutinerie par contre car outre les pirates, je n'aime pas les bagarres ou autres guerres dans les romans. Mais, globalement, cela s'est très bien passé pour moi, la traversée, les pirates, tout ça.

Par contre, j'aime les îles désertes et les conditions un peu extrême, alors j'ai été ravie de faire la connaissance de Ben Gunn, vieux pirate abandonné ici à son triste sort par Billy Bones, vieux sauvage fou, mais pas tant que ça !

Je pensais par contre que la chasse au trésor elle-même était le coeur du livre et j'ai été un peu surprise de son peu de place dans le roman finalement... Tout n'est en fait qu'histoires de trahisons, de traversée, de rhum et de vieilles chansons de pirates !

A la fin de mon édition, Robbie (oui, ça y est, je lui donne son petit nom) nous raconte un peu sa vie et la genèse de ce roman. Il avait beaucoup écrit auparavant, mais des textes que personne ne lisait comme il nous le raconte. Il avait bien envie de tenter d'écrire un roman (pour avoir des lecteurs!) mais il hésitait, c'était quand même du travail et il ne s'en sentait pas le courage. Et puis, un jour, il passait d'un temps avec un enfant et il s'est mis à dessiner avec lui... une île au trésor ! Et voici comme l'idée du livre à commencer à germer dans sa tête. Il nous raconte ensuite, très humblement, comment il a organisé son travail, pour arriver à ses fins.

J'ai survécu, vaillamment comme une intrépide pirate ! Je crois que maintenant je vais pouvoir continuer à écumer les autres livres de Stevenson pépère.

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22 août 2016

"Capitaine frites" de Arnaud LE GUILCHER

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Capitaine frites de Arnaud Le Guilcher

Illustrations de Charles Berberian

Éditions Robert Laffont, 18 août 2016, 326 pages

Pour échapper à sa future ex-femme psychopathe, Arthur décide de quitter Paris pour le Khongia, pays imaginaire du fin fond de l'Afrique. Il est missionné par Motal, la puissante compagnie pétrolière française, pour recoller les morceaux avec le gouvernement local. C'est l'usage à chaque nouvelle catastrophe provoquée par l'entreprise, on tente d'étouffer les dégâts en proposant une compensation (folle) qui profitera au pays et à ses habitants. Arthur est là pour implanter un gros poisson amazonien au Khongia, le pirarucu. Pendant six mois, Arthur n'a pas fait grand chose à part glander, picoler le soir jusqu'à plus soif, dragouiller sa copine fée-Morgane avec laquelle il a bien du mal à conclure. Alors, c'est un peu le gros stress quand un matin, il apprend qu'il doit rencontrer le président de Khongia dans sa tour Babybel. A partir de là, tout commence à rouler plutôt bien pour Arthur jusqu'au jour où sa future ex-femme décide de débarquer pour lui pourrir la vie... déclenchant limite une guerre civile dans le pays ! Un roman burlesque de folie sur rythmes de djembé et de Michel Sardou (voir les deux en même temps!)

Je n'avais jamais lu de romans d'Arnaud le Guilcher auparavant mais lors de la présentation de la rentrée littéraire par Robert Laffont en juin dernier, s'il y a un roman qui m'a tapé dans l'oeil, c'est bien celui-ci ! La folle vidéo qui nous avait été diffusée de l'auteur en train de nous présenter son livre n'y est pas étrangère !

Tous les puristes de la littérature devraient  se tenir loin de ce roman... car ici tout n'est que situations incongrues (voire hallucinantes), jeux mots (parfois douteux mais bien souvent très subtiles!) et folie ambiante! D'un style très oral, Arnaud le Guilcher nous offre un roman frais et amusant, très étonnant aussi quand on découvre ! Arthur, c'est un peu le Pierre Richard de la biologie, on se demande, et lui aussi, ce qu'il a bien pu faire dans une autre vie pour mériter ça ! Il les enchaîne, le pauvre... parfois c'est de sa faute (ou de la faute des expériences alcooliques qu'il tente), mais parfois, le sort s'acharne vraiment ! Il faut dire qu'il n'est pas aidé par son ex, elle en tient une couche celle-ci en ce qui concerne la rancune, l'amerture et la frappa-dingue-attitude.

Les autres personnages sont également hauts en couleur, tous ou presque dotés de prénoms improbables en fonction des desiderata du gouvernement en place. Et puis, la folie du lieu implique la folie du livre, un pays où tout n'est que survie, débrouille, bricolage... Outre es autochtones bien allumés, il y a aussi Roani (!), le représentant amazonien du projet, des rastas blancs qui jouent du djembé (aérien parfois!), un roi du commerce muti-fonctions...

Enfin, j'ai pour ma part vu dans ce roman une critique du monde toujours plus absurde du monde dans lequel on vit. Pour avoir longtemps travaillé avec des pays Africains, j'y ai pu reconnaître l'organisation (ou la non organisation) ambiante, la bidouille, la corruption.... le truc qui te débecte dans la vraie vie mais qui te fait bien rire dans un livre.

Bef, j'ai ri, j'ai beaucoup ri dans ce tourbillon de folie. C'est un roman à l'imagination débordante, plein de jeux de mots bien trouvés (les titres des chapitres sont juste excellents!), de détournements de nos références culturelles. J'ai passé un excellent moment avec Arthur !

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18 août 2016

"J'ai longtemps eu peur de la nuit" de Yasmine GHATA

j'ai longtemps eu peur de la nuit

J'ai longtemps eu peur de la nuit de Yasmine Ghata

Éditions Robert Laffont, 18 août 2016, 156 pages

Suzanne, femme d'une quarantaine d'années, anime des ateliers d'écriture. Elle rencontre une classe de troisième d'un lycée parisien à laquelle elle propose l'activité suivante : Choisir un objet de famille et le ramener au lycée, les élèves devront ensuite, au cours des séances, écrire ou imaginer l'histoire de cet objet. Au fond, une jeune garçon à la peau noir semble tétanisé, il s'appelle Arsène. Le seul objet qui lui appartient et qui lui vient de sa famille est une vieille valise en cuir, celle qui l'a sauvé de la mort au Rwanda, sa meilleure amie, l'incarnation de son exile. Suzanne va, avec beaucoup de patience, apprivoiser le jeune garçon et il a, à elle seule et pour la première fois, confié son histoire, celle qu'il n'est pas capable d'écrire.

Arsène avait huit ans quand sa grand-mère lui a ordonné de partir, de fuir à toutes jambes son village, de laisser sa famille derrière lui pour échapper à la mort. Elle lui a remis la valise familiale, remplie à la hâte de quelques vêtements, de quelques gâteaux secs et d'une gourde d'eau.

"Cette valise ne fut jamais utilisée [...] Elle ne servait à rien, mais présentait l'avantage de rendre tout départ possible" (p.27)

La suite, c'est la fuite du jeune garçon, à travers les champs et la forêt, effrayé, affamé, et seul, si seul. Sa valise va tenir le rôle d'une mère protectrice. Il se glissait dedans pour dormir la nuit et pour se protéger de la faune alentour, prête à le grignoter comme dans ses pires cauchemars... des milices hutu.

Suzanne, elle aussi garde de vieux fantômes cachés au fond d'elle, qui ressurgissent d'un coup en enseignant, justement, dans la cité scolaire qu'elle fréquentait dans son enfance. Son père est mort dans un appartement tout près alors qu'elle était toute jeune. Elle n'en a toujours pas fait son deuil.

Les deux histoires alternent et communiquent entre elle dans ce texte. Même si l'enfance de Suzanne n'a rien à voir avec celle d'Arsène, la perte de ce père lui permet de comprendre le jeune garçon et de gagner, petit à petit, sa confiance.

C'est un très joli roman, tout en poésie, très émouvant. L'histoire d'Arsène nous prend au tripes, elle m'a personnellement fait verser quelques larmes. Malgré les évènements tragiques relatés, c'est une histoire sobre, douce et chaleureuse, pleine de respect pour ce Rwanda meurtri. C'est un livre très fort et je découvre, grâce à cette nouvelle rentrée littéraire, la très belle plume de Yasmine Ghata.

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16 août 2016

"(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire" de Stéphanie PELERIN

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(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire de Stéphanie Pélerin

Éditions Mazarine, 2016, 200 pages

Un beau matin, Ivana se fait larguer par son mec avec lequel elle vit depuis huit ans. Même si ce n'était plus l'amour passion comme au premier jour, Ivana ne s'y attendait pas et c'est un sacré coup de massue qu'elle se prend sur la tête. Alors, c'est la panique ! D'autant plus que les vacances scolaires arrivent pour cette prof de lettres et qu'elle ne supporte pas sa solitude. Alors, maladroite, elle va enchaîner les plans d'un soir (ou d'une visite de l'agent immobilier...) c'est tellement facile de trouver un homme sur les sites de rencontres de nos jours ! Mais Ivana va rapidement se rendre compte que oui, c'est facile de trouver ce genre d'hommes, mais, de toutes évidences, aucun d'entre eux sera le nouvel homme de sa vie... Même pas Jonathan qui était pourtant mimi tout plein. Heureusement, elle a les copines, les soirées cocktails, les mojitos, weight watchers et les sport qui l'aideront à reprendre confiance en elle et à ne pas tomber plus bas que terre.

Rien ne me destinait à lire ce livre... sauf que je croise Stéphanie Pélerin depuis des années grâce aux blogs et que j'ai même déjà bu des cocktails avec elle... alors bon, vu que je suis tombée sur son livre, je me suis dit pourquoi pas !

On reconnaît ici la maîtrise de la langue de Stéphanie (elle n'est pas prof de français pour rien)  mais j'avoue n'avoir pas trop adhéré à l'histoire, même si j'ai lu ce livre très vite. En même temps, je crois que l'auteur s'y serait attendu ! Mon problème, c'est que je sentais trop l'auteur derrière le livre... je me doutais qu'il y aurait des cocktails, de la zumba etc... Je ne peux pas lui reprocher bien sûr, mais j'ai eu beaucoup de mal à me détacher suffisamment pour voir ce livre comme juste un roman... comme si je ne découvrais pas vraiment l'histoire...

C'est un roman léger et plein d'humour, de bon ton pour l'été et qui ravira, je n'en doute pas, les adeptes du genre !

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13 août 2016

"Les Adeptes" de Ingar JOHNSRUD

les adeptes

Les Adeptes des Ingar Johnsrud

Traduit du norvégien par Hélène Hervieu

Éditions Robert Laffont / La bête noire, 2016, 560 pages

Le commissaire Fredrik Beier n'est pas loin d'être mis au placard, on le trouve un peu fragile en ce moment, surtout depuis qu'il a perdu son petit garçon dans un accident domestique tragique et qu'il a divorcé. On le met alors sur une banale affaire de disparition, celle de Annette Wetre, fille d'une responsable politique, de toute évidence enrôlée dans la secte Sorla "La Lumière de Dieu" avec son petit garçon de cinq an. Mais, une tuerie a lieu dans le domaine de la secte, cinq hommes sont sauvagement assassinés dont l'un des trois pasteurs de la secte. Le reste de la communauté a disparu, évaporée, et la fille d'Annette reste introuvable. Fredrik se retrouve, de fait, en enquêter sur la secte et sur ces meurtres. Kafa (dans ma tête, je lisais imanquablement Kafka.. faut pas chercher), jeune pakistanaise des services secrets suédois, lui est imposée pour mener cette affaire à bien. C'est que le dossier prend rapidement une tournure plus inquiétante, et si le massacre avait un rapport avec des terroristes islamistes ?

Soyons honnête, les premières pages de ce roman m'ont fait TRES PEUR : Une mosquée, un assassinat, puis une tuerie en Norvège... Je REFUSE totalement que "le roman sur le terrorisme islamiste" soit le nouveau courant littéraire en vogue suite aux évènements du moment. J'avoue que la rentrée littéraire de cette année me fait un peu peur à cause de ça... traumatisme de ma date de naissance malheureusement liée au carnage... Bref, lire sur des terroristes, sur notre quotidien déprimant, je veux pas.

Mais bon, j'avais ouvert ce livre, autant lui donner une chance et comme je fus inspirée de continuer ma lecture ! Ce polar est d'une efficacité indéniable ! On avance à toute allure, et on avale bien rapidement les 560 pages du livres ! (hum... j'ai lu ce livre en à peine trois jours...) C'est un roman intelligent et d'une construction remarquable. On suit l'enquête de nos jours et celle-ci nous mène au coeur de la guerre 39/45 parmi les savants fous responsables de nombreuses atrocités nazies. On passe de l'enquête tranquille pépère des hauts dirigeants de la police qui ne semble pas trop passionnés ni inquiétés par ce qui se passe, à des scènes de polar et de suspens purs et durs quand Fredrick et Kafa, eux, veulent percer le mystère. Nous assistons alors à des scènes d'une rare violence, c'est qu'ils traquent un tueur sanguinaire (et zarbi) qui n'hésite pas à frapper, et à frapper fort ! Puis hop, on plonge dans la folie nazie, puis dans le fanatisme sectaire. L'auteur aurait pu s'y perdre, vraiment... un si long roman, ce n'est pas facile de ne pas s'embourber au bout d'un moment... mais voilà, tout est méticuleusement réfléchi et ça marche parfaitement ! Et dire que c'est un premier roman !

De plus, l'auteur a su éviter tous les piège faciles dans lesquels l'intrigue aurait pu le mener, l'islamisme et les préjugés, j'ai eu peur de revivre la tuerie de de l'île Utoya en Norvège (ça se profilait et j'aurais pas aimé!) mais non ! Je croyais aussi qu'on allait d'engoufrer dans une histoire de police infiltrée par les méchants tous désignés, mais non ! Bref, c'est futé !

Et c'est très violent aussi... avant je me rendais pas bien compte quand je lisais des histoires de tueries ou d'attentats mais maintenant je ressens une peur bien plus palpable, plus dans mon réel... Le passage qui se passe à l'opéra (vous verrez si vous lisez ce livre!) fut par conséquent riche en émotions de ma part...

Enfin, j'ai adoré cette ambiance norvégienne ! J'ai passé mon temps à fouiner sur google pour avoir une idée des endroits où se passait l'intrigue.... et de fil en aiguille, j'ai regardé une tonne de photos qui n'avaient plus rien à voir et... je veux y aller ! (oui, c'est bien étonnant, me direz-vous!)

Il y a néanmoins quelques petites maladresses que l'on pardonne et que l'on oublie parmi la richesses du livre : les gens pissent trop souvent dans leur slip quand ils ont peur (mdr), et les mecs ont trop souvent un regard grivois devant les femmes ! Je m'y suis également un peu perdue dans la multitude des personnages...

Bref, un très bon roman, j'ai aimé !

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10 août 2016

"Le lagon noir" de Arnaldur INDRIDASON

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Le lagon noir de Arnaldur Indridason

Traduit de l'islandais par Eric Boury

Éditions Métailié Noir, 2016, 319 pages

Un homme est retrouvé dans un lagon isolé dans une banlieue de Rekjavik.  Il s'agit de toute évidence d'un meurtre, le corps est meurtri et ne présente aucune trace de défense. Erlendur, alors tout jeune inspecteur dans la criminelle doit enquêter sur cet homicide accompagné de sa "tutrice" Marion. On est en 1979. Elrendur est, on le sait, également très tourmenté par les disparitions (inexpliquées). En parallèle, il se décide enfin de reprendre l'enquête sur une affaire classée qui le hante depuis des années : La disparition de la jeune Dagbjört qui s'est volatilisée un beau matin sur le chemin de l'école, sans laisser de trace ni aucune piste pour la retrouver morte ou vive. Les deux dossiers le mèneront vers la base militaire américaine de Keflavik dans laquelle il est décidément difficile d'enquêter librement.

Qu'il est agréable de retrouver Erlendur à chaque fois dans un nouveau roman ! Et comme à mon habitude, j'ai tardé à le lire, comme pour attendre le moment idéal.  C'est une nouvelle fois une plongée dans la société islandaise dans laquelle Arnaldur nous entraîne. Ici, le livre est largement centré sur la présence américaine en Islande et les problèmes éthiques que cela pose à Erlendur tout comme aux citoyens islandais au sens plus large. La base est en effet présentée comme un no man's land, du moins un territoire sur lequel les islandais n'ont pas leur mot à dire, ni aucune loi à appliquer. Les tensions sont alors vives entre les soldats américains et la police islandaise.

Ce roman nous présentera des personnages atypiques... la jeune Caroline, belle américaine, membre de l'armée américaine, qui aidera notre équipe islandaise malgré les dangers; Joan, femme excentrique et battue... ou encore les deux victimes de ce roman, Kristvin et la jeune Dagbjört qui ne demandaient rien à personne et qui voulaient juste continuer leur petite vie tranquille.

Ce roman est également pour nous l'occasion de connaître plus encore Erlendur et Marion, une façon pour l'auteur de creuser leur personnalité et leur fantômes. Marion bien perturbée par son amour perdu que l'on avait découvert dans le tome précédent, et Erlendur ne peut et ne pourra jamais se pardonner la disparition de son frère alors qu'il n'était qu'un enfant.

Alors oui, Arnaldur Indridason nous habitue à ses histoires un peu lentes, avec le narrateur qui se répète un peu mais ça reste pour moi une bulle littéraire de douceur dans laquelle j'adore me plonger tous les ans. L'intrigue est bonne et l'enquête est menée avec humanité, comme Erlendur nous y a accoutumés.

Vivement l'opus suivant ! Moi, j'aimerais bien retrouver le vieil Erlendur un peu bourru la fois prochaine...

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Posté par Cryssilda à 21:20 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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