Voyager... Lire...

25 mai 2020

"La serpe" de Philippe JAENADA

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La serpe de Philippe Jaenada

Éditions Julliard, 2017, 643 pages

Georges Arnaud (l'écrivain que je ne connaissais pas), Henri Girard (de son vrai nom) est en visite dans le château de famille à Escoire, dans lequel sont aussi présents son père et sa tante. Tôt, un matin d'octobre 1941, on l'entend crier : Son père (Georges) sa tante (Amélie) et leur bonne (Louise) ont été massacrés dans la nuit à coup de serpe. Tout désigne Henri comme coupable : Il est sur les lieux, c'est le seul à avoir échappé à la tuerie, la serpe a pénétré le château par sa main. Mais lui, il le crie haut et fort, il n'est pas coupable ! D'ailleurs, le verdict de son procès le confirme : Acquittement !

Philippe Jaenada va retracer son histoire. Dans la première partie de son ouvrage, il va nous raconter la vie grand public de Henri (à charge!), son enfance, ses rapports avec ses parents (son traumatisme lié à la mort de sa mère alors qu'il n'est encore qu'un enfant), sa vie tumultueuse avant et après le procès et son ascension en tant qu'écrivain. Une vie pour le peu romanesque ! Et puis, en deuxième partie de son livre, Phil va mener sa propre contre-enquête et passer à la loupe tous les éléments du dossier. Les meurtres ont eu lieu en pleine guerre et on sent bien que c'est le bazar. Les policiers en charge du dossier ont l'air de débutants et le lecteur hallucine de découvrir tous les détails importants mis de côté... on ne sait pas trop pourquoi.

Mais Phil ne fait bien sûr pas que raconter l'histoire de Henri (ceux qui le connaissent savent que c'est juste impossible) car son kiffe dans la vie, ce sont les digressions. V'là-t'y pas que je te parle de mon fils, de ma femme, de mon dîner dans un restaurant chinois, de moutons, de bavette avec ou sans frites, du Club des cinq ! Et c'est franchement drôle. Ses touches humoristiques permettent alors de lire une histoire assez glauque - il faut l'admettre - avec le sourire aux lèvres. On s'attache (ou pas) aux personnages, mais on s'attache aussi beaucoup à Phi-phi !

Au lecteur, en fin de livre, de se faire son propre avis sur la culpabilité ou non de Henri, il a toutes les cartes en main.

J'ai passé un agréable moment à lire ce livre. Je suis en effet passionnée d'enquêtes criminelles (tout comme Phil, je regarde les émissions de crimes avec délectation à la tv!). J'ai aimé le regard minutieux sur les crimes, le fait que chaque élément qui semble parfois anodin ait été dépoussiéré, avec en plus beaucoup de dérision et d'humour.

Livre lu pour le challenge "A l'assaut des pavés" en compagnie de A Girl, Nasaissa et Stéphanie. Merci les filles, c'était cool de partager cette expérience avec vous ! :) 

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19 mai 2020

"Chroniques de l'oiseau à ressort" de Haruki MURAKAMI

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Chroniques de l'oiseau à ressort de Haruki Murakami

Éditions 10/18, 1994, 952 pages

Tout commence par un chat qui disparaît et un oiseau qui semble remonter son ressort tous les jours pour que le monde puisse continuer à avancer (ouh la, j'ai été obligée de vérifier sur internet qu'on disait bien "remonter sa montre" à une époque lointaine!)

Toru Okada passe ses journées chez lui pendant que sa femme, Kumiko, travaille pour un magazine. Les journées de Kumiko sont longues et celles de Toru s'allongent également à hauteur de sa solitude. Il mène une vie bien réglée en s'occupant à faire le ménage, les courses et en fin de journée, il ne manque pas de préparer un repas pour sa femme. 

Mais un jour le chat disparaît, c'est énervant et Komiko demande à Toru d'aller faire un tour dans le quartier pour le retrouver. Il doit en particulier se glisser dans la ruelle, qui n'en est pas une, repaire favoris des chats errants. 

Le chat n'est pas là, Toru rencontre une ado bizarre passionnée par les chauves (haha ! Bref, pour ceux qui me connaissent....) et commence à recevoir de mystérieux appels et d'encore plus étranges visites dont Kumiko est l'initiatrice, pour retrouver le chat.

 

Tout comme le chat, Kumiko se fait la malle et Toru ne la retrouve pas non plus, même pas dans la ruelle qui n'en est pas une.

Là, ça se complique, Toru, allias l'oiseau à ressort, tombe dans une autre dimension, en tous cas il n'évolue pas dans la même que nous, voici qui est certain ! Des filles singulières aux noms d'eau minérale vont lui tourner autour, pour son bien parait-il ! Mais tout est flou pour lui comme pour le lecteur... que se passe-t-il donc et pourquoi donc Komiko refuse-t-elle de le voir ?

L'oiseau à ressort va finir par dérailler sévère, telle est mon humble opinion, et il va se lancer corps et âme dans des passe-temps que je ne recommanderais pas. Dans sa dimension bien à lui, il essaie de rejoindre Komiko, mais rien n'est simple, car le roman est un bon gros pavé qui vous emmène avec lui dans un monde fantasmagorique et dénué de toute logique !

J'ai un problème avec Murak' : Si j'ai toujours des choses à lui reprocher, j'ai aussi bien du mal à ne pas acheter ses livres et à les lire jusqu'au bout, quelque soit le nombre de leur pages ! J'ai bien aimé ce long livre mais je lui ai également trouvé plein de défauts... Ça traîne parfois en longueur et, personnellement, je n'ai parfois pas compris son délire. Comme bien souvent avec Murak', il ne nous donne pas toutes les clefs à la fin, et je crois que c'est ce qui me dérange le plus. Les mondes un peu foufous ne me dérangent pas mais encore faut-il qu'on y retrouve ses petits à la fin. Ce n'est pas le cas ici, c'est déroutant et l'auteur nous laisse sur la route.

Néanmoins, je continuerai à lire Murak' car j'aime ses univers parallèles qui nous projettent dans des histoires en nous laissant sans aucun repère ! J'aime l'ordre qui regne dans ses romans (paradoxalement), totalement à l'opposé de ma vie qui part bien trop souvent dans tous les sens (mais jamais au point de me retrouver dans un monde parallèle, bien ouf!)

Mon prochain rendez-vous avec Murak' sera pour résoudre (ou pas, car bon, c'est Murak') Le meutre du commandant (sur deux tomes, OMG!), peut-être lors du mois Japonais de l'année prochaine (car on sait bien qu'il faut parfois de nombreux mois d'enquête pour résoudre le mystère d'un meurtre!)

Lire lu dans le cadre du Mois Japonais de Lou et Hilde pour lequel je me suis surpassée cette année !

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Ca rentre aussi dans le challenge A l'assaut de pavés dont j'essaie de comprendre les règles... Si j'ai bien suivi, ceci est un pavé d'or qui me rapporte 3 points. 

26 avril 2020

Midnight Diner- Tokyo Stories (saison 2)+ Recette d'omelette japonaise

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Midnight Diner - Tokyo Stories

Série de Joji Matsuoka, une saison, 10 épisodes d'environ 25 minutes

Avec Koaru Kobayashi, Joe Odagiri, Mansaku Fuwa, Mikako Tabe, Saki Takaoka...

Il y a trois ans, pour le mois japonais, j'avais regardé la première saison de Midnight Diner qui m'avait laissée bien dubitative. Je ne sais alors pas pourquoi j'ai cliqué sur la saisons 2, juste pour voir certainement....

J'ai bien fait ! Car j'ai bien plus aimé cette saison 2 ! Les personnages peuvent encore être trés décalés, mais il y a ceux qu'on avait rencontrés lors de la première saison et auxquels je m'étais déjà certainement habituée. Mais, j'ai trouvé les histoires moins folles et du coup plus abordables pour moi.

Ce sont donc toujours des tranches de vies, les histoires de clients qui passent par-là pour déguster un plat concocté par le chef du restaurant. S'il existait, j'aimerais d'ailleurs bien faire un tour dans ce restaurant, car tout le monde s'y régale toujours

Cette saison, il est beaucoup question de (re)trouvailles (entre personnes qui se sont perdues de vue, ou entre personnes qui s'éloignent ou se rencontrent simplement.) et la nourriture prend toujours un rôle prédominant dans ces rencontres : Ils se retrouvent ou se rassemblent grâce à un plat.

Ce fut alors une éxpérience moins traumatisante que la première saison même si c'est vraiment compliqué de regarder une série qui parle de cuisine japonaise en période de confinement alors que mon resto japonais préféré est fermé !

Du coup, aujourd'hui, inspirée par l'avant dernier épisode de la série, j'ai cuisiné une omelette japonaise tamagoyaki, pile à l'heure pour participer à la journée Délices du Japon de Syl.

Voici une photo de cette gourmandise :

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Et comme, pour une fois, la recette n'était pas donnée à la fin de l'épisode, je l'ai attrapée ICI.

Série regardée et plat cuisiné dans le cadre du Mois Japonais de Lou et Hilde.

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15 avril 2020

Kiki la petite sorcière

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Kiki la petite sorcière

Film de Hayao Myazaki, 2004, 1h42

Kiki a grandi dans une famille de sorcières et c'est la tradition, une fois qu'elle se sentent prêtes, un jour de beau temps, les sorcières doivent quitter le cocon familiale, à dos de balai, pour se choisir une ville, grandir et s'épanouir en tant que sorcière !  Laissant ses parents au dépourvu, elle s'envole alors avec son petit chat noir, Jiji. Elle rêve de la mer alors elle se trouve une jolie petite ville qui a l'air accueillant sur la côte. C'est compliqué au début mais Osono, une boulangère, va lui fournir un chambre et lui donner un emploi de livreuse (sur balai!) en échange.

Tout comme dans Chihiro, Myazaki nous met de nouveau en scène le voyage initatique d'une petite fille qui va grandir grâce à ses aventures et aux problèmes qu'elle va rencontrer. Ici, le voyage de Kiki est tout à fait une métaphore de l'adolescence : des doutes, un premier amour, des changements dans son coeur et dans son corps qui sèment plein de doute dans sa tête quant à ses pouvoirs de sorcière. Mais c'est une belle histoire rassurante, elle va finir par apprivoiser sa ville et ses habitants en étant elle-même, une petite sorcière dévouée et pleine de vie.

J'imagine que ce film est très sympathique à regarder en famille, avec des enfants.

Sur ce, je vous laisse pour continuer mon petit voyage nipon de confinement.

Film regardé dans le cadre du Mois Japonais de Lou et Hilde.

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06 avril 2020

Le voyage de Chihiro

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Le voyage de Chihiro

Film de Hayao Myazaki, 2001, 2h05.

Qui l'eut cru que je serais de retour sur le blog, pour en plus participer au mois japonais ! Parce que voyez-vous, je cite ici l'illustre commentaire de 2017 qui m'a certainement le plus amusé sur le blog (et on en rigole encore avec mon frère, fan de Japon, et ma copine Lou) : "Comment peut on se dire etre ouvert a la culture sans comprendre le Japon? La comédie au Japon respecte la tradition théâtrale, voila pourquoi cette sensation de surjouer. Mais vous ne pouviez savoir vue votre barrière Nipponne." Depuis, ça s'est confirmé, on m'a défini de réfractaire, voire même d'imperméable à la culture japonaise quand je suis allée voir Les enfants du temps avec ledit frère (si vous avez vu le film, vous comprendrez le jeu de mot!) Pourtant j'y mets du mien, passant des soirée au resto jaop avec mes amis, j'ai même acheté des baguettes et de la sauce salée au soja (alors que j'aime la sauce sucrée), parfois j'achète même des gyozas au carrefour market du coin. Il y a quelques mois encore, me voilà fonçant à toute jambe pour aller voir Le mystère des pingouins au ciné, même. Alors, j'en conclus que dire que je suis réfractaire, c'est y aller un peu fort.

 

Mais voilà, c'est la merde le confinement, j'ai du temps pour bloguer, j'ai même du temps pour des japoniaiseries, car oui, c'est l'ennui, le néant, ça prouve une fois encore que je ne suis pas totalement imperméable, malgré mon confinement scrupuleux, à ces bêtises nipponnes.

J'ai alors regardé cette nuit (et ce matin, car c'est pas que je me suis endormie, c'est juste qu'il était trop tard pour commencer à un film de deux heures à une heure du mat') Le voyage de Chihiro. Voyez-vous malgré ma résistance absolu, j'aime Myazaki.

Chihiro ronge sa déprime sur le siège arrière de la voiture de ses parents. Ils déménagent loin de ses amis, et elle n'est pas du tout contente. Ils arrivent presque à destination quand son père s'arrête devant une grande construction abandonnée qui ressemble à un grand hall de gare et qui intrigue la famille - enfin pas Chihiro qu'est assez flippée.

Malgré les brailleries de Chihiro, la famille s'engoufre dans cette bâtisse pour traverser un long tunnel au bout duquel ils tombent sur une sorte de fête foraine désertée, avec plein de restaurants jap (oh purée, putain de confinement, je veux des makis!) Les parents, affamés, se ruent sur la nourriture fumante et odorante. Chihiro refuse toute nourriture et part explorer les environs pour ensuite retrouver ses parents transformés en.... porcs ! Panique à bord, la nuit tombe, des ombres s'activent autour d'elle et elle se retrouve plongée dans un monde fantasmagorique et inquiétant.

Nous suivrons alors le voyage initiatique de Chihiro, gentille petite fille au grand coeur qui s'en sortira grâce à sa candeur et sa gentillesse. Ce monde est charmant, dans le sens où on se laisse embarquer, à la découverte de ces étrangetés tout comme Chihiro, sans rien remettre en question, dans un monde où aucun des repères ne sont les nôtres. Les dessins sont envoûtants, même sur mon écran d'ordinateur, comme dans mes souvenirs lointains de Myazaki.

Voici ma première participation au Mois Japonais de Lou et Hilde, car oui, il y en aura d'autres. C'est juste incroyable mais n'est-on pas dans une période totalement hallucinante ? 

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25 novembre 2019

"Nouvelles d'Ecosse" de Laura HIRD

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Nouvelles d'Ecosse de Laura Hird

Traduit de l'anglais (Écosse) par Alain Defossé

13E NOTE Éditions, 2011, 235 pages

Pour ma première lecture de ce Mois Celte, et malheureusement elles ne seront pas nombreuses vu mon rythme de lecture, j'ai décidé d'ouvrir ce recueil de nouvelles que l'on m'a prêté il y a quelques temps parce que bon... c'est l'Écosse !

Je ne connaissais pas du tout cette auteur alors ma curiosité en a été d'autant plus attisée.

Ce livre nous présente des tranches de vie, principalement à Edimbourg. Les personnages sont toujours des personnes isolées : par leur histoire, leur travail, leur vie familiale... parce que d'une façon ou d'une autre ils sont différents. Femme battue, jeune homosexuel en plein coming out, libraire qui aperçoit la richesse pour la première fois de sa vie etc...

Ce livre dresse alors un portrait moderne de l'Écosse mais aussi de n'importe quelle ambiance urbaine dans le monde, avec ce sentiment que rien n'est simple et qu'au final, on doit toujours se débrouiller au mieux pour survivre, seul.

J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, parfois trash, d'autres fois plein de cynisme ou d'humour. J'ai lu ce recueil avec plaisir, pressée, à chaque fois, de découvrir qu'elle serait la prochaine intrigue, la prochaine folie. On est bien loin ici de la paisible Écosse vendue par les spots publicitaires !

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21 octobre 2019

Mois Celte 2019

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Bonjour à tous,

Oui, je me fais bien rare mais je suis toujours à rôder, là, pas loin.

Ce mois de juin, durant le mois anglais et suite aux habituelles questions sur des billets irlandais, écossais etc... ma copine Lou m'a réclamé haut et fort un mois Celte pour répondre à toutes vos frustrations.

Le mois Celte aura lieu durant tout le mois de novembre ! Je sais bien que le mois Québécois a lieu en même temps, mais loin de moi l'idée de créer une quelconque concurrence ! L'année est malheureusement trop courte pour tous les mois thématiques qui voguent sur les blogs. 

Le mois Celtre mettra en lumière les littératures et cultures de l'Ecosse, de l'irlande et du Pays de Galles (mais je vous préviens, je ne veux pas de billets anglais ! :-D)

Voici une proposition de programme pour ceux qui voudraient le le suivre (et que je ne suis vraiment pas certaine de suivre moi-même!) :

  • Le 06 novembre : Contes, légendes et mythes Celtes
  • Le 09 novembre : Journée Irlandaise
  • Le 13 novembre (Stevenson's Birthday !... and mine..): Journée classiques
  • Le 16 novembre : Journée Galloise
  • Le 20 novembre : Journée Polar
  • le 27 novembre : Journée insulaire (un roman qui se passe sur une île)
  • Le 30 novembre : Journée Ecossaise

Vous avez d'autres idées ? N'hésitez pas à men faire par en commentaires du présent billet !

Ce Challenge n'aura lieu que sur les blogs, à l'ancienne, pas d'intagram, pour en simplifier la gestion... mais vous pouvez rejoindre le groupe Facebook en cliquant ICI afin d'échanger ensemble !

Rdv donc le 1er novembre  ! :-)

(et à la demande générale, Décembre sera de nouveau Nordique cette année !)

 

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17 août 2019

"Retour à la case départ" de Stephen McCAULEY

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Retour à la case départ de Stephen McCauley

Traduit de l'américain par Sévérine Weiss

Éditions Robert Laffont, 2019, 421 pages

Julie vit dans une grande maison brinquebalante au bord de l'océan dans une petite ville près de Boston. Elle vient de se séparer de Henry avec lequel elle a eu une fille, ado maintenant, du nom de Mandy. Tout est un peu tendu avec Henry, d'autant plus qu'il juge Julie incapable de gérer sa fille, et en particulier ses études, et encore moins la maison. C'est que Julie veut garder cette maison à tout prix, et pour ce faire, elle doit être en mesure de racheter la part de Henry... pas facile pour une simple prof au salaire... de prof ! Elle décide alors de mettre sa maison sur airb&b pour essayer de faire face aux factures et au rachat de la maison. Défilent alors nombre de personnages malpolis et dérangeants... d'autant plus que la maison de Julie n'est pas de grand confort et encombrée d'un fatras inutile. David, son autre ex mari, est dans une mauvaise passe également (même si plus relative). De nouveau célibataire, il doit se trouver un nouvel appart et vit mal sa cinquantaine engagée. Mandy le contacte - vous aurez pourquoi en lisant le livre - et le voici fraîchement débarqué chez Julie pour quelques jours, voire quelques mois au final. 

Voici un roman intelligent, touchant et subtile avec des personnages criants de vérité. Il y a bien sûr des personnages hauts en couleur tout au long de l'intrigue - sinon ce serait moins drôle - qui adoucissent et rythment le roman avec des touches d'humour. Cependant, les personnages principaux sont des gens comme vous et moi, avec leurs incertitudes et leur galères. Difficile alors de ne pas s'attacher à eux. 

Le roman aborde les thèmes du temps qui passe, du couple, de l'amitié... et en parallèle celui de devenir adulte quand ses parents se déchirent et qu'on doit alors retrouver ses propres repères, sa propre identité, ses propres moyens de survie (douteux) dans une Amérique qui recrutent ses candidats à l'université sur lettres de motivation, rhétorique et mensonges (oh, mais ça me rappelle quelque chose, ça?!) Julie et Mandy sont toutes deux à des étapes incertaines de leur vie, propres à leur âge mais aussi charnières pour chacune d'entre elles.

J'ai eu plusieurs étapes dans ma vie de lectrice qui a commencé assez tardivement (vers quatorze ans) : Stephen King, puis la surprenante découverte des classiques (Oh Stendhal, Shakespeare, Maupassant!) à la fin du collège, et enfin les années lycée / fac avec la découverte de grands noms comme Toni Morrison, Faulkner, Wilkie Collins (le fameux)... et donc je me suis tournée, un peu à l'époque (mais pas trop!) vers la littérature contemporaine et, entre autres, Stephen McCauley. Comme j'aimais cet auteur ! Beaucoup d'humour et un univers dans lequel je me sentais bien. Je n'avais plus lu Stephen McCauley depuis bien longtemps et j'ai eu un un peu peur de ne plus aimer après tant d'années (cela me fait ça avec TOUS mes auteurs chouchous, quelle angoisse ! J'ai peur de lire Stendhal à mon âge!) Alors, quel plaisir de le retrouver avec ce roman dans une période où la lecture reste encore bien compliquée pour moi ! (y'a pas que la lecture d'ailleurs, comment ai-je fait pour rater son passage en France et ne même pas être au courant de la sortie de ce roman?! Bref..) 

Si vous ne connaissez pas encore Stephen McCauley, je ne peux que vous encourager à le découvrir car en plus d'être un auteur talentueux, c'est une belle personne. Je tiens d'ailleurs à m'excuser auprès de lui pour l'interview que j'avais fait de lui il y a quelques années à Saint Maur et que je n'ai jamais publié, à cause des aléas de ma vie... Il m'avait demandé à l'époque pourquoi je ne changeais pas de boulot... et bien, il ne se souvient certainement pas de moi ni de cette question, mais peu après, j'en ai changé ! (je ne dirais pas que c'est grâce à lui, mais grâce à plein de petites pierres que plein de monde ont placé devant moi.)

Bref, j'arrête de vous raconter ma vie... Mais mes livres sont souvent tellement liés à des périodes de ma vie !

Ah, et j'allais oublié... Merci à Robert Laffont pour sa patience et pour ne pas m'avoir mise de côté malgré les chroniques en retard et un blog (voire une lectrice) en convalescence... Je ne suis pas un simple écran de pub pour vous, et ça réchauffe le coeur... et merci aux lecteurs qui n'ont pas oublié mon blog ;-) (si vous êtes encore là, commentez car je doute!)

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16 août 2019

"Let me tell you about a man I knew" de Susan FLETCHER

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Let me tell you about a man I knew de Susan Fletcher 

Editions Virago, 2017, 272 pages

Mportrait-of-madame-trabuc-1889adame Trabuc, Jeanne, vit dans une maison tout prêt d'un hospice dont son mari est directeur. Ils ont eu trois enfants, trois garçons, grands maintenant et qui vivent leur vie loin d'eux. C'est une femme de cinquante-cinq ans qui a vieilli sans s'en rendre compte auprès de son mari sans rien demander. Ils vivent comme des compagnons, mais leurs enfants nés, leur devoir charnel auprès l'un de l'autre a été accompli et terminé. Son mari, Charles, est un homme droit et travailleur. Il fait de son mieux pour tenir convenablement l'hospice dont il a la charge. A l'époque, hospice signifie hôpital psychiatrique. Il vivent à Saint Rémy de Provence à la fin du XIXème siècle. Leur quotidien et leur équilibre apparents vont être bousculés par l'arrivée d'un nouveau pensionnaire, Vincent... Un homme excentrique, alcoolique, schizophrène, bipolaire... et peintre. Une relation va s'installer entre Jeanne et Vincent. Il la fascine, l'intrique, l'éblouie. Tant de folie, de mauvaise humeur, de franchise sont pour elle synonyme de liberté, celle qu'elle a perdue il y a bien longtemps en épousant Charles.

 

 

VincentVanGogh-PortraitdeMonsieurTrabuc-SVous aurez compris que le Vincent de ce roman n'est autre que Vincent Van Gogh. Cependant, loin de faire une oeuvre autobiographie sur Van Gogh, Susan Fletcher s'est attelé à imaginer qui étaient Monsieur et Madame Trabuc dont Vincent a fait les portraits lors de son séjour à Saint Rémy. Elle part alors de ces deux tableaux pour créer son histoire, dans laquelle, bien sûr, Van Gogh tiendra une place de choix. Mais, la vie de Van Gogh, nous la connaissons assez bien. C'est un réel plaisir de le (dé)couvrir dans son quotidien, un peu bourru, sensible, brillant, dépressif... cependant le personnage principal de ce texte est bien Jeanne Trabuc et la façon dont elle reprend vie et se met à rêver de nouveau à ses aspirations de jeune fille au contact de Vincent. Ce roman est celui d'une femme de la fin du XIXème siècle, entre conventions sociales, devoirs conjugaux et féminisme. Le roman d'une femme qui a cru à la vie, à la passion et qui veut être plus que la femme de son mari.

Le début du roman est un peu lent et j'ai eu un peu peur de ne pas accrocher mais finalement je me suis passionnée pour cette histoire. J'ai de plus, telle Jeanne Trabuc, été ravie de passer du temps avec Van Gogh même s'il n'a pas voulu me prendre comme sujet de portrait le vilain ! :)

Et puisque parfois la vie m'offre de belles suprises (ça m'arrive pas souvent, faut que je savoure), pendant mes vacances dans le sud, ma super cousine m'a emmené aux Carrières de lumières des Baux de Provence pour l'animation sur Van gogh (ses tableaux projetés sur la carrière, magique!) et j'ai aussi pu passer quelques heures à Arles et même manger une dame blanche (à la noix de coco, mais toujours blanche, ouf!)) dans LE café de Arles (même si je l'ai trouvé un peu décevant, je m'attendais à la trouver à l'identique ! ahem, moui, dans mon monde il aurait dû rester à l'identique!)

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J'aime Van Gogh, il me fascine ! :)

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11 juillet 2019

"La ferme du bout du monde" de Sarah VAUGHAN

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La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

Traduit de l'anglais par Alice Delabre

Éditions Le livre de Poche, 2016, 473 pages

Pendant la seconde guerre mondiale, Will et sa soeur Alice sont accueillis en Cornouailles pour échapper aux bombardements de Londres. lls vivent dans une ferme familiale et se lient d'amitié avec la fille de la famille, la jeune Maggie. En 1943, un évènement va à jamais changer la vie de ces trois protagonistes. On se retrouve en 2014, au même endroit, avec la famille de Maggie qui essaie tant bien que mal de sauver la ferme familiale. On voyage alors entre 1943 et 2014, avec cet évènement de 1943 toujours bien présent dans l'esprit de Maggie. Bien qu'elle ait construit une famille, Maggie n'a jamais oublié Will, son premier amour et sa soudaine disparition reste un traumatisme pour elle.

Voici un livre qui m'a bien embarquée malgré quelques maladresses (des coïncidences de noms et personne ne tique?). Cela se passe en Cornouailles alors cela a déjà, au départ, un certain attrait pour moi mais malheureusement, je n'ai pas retrouvé l'ambiance bien typique de la Cornouailles, où la nature est omniprésente, dans les romans du genre de Daphné du Maurier par exemple, mais pas ici finalement. Mais j'ai aimé l'histoire et les déambulations de cette famille, détruite par la guerre et par les moeurs de l'époque (qui m'ont au passage révoltée.)

L'histoire, c'est aussi celle des descendants de Maggie, en particulier de Lucy qui est en train de se séparer de son mari. Aussi, ce livre est une réflexion sur l'amour, sur les choix de vie que l'on fait, sur le fait d'être en accord avec soi même plutôt qu'avec la société pour ne pas passer à côté de sa vie. Cet aspect m'a également intéressé.

Bon voilà, je me rends compte que j'ai trop traîné pour écrire ce billet, du coup je ne sais pas trop quoi dire de plus !

Publication tardive pour ce livre que j'ai lu dans le cadre du Mois Anglais.

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