Voyager... Lire...

02 mai 2016

"Les jonquilles de Green Park" de Jérôme ATTAL

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Les jonquilles de Green Park de Jérôme Attal

Éditions Robert Laffont, 2016, 213 pages

Tommy est un jeune garçon qui vit à Londres en 1940. Il habite avec sa mère qui travaille dans une usine d'ampoules et son père, un véritable savant fou, ainsi que sa grande soeur Jenny. C'est la guerre et les bombes tombent sur Londres. La vie de la famille de Tommy est rythmée par les sirènes, signal qu'il faut se mettre aux abris. Mais qu'importe, Tommy va vivre son enfance à fond sur ce terrain de jeu géant, va comploter avec ses copains et même tomber amoureux ! Mais malgré son insouciance d'enfant, la guerre se rappellera à lui bien plus souvent que nécessaire.

Je me sens encore assez novice dans la lecture des romans de Jérôme Attal car ce n'est que le deuxième livre que je lis de l'auteur. Même si j'avais aimé son précédent, Aide-moi si tu peux, je l'avais abordé comme une grande farce, une parodie de roman policier avec de nombreux rappels aux années de notre enfance. Un roman agréable à lire, amusant, mais qui ne reste pas très présent une fois le livre fermé.

Je m'attendais alors à un livre du même genre... et il en a été bien différemment entre moi et Les jonquilles de Green Park cette fois ! Je suis tout d'abord toujours très sensible aux romans qui se passent en temps de guerre, et plus encore quand cela concerne le deuxième conflit mondial. Et puis, ce roman se passe à Londres, autre point positif pour moi dès le départ. J'aime également beaucoup les récits d'enfants. Ici, c'est le jeune Tommy qui nous raconte son blitz londonien avec toute la candeur et l'insouciance dont seuls sont capables les enfants pendant la guerre. Bien sûr il se rend compte que les bombes tombent mais il ne semble les compter qu'à mesure que ses amis disparaissent à la campagne ou ailleurs.

Le roman laisse alors beaucoup de place à la magie et à la beauté malgré le contexte affreux. Il y a en particulier une soirée de Noël burlesque et féerique dans le sous-sol d'un vieux Lord tordu, et puis le père de Tommy, personnage sympathique et fou qui va arroser sa famille de fantaisie. Tommy vit dans son petit monde, entourés de ses comics et de super-héros, dont le père va d'ailleurs s'inspirer créer (du moins y penser) à grosse machine pour sauver tous les enfants de Londres (hahaha!). Dans le monde des super héros, tout est tellement simple ! D'ailleurs Tommy sera un grand romancier plus tard, il le sait !

La vois enfantine de Tommy permet à Jérôme Attal d'exprimer son histoire tout en images, en poésie. L'auteur avoue aimer imaginer des phrases que les lecteurs relèveront et garderons précieusement... c'est un pari réussi dans ce roman !

Un extrait que j'ai particulièrement aimé : "Maman affirme que même si demain à cause de Jerries il arrive qu'on n'ait plus de confiture à poser sur la table pour le petit déjeuner, et bien, on se fera pas pour autant des tartines de néant, mais on tartinera nos toasts avec le souvenir de la confiture ou, mieux encore, avec la promesse de son retour." (p.58)

Un très beau moment de lecture donc, et un très joli livre sur la guerre et sur la magie l'enfance.

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30 avril 2016

The Circle (chapitre 1) - Les élues (film)

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The Circle (chapitre 1) - Les élues

Film suédois de Levan Akin 

Avec Josefin Asplund, Helena Engström, Miranda Frydman, Irma von Platen...
 
Sortie en DVD le 26 avril 2016
 
Une nuit de pleine lune, six jeunes filles du même lycée se retrouvent mystérieusement au milieu d'une forêt, comme attirées malgré elles par une force mystérieuse. C'est un groupe bien hétéroclites, la jeune pimbêche, la coincée, l'intello... Elles sont loin d'être les meilleures amies mais l'une d'entre elle se trouve le medium par lequel on leur réveille qu'elles détiennent des pouvoirs, elles sont sorcières, doivent à tout pris rester unies pour vaincre le mal qui s'est abattu sur le lycée suédois. Un jeune garçon a en effet été retrouvé mort dans les toilettes, ayant apparemment mis fin à ses jours... d'autres vont suivre...
 
Même si je ne me suis pas ennuyée ni trouvé le temps long (le film dure plus de 2h), j'ai eu bien du mal à comprendre le pourquoi du comment de ce film. Même si je me suis accrochée, je n'ai pas du tout compris cette histoires de sorcières et de forces du mal. Finalement, on ne nous dit pas ce qui se passe (alors ça n'aide pas, bien sûr!)... on sait juste que quelque part, il y a le mal. Les filles se rendent bien compte qu'elles ont des pouvoirs spéciaux tout d'un coup, ok, mais après, quel est ce mal qu'elle combattent? Pourquoi ? Quel est le rôle du chef d'établissement dans tout ça ? Je crois que je ne me suis pas ennuyée parce que j'ai essayer de comprendre tout au long du film, mais je ne crois pas que c'est ce qu'on attend d'un film.
 
Je pense surtout que je n'étais pas du tout dans mon univers. Ce film est tiré d'un roman jeunesse, j'en lis peut-être un tous les trois ans. C'est également un genre - le fantastique - que je n'ai pas l'habitude de cotoyer.
 
Ce livre ne sortira pas en salle mais il est d'ores et déjà disponnible en DVD !
 

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26 avril 2016

"La Reine de la Baltique" de Viveca STEN

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La Reine de la Baltique de Viveca Sten

Éditions Le Livre de Poche, 2008, 476 pages

Dans ma valise pour la Suède, j'avais glissé deux romans Le Mec de la tombe d'à côté et celui-ci. Je l'ai déjà dit, mais j'aiiiime lire des romans qui se passent dans les pays que je visite au moment où j'y suis ! Après une lecture un peu fleur bleue (que je croyais) avec Le Mec... j'ai opté pour une valeur plus sûre (que je croyais) avec un polar. Moui, j'aurais pu opter pour THE valeur sûre, alias Henning Mankell, mais je voulais un polar, je n'ai lu que le premier tome de Wallender et il parait que le tome 2 n'est pas gégé, alors j'avais peur d'être déçue (et comme une co.... sans livre passionnant pendant mon voyage) (le choix des livres est crucial quand je pars, ça fait partir de mon plaisir de voyage!)

Me voici donc avec dans les mains La Reine de la Baltique que j'ai acheté, assumons totalement ce fait, pour sa couverture, parce que quand même, c'est beau la Suède !

Un beau matin, un promeneur de chien trouve le corps d'un homme sans vie sur une plage de l'île de Sandhamn (archipel de Stockholm). C'est un peu l'évènement du siècle sur cette île où il ne se passe jamais rien ! Tout le monde se connaît, on laisse ses portes ouvertes tout ça tout ça... On pense tout d'abord à un suicide, en effet Krister Berggren n'a pas une vie bien folichonne, et souffre de profonde dépression depuis qu'il a perdu sa mère quelques mois plus tôt. L'inspecteur Thomas Andreasson est sur l'affaire, ça ne devrait pas lui prendre beaucoup de temps, et ensuite, à lui les vacances ! Il est du coin, ça va lui faciliter la tâche pour boucler le dossier vite fait, bien fait ! Mais voilà qu'à peine informée de la mort de son cousin, on retrouve Kicki dans une chambre d'hôtel de Sandhamn, morte elle aussi. Bref, ça sent sacrément le roussi en ce qui concerne les vacances des inspecteurs tout d'un coup !

Heureusement, pour alléger un peu Thomas (qui a un peu les pieds dans le même sabot, faut dire!), sa copine d'enfance Nora (comme Norah Jones, mais sans H - information cruciale donnée par l'auteur) vit sur cette île avec son (abruti de) mari Henrik (son caractère pas sympa est juste fait pour nous mettre sur des mauvaises pistes). How handy ! Et c'est qu'elle est super futée Nora, elle comprend tout avant Thomas, limite elle se lance dans des recherches très pertinentes avant que ça ne lui vienne à l'esprit à lui ! How handy, again !

Si j'ai aimé l'ambiance Stockholm qui imprègne ce roman j'avoue que l'intrigue m'a laissé bien dubitative... A la moitié du livre, les enquêteurs s'exclament qui ne savent encore rien, que l'enquête n'avance pas ! Le problème, c'est que le lecteur n'en sait pas plus non plus. Et, franchement, avec ces bras cassés de flics, ça n'avance effectivement pas !! Et hop, tout d'un coup, des idées de génie apparaissent, qui tombent forcément justes (alors que pour l'instant on piétinait dans la choucroute) et qui font avancer l'enquête à graaaand pas ! Normal, quoi.

Je n'ai pas aimé la façon de tenir le lecteur à l'écart de l'intrigue.... Je m'explique, à plusieurs reprises, les enquêteurs ou autres investigateurs tombent sur un indice, un élément important etc... et au lieu de nous dire ce qu'il en est (suspense, suspense....? non juste maladresse!)... c'est non, nananère, on en parle entre nous mais on te dit rien ! Pareil pour ce qui arrive aux personnages, on les suit jusqu'au moment où ça chauffe pour eux, là d'un coup, y'a plus de réseau, on est dans un tunnel, allo allo, on vous capte plus !! Soit on ne sait rien et on découvre avec les flics,  soit on nous dit rien et du coup et on découvre avec les flics. Mais faut choisir.

Enfin, et encore un bémol, j'ai trouvé l'histoire très artificielle, pleine de maladresses, avec des gens ou des éléments placés là juste pour servir l'instrigue. On se demande par exemple pourquoi, sans arrêt, on nous parle du diabète de Nora (toujours sans h, c'est important) comme une cheveu sur la soupe et on comprend, au bout d'un moment, que c'est pour préparer la fin. Et oh que les dialogues et les échanges entre les personnages sont plats ! (surtout quand il s'agit d'une histoire d'amour en devenir.... à l'aiiiiide!) Ah oui, et encore une autre chose.... à chaque fois qu'un supérieur demande à un flic s'il a fait un truc, il n'a pas encore eu le temps, il va le faire dès qu'il peut, là. Genre on lui a pas répondu au téléphone, alors il va réessayer là bientôt.... Sérieux, même dans un cabinet d'archi (on parle de ses références), on s'acharne à rappeler les gens toutes les deux secondes... alors quand il s'agit de meurtres !!! (non pas deux, mais trois et demi, y'en a d'autres qui se pointent!) Faut quand même un peu se bouger, les gars ! (même en Suède, je suis certaine que Wallander se bouge malgré ses caleçons négligés - c'est peut-être même pour ça qu'il en est à négliger son hygiène corporelle!).

Ça sent le rendez-vous manqué tout ça, non ? Heureusement que l'archipel est beau, même dans le livre !

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24 avril 2016

"Le Mec de la tombe d'à côté" de Katarina MAZETTI

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Le Mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Éditions Babel, 1998, 254 pages

Désirée vient de perdre son mari qui l'a lâchement abandonnée, victime d'un stupide accident de vélo. Elle se rend plusieurs fois par semaine sur sa tombe pour lui cracher sa colère de l'avoir laissée seule. A côté, il y a souvent un mec, un grand gaillard à l'épaisse barbe, un plouc de toute évidence vu comme il s'habille. Sa tombe a lui ressemble à une véritable pépinière. Ils ne se parlent jamais, se jaugeant l'un et l'autre avec mépris jusqu'au jour où, sur un véritable malentendu, ils se sourient. Et la, c'est le drame ! Les ovules de Désirée se mettent à danser la samba, il lui faut ce mec !! Lui n'en revient pas, une nana lui a souri, à lui ! Tout s'enchaine très vite ensuite entre eux, malgré la maladresse et l'incompréhension latentes. Désirée est bibliothécaire, cultivée quoi ! Benny, quant à lui, a repris la ferme de ses parents, il élèves des vaches, il en est d'ailleurs très fier ! Il vit de peu et pour son exploitation. Le reste, le futile, il s'en moque pas mal, il y a déjà bien à faire avec la ferme. Mais voilà que Désirée, sa crevette, va venir bouleverser sa vie pourtant parfaitement calée sur celle de ses vingt-quatre vaches laitières.

Ces deux-là n'auraient jamais dû se rencontrer et encore moins entamer une relation amoureuse. Ils n'ont rien en commun, ne se comprennent pas le moins du monde et vont pourtant vivre une grande passion amoureuse ensemble.

Le récit, fait de courts chapitres, alterne entre la version de la Crevette et celle de Benny ou comment ils perçoivent chacun de leur côté cette relation singulière et leur personnalité décalée réciproque. Soyons bien clairs, pour Désirée, un mec ça sert à tuer la solitude, à passer le temps mais pas du tout à vivre des moments enflammés. C'était ça avec son mari, y'a pas de raison que ça change à son âge (35 ans). Pour Benny, ben une femme, c'est une femme costaude qui aide à la ferme, qui se débrouille pour que le repas soit prêt quand il rentre épuisé, et qui sait faire les boulettes de viande traditionnelles! (Oui, c'est un peu "l'amour est dans le pré" cette histoire!) Et un livre... euh ça sert à quoi au juste ?

Voici des personnages que moi non plus je n'aurais jamais dû rencontrer ! Mais alors que j'étais au stand Babel au salon du livre, à la recherche de livres suédois, la libraire a fait l'éloge de ce roman à un lecteur, et du coup, c'est moi qui l'ai pris (sans oser prendre la suite, je savais pas bien dans quoi je mettais les pieds quand même.) Oui, il me fallait des livres suédois en prévision de mon voyage (gentiment offert par ma famille, un rêve devenu réalité!) ! J'ai entamé ce livre à l'aéroport et l'histoire de Benny et de sa crevette a rythmé les premiers jours de mon voyage avec ravissement ! J'ai adoré suivre l'histoire de ces deux personnages hors du commun. Plus qu'un roman feel good, ce roman est d'une justesse certaine et je me suis bien souvent identifiée à Désirée (et la personnalité de Benny me rappelle également bien des choses!).  Ce roman m'a beaucoup fait rire (et, attention mise en abime ! a fait sourire les suédois qui m'observaient rire dans les rames du métro) et j'ai passé des heures extra dans ce livre (et ensuite à regretter de ne pas avoir acheté la suite! C'est qu'en Suède, on trouve pas de bouquin en français ! - bon, j'étais à deux doigts de faire un tour à la librairie anglaise pour le trouver mais j'ai résisté...) Bref, le roman parfait (pour moi) à lire durant ce séjour !

Livre (également) lu dans le cadre du Challenge Union Européenne en 28 livres : Suède.

Challenge Europe

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23 avril 2016

"La comédie des erreurs" de William SHAKESPEARE

La comédie des erreurs de William Shakespeare

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En ce jour de commémoration du 400ème anniversaire de la mort de William Shakespeare, il fallait que je lise l'un de ses textes ! J'avais d'ailleurs lancé l'idée d'une LC sur Facebook (que je n'ai pas relayé ici, sorry). Nous risquons alors d'être quelques uns (j'espère plus!) à parler du grand Will aujourd'hui.

Je voulais lire une comédie alors j'ai pioché au hasard dans celles (il y en a peu, hélas!) que je n'avais pas encore lues et j'ai choisi La comédie des erreurs.

Je principe est simple et efficace pour nous embrouiller : Deux parfaits jumeaux, les frères Antipholus et leur fidèles serviteurs, jumeaux identiques eux-aussi et du même âge, les frères Dromio, sont séparés alors qu'ils sont tous bébés, chacun avec son serviteur, les uns avec le père, les autres avec la mère lors d'un spectaculaire naufrage au cours duquel le bateau est coupé en deux, séparant ainsi la famille. Vingt-cinq ans plus tard, c'est la pagaille à Ephèse. Les quatre frères se retrouvent dans la même ville sans le savoir, menant la zizanie malgré eux dans le quotidien des autres. Le village y perd son latin, l'apparition des frères laissant place à de nombreux quiproquos et à moultes farces !

C'est la pièce la plus courte de Shakespeare, je ne le savais pas avant de la lire mais c'est vrai que le temps passe très vite dans cette pièce ! Parce qu'elle est courte, ok, mais aussi parce qu'elle est très amusante et qu'elle ne laisse pas de répit au lecteur. C'est gros comme un camion mais tellement amusant ! Je serais très curieuse de voir cette pièce sur scène, ça doit être une franche rigolade si la mise en scène est réussie !

A Girl from Earth a lu Shakespeare on toast de Ben Crystal...

It’s Shakespeare, just ‘As You Like It’!

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13 avril 2016

"A la table des hommes" de Sylvie GERMAIN

A la table des hommes

A la table des hommes de Sylvie Germain

Éditions Albin Michel, 2016, 262 pages

Une bombe tombe sur une ferme, on ne sait pas trop où, dans un pays en guerre qui ressemble à l'ex-Yougoslavie. Une famille meurt, celle d'un bébé cochon. Lui, le plus chétif, attendait son tour à la mamelle de sa mère, c'est ce qui l'a sauvé. Une jeune femme sort de la grange dans laquelle elle récoltait des oeufs, sa famille a péri également, son petit bébé fait partie des victimes. Elle s'enfuit dans la forêt avec le jeune cochon qu'elle nourrira de son lait mais ne survivra que quelques heures. Le jeune cochon va alors trouver des compagnons d'infortune dans le bois qui l'aideront à survivre : Une daine, une corneille, une jeune chèvre. Il apprendra bien vite l'odeur du danger, celle des humains en quête de la moindre denrée. Au détour d'un village abandonné, notre jeune cochon tombera un jour sur un jeune homme blessé et mourant. On ne comprend pas bien ce qui se passe, mais le jeune cochon va se retrouver dans le corps du jeune homme ainsi réparé. Recueilli dans un village "de femmes", il va grandir avec se nouveau corps, apprendre l'humain, les codes, les mots... survivre dans ce village en souffrance.

Quel livre joliment écrit ! Sylvie Germain nous présente ici un conte philosophique et avant tout humaniste. Ce roman rappelle les valeurs indispensable à la vie : la vie au sens large, la planète, les hommes, les animaux, les végétaux et la nature au sens large. Elle met sa plume au service de la beauté de la vie même si ce que ce livre raconte est bien souvent bien sombre et révoltant. Le jeune Babel (l'homme-cochon) dépeint le monde avec sa naïveté de nouveau né soulignant l'injustice et le mauvais qui rampe autour de nous comme une fumée ridicule. On dévore se livre avec ravissement, le style coule, s'amuse, joue avec les mots, les idées et les éléments. C'est une écriture imaginative, rythmée, douce et soyeuse, colorée qui ravie nos pupilles de lecteurs.

C'est également un roman sur la cause animale également et qui pose la question de savoir qui sont les réels animaux (au sens péjoratifs dont on peut employer ce mot) dans notre monde. Qui détruit et ne respecte pas la vie ? Babel va avoir la chance de tomber sur des gens bienveillants tout au long de sa vie mais même dans cette bulle, il ne sera pas à l'abri de la méchanceté des autres.

Un très beau roman, pas loin d'un coup de coeur. J'ai été absolument ravie de retrouver le style de Sylvie Germain.

Livre lu pour la sélection d'avril du Club de lecture de la librairie Arthur.
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10 avril 2016

"Tois jours et une vie" de Pierre LEMAITRE

trois jours et une vie

Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

Éditions Albin Michel, 2016, 279 pages

Antoine vit avec sa mère dans un petit village français. Il n'a pas beaucoup d'amis d'autant plus que sa mère lui interdit d'aller jour à la console avec ses camarades de classes. Alors, il passe ton temps libre dans la forêt à construire une belle cabane pour impressionner les enfants du village. Un jour, alors qu'il est en colère après le monde entier, il frappe son petit voisin venu le rejoindre dans les bois à la tempe, avec une lourde branche. Le jeune garçon va mourir. Antoine, pris de panique, va le dissimuler. Les battues pour retrouver le petit Rémi resteront sans résultats, surtout, que deux jours après sa disparition, la tempête de 1999 s'abat sur le village.

Ce roman est alors une variations de Crime et châtiment, ou comment vivre quand on est coupable d'un crime et que personne, jour après jour, ne vient nous arrêter. Sentiments encore plus compliqués à gérer quand on est un jeune garçon de douze ans.

Souvent loin de l'actualité littéraire, je n'avais jamais lu Pierre Lemaitre et je le decouvre avec ce roman. Et quelle découverte ! J'ai dévoré ce roman d'une traite le week-end dernier. C'est un roman efficace, noir sans tout à fait être un polar, avec un rythme et une intrigue qui nous emportent.

Pierre Lemaitre est sans conteste un grand conteur qui bouleverse nos convictions au fur et à mesure de notre lecture. Malgré son horrible crime, on est pris d'empathie pour le jeune Antoine et qui nous poursuivra comme la culpabilité du jeune homme au fur et à mesure qu'il grandira.

Mais, l'intrigue principale permet également à l'auteur de dépeindre la vie et l'ambiance bien particulière des petits villages français, les non-dits, les embrouilles de voisins, les gens qu'on aime pas et qu'on juge à la tête... Une peinture très juste de la campagne française.

Pierre Lemaitre est un auteur que je relirai sans conteste, Trois jours et une vie m'a donné envie de creuser autour de ses autres oeuvres.

Livre lu pour la sélection d'avril du Club de lecture de la librairie Arthur.
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30 mars 2016

Outlander en DVD

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Il y a bien longtemps, alors que je commençais à m'intéresser sérieusement à l'Ecosse, j'avais lu le premier tome de Outlander, Le chardon et le tartan, de Diana Gabaldon. J'étais loin d'en garder un souvenir magique et je n'avais pas continué avec ces livres. Depuis quelques temps, je vois les bloggeurs (euses!) s'émouvoir sur la série... même pas intéressée j'étais !

Et puis, j'ai reçu une invitation pour assister à une soirée Outlander avec diffusion des deux premiers épisodes de la série pour lancer sa sortie en DVD le 10 mars dernier.

Une soirée écossaise, je ne peux tout bonnement pas résister! D'autant plus que nous avons été accueillis sous fond de cornemuse, de toasts au saumon, de coupes de champagne et de gâteaux so British !

Bien repus, voici venue l'heure de la diffusion des premiers épisodes. Je m'attendais à une série mielleuse... comme le souvenir que je gardais du roman. Mais non ! J'ai passé un très bon moment ! Les décors sont majestueux, les comédiens convaincants. Et puis il y a cet accent, sans parler du gaélique ! Ce fut simplement magique !

Outlander, c'est l'histoire de Claire, en vacances dans les Highlands avec son mari, juste après la guerre. Ils veulent panser leurs blessures ensemble... Mais un beau matin, Claire se retrouve propulsée en 1743, parmi une horde d'hommes en kilts! (wahou!)

En sortant, en échangeant avec mes compagnons de visionnage, je découvre que j'ai une idée fort erronée du roman... et là je ne comprends pas..... J'ai depuis téléchargé le livre sur ma liseuse, il fait quelques huit cents pages.... Serait-il possible qu'il y ait eu une version brouillon avant l'édition définitive ? Je ne me souviens pas d'un volume si long, je ne me souviens pas d'une intrigue si détaillée. Je ne comprends pas ! Il faudrait que je retrouve l'exemplaire de mon bouquin, mais je crois que je m'en étais débarrassé!

SONY, qui nous invitait, a eu la gentillesse de nous offrir toute la première saison en DVD à l'issu de cette soirée, ainsi qu'un pop television (oui, je découvre ce concept) (j'ai eu le personnage de Claire) et une petite fiole de whisky (hahaha!).

Je remercie SONY pour cette soirée, sans vous, je serais totalement passée à côté de la série !

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27 mars 2016

"La cabane des pendus" de Gordon FERRIS

la cabane des pendus

La cabane des pendus de Gordon Ferris

Traduit de l'anglais par Jacques Martinache

Éditions Points, 2011, 378 pages

Douglas Brodie est journaliste. Après un bref passage dans la police à Glasgow, une virée en France pendant la guerre, il vit maintenant à Londres. Un matin, il est réveillé par l'appel de l'un de ses anciens copains qu'il croyait mort à la guerre. Celui-ci lui apprend qu'il sera pendu dans trois semaines pour un meurtre qu'il n'a pas commis et lui demande son aide. Il est tiraillé, c'est que Hugh lui a fait un sacré sale coup quand ils étaient jeunes et il a juste envie de lui balancer qu'il est bien content qu'il crève une deuxième fois ! Mais, il se rend à Glasgow et découvre son ami d'enfance défiguré par la guerre, désabusé, résigné... De plus, les preuves ne tiennent pas la route. Douglas part à la quête aux indices pour innocenter le pauvre bougre.

Ma première lecture (déjà) parmi mes achats du salon du livre, que je suis efficace ! J'ai pris ce livre parce que c'est un polar, parce que je ne pouvais pas résister à sa couverture, parce que l'auteur (que je ne connaissais pas) est écossais. Oui, j'ai des critères infaillibles (et récurrents.) Et puis, cette photo sur la couverture, elle ressemblait quand même bien à la vue d'Arran depuis le ferry, j'en aurais mis la main à couper !

Bref, notre Douglas est bien sympathique, même si un peu désabusé lui aussi et du genre expéditif ! L'enquête est aussi efficace que notre enquêteur du dimanche, rythmée, subtile, intéressante. Et puis, ce livre nous permet également un voyage dans l'Ecosse de l'après guerre, avec ses incertitudes, ses blessures et ses tickets de rationnement.

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Mais, et cela a beaucoup contribué à mon humeur enjouée lorsque j'ouvrais ce roman, une bonne partie du livre se passe effectivement à Arran, à Brodick, à Lamlash, alors que j'en reviens juste ! Vous comprendrez mon émerveillement, même si je n'ai pas très envie qu'on me jette du ferry comme ça arrive dans le livre (alors que sur la bateau, j'avais pu rétorquer : "c'est pas grave si on coule, on est de toutes façons jamais trop loin des deux rives!") Après ce livre, je ne verrai plus jamais Arran du même oeil ! Mais du coup, va falloir que j'y retourne pour enquêter sur cette histoire de brigands.... ouais, on cherche les prétextes qu'on peut, hein !

Un bon polar, le premier d'une série de quatre à ce qu'on me dit, et je vais certainement suivre les autres aventures de Douglas Brodie très rapidement!

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23 mars 2016

"Le soleil des mourants" de Jean-Claude IZZO

Le soleil des mourants par Izzo

Le soleil des mourants de Jean-Claude Izzo

Éditions J'ai lu, 1999, 251 pages

Titi, le copain de galère de Rico, meurt de froid sur un quai du métro parisien. Rico décide alors de rejoindre Marseille, quitte à vivre dans la rue, quitte à crever, autant que ce soit sous le soleil de Marseille, là-même où il a vécu quelques uns des plus beaux moments de sa vie avec Léa alors qu'il était jeune. Mais, même avec toute la volonté du monde, il est bien difficile de voyager jusque Marseille quand on est sans le sous et seul. Nous, lecteurs, on le suit dans ses beuveries, dans ses galères et dans son plus profond désespoir.

Voici un livre qui avait tout de reboutant pour moi, comme il est parfois reboutant de tomber sur un SDF dans le métro, qui sent l'acool, qui délire, qui fait vaciller notre petite bulle de confort bien rassurante. Alors forcement, ouvrir un livre quand on sait qu'il retrace la vie quotidienne d'un SDF, ça dérange. Nous suivons en effet la vue de Rico, sous tous ses aspects.... Oui il boit, mais s'il boit, c'est parce qu'il a honte de faire la manche. Oui, il sent mauvais, mais qu'il est difficile de se laver régulièrement, sans parler des vêtements, comment faire quand on va au lavomatic pour laver ses vêtements quand on a pas de rechange ? Oui il gène, mais il se gène lui-même, il ne se supporte pas, il ne se reconnaît pas dans ce qu'il est devenu, comment en est_il arrivé là? Et ce qui dérange profondément le lecteur, ce n'est pas le quotidien de Rico finalement, Jean-Claude Izzo a cette justesse et ce talent de nous présenter Rico comme n'importe quel autre héros de roman. On s'inquiète pour Rico, on lit ses confidences comme celles d'un ami, il se livre à nous et on le comprend enfin, on s'indigne pour lui et on le trouve extrêmement touchant. Non, ce qui nous révulse, c'est le fait que Rico soit quelqu'un comme nous, marié à un moment de sa vie et follement amoureux, il a un petit garçon, Julien, qui ne veut même plus s'approcher de lui. Un jour, sa femme le quitte, tout bascule, Rico est désespéré et fait les mauvais choix, ne parvient pas à surmonter sa peine, tout s'enchaine très vite. Et une fois qu'on a perdu pied, comment s'en sortir ?

Le soleil des mourants est un livre qui m'a beaucoup touché et qui nous met face à notre attitude de tous les jours devant ces traînes-misère dans les rues de nos villes. Un livre humaniste qui remet les idées en place sur beaucoup de choses. Un bonne découverte que cet auteur !

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