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24 octobre 2014

"La sauvage" de Jenni FAGAN

La sauvage de Jenni Fagan

Editions Métailié, 2012, 314 pages

Titre original : The Panopticon, traduit de l'anglais pas Céline Schwaller

Anais vient d'être placée dans une maison d'accueil pour jeunes cas sociaux, ce lieu s'appelle le Panopticon. Elle doit rester ici, sous le contrôle d'éducateurs en attendant de voir si l'agent de police qu'elle aurait frappé va sortir du coma. Elle nous raconte sa vie dans ce centre dans lequel elle se fait des amis, tous aussi à la dérive qu'elle, plongés dans la drogue, l'incompréhension et la solitude. Sous couverts de flashbacks, elle reviendra sur sa vie d'éccorchée vive, sur le meurtre de sa mère adoptive dont elle ne s'est jamais remise, sur son décrochage scolaire et sur ses rêves qui la font tenir. Anais est persuadée qu'elle est le personnage central d'une expérience, qu'elle est née à partir d'éprouvettes et qu'on l'observe sans relâche, qu'on se moque, qu'on la tire vers le bas, qu'on essaie de lui voler ses rêves la nuit quand elle dort.

Ce roman est un récit d'une force incroyable dont on ne peut en aucun cas sortir indemne. Le style peut être très trash, mais des flocons de rêves sont placés par-ci par-là, des regards sur la nature, des espoirs, les ambitions d'Anais le rendent bien plus doux. Comme le dit Angus, l'assistant social d'Anais, c'est une jeune fille qui a souffert, qui a du mal avec les codes compliqués de la société (comment peut-on trouver sa place dans la société quand on imagine qu'on a pas de parents, qu'on est le fruit d'une expérience de laboratoire?) mais qui a un grand coeur. Je me suis beaucoup attachée au personnage d'Anais, je me suis même beaucoup identifiée à elle car, même si on a pas grand chose en commun, elle a des remarques très justes et que je partage souvent : "Ce qui veut dire qu'on vient tous de nulle part. Un grand putain de rien du tout sur lequel on aura jamais de réponse et ça me tracasse. J'ai envie de demander à la caissière du Tesco quand elle dit : ça fera 4,97 livres, j'ai envie de lui dire.. On est au milieu de l'univers, en ce moment même, à cette minute précise ! Ça vous tracasse pas ?" p.109 (Moi aussi ça me tracasse.)

Comment ne pas être touchée par ces anniversaires qu'elle s'invente, loin des centres d'accueil ? Ou bien par tous ces rêves parisiens où elle aurait une maman qui lirait des livres, où elle pourrait louer une petite chambre dans une ruelle et admirer la ville ? Anais a des rêves, et ces rêves, quand on y réfléchit bien, c'est notre réalité à nous, celle de la plupart d'entre nous qui, malgré nos vies parfois difficiles, on a tous nos problèmes, avons peut-être une famille, des frères et soeurs.... simplement une maman dont on sait qu'elle nous a mis au monde.

Anais se raccroche également beaucoup à la nature et aux animaux. Une multitude de créatures imaginaires l'entourent, un chat qui vole en particulier. Elle appréhende la nature de la même façon que moi, est sensible au bruit du vent dans les champs, elle est végétarienne, elle aime les grands espaces si différents de son quotidien au centre d'accueil "Il faudra [...] que je me trouve un endroit loin, hyper loin - où je puisse me sentir chez moi. Peut-être un igloo. Je pourrais être l'Eskimo solitaire, l'amie des balaines e des phoques. Sauf que je crois pas que les Eskimos soient particulièrement sympas avec les baleines et les phoques. Je crois qu'ils se contentent de les tuer à coups de couteau, de les écorcher, de les manger et de porter leur peau" p.185 On sent qu'il ne faudrait pas grand chose pour qu'elle retrouve le droit chemine, si seulement elle n'avait pas si souvent besoin de la drogue pour rêver plus encore.

Anais n'a que quatorze ans mais elle risque d'être enfermée jusqu'à ses dix-huit ans au moins, son seul ami est en tôle, sa mère adoptive assassinée, et ses amis de centre d'accueil sont des toxicos, des mères filles, des bipolaires... Néanmoins, on a confiance en la jeune fille et le livre nous donne tout plein d'espoir pour elle.

Ce livre est un grand coup de coeur pour moi ! Je voulais le lire, puis je voulais plus, puis je voulais... J'avais un peu peur du thème mais j'ai finalement été scotchée à ma lecture dès les premières lignes. J'ai dévoré ce livre, tout en passant le temps nécessaire sur chaque page. Il y a longtemps qu'un livre ne m'avait pas embarquée et captivée de la sorte. Malgré l'intrigue peu joyeuse, j'ai trouvé que c'était un très beau livre, j'ai aimé le style, j'ai aimé la personnalité d'Anais... et j'ai aimé l'humanité profonde qui ressort de chacune de ses pages. Vivement le prochain livre !

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20 octobre 2014

"The French Governess's Story of Sister Rose" de Wilkie COLLINS

The French Governess's Story of Sister Rose de Wilkie Collins

Éditions Leonaur (tiré du recueil The Collected Supernatural & Weird Fiction of Wilkie Collins, texte de 1856 qui apparait également dans le recueil orignal After Dark qui existe en français sous le titre Quand la nuit tombe), 103 pages.

Monsieur Danville s'apprête à prendre pour épouse la jeune, jolie et naïve Rose. Rose n'a plus que son frère comme seule famille, celui-ci a promis à sa mère de veiller sur sa soeur sur son lit de mort. Le mariage a lieu à Rouen et Trudaine, le frère de Rose, a bien du mal à faire confiance à son futur beau-frère. Le mariage a lieu et, par la suite, Trudaine ne demeurera jamais bien loin de sa soeur, au cas où. Les jeunes mariés s'installent d'abord à Lyon puis à Paris et la révolution éclate. Dans ce climat de terreur pour les anti-républicains, Rose et son frère vont être accusés de trahisons et devenir candidats à la guillotine... Monsieur Danville, quant à lui, va faire preuve de sa plus grande perfidie à cette occasion.

Je continue mes lectures des fictions de Wilkie Collins et je découvre cette longue nouvelle dans mon recueil. J'ai été surprise de trouver une histoire qui se passe entièrement en France, avec des personnages français pendant la révolution française ! Mais il est vrai que Wilkie aimait beaucoup la France. L'intrigue se déroule à Paris, à Lyon et même à Meaux !

Et là, j'avoue que je me suis trouvée un peu bête car Wilkie nous dépeint une période de l'histoire française que pour ma part je connais très mal ! Il semble en savoir bien plus que moi... Mais j'ai aimé ce qu'il en a fait, il s'est appuyé sur les évènements de l'époque pour créer des personnages et une intrigue qui lui ressemblent sans aucun doute : Un histoire de mari qui cache une double personnalité, la gentille Rose, le frère qui veillera sur elle, la trahison, la mort etc.... Il y a même un personnage comique comme on les aime sous le nom de la veuve Duval, vieille, pipelette et de mauvaise foi.

Du bon Wilkie Collins encore une fois !

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18 octobre 2014

"Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur" de Luis SEPULVEDA

Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur de Luis Sepulveda

Illustrations de Joëlle Jolivet

Éditions Métailié, 2014, 94 pages

C'est l'histoire d'un jeune escargot un peu curieux qui aimerait bien avoir un nom et savoir pourquoi les escargots sont si lents. Lui et sa colonie vivent dans un grand chanmps, sous les dents-de-lion dont ils se régalent. Ses aînés se moque de lui pour tant de curiosité inutile alors il décide de partir à l'autre bout du prés pour assouvir sa quête de savoir. Le problème c'est qu'il avant très lentement... heureusement, la lenteur est toute relative, et lorsqu'il rencontre une tortue qui décide de l'aider en le transportant sur son dos. Bien vite, il découvre le danger que son espère court ! De l'autre côté du champs, un tapis épais et noir a été installé, et de l'autre côté, des maisons sont en construction ! Que se passera-t-il quand les humains commenceront à bâtir sur le pays de la dent-de-lion ?

Voici une très jolie histoire pour les enfants et pleine de bons sentiments et de bon sens. Cette histoire est une ode à la nature pour les enfants, un livre empreint d'écologie. Les animaux prennent la parole et explique le danger couru par leur environnement et leur habitat naturel. C'est également une histoire sur le courage et l'importance de toujours chercher à voir plus loin que le bout de son nez.

Le livre est aussi très joliment illustré.

C'est un très beau livre pour enfant qu'il me tarde de partager avec ma petite cousine.

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16 octobre 2014

Challenge "Oscar du 160ème"

oscar

Aujourd'hui, il y a 160 ans, naissait le talentueux Oscar Wilde à Dublin. Je ne pouvais pas laisser passer cet anniversaire sans organiser quelque chose en sa mémoire... c'est pourquoi je vous propose de lire des livres d'Oscar Wilde avec moi pendant un an, soit jusqu'au 16 octobre 2015, jour de ses 161 ans.

Vous pouvez également regarder des adaptations cinématogrophiques et le partager avec nous sur vos blogs !

Vous pouvez vous inscrire en commentaire de ce billet. Un billet récap' ne saurait tarder pour que vous puissiez me faire part de vos liens.

Un groupe Facebook existe, si vous voulez nous rejoindre.

Bonnes lectures et surtout..... Be Wilde !

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15 octobre 2014

"Brilliant" de Roddy DOYLE

Brilliant de Roddy Doyle

Éditions Mcmillan Chrildren's books, 2014, 257 pages

A Dublin, tout va mal ! Un nuage de tristesse semble s'abattre sur la ville, les gens perdent leur sourire en même temps que leur emploi. Oncle Ben, qui n'a plus les moyens de garder sa maison, il s'instale alors chez Raymond et Gloria et leur parents. Pour les enfants, le jeu, le soir, c'est de se glisser sous la table de la cuisine le soir pour écouter la conversation des grands. C'est alors qu'ils entendent parler du gros chien noir de la dépression qui se balade dans la ville pour voler le bonheur des dublinois. Quand toute la famille va se coucher, ils de glissent hors de la maison pour aller chasser ce fameux chien. Petit à petit, ils seront rejoints pas tous les enfants du voisinages à la chasse du même chien à travers la ville, aidés par les animaux nocturnes. Même mes animaux du zoo rallieront à la cause !

Voilà un très joli roman jeunesse qui peut se lire à deux niveaux. Je n'ai aucun doute que cette fable ravira les enfants (je n'ai pu tester que sur mon chien, mais bon, les gros chiens noirs, même pas peur, alors....), c'est tout à fait le genre d'aventures dont on rêve en tant qu'enfants. Pour l'adulte que je suis, j'ai lu cette histoire comme un souffle d'espoir pour les irlandais avec la force de sa culture et de ses enfants. Comme le dit à plusieurs endroits Roddy Doyle, les enfants sont le futur du pays. Si on les décourage, si on leur fait sentir que ce sont de gros nuls, il n'y a plus aucun espoir !

J'ai beaucoup aimé le rapport de ce texte à la culture irlandaise. Roddy Doyle n'a pas pu s'empêcher de semer par-ci par-là, du parlé local.... ce qui a d'ailleurs donné son titre à ce texte : Brilliant. "Brilliant", si sousvent utilisé par les irlandais pour tout et n'importe quoi. Roddy Doyle espère rappeler que le peuple irlandais est brillant, bien plus fort que le gros chien noir qui tente de les écraser.

Roddy Doyle était l'auteur que nous devions lire ce mois-ci pour le Challenge Un an en Irlande. J'avais peur, très peur, très traumatisée que je suis par le souvenir d'une mauvaise traduction de l'un de ses romans... Ce roman m'a redonné confiance dans mon avenir littéraire avec cet auteur !

Chat de bibliothèque a lu The Commitments...

Le mois prochain, nous lirons un livre de Sam Millar !

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13 octobre 2014

"No Steak" d'Aymeric CARON

No Steak d'Aymeric Caron

Éditions Fayard, 2013, 358 pages

Si vous ne connaissez pas Aymeric Caron, laissez-moi vous situer le personnage : C'est le chroniqueur écolo de gauche que vous pouvez voir tous les samedis soir dans l'équipe de On est pas couché de Laurent Ruquier. Je regarde souvent cette émission, enfin souvent le début, puis je m'endors quelques minutes après l'arrivée de l'invité politique (bon maintenant que le replay fonctionne chez moi, ça simplifie les choses). Il a le dont d'énerver beaucoup de gens Aymeric Caron, mais pas moi, car on a clairement souvent les mêmes points de vue, en particulier en ce qui concerne l'écologie et la cause des animaux (contrairement à Mme Salamé, qui pourrait 1/ arrêter de gesticuler, elle  finir par frapper son voisin 2/ Arrêter d'énoncer trois fois la même question pour finir avec une assertion avant de laisser la parole à l'inviter qu'elle veut interroger.)

Ce livre, c'est tout d'abord son parcours de végétarien, des premiers questionnements à l'engagement total pour la cause. Dans un premier temps, il nous explique sa prise de conscience, ébauche une "définition" qui parlera soit aux végétariens, soit à ceux en devenir (le chapitre où il explique les différentes phases, c'est tellement ça!!!). Il confronte ensuite son engagement à la science, à l'histoire, à la philosophie, à la religion pour, non pas essayer de nous convaincre, mais pour nous expliquer que manger de la viande, c'est tout d'abord cruel, mas aussi inutile.

Bien sûr on ne lit pas ce livre par hasard, du coup, c'est un peu dommage que ceux qui s'y plongent soient ceux qui sont déjà convertis à la cause... Néanmoins, je vous recommande la lecture de ce livre, ne serait-ce que pour vous ouvrir les yeux et comprendre aussi pourquoi certains font ce choix. Comprendre au lieu de se moquer ou de faire des blagues sur d'énormes côtes de boeuf saignantes, ce serait déjà un grand pas pour nous (Je ne vous aimais déjà pas Mme Salamé, mais vous avez plongé dans le cliché type de celui qui veut pas comprendre et qui énerve tous les végétariens samedi dernier.)

Car oui, je fais partie de cette minorité, du moins à au moins 95%. Aucun cadavre d'animal ne passe ma porte (sauf quand j'invite, malheureusement)... Je mange parfois (trèèès rarement) de la viande au restaurant, mais je privilégie le poisson. Je ne me souviens pas avoir mangé de l'agneau de mon plein gré un jour dans ma vie et je refuse de manger du veau.... bref, personne ne me fera manger des bébés ! (et plus personne ne tente d'ailleurs.) Et pourtant, j'aime la viande (bon pas tout, faut pas abuser quand même) mais ma culpabilité de participer à cette maltraitante, à ces tueries suffit à me calmer. On a beau se moquer de ma sensibilité, je mets au défis tous les mangeurs de viande que je connais d'aller dans un abattoir et de continuer à en manger ensuite (moi je ne tente pas l'expérience, je vais finir en larmes pendant des jours, ou bien au poste de police pour avoir voulu libérer des animaux) (ça m'a déjà traversé l'esprit sur un aire d'autoroute.)

Bref, sincèrement, et surtout pas pour essayer de démontrer que j'ai raison, mais je me sens bien mieux depuis que je ne mange plus de viande et que je mange bio (oui, mon autre bataille, l'environnement, tout ça). Et dès que je me lâche (genre dans les semaines de folie de l'éducation nationale) (genre la semaine dernière) et que je mange des pizzas ou des trucs du genre, je carbure au motilium tellement je suis malade.

Bon ok, je ne parle pas trop du livre là, mais il m'a parlé bien sûr, et conforté dans mes choix. D'ailleurs, samedi dernier, dans On est pas couché, j'ai découvert un autre livre qui va me parler, c'est L'animal est un personne de Franz-Olivier Giesbert (Mme Salamé, il est pas très fort pour vous culpabiliser, il dit juste la vérité! Ne prenez pas ça pour une figure de style et ouvrez les yeux!!), dont je vous parlerai bientôt ici-même.

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12 octobre 2014

"Ne lâche pas ma main" de Michel BUSSI

Ne lâche pas ma main de Michel Bussi

Éditions Presse de la Cité, 2013, 375 pages

Martial et Liane partent à la Réunion en vacances avec leur petite fille Sofa. Liane les laisse au bord de la piscine pour aller chercher quelque chose dans leur chambre mais elle ne redescend pas. Quand Martial se rend enfin dans la chambre, il découvre des traces de sang partout et Liane a disparu. Martial alerte la police mais au bout de quelques jours, devenu le suspect n°1 concernant la disparition de sa femme, il prend la fuite avec sa fille. Mais il n'est pas facile de fuir sur une île, d'autant plus quand tout nous pousse à y rester. Plusieurs meurtres vont être découverts dans le sillage de Martial. Mais que se passe-t-il donc dans sa tête ? Et surtout, que cache son passé que les policiers mettent petit à petit à jour ?

Ce polar nous plonge dans l'ambiance particulière de la Réunion, sous un soleil de plomb, des paysages majestueux et une population aux codes bien singuliers. J'ai aimé cette histoire, l'intrigue est bien menée et on avance à petits pas et dans le noir sans bien comprendre ce qui se passe. Martial semble impliqué jusqu'aux os mais, en même temps, il reste humain et aux aguets, comme si lui aussi risquait bien plus que d'être attrapé par la police... et la petite qui pose toujours plus de questions... Au-delà du meurtre se cache en fait une bien sombre et bien triste histoire de famille... dont tout le monde semble être au courant... sauf la police ! D'ailleurs, concernant ce secret de famille, on se demande bien pourquoi il est revenu sur l'île, du coup.

Je me suis laissé embarquer très facilement dans ce roman que j'ai presque lu d'une traîte. J'ai juste été déçue par la fin un peu trop hollywoodienne, c'est digne d'un film avec le réglement de compte final confrontant les vrais grands méchants et les vrais gros gentils. Mais c'est une très bonne lecture polar, avec du suspens, une intrigue originale et un mystère qui ne se laisse pas facilement percé par le lecteur.

Et voici, par la même occasion, ma troisième participation au Challenge Union Européenne en 28 livres : France.

Challenge Europe

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07 octobre 2014

"Déshabille-moi" de Mila BRAAM

Déshabille-moi de Mila Braam

Éditions J'ai lu, 2013, 157 pages

Célia et sa copine Juliette (je crois qu'elle s'appelle comme ça, mais je suis plus certaine) sont super potes de toute la vie. Elles ont même vécu en collocation quelques temps et se sont amusé à touche pipi à cette occasion, ben ouais quoi. Célia est maintenant maquée à Fred et tout se passe à peu près bien jusqu'au jour (accrochez-vous!) où elle oublie de mettre sa machine à laver en route un soir, du coup plus de culotte propre le matin ! Elle fonce au bazar d'en bas pour se dépanner rapidos pas cher, et achète une culotte enfantine avec un hippocampe. Parée, elle part au travail ! Mais elle tombe sur Julia (peut-être que c'est comme ça qu'elle s'appelle), sa copine de toujours, qui file a un entretien d'embauche, pistonnée par sa copine Célia. Mais voilà, la hic, le problème qu'arrive tous les jours à tout le monde, elle porte une mini-jupe et a simplement oublié de mettre une culotte ! (ben ouais!) Alors, gentille, Célia va lui prêter sa culotte hippocampe, celle-là même qu'elle porte ce jour là ! (ben ouais....)

Va s'en suivre le récit de la narratrice, qui n'est autre que.... la petite culotte hippocampe aux super pouvoirs ! Cette culotte, au gré de ses nombreux partages (non mais rien que ça, c'est de la SF!) va transmettre aux porteuses les émois amoureux des précédentes à coups de détails qu'on voudrait bien éviter ! Plus elle pue, plus elle semble puissante cette sacrée culotte !

Vous l'aurez compris, je touche le fond de mon blog avec ce billet... mais j'ai appris plein de choses, comme le fait qu'il y a des fétichistes lubriques des culottes sales ! Non mais sérieux ?! Ce livre peut être super hard, mais finalement c'est le manque d'hygienne qui m'a choquée !

Pourquoi ai-je lu ce livre, me direz-vous ? Hé bien, je cherchais un bouquin en français sur mon kindle, y'avait ça (un sp vieux comme une vieille culotte que j'avais oublié) (on se demande pourquoi...), j'ai commencé et j'ai tellement haluciné ma race que je suis allée jusqu'au bout... (bon ça se lit très vite! Le vocabulaire est limité... je vous en fais grâce, ou bien je m'en fais grâce pour éviter d'attirer tous les pervers du net sur mon blog!)

Bref, là je lis Maupassant, je m'y sens quand même bien mieux ! (et ça sent meilleur!)

Mardi-c-est-permis

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05 octobre 2014

Y comme Romy de Myriam LEVAIN et Julia TISSIER, illustré par LOUISON

Y comme Romy de Myriam Levain et Julia Tissier

Illustrations de Louison

Éditions Robert Laffont, 2014, 245 pages

Romy aborde la trentaine. Tout juste larguée par son mec, elle enchaîne CDD sur CDD dans un job qui n'a rien à voir avec ses études littéraires (tiens...) et vit dans un petit studio parisien. Lorsqu'elle ne bosse pas, elle enchaîne soirées alcoolisées entre copines et soirées alcoolisées chez les copains pour se trouver un mec, même si juste pour la soirée, ça ne pose pas de problème. Elle doit également faire avec ses parents divorcés qui mènent leur vie sentimentale de la même façon que leur fille.... en se confiant à leur fille ! (qui mieux qu'elle pourrait comprendre, d'ailleurs ?)

Romy est un livre frais et amusant, à la Bridget Jones, un livre clairement pour filles ! On s'y retrouve parfois, d'autres fois pas du tout, Romy c'est comme une copine qui nous raconte ses histoires dans un moment un peu instable de sa vie. On a toutes une Romy dans notre entourage !

Je me suis reconnue à plusieurs occasions : le frigo vide du dimanche, le coiffeur qui sait mieux que toi ce que tu veux, l'attente des textos (ahahah!), les stratégies des premiers rendez-vous, les parents (ou la tante!) et facebook.... Mais force est de constater que l'on finit par mûrir, je suis en fin de trentaine maintenant, et je regarde ça d'un oeil plus distant, et la plupart des situations ne s'appliquent vraiment plus à ma vie actuelle ! Ouf ! (ahah) Un petit air de nostalgie (ou pas!) en lisant ce livre, donc !

Le livre est composé de petites entrées aux titres évocateurs : L'ex, La capote, La collocation.... Il est truffée d'humour et teinté de fraîcheur. Cette légèreté est accentuée les illustrations très amusantes qui résument bien l'humeur de Romy ou la situation évoquée (titres et illustrations qui peuvent être sacrément embarrassantes quand on lit l'ouvrage dans la salle d'attente bondée d'un médecin.)

J'ai passé un très bon moment avec ce petit livre, j'ai beaucoup ri et je me suis sentie quelque peut sentie soulagée de constater que, quand même, chuis plus comme ça. Ou que, quand même, j'étais pas totalement comme ça non plus !

Je ne suis pas la seule à vous parler de ce livre aujourd'hui, il y a également Leiloona, Karine et Fanny...

03 octobre 2014

"La fille dans l'escalier" de Louise WELSH

La fille dans l'escalier de Louise Welsh

Éditions Métailié Noir, 2014, 252 pages

Nous sommes à Berlin et Jane vient de rejoindre son amie, Petra pour entamer une nouvelle vie. Jane est écossaise et tout droit débarquée de Londres. Elle est enceinte et attend beaucoup de ce nouveau départ. Elles sont installées dans une vieil immeuble avec vue sur cour, et sur un autre vieil immeuble, énigmatique, fantomatique, en mauvais état. Alors que Petra passe de longues journées au travail, Jane reste à se reposer à la maison et à se préparer pour la venue du bébé. Son esprit vagabonde, attentive aux moindres bruits dans l'immeuble. Ses voisins sont un médecin et sa fille ado, au comportement ambivalent, tantôt gamine, tantôt jeune fille attifée comme une femme fatale ou une délurée. Jane comprend à peine l'allemand et va appréhender ce nouvel environnement comme un ennemi. Tout lui semble étrange, malsain et inquiétant, en particulier ses voisins, cette jeune fille qu'elle croit battue, cette rumeur de neutre, cet immeuble d'en face angoissant.

C'est un roman très sombre et assez angoissant et je l'ai lu presque d'une traite. J'aime cet auteur que j'avais découvert avec De vieux os, je m'attendais alors à cette ambiance lourde et malsaine. Jane, livrée trop souvent à elle-même alors que fragile et instable ne sait plus démêler le vrai du faux et l'intrigue plonge dans un récit à deux niveaux : Ce que Jane imagine et la réalité ou du moins ce que le lecteur perçoit de l'extérieur. L'intrigue est prenante mais j'aurais néanmoins aimé que Louise Welsh aille plus loin, je suis restée sur ma faim. L'auteur, à mon goût, n'approfondie pas assez la côté à la limite du surnaturel, si elle l'avait fait, le roman en aurait été que plus angoissant et dérangeant, et ça, j'aurais aimé ! COmme en apprendre plus sur les réelles motivations de Petra. Les personnages auraient pu être malfaisants et effrayants puissance dix, comme l'atmosphère générale du livre.

Mais j'ai aimé cette sorte de huis-clos dans lequel on ne sait plus à qui se vouer. Il me reste de ce roman une impression d'obsucrité, de mauvais temps, d'univers très hostile qui peut mener à la folie.

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