Voyager... Lire...

25 novembre 2019

"Nouvelles d'Ecosse" de Laura HIRD

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Nouvelles d'Ecosse de Laura Hird

Traduit de l'anglais (Écosse) par Alain Defossé

13E NOTE Éditions, 2011, 235 pages

Pour ma première lecture de ce Mois Celte, et malheureusement elles ne seront pas nombreuses vu mon rythme de lecture, j'ai décidé d'ouvrir ce recueil de nouvelles que l'on m'a prêté il y a quelques temps parce que bon... c'est l'Écosse !

Je ne connaissais pas du tout cette auteur alors ma curiosité en a été d'autant plus attisée.

Ce livre nous présente des tranches de vie, principalement à Edimbourg. Les personnages sont toujours des personnes isolées : par leur histoire, leur travail, leur vie familiale... parce que d'une façon ou d'une autre ils sont différents. Femme battue, jeune homosexuel en plein coming out, libraire qui aperçoit la richesse pour la première fois de sa vie etc...

Ce livre dresse alors un portrait moderne de l'Écosse mais aussi de n'importe quelle ambiance urbaine dans le monde, avec ce sentiment que rien n'est simple et qu'au final, on doit toujours se débrouiller au mieux pour survivre, seul.

J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, parfois trash, d'autres fois plein de cynisme ou d'humour. J'ai lu ce recueil avec plaisir, pressée, à chaque fois, de découvrir qu'elle serait la prochaine intrigue, la prochaine folie. On est bien loin ici de la paisible Écosse vendue par les spots publicitaires !

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21 octobre 2019

Mois Celte 2019

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Bonjour à tous,

Oui, je me fais bien rare mais je suis toujours à rôder, là, pas loin.

Ce mois de juin, durant le mois anglais et suite aux habituelles questions sur des billets irlandais, écossais etc... ma copine Lou m'a réclamé haut et fort un mois Celte pour répondre à toutes vos frustrations.

Le mois Celte aura lieu durant tout le mois de novembre ! Je sais bien que le mois Québécois a lieu en même temps, mais loin de moi l'idée de créer une quelconque concurrence ! L'année est malheureusement trop courte pour tous les mois thématiques qui voguent sur les blogs. 

Le mois Celtre mettra en lumière les littératures et cultures de l'Ecosse, de l'irlande et du Pays de Galles (mais je vous préviens, je ne veux pas de billets anglais ! :-D)

Voici une proposition de programme pour ceux qui voudraient le le suivre (et que je ne suis vraiment pas certaine de suivre moi-même!) :

  • Le 06 novembre : Contes, légendes et mythes Celtes
  • Le 09 novembre : Journée Irlandaise
  • Le 13 novembre (Stevenson's Birthday !... and mine..): Journée classiques
  • Le 16 novembre : Journée Galloise
  • Le 20 novembre : Journée Polar
  • le 27 novembre : Journée insulaire (un roman qui se passe sur une île)
  • Le 30 novembre : Journée Ecossaise

Vous avez d'autres idées ? N'hésitez pas à men faire par en commentaires du présent billet !

Ce Challenge n'aura lieu que sur les blogs, à l'ancienne, pas d'intagram, pour en simplifier la gestion... mais vous pouvez rejoindre le groupe Facebook en cliquant ICI afin d'échanger ensemble !

Rdv donc le 1er novembre  ! :-)

(et à la demande générale, Décembre sera de nouveau Nordique cette année !)

 

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17 août 2019

"Retour à la case départ" de Stephen McCAULEY

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Retour à la case départ de Stephen McCauley

Traduit de l'américain par Sévérine Weiss

Éditions Robert Laffont, 2019, 421 pages

Julie vit dans une grande maison brinquebalante au bord de l'océan dans une petite ville près de Boston. Elle vient de se séparer de Henry avec lequel elle a eu une fille, ado maintenant, du nom de Mandy. Tout est un peu tendu avec Henry, d'autant plus qu'il juge Julie incapable de gérer sa fille, et en particulier ses études, et encore moins la maison. C'est que Julie veut garder cette maison à tout prix, et pour ce faire, elle doit être en mesure de racheter la part de Henry... pas facile pour une simple prof au salaire... de prof ! Elle décide alors de mettre sa maison sur airb&b pour essayer de faire face aux factures et au rachat de la maison. Défilent alors nombre de personnages malpolis et dérangeants... d'autant plus que la maison de Julie n'est pas de grand confort et encombrée d'un fatras inutile. David, son autre ex mari, est dans une mauvaise passe également (même si plus relative). De nouveau célibataire, il doit se trouver un nouvel appart et vit mal sa cinquantaine engagée. Mandy le contacte - vous aurez pourquoi en lisant le livre - et le voici fraîchement débarqué chez Julie pour quelques jours, voire quelques mois au final. 

Voici un roman intelligent, touchant et subtile avec des personnages criants de vérité. Il y a bien sûr des personnages hauts en couleur tout au long de l'intrigue - sinon ce serait moins drôle - qui adoucissent et rythment le roman avec des touches d'humour. Cependant, les personnages principaux sont des gens comme vous et moi, avec leurs incertitudes et leur galères. Difficile alors de ne pas s'attacher à eux. 

Le roman aborde les thèmes du temps qui passe, du couple, de l'amitié... et en parallèle celui de devenir adulte quand ses parents se déchirent et qu'on doit alors retrouver ses propres repères, sa propre identité, ses propres moyens de survie (douteux) dans une Amérique qui recrutent ses candidats à l'université sur lettres de motivation, rhétorique et mensonges (oh, mais ça me rappelle quelque chose, ça?!) Julie et Mandy sont toutes deux à des étapes incertaines de leur vie, propres à leur âge mais aussi charnières pour chacune d'entre elles.

J'ai eu plusieurs étapes dans ma vie de lectrice qui a commencé assez tardivement (vers quatorze ans) : Stephen King, puis la surprenante découverte des classiques (Oh Stendhal, Shakespeare, Maupassant!) à la fin du collège, et enfin les années lycée / fac avec la découverte de grands noms comme Toni Morrison, Faulkner, Wilkie Collins (le fameux)... et donc je me suis tournée, un peu à l'époque (mais pas trop!) vers la littérature contemporaine et, entre autres, Stephen McCauley. Comme j'aimais cet auteur ! Beaucoup d'humour et un univers dans lequel je me sentais bien. Je n'avais plus lu Stephen McCauley depuis bien longtemps et j'ai eu un un peu peur de ne plus aimer après tant d'années (cela me fait ça avec TOUS mes auteurs chouchous, quelle angoisse ! J'ai peur de lire Stendhal à mon âge!) Alors, quel plaisir de le retrouver avec ce roman dans une période où la lecture reste encore bien compliquée pour moi ! (y'a pas que la lecture d'ailleurs, comment ai-je fait pour rater son passage en France et ne même pas être au courant de la sortie de ce roman?! Bref..) 

Si vous ne connaissez pas encore Stephen McCauley, je ne peux que vous encourager à le découvrir car en plus d'être un auteur talentueux, c'est une belle personne. Je tiens d'ailleurs à m'excuser auprès de lui pour l'interview que j'avais fait de lui il y a quelques années à Saint Maur et que je n'ai jamais publié, à cause des aléas de ma vie... Il m'avait demandé à l'époque pourquoi je ne changeais pas de boulot... et bien, il ne se souvient certainement pas de moi ni de cette question, mais peu après, j'en ai changé ! (je ne dirais pas que c'est grâce à lui, mais grâce à plein de petites pierres que plein de monde ont placé devant moi.)

Bref, j'arrête de vous raconter ma vie... Mais mes livres sont souvent tellement liés à des périodes de ma vie !

Ah, et j'allais oublié... Merci à Robert Laffont pour sa patience et pour ne pas m'avoir mise de côté malgré les chroniques en retard et un blog (voire une lectrice) en convalescence... Je ne suis pas un simple écran de pub pour vous, et ça réchauffe le coeur... et merci aux lecteurs qui n'ont pas oublié mon blog ;-) (si vous êtes encore là, commentez car je doute!)

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16 août 2019

"Let me tell you about a man I knew" de Susan FLETCHER

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Let me tell you about a man I knew de Susan Fletcher 

Editions Virago, 2017, 272 pages

Mportrait-of-madame-trabuc-1889adame Trabuc, Jeanne, vit dans une maison tout prêt d'un hospice dont son mari est directeur. Ils ont eu trois enfants, trois garçons, grands maintenant et qui vivent leur vie loin d'eux. C'est une femme de cinquante-cinq ans qui a vieilli sans s'en rendre compte auprès de son mari sans rien demander. Ils vivent comme des compagnons, mais leurs enfants nés, leur devoir charnel auprès l'un de l'autre a été accompli et terminé. Son mari, Charles, est un homme droit et travailleur. Il fait de son mieux pour tenir convenablement l'hospice dont il a la charge. A l'époque, hospice signifie hôpital psychiatrique. Il vivent à Saint Rémy de Provence à la fin du XIXème siècle. Leur quotidien et leur équilibre apparents vont être bousculés par l'arrivée d'un nouveau pensionnaire, Vincent... Un homme excentrique, alcoolique, schizophrène, bipolaire... et peintre. Une relation va s'installer entre Jeanne et Vincent. Il la fascine, l'intrique, l'éblouie. Tant de folie, de mauvaise humeur, de franchise sont pour elle synonyme de liberté, celle qu'elle a perdue il y a bien longtemps en épousant Charles.

 

 

VincentVanGogh-PortraitdeMonsieurTrabuc-SVous aurez compris que le Vincent de ce roman n'est autre que Vincent Van Gogh. Cependant, loin de faire une oeuvre autobiographie sur Van Gogh, Susan Fletcher s'est attelé à imaginer qui étaient Monsieur et Madame Trabuc dont Vincent a fait les portraits lors de son séjour à Saint Rémy. Elle part alors de ces deux tableaux pour créer son histoire, dans laquelle, bien sûr, Van Gogh tiendra une place de choix. Mais, la vie de Van Gogh, nous la connaissons assez bien. C'est un réel plaisir de le (dé)couvrir dans son quotidien, un peu bourru, sensible, brillant, dépressif... cependant le personnage principal de ce texte est bien Jeanne Trabuc et la façon dont elle reprend vie et se met à rêver de nouveau à ses aspirations de jeune fille au contact de Vincent. Ce roman est celui d'une femme de la fin du XIXème siècle, entre conventions sociales, devoirs conjugaux et féminisme. Le roman d'une femme qui a cru à la vie, à la passion et qui veut être plus que la femme de son mari.

Le début du roman est un peu lent et j'ai eu un peu peur de ne pas accrocher mais finalement je me suis passionnée pour cette histoire. J'ai de plus, telle Jeanne Trabuc, été ravie de passer du temps avec Van Gogh même s'il n'a pas voulu me prendre comme sujet de portrait le vilain ! :)

Et puisque parfois la vie m'offre de belles suprises (ça m'arrive pas souvent, faut que je savoure), pendant mes vacances dans le sud, ma super cousine m'a emmené aux Carrières de lumières des Baux de Provence pour l'animation sur Van gogh (ses tableaux projetés sur la carrière, magique!) et j'ai aussi pu passer quelques heures à Arles et même manger une dame blanche (à la noix de coco, mais toujours blanche, ouf!)) dans LE café de Arles (même si je l'ai trouvé un peu décevant, je m'attendais à la trouver à l'identique ! ahem, moui, dans mon monde il aurait dû rester à l'identique!)

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J'aime Van Gogh, il me fascine ! :)

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11 juillet 2019

"La ferme du bout du monde" de Sarah VAUGHAN

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La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

Traduit de l'anglais par Alice Delabre

Éditions Le livre de Poche, 2016, 473 pages

Pendant la seconde guerre mondiale, Will et sa soeur Alice sont accueillis en Cornouailles pour échapper aux bombardements de Londres. lls vivent dans une ferme familiale et se lient d'amitié avec la fille de la famille, la jeune Maggie. En 1943, un évènement va à jamais changer la vie de ces trois protagonistes. On se retrouve en 2014, au même endroit, avec la famille de Maggie qui essaie tant bien que mal de sauver la ferme familiale. On voyage alors entre 1943 et 2014, avec cet évènement de 1943 toujours bien présent dans l'esprit de Maggie. Bien qu'elle ait construit une famille, Maggie n'a jamais oublié Will, son premier amour et sa soudaine disparition reste un traumatisme pour elle.

Voici un livre qui m'a bien embarquée malgré quelques maladresses (des coïncidences de noms et personne ne tique?). Cela se passe en Cornouailles alors cela a déjà, au départ, un certain attrait pour moi mais malheureusement, je n'ai pas retrouvé l'ambiance bien typique de la Cornouailles, où la nature est omniprésente, dans les romans du genre de Daphné du Maurier par exemple, mais pas ici finalement. Mais j'ai aimé l'histoire et les déambulations de cette famille, détruite par la guerre et par les moeurs de l'époque (qui m'ont au passage révoltée.)

L'histoire, c'est aussi celle des descendants de Maggie, en particulier de Lucy qui est en train de se séparer de son mari. Aussi, ce livre est une réflexion sur l'amour, sur les choix de vie que l'on fait, sur le fait d'être en accord avec soi même plutôt qu'avec la société pour ne pas passer à côté de sa vie. Cet aspect m'a également intéressé.

Bon voilà, je me rends compte que j'ai trop traîné pour écrire ce billet, du coup je ne sais pas trop quoi dire de plus !

Publication tardive pour ce livre que j'ai lu dans le cadre du Mois Anglais.

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27 juin 2019

Pourquoi il faut continuer de regarder "Coup de foudre à Notting Hill" 20 ans après!

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Coup de foudre à Notting Hill

Film anglo-américain de Roger Michell, 2h04, 1999

Avec Hugh Grant, Julia Robert, Rhys Ifans...

Tout le monde connaît ce film mais je vais me fendre d'un petit résumé malgré tout ! William , fraîchement divorcé, vit sa vie tranquillement dans le quartier de Notting Hill à Londres. Il partage sa petite maison (à la porte bleue) avec Spyke, son co-locataire complètement allumé et tient sa petite librairie de livres de voyage. Un jour, la star mondiale du cinéma, Anna Scott, rentre dans sa boutique. De fil en aiguille, une relation tourmentée va s'installer entre eux.

Alors, pourquoi faut-il continuer à regarder Notting Hill vingt ans après ?

Parce qu'en temps de clavicule, un peu de fraîcheur londonienne ne peut faire de mal à personne.

Parce que Hugh Grant a de beaux yeux bleus et ce flegme et cette classe anglais que j'aime tant.

Parce que Hugh Grant a un accent anglais juste parfait, élégant, pure, nickel (la prof d'anglais que je suis adooOOOre cet accent.)

Parce que Bernard Black vient voler un livre à Hugh. Et que je pense qu'il a trouvé sa vocation de libraire dans ce film. Et moi je kiffe Bernard Black (et nan! Je ne mélange pas du tout fiction et réalité!) 

Parce qu'il y a vingt ans, j'étais une jeunette étudiante d'anglais et que ce genre de film a développé mon amour pour Londres, pour l'Angleterre, pour les anglais. Et que je suis un brin nostalgique de cette période où la vie était belle.

Parce que ce film est une ode à Londres et à l'Angleterre.

Parce que Julia Roberts n'a pas pris une ride (la pétasse!) et qu'elle m'a toujours été sympathique.

Parce que l'un de les amis avait l'habitude de rencontrer Hugh Grant en promenant son chien sur le plage... et pourquoi ça ne m'est jamais arrivé à moi ?!

Parce que j'ai certains amis qui sont tellement coincés/anglais somme Williamn dans ce film et que je les kiffe tellement !

Parce que moi aussi on m'a déjà tellement proposé de cuppa tea dans des situations loufoques ! Juste parce que... ben c'est le remède à tout ! Haha !

Parce que les comédies anglaises, c'est tout simplement des films doudous et que ça me fait du bien (à choisir entre ça et des anxiolitiques, j'ai choisi mon camp !)

Bref, je ne regrette pas ma soirée avec Hugh.

Film regardé dans le cadre du Mois Anglais.

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26 juin 2019

Mansfield Park (film 1999)

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Mansfield Park

Film anglo-américain de Patricia Rozema, 1h52, 1999

D'après Jane Austen

Avec Frances O'Connor, Alessandro Nivola, Embeth Davidz...

Fanny Price habite à Portsmouth avec ses parents et ses nombreux frères et soeurs. Sa mère a fait un mariage d'amour et vit maintenant dans la pauvreté avec son capitaine alors que ses deux autres soeurs ont de belles situations et vivent ensemble dans la belle demeure de Mansfield Park. Alors qu'elle a une dizaine d'années, elle est appelée par ses tantes pour aller vivre à Mansfield Park. Ce qui se présente tout d'abord comme une bonne action de leur part n'est en fait que mise en scène car, bien que Fanny vivra dans de meilleures conditions (ça ne peut pas être bien pire en même temps), elle ne sera pas traitée de la même façons que ses cousins et cousines. Très rapidement, elle se lit d'une belle amitié avec son cousin Edmund.

Fanny Price grandit et devient une charmante jeune femme, brillante en plus (contrairement à ces demoiselles ses cousines). Elle va forcément être rapidement confrontée à la question du mariage. Nous sommes en 1805 et les jeunes femmes n'ont pas grand mot à dire à ce sujet si la famille donne son approbation à un tel projet. Mais Fanny va refuser les avances du mignon tout plein Mr Crawford (nan mais sérieux?!) et préférera retrouver ses parents, pour vivre dans un endroit dans lequel elle aura l'impression d'appartenir et où on la traitera en égale. 

Vu que c'est canicule (et non pas clavicule, comme dirait l'un de mes troisièmes...) et que je ne suis même pas bonne à lire avec ce mal de tête, j'ai voulu trouver un film anglais pour aujourd'hui. Dans ma pile de DVD anglais (que je n'ai pas achetés, je tiens à le souligner), il n'y avait que du Jane Austen, ou presque... ouais bof... et sur Netflix, pas grand chose de plus.... alors résignée, allons-y pour Jane Austen. Et pour essayer de limiter les dégâts, allons-y avec une de ses histoires que je n'ai pas lue ! (Voyez au passage comme je traîne du pied.)

J'ai tout d'abord eu très très peur de tous les passages au ralenti, signes de romantisme exacerbé (ce côté de Jane Asuten qui me gène profondément... même si d'autres diront que ce n'est pas romantique, gnagnagna) mais le reste m'a fait oublié ce désagrément. J'ai bien aimé le personnage de Fanny, intéressante, droite dans ses bottes même quand elle est amoureuse. Les personnages ne sont pas lisses comme dans les autres Jane Austen de ma connaissance, ils ne passent pas leur temps à bavarder sur des intrigues amoureuses comme dans une cour d'école. Il y a des bad boys, en particuliers Tom (le cousin de Fanny, qui aime le théâtre, la picole et s'amuser), des filles qui trompent leur mari, des pères de famille pas très recommandables... bref ce n'est pas un monde parfait, ce qui pour moi ressemble plus à la réalité qu'à une belle histoire.

Il y a dans ce film une RÉELLE réflexion sur le mariage et la condition des femmes à l'époque (cette fois! car d'habitude on me le vante avec Jane Austen mais je n'en vois jamais la couleur!) ainsi que sur l'esclavage (et j'ai beaucoup apprécié cet aspect du film!) Alors je peux le dire, j'ai aimé ce film ! :)

Regardé dans le cadre du Mois Anglais.

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24 juin 2019

"L'héritage des jumeaux diaboliques" de Gareth P.JONES

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L'héritage des jumeaux diaboliques de Gareth P.Jones

Traduit de l'anglais par Pascale Jusforgues

Livre de Poche jeunesse, 2019, 400 pages

Lorelei et Ovide vivent dans un grand manoir ennuyeux. Ils ont 14 ans et sont élevés par une troupe de serviteurs depuis la mort de leur parents : Le père assassiné par la mère, la mère tuée par un coup de tonnère. Fidèles à leurs gènes, il passent le temps à essayer de s'entretuer, il faut dire qu'on les garde dans une ambiance sinistre, les plats sont fades, ils n'ont pas le droit d'aller à l'école, ni en ville... et oh misère ! Lorelei doit terminer la lecture de tous les livres de la bibliothèque du manoir avant d'avoir le droit d'en emprunter un à la bibliothèque municipale ! Bref, faut bien qu'ils s'occupent.

Un jour, tout bascule lorsqu'ils décident d'une trêve. Un huissier doit établir un nouveau testament : si l'un d'entre eux meure avant leur seize ans, l'autre n'héritera pas !

Mais voilà, la mise en place du nouveau testament implique l'entrée dans leur vie de nouveaux intervenants qui vont tout chambouler, jusqu'à la prétendue histoire de leur famille.

Voici un livre que j'ai reçu en cadeau de la part de mon amie Lou pour m'inciter à essayer de me replonger dans la lecture en douceur mais également, mine de rien, pour essayer de m'attirer dans le mois anglais 2019 que j'ai déserté cette année pour cause de grande tristesse.

J'ai lu ce roman avec plaisir même si je ne suis pas une adepte de la littérature jeunesse, doucement mais sûrement. Cela a eu le mérite de confirmer que oui, je me remets à la lecture, l'un de mes occupations doudou qui m'a tellement manqué depuis plus d'un an et demi alors que j'en avais tellement besoin ! 

Je les ai trouvés bien amusants ces deux jumeaux, bien cyniques, limite humour noir ! Et puis, alors que je m'attendais à un roman du type grosse farce, le retournement de situation nous plonge dans une intrigue bien plus profonde, limite polar, triste mais rassurante en même temps, sur la nature humaine et sur la foi que l'on peut avoir en ses parents (enfin c'est pas le cas pour tout le monde, mais ça a été le cas pour eux et pour moi, c'est déjà ça!)

Merci copine Lou pour ton soutien sans faille et pour toujours me pousser, mine de rien, vers les livres et l'englishitude que l'on aime tellement !

Livre lu dans le cadre du Mois Anglais, si j'avais eu un ordi sous la main ce weekend, j'aurais été, malgré moi, à l'heure pour une LC ! :)

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10 juin 2019

"Le nuage d'obsidienne" de Eric McCORMACK

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Le nuage d'obsidienne de Eric McCormack

Traduit de l'anglais par Johan Frédérick Hel Guedj

Éditions Points, 2016, 467 pages

Cela fait des mois que j'erre en librairie à la recherche d'un livre qui pourra me redonner le goût de la lecture... Je cherche des choses nouvelles, qui sortent de mes auteurs favoris, j'ai besoin de découvertes littéraires, d'air littéraire. Alors, quand j'embarque mon frère en librairie, je lui demande d'essayer de me trouver des romans que je ne connais pas (et il dit que c'est compliqué, haha!). Cette fois-ci, je lui ai demandé des romans qui se passaient en Écosse. Et moi voici alors avec ce roman d'un écossais qui vit au Canada.

Harry grandit dans un quartier populaire de Glasgow avec ses parents. Il est fils unique et entretient de très bonnes relations d'amour et de complicité avec ses parents. Alors qu'il est sur le point de passer ses derniers examens à l'université, son immeuble explose, ses parents dedans. Harry va alors commencer une fuite loin de ce cratère hurlant qu'est devenue sa vie. Après ses examens et après loué quelques temps une chambre chez un couple excentrique, il part dans les Uplands pour enseigner l'anglais dans un petit village. Il n'aura même pas le temps de donner sa première heure de cours, il tombera amoureux, se fera éconduire et fuira de nouveau, n'importe où... Jusqu'au jour où des années plus tard au fin fond du Mexique, il tombe sur un livre intitulé Le nuage d'obsidienne, et qui raconte un phénomène météorologique étrange qui s'est passé au XIXème siècle à Duncairn, lieu de ses premières amours. 

Voici une histoire qui tourne en rond dans l'intrigue, la narration. C'est justement ce que j'ai trouvé intéressant et qui ennuiera peut-être d'autres lecteurs. Les situations, les aventures de personnages tourbillonnent dans ce roman comme si la vie d'Harry ne pouvait plus avoir de cheminement normal depuis la disparition de ses parents. Harry ne cessera de voyager dès lors qu'il se trouve orphelin : L'Afrique, l'Amérique du sud, puis le Canada où il finira par s'installer. Mais il continuera de voyager grâce à son travail. S'il ne suit pas les pas de ses parents qui n'ont jamais quitté Glasgow, il suivra les pas de ses "parents" adoptifs, du moins ceux qui l'auront aidé à grandir, à se construire, moralement comme professionnellement. 

Beaucoup de thèmes tourbillonnent autour d'Harry : l'amour, les femmes, les maîtresses, les enfants cachés, la folie (des personnages, des situations), la mort des parents et les enfants qui grandissent quand même. 

Un autre aspect que j'ai aimé dans ce roman, c'est l'univers magique et faussé que créé l'auteur. J'ai passé mon temps à vérifier ce qu'il nous racontait, et encore je suis passé à côté de plein de choses certainement. Tour d'abord, si la région des Uplands existe en Écosse, Duncairn ne figure pas sur la carte. Un nuage d'obsidienne (gris nuage noir qui reflètent ce qui se passe sur terre), malheureusement, ni rien qui s'en rapproche, n'a jamais existé. Les anecdotes que l'auteur rapporte sur la mort de Thomas Hardy non plus ! N'existe pas non plus le paratac, pratique sexuelle à Oluba, lieu imaginaire.

Ce roman a alors un goût de rêve, d'imaginaire pourtant ancré dans notre société. Harry est le seul personnage a peu près normal que nous rencontrons, les autres personnages sont foncièrement romanesques, souvent drôles, toujours décalés.

J'ai aimé le clin d'oeil à La maison muette de John Burnside, car j'aime à croire que ce n'est pas un simple recopiage.

Voici un roman que j'ai trouvé perturbant et d'apparence facile mais pas tant que ça dès lors que l'on essaie de remettre les choses à leur place, de faire des recoupements etc... Le thème du deuil est omniprésent, ainsi que celle de la quête du grand amour (que seul le pauvre Harry recherche), la fuite...

Un roman que j'ai lu en une petite dizaine de jours, évènement exceptionnel pour moi en ce moment ! Je peux alors le qualifier de bon roman !

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01 juin 2019

"La pyramide des besoins humains" de Caroline SOLE

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La pyramide des besoins humains de Caroline Solé

Éditions L'Ecole des loisirs, 2017, 154 pages

Christopher Scott est un ado qui s'est enfui de chez lui. Il vit maintenant sur un morceau de carton à Londres, à Leicester Square. Il fait partie des gens que l'on ne regarde pas quand on passe dans la rue, les gens sales qui font peur, qui dégoûtent. Il décide un jour de s'inscire à "La pyramide des besoins humains", un jeu de télé réalité, c'est le candidat n°12778, ce matricule plus que son nom lui fournira une place dans la société. Le jeu consiste en plusieurs épreuves qui sont les différents paliers de la pyramide, pour lesquels il doit écrire un petit texte sur les différents besoins humains qui nous distinguent des animaux à mesure que l'on s'approche de son sommet : Besoins physiologiques, sécurité, amour, reconnaissance, réalisation de soi. Ses textes doivent montrer qu'il atteint chaque palier avec succès dans sa vie de tous les jours, ce qui n'est pas tout à fait évident quand on est un jeune SDF.

Pas évident, car il doit poster ses textes via une plate-forme internet : Cela revient à lui de choisir entre se nourrir et tenter sa chance, car ça coûte de l'argent un heure au internet café. Et puis, il ne ment pas, il s'éforce de raconter sa vie de SDF... comment gravir les paliers avec ses misérables expériences ?

Et pourtant, cela fonctionne... car notre monde débloque. Les SDF si invisibles dans notre quotidien deviendraient des objets d'intérêts dès lors que leur histoire est médiatisée et sur les réseaux sociaux? Vraiment ? Malheureusement, j'ai bien l'impression que c'est exactement ce qui se passerait si Christopher Scott était un jeune homme réel dans notre société actuelle.

Les gens qui l'ignorent jour après jour sur le trottoir s'enflament d'un coup pour ce jeune homme, veulent l'accueillir chez eux, découvrir qui il est vraiment, le pistent !

J'ai beaucoup aimé ce roman que j'ai acheté pour le mettre dans la boite à livres de la pause lecture dans ma classe pour mes élèves. Il m'a pas mal retournée et indignée, ce roman est un tel reflet de notre société de plus en plus hallucinante.

Alors, si vous êtes comme moi, indignée par ce qui est décrit dans le livre, je vous propose de trouver près de chez vous un "café volant"  (je crois que ça s'appelle comme ça) dans lequel vous pouvez payer d'avance un café (ou un repas) à un SDF qui passerait par là et qui le demanderait.

Vous pouvez ensuite m'envoyer vos photos par mail à cryssilda@hotmail.com , je ferai un billet avec toutes vos marques de générosité en vous mentionnant ainsi que le lieu qui vous a permis de faire cette BA, en espérant avoir tout plein de photos à poster ! (oui c'est la "nouvelle" Cryssilda solidaire.)

Enfin, avec ce billet, j'espère signer mon retour sur le blog et je participe par la même au Mois Anglais que je n'ai pas pu organiser cette année (étant en pleine reconstruction de ma vie qui ressemble bien trop à Fukushima.)

 

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