Voyager... Lire...

26 août 2014

"Entre les murs" de François BEGAUDEAU

 

Entre les murs

de François Bégaudeau

Éditions Folio, 2006, 290 pages

Ce livre que tout le monde a lu bien avant moi raconte une année d'un professeur de français dans un collège populaire parisien (je n'ai pas vu le film.) Depuis que je suis prof, je cherche à lire des romans ou témoignages sur le sujet tellement ma première année m'a fait halluciner. J'avais lu il y a quelques mois, G229 de Jean-Philippe Blondel qui m'avait laissé de marbre par rapport à mon quotidien dans mon collège.

Le prof de ce livre enseigne dans un collège populaire dans lequel les élèves sont du style zonards, avec le langage qui va avec (sauf que quand même, même pour des zonards, il parlent bizarrement.) Il ne se sent pas particulièrement en danger quand il vient bosser non plus, à part avec l'un de ses élèves avec qui ça chauffe de plus en plus. Les autres s'intéressent plus ou moins aux cours, voire plus, même si les questions qu'ils posent peuvent laisser dubitatif, comme parfois les réponses du prof.

Encore une fois, j'ai trouvé de roman bien loin de ma réalité, à part quand on retrouve les profs en salle des profs : La panne de la photocopieuse m'a l'air d'être la seul réalité commune à tous les collèges de France ! Je me suis par contre, parfois, retrouvée dans le cynisme du prof qui m'a tout l'air de se demander ce qu'il fait là (à quelques jours de la rentrée, je me pose encore la question)... Et il y a une question qui m'a turlupinée pendant tout le roman : Il laisse ses élèves seuls dans la classe pendant qu'il en emmène un chez le CPE ??? Euh..... vraiment ??

Bref, en attendant cette rentrée, je continue à chercher le livre qui me parlera, et je mets tous mes espoirs dans Teacher Man de Franck McCourt, un auteur qui m'a beaucoup inspiré à un moment de ma vie où je doutais de beaucoup de choses.

Voilà, c'était mon billet "j'me-pose-des-questions, c'est-bientôt-fin-aout".

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24 août 2014

"L'été des noyés" de John BURNSIDE

 

L'été des noyés (A Summer of Drowning) de John Burnside

Edition Métailié, 2014, 287 pages.

Liv vit sur une petite île arctique en Norvège avec sa mère Angelika, atriste peintre illustre. Sur l'île, autour d'elles une petite communauté virevolte comme attirée par le charme et le côté mystérieux d'Angelika. Les vacances d'été débutent, et deux frères meurent successivement, noyés dans la mer en pleine nuit à quelques jours d'intervale. Pour Liv, bercée depuis sa plus tendre jeunesse par les récits magiques de son vieux voisin Kyrre, la Huldra (créature des forêts qui séduisent les humains dans le folklore scandinave) les a envoûtés et emportés un à un, jusqu'où ira-t-elle ?

Mais le roman n'a pas pour motivation de mener les enquêtes sur ces disparus. Le roman reste centré sur Liv et sa mère, alors qu'elles essaient tout au long du livre de préserver leur isolement et de plonger de plus en plus dans la solitude : Isolement envers la communauté, mais isolement mutuel également. Elles partagent la même maison mais vivent dans deux univers parallèles, se parlant à peine, ne se questionnant pas. Angelika est déroutante et on se surprend à plaindre la jeune Liv qui doit se construire, seule, sans l'aide de ses parents, dans un environnement plongé dans la magie.

Ici, comme dans tous les romans de Burnside, la nature et le style tiennent une place centrale dans le récit. Pour ma part, je lis John Burnside autant pour ses histoires que pour ses mots : les phrases regorgent de douceur, d'humanité et de respect pour la nature. L'île sur laquelle Liv vit, la forêt, la mer, les oiseaux sont les éléments essentiels pour créer l'ambiance à la fois duveteuse et effrayante de ce livre. La nature est plus imposante que l'homme et les isolent toujours un peu plus.

"He said once that the reason he wrote was that he wanted to take us all into a deep forest and leave us there, so we could see how beautiful it was. He wanted to carry people off to remote islands and the slopes of active volcanoes so they would stop what they were doing and start to care about the world. He wanted them to switch off the television and the piped music and see what was real."

La narratrice de ce roman est Liv. Aussi, l'auteur ne cherche pas à apporter des réponses à tous les évènements mystérieux qui surgissent dans l'environnement de Liv, mais tout comme elle, nous sommes plongés dans l'incompréhension. Nous n'en saurons jamais plus que Liv, qui se retrouve face à un mur quand elle questionne sa mère sur ses origines, qui ne veut plus questionner la seule personne qui pourrait lui parler de son père et mettre en péril sa vie "paisible" avec sa mère.

Un très joli roman qui se déroule entre réalité, rêve, démence et mythologie sous un paysage magique d'une île arctique. J'ai adoré !

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22 août 2014

"L'île du serment" de Peter MAY

 

 L'île du serment (Entry Island) de Peter May

Editions du Rouerge, 2014, 422 pages

Il y a des romans que l'on attend avec grande impatience, et c'était le cas de L'île du serment ! Surtout quand l'auteur en parle sur Facebook en l'écrivant mais sans trop en dire, histoire d'énerver ses lecteurs !

L'île du serment, c'est L'Île d'Entrée, au Québec. Un île d'irréductibles anglophones.

Sime est flic, un peu déprimé, totalement insomniaque depuis sa rupture avec sa femme Marie-Ange. Il doit partir avec une équipe de policiers sur l'ïle d'Entrée pour enquêter sur la mort d'un homme, agressé chez lui, en pleine nuit. De mémoire d'hommes, il n'y a jamais eu de crimes sur l'Île. Sime est d'origine écossaise, et dans sa famille, ses ancêtres ont décidé de garder l'usage de l'anglais, en plus du français. Il est alors le flic tout désigné pour tenir les interrogatoires des principaux suspects dans cette affaire, en particulier Kristy, la femme de la victime.

Dès qu'il voit Kristy pour la première fois, il a l'intime conviction de la connaître. D'autant plus, qu'il va découvrir un bijou grandement similaire à la bague de ces ancêtres qu'il porte au doigt depuis la mort de son père. Pourtant, il n'a jamais eu de contact avec Krysty avant.

Pourquoi toute cette histoire lui rappelle de vieux carnets que sa grand-mère lui lisant quand il était enfant ? Ces carnets, des journaux de son ancêtre Sime venu d'Ecosse pour s'installer de force au Canada, et qui le fascinent depuis toujours.

Alors, entre l'enquête, on est plongés dans l'histoire de l'Ecosse des années 1800, dans le destin de cette pauvre famille de l'Île de Lewis que l'on déloge de force pour l'expédier au Canada et les remplacer par des moutons. Puis on suit sa nouvelle vie au Québec, la perte de la jeune fille qu'il aimait en cours de route, son installation dans sa cabane en bois...

J'ai mis près d'un mois à lire ce livre il y a quelques mois car la version anglaise est intransportable, et puis le soir, ben je n'avais souvent pas le temps de lire. Mais voici qu'une "prophétique" grippe m'est alors tombé dessus, et une grande partie de la prescription pour guerrir est "reste au lit avec du thé et un bouquin".

Quel plaisir j'ai alors eu de terminer ce roman, en entendant les volets claquer à cause du vent, et les rafales de pluie s'abattre sur les vitres. Et moi, j'étais au Québec, puis sur Lewis, maintenant et y'a bien longtemps à suivre la destinée de ces personnages. C'est un livre très émouvant, parfois bien triste mais l'histoire est très belle. On pressent ce qui se passe dès le début du roman, mais on veut savoir le pourquoi et le comment. Alors l'auteur nous balade, dévoile des pièces, en dissimule d'autres pour nous faire traverser ce roman sans se rendre compte que l'on tourne les pages.

Et puis, ce n'est un doute pour personne, j'aime l'histoire écossaise et je m'étais déjà émue de ces clearances dans Consider de Lilies de Iain Crichton Smith... mais j'aime également l'histoire Américaine. Les colonisateurs, pas les explorateurs, mais ceux qui sont arrivés pour s'installer en démarrant de rien, ça m'a toujours intrigué et fasciné.

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20 août 2014

"Molloy" de Samuel BECKETT

Molloy de Samuel Beckett

Les Éditions de Minuit, Collection "double", 1951, 276 pages

Voyons... tentons un résumé... Le roman est composé de deux parties. La première s'intéresse à Molloy. On ne sait pas bien qui est ce personnage, s'il est mort, s'il est en décomposition ou s'il est juste vieux et handicapé. Quoiqu'il en soit, il rend visite à sa mère qui est pourtant morte au début du roman. Quand il revient, il rencontre une vieille dont il tue le chien par accident et qui du coup l'acceuille chez elle. Il traverse des lieux, se perd, repart, se fait arrêter... bref il tourne un peu en rond notre Molloy. La deuxième partie est rédigé par Moran, détective privé qui est chargé de retrouver Molloy, on ne sait pas pourquoi, il ne sait pas pourquoi, mais il le saura s'il le trouve.

Autant le dire tout de suite, c'est du Beckett, du vrai, du grand alors il ne faut pas s'attendre à une intrigue mais à de l'absurde à la Beckett dans toute sa grandeur. Je suis absolument incapable de vous dire de quoi parle ce livre. Il n'y a ni début, ni dénouement. Molloy, on peut s'imaginer plein de choses sur lui, mais à aucun moment on nous expliquera ce qui se passe vraiment dans l'histoire qu'on est en train de lire. C'est une partie dans laquelle on se trouve dans la tête tordue de Molloy qui m'a l'air un peu compliqué psychologiquement donc compliqué à suivre. Dans la deuxième partie, on s'attend à des éclaircissements ! Ouf on retrouve une forme plus conventionnelle avec des paragraphes, parfois même des dialogues ! (la première partie semble avoir été écrite d'une traite, pas de paragraphe, heureusement, la ponctuation y est.) Du coup, on s'attend à ce que la deuxième partie soir un peu plus rationnelle (oui, je suis naïve) du fait de l'arrivée de Moran et de sa supposée rigueur (malsaine.) Mais bien vite, on se rend compte qu'il est bien plus tordu est effrayant que Molloy. Il se comporte en tyran avec son jeune fils de quatorze ans... Il est colérique et sadique. On se saura jamais pourquoi il doit retrouver Molloy, d'ailleurs il ne le retrouvera jamais !

Bien que ces deux parties soient distinctes, elles dialoguent entre elles. Il y a finalement de troublants échos entre Molloy et Moran, dans l'absurde, bien sûr, mais aussi dans le voyage sans but, leur condition physique, leur autarcie. On se demande même, à un moment, si Moran n'est pas un jeune Molloy.

C'est alors un roman auquel on ne comprend pas grand chose, et pourtant on le dévore (du moins moi!) - enfin pas très vite vu le style, mais pour ma part, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Au contraire, le style est un vrai régal, inattendu, choquant parfois, plein d'humour. Quelques exemples : "Je n'étais pas dans mon assiette. Elle est profonde, mon assiette, une assiette à soupe, et il est rate que je n'y sois pas. C'est pourquoi je le signale" p.25, "J'étais courbé sur un tas d'ordures, espérant y trouver de quoi me dégoûter d'avoir faim" p.78, "La mort [...] je n'excluais pas la possibilité qu'elle fût encore pire que la vie, en tant que condition" p.92 "C'était le seul moyen de progresser, m'arrêter" p.107. Bon voilà, le roman est truffée de phrases intéressantes.

Ce roman est un exercice de style que j'ai trouvé épatant ! Alors que j'ai beaucoup de mal à lire le théâtre de Beckett (alors que je l'adore sur scène!), j'ai beaucoup aimé cette expérience de roman de l'absurde et je retenterai sans hésiter un autre roman (peut-être un peu plus tard par contre, il faut des pauses entre ce genre de livres, je pense).

Ce roman est la premier tome d'une trilogie, les suivants sont Mallone meurt et L'innomable.

Ce roman a été lu dans le cadre du challenge Un an en Irlande, l'auteur du mois d'Aôut était Samuel Beckett.

Yvon a lu Murphy, Chat de bibliothèques a lu En attendant Godot, Iroise a lu Fin de partie...

Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle lecture irlandaise consacrée cette fois à Keith Ridgway.

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Je signe également, avec ce livre, ma deuxième participation au Challenge Union Européenne en 28 livres : Irlande.

Challenge Europe

 

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14 août 2014

"Le cercle des femmes" de Sophie BROCAS

le cercle des femmes

Le cercle des femmes de Sophie Brocas

Editions Julliard, sortie prévue le 21 août 2014, 194 pages

Lia vient de perdre Mamie Alice, son arrière-grand mère. Elle se retrouve, pour les funérailles, dans la maison de celle-ci avec sa famille formée par trois générations de femmes et aucun homme ! Mamie Alice fut veuve très tôt, elle est restée enfermée dans le souvenir de ce mari parfait et a élevé sa fille toute seule, sans jamais, au grand jamais, songer à se remarier. Elle a emmagasiné des tas de souvenirs dans sa chambre, parmi lesquels, un vieux carnet que vont trouver et lire Lia et sa mère. Carnet porteur d'un lourd secret qui va peser en filigrane sur les générations successives de femmes dans cette famille. Marie, la vieille amie d'Alice se tient comme gardienne de la mémoire et de la vie de sa copine d'enfance.

Lia est la narratrice de l'histoire, c'est elle aussi qui va creuser, enquêter, provoquer le reste des femmes pour faire jaillir la vérité et peut-être se comprendre mieux elle-même. Le récit est alors divisé en plusieurs parties dédiées à chaque protagoniste de cette vieille histoire qui, par un effet de contraste, mettra également en lumière la vie de Lia qu'est-trop-pourrie-à-cause-des-conneries-de-mes-ancêtres.

Premier roman de la rentrée littéraire 2014 et première déception... je n'ai pas aimé ce roman et je me suis mortellement ennuyée dès la deuxième moitié du livre (dans la première, l'histoire s'intalle, on sait pas trop où on va, on est encore emplis d'espoir!) Ca commençait bien, je tournais les pages bien tranquillement... mais une fois l'intrigue posée (le secret dévoilé), on assiste à un succession de lieux communs, de psychologie du dimanche et d'agressivité de Lia. Son ton m'a particulièrement dérangée ! Sa colère pour la terre entière parce qu'elle ne parvient pas à trouver une relation stable; cette manie de s'énerver et de juger la vie des générations de femmes qui la précèdent (vis ta vie en fonction de tes futurs petits enfants, c'est bien connu!) Je n'aime pas les gens agressifs, dans les livres comme dans la vie.

D'une façon générale, j'aime quand l'auteur montre mais ne dit pas. J'aurais aimé qu'on me laisse comprendre les implications du secret sur les générations suivantes plutôt que l'on m'explique tout dans les moindres détails... L'ellipse, c'est bien aussi... Quand l'auteur a fini par nous expliquer lors d'un long paragraphe ce qui se transmettait inconsciemment de génération en génération, j'ai littéralement perdu patience !

J'ai trouvé la forme bien maladroite, les scènes ne s'enchainaient pas logiquement ni naturellement (on parle d'un truc hypra important mais l'un des personnages décrète "finissons notre marché, on en reparle plus tard!) (ou bien, en pleine révélation majeure et innatendue, ben l'un des personnages déclare aller se coucher.) (Mouais.)

Et puis de petites reflexions innatendues qui m'ont laissée perplexe : "Ils ont l'air serein, ces doigts de pied" (Moui?) Et pis c'est sûr, se demander si son arrière-grand-mère était frigide, deux jours après sa mort, ça coule de source (pis écouter les histoires de cul de sa grand-mère aussi.)

Et puis cette fin.... attendue, cliché, pas crédible, fleur bleue !

Bref, je m'arrête là mais vous pouvez aller lire les avis de mes copines Leiloona, Stéphie et Miss Léo pour notre LC du jour!

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13 août 2014

"Le crime de l'Orient-Express" d'Agatha CHRISTIE

Le crime de l'Orient-Express d'Agatha Christie

Éditions du Masque, 1934, 287 pages

L'Orient-Express se dirige vers Londres à travers l'Europe avec à son bord, entre autres passagers, le fameux Hercule Poirot. Alors qu'ils traversent la Yougoslavie, le train est pris dans une tempête de neige et est obligé de s'arrêter de longues heures sur la voie, en pleine nuit. De bon matin, on découvre l'un des passagers, un américain, sauvagement poignardé dans son lit. Hercule Poirot va alors être appelé à contribution pour interroger les passagers et découdre le vrai du faux dans cette sinistre histoire. Chaque passager va passer l'interrogatoire parfois déroutant d'Hercule et lui seul va commencer à comprendre la nature du crime.

Je ne suis pas du tout une spécialiste, ni une fan absolue d'Agatha Christie même s'il me plaît à la lire de temps en temps. Pour le mois anglais (oui là j'ai du retard pour publier, vous en conviendrez), j'avais décidé de lire enfin le plus connu ! Pour moi, Agatha Christie rime sans conteste avec Le crime de l'Orient-Express ! Je m'attendais alors au summum de l'Agatha Christie, l'ultimate roman policier de l'auteur et là.... mais quelle déception ! Une déception à la hauteur de mes attentes, mais dans le sens inverse ! J'ai bien aimé le départ de l'intrigue, le train, la tempête, la neige tout ça... tout ce qu'il faut pour installer une histoire et pouvoir enquêter pénard ensuite. Et puis l'enquête débute et je commence à m'ennuyer sévère. Déjà, tout le monde est lié d'une manière ou d'une autre dans ce train, et ça ne met la puce à l'oreille à personne au premier abord, nous sommes dans la normalité absolue. Et puis, je vous zappe l'enquête, et hop, on découvre la machination liée à ce meurtre et hop ! Je ne vous donne pas la fin, mais qu'elle pirouette de déception pur moi ! Mais à quoi donc sert la police ?!

Bref, je suis très très déçue. Je lirai certainement d'autres romans d'Agatha plus tard car je garde un très bon souvenir d'autres livres, mais damn, quelle déception !

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11 août 2014

"Un brin de verdure" de Barbara PYM

Un brin de verdure de Barbara Pym

Éditions 10/18, 1987, 300 pages

Sociologue, Emma décide de s'intaller quelques mois dans un petit village anglais afin d'observer la communauté et écrire un article sur les us et coutumes dans un petit village anglais. Elle s'instale dans une maison isolée et tente d'aller à la rencontre des villageois : Promenades dans les champs, déjeuners de charité etc... Son séjour paisible est bientôt troublé par l'arrivée de son ex, Graham, qui vient s'installer dans une maison tout près d'elle afin de terminer un livre. Dans le village, les rumeurs vont bon train, et ce en ce qui concerne chaque membre de la communauté, il faut dire qu'ils n'ont pas grand chose à faire. Tom, le pasteur, se voit abandonner par sa soeur lesbienne, qui rêve de Grèce. Il se retrouve tout seul dans sa grande maison et aimerait tant qu'on l'invite à de vrais repas de famille quelques fois. Bref, c'est un peu le repaire des gens qui s'ennuient dans ce village !

J'ai un peu de mal à perler de ce livre que j'ai lu il y a presque deux mois, donc le billet sera bref. Ce qui me reste de cette lecture, c'est l'ambiance un peu décalée et folle des comédies anglaises. La pauvre Emma et son prétendant, qui ne prétend qu'à partager les repas qu'elle lui a préparés, c'est bien plus pratique ! C'est douillet à l'anglaise : il y a du thé, des petites réunions agrémentées de sandwich, beaucoup de flègme et de politesse et des intrigues, ou des ébauches d'intrigues amoureuses (à la Jane Austen, avec le bavardage énervant en moins et l'humour en plus!) (je vais me faire lyncher, j'assume.)

J'ai passé un très bon moment avec ce livre, c'est plein d'humour et d'ironie. Les personnages sont amusants malgré eux, ce qui démontre aussi une certaine détresse de leur part.

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09 août 2014

"Quand rentrent les marins" de Angela HUTH

Quand rentrent les marins

Quand rentrent les marins de Angela Huth

Éditions Folio, 2014, 488 pages

Traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff

Myrrtle et Annie vivent à East Nunk, un petit village de pécheurs écossais. La vie dans le village est rythmée en fonction des marins qui partent en mer pour cinq jours et qui rentrent ensuite se reposer pour cinq jours. Myrrtle et Annie ont grandi ensemble, leur pères en mer et leur mères à la maison. Elles seront finalement élevées par leur mères, leur pères ayant péri en mer. Les deux fillettes sont les meilleures amies du monde, malgré le sale caractère d'Annie : prétentieuse et colérique. Elles resteront amies à travers les années, alors qu'elles grandissent et se marient (à des amis d'enfance). Le roman raconte cette amitié et le destin de ces deux femmes ancrées à leur petit village et à la communauté. Le roman débute alors qu'elles sont adultes et mariées à deux pêcheurs. Elles passent leur après-midis ensemble à jouer aux cartes lorsque les marins ne sont pas là, puis profitent de leur maris quand ils reviennent. De nombreux flash-backs nous racontent leur enfance et leur adolescence, puis, en parallèle, nous avançons avec elles dans leur vies d'adulte. Myrrtle se mariera au discret Archie, la fulgurante Annie à Ken, introverti et amoureux des livres.  

Le roman explore l'amitié mouvementée entre Myrrtle et Annie. Ces deux filles (femmes) n'ont rien en commun. Myrrtle est discrète, un peu forte et maladroite, peu sûr d'elle et a le coeur sur la main. Annie est une trop jolie jeune fille qui a pour seul hobby de séduire (par jeu) tous les garçons de son village, en s'acharnant sur ceux qui ont le malheur de lui résister. Elle joue de sa beauté, est capricieuse, hautaine, méchante. Une véritable garce qui ne cesse d'envoyer des piques à la pauvre Myrrtle qui se trouve elle aussi sous le charme d'Annie sans comprendre que l'amitié, ce n'est pas être sous l'influence constante d'une saloperie. Ah que j'ai eu envie de baffer cette Annie !

Le roman c'est aussi la vie dans ce petit village écossais, un aspect du livre que j'ai adoré ! Les personnages vivent au rythme des marées, du temps, du ciel, des tempêtes. Les éléments sont très présents dans ce livre et le récit suit le rythme des vagues et des marées également : le rythmes institué par les flash-backs, les vacheries et les rancoeurs qui sont effacées comme une trace sur le sable par une vague... Le style est très doux, comme sinpiré par les éléments.

Mis à part Annie (vous l'aurez compris!) j'ai beaucoup aimé les personnages de ce livre. C'est la vie de Myrrtle que l'on suit au quotidien, et elle est très attachante. Elle n'a pas une vie facile mais pourtant ne s'appitoie pas (comparée à Annie qui est toujours en train de se plaindre!). Les personnages secondaires m'ont également bien plus, ils sont tous comme prisonniers de cet endroit et cherchent un sens à leur vie qui stagne, qui stagne.... J'ai beaucoup aimé le personnage d'Archie même si c'est peut être celui dont on sait le moins de chose dans le roman. Et pis grosse rigolade avec Alastair, le capitaine du port, qui recherche désespérément une "compagnie amicale" (il faut lire le livre rien que pour le passage où il propose sa compagnie amicale).

Ce livre est un coup de coeur ! J'ai adoré me retrouvé dans l'ambiance de ce livre dès que je l'ouvrais et j'ai eu bien du mal à le refermer. L'ambiance est douillette, paisible et écossaise même si le récit est assez lent, comme la vie dans le village.

Challenge Europe

Livre 1/28 pour le "Challenge L'union Européenne en 28 livres" : Royaume Uni.

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08 août 2014

"Etranges rivages" de Arnaldur INDRIDASON

Étranges rivages de Arnaldur Indridason

Éditions Points, 2014, 354 pages

Traduit de l'islandais par Éric Boury

Cela faisait plusieurs tomes dans lesquels Erlendur, mon inspecteur chouchou, n'apparaissait plus. Il était en vacances prolongées dans les fjords de l'est. On le retrouve dans Étranges rivages et le lecteur sait enfin ce qui l'occupe pendant si longtemps dans les fjords de l'est : Il est toujours à la recherche des traces de son petit frère qui s'est perdu dans la lande alors qu'ils étaient tous deux pris dans une terrible tempête. Erlendur passe du temps dans la vieille maison familiale délabrée à réfléchir sur les étranges disparitions dont on ne retrouve jamais les corps... Son petit frère bien sûr, mais il y a également l'étrange histoire de Matthildur, qui a disparu en 1942 dans la tempête en même temps qu'un bataillon de l'armée britannique dont on a retrouvé tous les membres. Après toutes ces années, aucune trace de Matthildur. Erlendur va alors enquêter dans son coin en interrogeant les gens qui ont connu Matthildur à l'époque avec comme obsession de retrouver son corps à elle aussi.

C'est un tome nécessaire pour ceux qui suivent dans l'ordre les enquêtes d'Erlendur car, même si les livres peuvent se lire dans le désordre (il y a une enquête par livre), l'auteur construit en profondeur son personnage d'Erlendur et il évolue à travers les romans, avec toujours cette même obsession pour son petit frère qui semble encore jeter un voile noir sur sa vie. On passe du temps avec Erlendur, seul, isolé parmi une communauté qui ne voit pas d'un très bon oeil le fait qu'il fouine dans de vieilles histoires. Et en même temps, il effectue une introspection qui le rend à moitié fou à mesure qu'il se replonge dans le souvenir de cette tempête lorsqu'il était enfant, à mesure qu'il se rapproche de son frère.

C'est un tome très émouvant, on comprend beaucoup mieux le personnage d'Erlendur à la fin du roman et on espère qu'il va maintenant évoluer d'une autre manière (vivement les suivants!) J'ai beaucoup aimé l'ambiance très sombre, très isolée du livre, on est nous aussi plongés dans cette petite communeauté islandaise au milieu de nulle part. Les autres personnages sont également tout en profondeur, et par son enquête, Erlendur nous fait revivre tout le drame de cette petite communeauté isolée.

Le duel m'attend maintenant ! Je croyais que c'était un des hors série, mais non, c'est la suite des enquêtes, chouette !

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07 août 2014

Challenge "L'Union Européenne en 28 livres"

Un peu forcée par ma copine A Girl from Earth, j'ai décidé de m'inscrire au Challenge L'Union Européenne en 28 livres proposé par le forum Have a break, have a book et relayé par La Lecturienne sur les blogs.

 

Challenge Europe

Le principe est de lire, sur un période de deux ans, soit jusqu'au 1er août 2016, au moins un livre des 28 pays qui forment l'Union Européenne, le but étant de découvrir la littérature de nos voisins ! (et pis leur librairies parisiennes et leur restos!)

Voici la liste des pays formant l'Union Européenne :

Allemagne
Autriche
Belgique
Bulgarie
Chypre
Croatie
Danemark
Espagne
Estonie
Finlande
France
Grèce
Hongrie
Irlande : Molloy de Samuel Beckett
Italie
Lettonie
Lituanie
Luxembourg
Malte
Pays-Bas
Pologne
Portugal
République Tchèque
Roumanie
Royaume-Uni : Quand rentrent les marins d'Angela Huth
Slovaquie
Slovénie
Suède

02/28

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