Voyager... Lire...

02 mars 2015

"Mortal Causes" de Ian RANKIN

Mortal Causes de Ian Rankin

Éditions Orion, 1994 (j'ai juste vingt ans de retard!), 320 pages

Voici le sixième volumes des aventures de John Rebus. Rebus est cette fois sur une histoire de meurtre (oui, ça change!), mais un meurtre qui a été perpétré dans la célèbre Marie King Close à Edinburgh (bon c'est célèbre maintenant, j'y ai d'ailleurs eu la frayeur de ma vie! mais à l'époque, c'était juste un sous-terrain fermé au public, en travaux). Une jeune homme est retrouvé tué selon un rituel qui ressemble étrangement à une mise en garde utilisée en Irlande du nord, sauf que d'habitude il n'y a que mise en garde, pas meurtre. Nous sommes en plein été écossais, durant le Festival D'Edinburgh. Les rues grouillent de monde, le moment parfait pour une action qui peut faire très mal quand on est terroristes. Rebus est tiré de son QG pour rejoindre une autre brigade à Fettes, toujours pour enquêter sur ce meurtres et les liens de plus en plus ténus avec l'Irlande du nord, un trafic d'armes et les bas fonds de la ville.

J'avais été un peu déçue par le précédent opus, mais j'ai cette fois retrouvé Rebus avec grand plaisir, au plus haut de sa forme, au plus noir de son cynisme! Je n'ai pas tant aimé l'intrigue, qui se tient, y'a pas de problème, qui peut être palpitante etc... que les réparties de plus en plus acérées de notre cher inspecteur. J'adore les personnages comme lui, même dans la vraie vie !

J'ai trouvé un rythme particulier à ce roman, Rebus est très malmené, mon pauvre petit chou! Il a pas mal d'énemis qui semblent tous se réveiller en même temps pour faire de lui un punching-ball. On apprend avec plaisir qu'il est de retour avec Patience, mais quand même, ça ne semble pas gagné cette histoire...

Et puis, j'ai lu ce roman, du moins en partie, dans une situation bien particulière car je l'ai commencé à Edinburgh, et qu'en cours de route, j'ai fait mon Rebus tour. Forcément, au niveau ambiance, c'était le top! J'ai eu l'impression de continuer à nager dans l'atmosphère de la ville bien après mon retour grâce à ce livre.  C'est absolument génial comme sensation, car si je lis autant de romans écossais, c'est pour cette atmosphère qui me manque tellement quand je n'y suis pas! Par contre, j'ai bien du mal à m'habituer aux lieux que j'ai vus pendant ma visite touristique, tous les décors que je m'étais construits dans ma tête ont décidé de s'imposer! Sauf le Oxford Bar, qui ressemble quand même beaucoup à ce que j'imaginais, et en plus, je sais maintenant qu'on peut y bouquiner un Rebus (attention, sacrée mise en abîme!) au coin du feu... Quel souvenir de lecture magique !!!!

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Bref, je vais continuer mes Rebus, car c'est clairement une lecture qui me fait du bien !

Où en suis-je donc dans l'avancement de mes lectures ?

  • Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  • Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  • Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  • Strip Jack (Piège pour un élu)
  • The Black Book (Le Carnet noir)
  • Mortal Causes (Causes mortelles)
  • Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  • Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  • The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  • Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  • Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  • The Falls (La Colline des chagrins)
  • Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  • A Question of Blood (Cicatrices)
  • Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  • The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  • Exit Music (Exit Music)

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28 février 2015

"Je suis un dragon" de Martin PAGE

Je suis un dragon de Martin Page

Éditions Robert Laffont, 2015, 284 pages

Margot est une jeune ado, elle a perdu ses parents de façon tragique alors qu'elle n'avait que six ans: Ils ont été exécutés devant ses yeux le jour de son anniversaire. Depuis elle erre entre familles d'accueil et foyers, en essayant de gérer ses sentiments et sa colère. C'est une fille solitaire et singulière, la cible parfaite pour quelques collégiens peu scrupuleux qui aiment à s'attaquer à ceux qui sont différents ou qui semblent faibles. Un jour, elle se fait attaquer dans un couloir désert du collège.... elle écrabouille littéralement trois élèves à elle seule. Elle devient à partir de ce jour un cas d'étude, elle a une force hors du commun, son corps est un veritable bouclier, inaltérable. Notre super héroïne (costume inclus) sera dès lors la nouvelle arme des gouvernements français et américain, chargés de missions qu'elle exécutera en échange d'un semblant de cocon familial et pour se racheter ses homicides.

J'ai lu ce roman avec plaisir bien que ce ne soit pas mon genre de prédilection. J'avoue que j'ai accepté de lire ce livre car j'avais passé un bon moment à l'époque avec Comment je suis devenu stupide qui résumait pas mal mon expérience dans la vie professionnelle. Donc voilà, je n'ai même pas cherché à savoir ce qu'était ce livre et j'ai voulu tenter. Forcément, j'ai été un peu désorienté quand j'ai découvert ce vers quoi se dirigeait ce roman! Néanmoins, j'ai aimé. J'ai aimé la première partie du roman qui sonne tellement vrai et qui nous parle beaucoup quand on est confronté tous les jours à des ados qui ne se sentent pas toujours bien dans leur peau. J'ai également aimé le personnage et la personnalité de Margot. C'est une jeune fille pleine de courage et d'énergie. Malgré tout, elle garde une certaine fraîcheur et le texte est écrit avec beaucoup d'humour. Malgré sa vie pas toujours facile, ça reste assez amusant à lire.

C'est également un texte très riche de par les différents et nombreux thèmes qu'il aborde : la jeunesse et le malaise, la politique et les politiciens, la manipulation, la construction de soi, la cause animale, le féminisme. Néanmoins, je trouve que justement il y a trop de thèmes et pas assez approfondis.... tout va trop vite pour moi, j'aime quand on passe du temps sur un sujet à partir du moment où on décide d'en parler (oui bon, je lis Wilkie et Dickens, ça laisse des traces!). Telle une Margot en action, les sujets m'ont semblé survolés et parfois à peine abordés.

Par contre, je tiens à applaudir pour ce qui concerne la cause animale dans le roman et la vivisection. Je n'en dirait pas plus, mais un gros bravo pour le singe !!

Et comme nous sommes des chanceux, nous, les blogueurs, j'ai eu l'occasion d'assister à un très agréable petit-déjeuner avec Martin Page chez Robert Laffont la semaine dernière. Je n'avais jamais entendu l'auteur, je l'avais juste déjà apperçu au salon du livre quand j'étais jeune (haha! - genre y'a quatre ans - private joke qu'une seule personne comprendra!). J'ai découvert un auteur très simple et tout en sensibilité, très amusant également (faut faire gaffe, il bloque facilement sur facebook! haha! Du coup je le laisserai m'ajouter si mon billet passe l'étape du "filtre" :-) ). Ce livre est le deuxième qu'il a écrit sous son pseudo Pit Agermen qui, nous explique-t-il, lui permet d'écrire des romans de genres différents (et moi qui me suis demandé pendant un moment c'était quoi ce Pit Agarmen, avant de comprendre que c'était un pseudo!). Ce roman existe car l'auteur aime beaucoup les super héros, il trouve d'ailleurs que ce genre est bien trop souvent considéré comme un sous genre, que les lecteurs snobent parfois (bon je n'ai rien dis, mais c'est pas forcément qu'on snobe, mais juste que cet univers ne nous intéresse pas. Enfin je parle pour moi, là!)

Un grand merci à Cécile et à Robert  Laffont pour nous avoir majestueusement reçues comme d'habitude !

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26 février 2015

Un petit tour chez Rebus.

Vous le savez peut-être si vous suivez sur Facebook, je suis allée passé quelques jours dans la capitale écossaise récemment. Vous le savez certainement si vous lisez ce blog, j'aime lire les romans de la série des Rebus de Ian Rankin (mais, oh que j'ai du retard!)

Alors, et il avait longtemps que j'avais envie de le faire, je me suis inscrite pour faire le Rebus tour à Edinburgh. Le but de la visite était de découvrir les endroits qui font partie du quotidien de notre enquêteur écossais alcoolique préféré.

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Rendez-vous dans un pub (bien sûr!) et nous voilà partis à travers les rues d'Edinburgh en suivant notre guide Colin.

Premier arrêt, la morgue (oui c'est joyeux, mais c'est Rebus et il enquête sur des meurtres!) dans laquelle travaille le fameux Dr Cut (remarquez le nom) (il aime bien s'amuser avec ça Ian Rankin) (même si parfois c'est un peu gros!).

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Nous filons ensuite vers les écoles respectives de quelques pointures de la littérature écossaise : Walter Scott (Wattie pour les intimes, donc moi!) et Arthur Conan Doyle (n'oublions pas qu'il n'est pas anglais!)

L'école de Wattie :

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L'université d'Arthur Conan Doyle :

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On continue à gambader au gré de la lecture d'extraits de romans de Ian Rankin, d'anecdotes, jusqu'au QG de Rebus, le poste de police de Saint Leonard !!!

La deuxième fenêtre en partant de la droite, en haut, c'est le bureau de John !!! (je vous assure que j'ai gardé mon calme! mais juste parce que je faisais cette visite avec de parfaits inconnus)

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Et voici l'entrée du poste de police :

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Et de l'autre côté de la rue, le newsagentdans lequel Rebus achète son journal tous les matins :

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Je conseille vivement cette visite, très vivante, très amusante et forcément, quand on est un lecteur des Rebus, c'est juste le top!

Et comme je ne pouvais pas passer à côté de l'Oxford Bar (repaire de Rebus et de Ian Rankin), j'ai terminé la soirée en lisant un Rebus au coin de la cheminée dans ce pub très chaleureux ! Et là, ce fut le kiffe total !

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23 février 2015

"The Informer" de Liam O'FLAHERTY

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The Informer de Liam O'Flaherty

Éditions Wolfhound, texte de 1925, 217 pages

Francis Jospeh McPhilipp est de retour pour rendre visite à sa famille après s'être caché de longs mois dans les montagnes. Il est en effet en cavale pour avoir tuer un leader politique lors d'une manifestation. Il semble malade et très affaibli. Il rencontre Gypo dans un foyer et lui demande s'il est dangereux de s'approcher de chez ses parents, si l'endroit est surveillé. Après cette brève conversation, il se dirige vers la maison de ses parents. Gypo, sans le sous et à la rue depuis des semaines décide de se rendre à la police pour dénoncer son ami et empocher les vingt livres de récompense. Francis sera tué et Gypo passera du statut de moins que rien à celui de mouchard.

ce roman est pour moi une transposition de Crime et châtiments version irlandaise. On est ici en pleine période charnière de l'Irlande, soit nationalistes, soit un traître pour le pays! Gypo décide d'être un traître pour son ami et de se tourner vers la police, il devient également un traître pour son pays... Alors commente vivre plus riche (avec vingt livres en poche) quant on a trahi son ami, ses convictions et sa communauté ? Gypo va avoir beaucoup de mal à assumer ses actes. Il va devenir à moitié schizophrène car si lui n'y croit pas, comment pourrait-on le soupçonner de quoique ce soit ? Et puis cet argent qui le met gravement en cause... même s'il s'invente une histoire qu'il débite volontiers à qui veut l'entendre, il ne peux pas s'empêcher de le dilapider, de s'en débarrasser avec un sentiment d'urgence... Son attitude étrange, sa générosité soudaine et suspecte va mettre la puce à l'oreille à la communauté et surtout aux nationalistes. On croit d'abord que c'est au nom de l'Irlande et de la loyauté envers Francis que l'organisation nationaliste dont faisait partie celui-ci avant son méfait va mettre tous ses moyens en oeuvre pour retrouver le mouchard. On comprendra bien vite qu'il s'agit plus ici de sauver sa peau, de trouver le traitre quiest capable de recommencer pour chaque autre membre de l'organisation!

C'est un texte très riche qui est très ancré dans la culture irlandaise. L'ambiance est là, on sent la pluie, le froid, on entend l'accent des autochtones (le texte en anglais est flagrant d'irlanditude!). Le roman est également un reflet de l'atmosphère en Irlande au moment de la guerre civile, cette suspicion et ce danger au coin de chaque rue, dans chaque pub.

C'est également un très beau texte sur le sentiment de culpabilité et de trahison. Gypo va devenir presque fou à essayer d'assumer puis de cacher son crime. Pour sauver sa peau, il va même aller jusqu'à dénoncer un autre de ses camarades pour la trahison qu'il a commise ! C'est un texte où l'on rencontrera tous les vices : le meurtre, la luxure, l'alcool... c'est un tableau très lugubre et désabusé que nous dresse ici Liam O'Flaherty de son pays.

J'ai eu très peur de m'ennuyer au début de ce roman, je pensais que ça allait tourner en rond dans la tête de Gypo et que ça allait peut-être également tourner en rond dans le roman.... mais non ! J'ai adoré ce roman, il est très intelligemment écrit, l'ambiance nous emporte. J'ai suivi les méandres de Gypo avec grande attention, indignation et pitié parfois. C'est un très grand texte, très beau malgré tout, digne d'un grand auteur.

Voilà, très en retard (ecnooooore!) ma participation pour la LC du mois de décembre (!) autour Liam O'Flaherty dans le cadre du Challenge Un an en Irlande. L'auteur suivant est Colm Toibin (pour janvier. Hum.)

Claire a lu The Black Soul et Dviolante a regardé Le Mouchard et également lu L'âme noire.

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13 février 2015

"Le dernier gardien d'Ellis Island" de Gaëlle JOSSE

Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse

Éditions Notabilia, 2014, 167 pages

L'intrigue ne passe à New York, au mois de novembre 1954 à Ellis Island, la porte d'entrée de nombreux immigrants entre 1892 et 1954 justement. Le centre ferme, les immigrants ne doivent plus passer par l'île pour avoir le droit d'entrée aux Etats Unis. Son directeur pendant de longues années, John Mitchell, s'apprête à quitter son poste pour rejoindre Manhattan. Il a mené toute sa carrière sur Ellis Island, il a fait de son mieux pour être le plus loyal à son pays possible quitte à manquer d'empathie à l'égard des nouveaux arrivants. Mais voilà, le centre ferme et les fantômes de l'île le hantent, il décide d'écrire son expérience et ce qu'il a vécu durant ces longues années, en mettant l'accent sur certains immigrants qui, d'une manière ou d'une autre, se sont distinguées durant sa carrière. En particulier Nella une femme qu'il a aimé et trahi, une histoire dont il ne s'est jamais vraiment remis.

J'ai acheté ce livre parce que j'ai toujours été très intéressée par Ellis Island, depuis qu'on m'en a parlé en cours d'anglais il y a bien longtemps. Je ne connaissais pas l'auteur mais j'attendais beaucoup de ce livre même si je n'avais aucune idée de ce dont il parlait, à part d'Ellis Island. J'ai découvert avec grand plaisir la plume de Gaëlle Josse qui nous livre ici un roman riche et fouillé sur l'histoire de l'île. On s'y croit et on suit les histoires des gens qui passent par là avec grand intérêt. L'ambiance New Yorkaise comme porte de l'Amérique est bien là, avec tous ses espoirs et ses injustices. Le narrateur, en contraste, n'est pas très attachant... mais il faut dire que seul une personne détachée et froide pouvait tenir ce poste "sérieusement"... un personne comme moi aurait fait passé tout le monde en douce !

C'est un beau roman qui rend un bel hommage à tous ces voyageurs dont je ne peux m'empêcher de me sentir proche de par l'histoire de ma famille. Le style est doux et fluide, respectueux, un vrai bonheur de se plonger dans ces pages d'autant plus que les éditions Notabilia rendent leur livre très douillet par le papier, la couverture etc.

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11 février 2015

"Le Duel" d'Arnaldur INDRIDASON

Le Duel d'Arnaldur Indridason

Traduit de l'islandais par Eric Boury

Éditions Métailié, 2014, 309 pages

Fidèle à mes auteurs chouchous, j'ai lu ce nouvel opus de la série des Erlendur que j'ai acheté l'année dernière et qui devait être l'une de mes lectures de l'été dernier (hum, on constatera comme j'arrive à me tenir à mes prévisions!)

Erlendur n'est pas présent dans ce volume (ou si peu) et nous suivons une enquête menée par la jeune Marion Briem (celle qui a tout appris à Erlendur, la mémoire vivante, ou plus trop, de la police de Reykjavik.) Elle doit enquêter sur la mort d'un jeune homme un peu simplet lors d'une séance de cinéma. Le jeune Gunar a été poignardé par des inconnus, et on soupçonne que c'est parce qu'il enregistrait les films sur des cassettes audio (oui, on est en 1972!) et qu'il aurait enregistré par hasard une conversation dérangeante.

Ce tome, outre l'enquête, est l'occasion pour nous de découvrir Marion (la coquine!) que l'on ne croise que trop furtivement dans les épisodes précédents. On apprend qu'elle a été victime de la tuberculose lorsqu'elle était enfant, a priori un vrai fléau en Islande à l'époque ! On découvre aussi ses origines chaotiques et ses relations compliquées avec sa famille. 

L'intrigue est entouré par l'évènement du siècle en Islande, un duel mythique entre deux légendes des échecs russe et américaine. Le pays est sur le qui-vive, la sécurité au plus haut, tout le monde a la fièvre des échecs ! En particulier Albert, le jeune collaborateur de Marion.

C'est dans ce contexte difficile que l'enquête va être menée, car on a le sentiment que le meurtre de Gunar a quelques chose à voir avec la folie ambiante et l'afflu d'étrangers venus suivre la rencontre.

Ce n'est pas mon préféré de la série et j'ai été moins captivée par l'enquête que d'ahbitude. J'ai même parfois relâchée mon attention quand ça parlait trop politique-guerre-froide... mais bon, j'ai réussi à suivre quand même car tout devient très clair à mesure que l'enquête avance. Les bons côtés, c'est que nous découvrons la personne de Marion et le Reykjavik de l'époque d'avant Erlendur, il est tout mignon lorsqu'il rentre pour la première fois dans le bureau de Marion à la fin du livre ! J'ai donc été moins captivée que d'habitude mais cela reste du Arnaldur et après mes expériences livresques douloureuses de ces dernières semaines, ça m'a fait beaucoup de bien de me replonger dans un roman de mon islandais préféré!

Le nouveau m'attend, et il parait que l'on va suivre un jeune Erlendur !

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07 février 2015

Anniversaires.

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02 février 2015

"La légende de Loosewood Island" de Alexi ZENTNER

La légende de Loosewood Island d'Alexi Zentner

Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Dumas

Éditions JC Lattès, 2014, 320 pages

Loosewood Island est une île entre deux eaux. Américaine, oui. Canadienne ou Etats-uniène, on ne sait pas trop ! Ce que l'on sait, c'est que le premier à s'y installer fut Brumfitt Kings, l'illustre ancêtre, homardier et peintre dont on dit que sa femme fut une selkie sortie de l'eau par amour (j'aime les selkie!). La légende de Brumfitt et de sa vie flotte sur l'île, de nombreux visiteurs se rendent sur les sentiers de l'île en suivant la réputation du peintre, fascinés par les légendes qui ont façonné la famille Kings. Car, même si le quotidien de la famille, et surtout celui de Cordelia et son père, est bercé par la pêche au homard, un voile de magie enrobe le destin de la famille. Pour avoir volée une Selkie à la mer, un enfant mâle sera rendu à la mer à chaque génération.

Le roman, empli de légende, est aussi l'histoire de la famille Kings et de son quotidien en mer, en pleine concurence avec les autres familles, celles du continent, qui aimeraient bien profiter des eaux pleines de homards qui sont la propriété de Woddy. Et puis, des histoires de drogues et de vols de casiers rendent la situation électrique, d'autant plus que Woddy ne se fait plus très jeune et qu'il se néglige...

Cordélia est le personnage central du roman, celle qui a remplacé son petit frère dans la lignée des Kings, le petit frère rendu à la mer. On échappe pas à son destin chez les Kings.

J'ai lu ce roman durant les évènements... commencé à Noël, je l'ai terminé trois semaines après, la concentration, comme on peut le comprendre, n'était pas au rendez-vous. Ce fut néanmoins la lecture parfaite, quand je parvenais à me plonger quelques minutes dans mon livre, je retrouvais ce monde paisible parmi ces îlotiers. La mer, les homards (même si je ne suis pas fan de la pêche), et la mer encore, parfois des tempêtes, et toujours le rythme de la mer et des casiers. Quel bonheur de se retrouver dans cet univers éloigné de la folie de la ville et de la société.

C'est un très jolie livre, au rythme assez lent mais qui apporte de la quiétude et de la zénitude dès qu'on se plonge dans ses pages. J'aime vivre au rythme de la mer et j'aime quand un livre me transporte sur une île, j'aime quand ça fonctionne, et ici, pour mon grand bonheur, ça a parfaitement fonctionné. La nature est au rendez-vous, les embruns et les tempêtes aussi, et qu'est-ce que ça fait du bien de retrouver les éléments quand la société nous déçoit ! Et ce livre est ma belle découverte livresque de mon Festival America 2014 !

La bonne nouvelle, c'est que j'ai également Bois de Sagamet sur mes étagères !

(Chronique compliquée car ma mère m'a arraché le livre à la fin de ma lecture, c'est que je dois l'avoir bien vendu!)

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31 janvier 2015

"Les Héritiers" de Marie-Castille Mention-Schaar

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Les Héritiers de Marie-Castille Mention-Schaar

2014, 1h45.

Avec Ariane Ascaride, Ahmed Drame, Noémie Merlant, Geneviève Mnich, Stéphane Bac, Wendy Nieto, Aïmen Derriachi, Mohamed Seddiki...

Nous sommes dans le lycée d'un quartier populaire de banlieue, à Créteil et dans le quotidien d'une classe cosmopolite de seconde, option histoire des arts. La classe est agitée, les élèves sont à fleur de peau. Madame Guenguen, professeur d'histoire, a du mal à trouver l'accroche pour captiver la classe, tous sont persuadés qu'ils n'arriveront à rien de toutes façons. Un jour, elle décide de leur proposer de participer au concours national sur la résistance et la déportation. Les élèves sont d'abord frileux, ils ne se sentent pas capables de relever le défi... puis petit à petit ils rejoignent le groupe, maladroits, pour former enfin une véritable équipe et travailler ensemble. Le concours apparaît alors comme une découverte de l'histoire et une découverte des élèves eux-mêmes et entre eux, et malgré le sujet douloureux et morbide, le projet se révélera une véritable bouffée d'air pour les élèves.

Vous vous en souvenez peut-être, il y a quelques mois je lisais désespérément des témoignages de profs afin de retrouver la motivation de continuer. J'ai changé de collège, je suis maintenant dans un quartier populaire avec des élèves qui triment et leur famille qui triment, et je m'y sens bien mieux qu'avec mes élèves de l'année dernière (bien que ce ne soit pas simple tous les jours, je suis dans la banlieue, la vraie!)

Lors d'une réunion, et suite aux évènements des dernières semaines, les profs de mon collège ont décidé que nous devions nous mobiliser auprès des élèves, car nous avions entendu des horreurs absolues lors des attentats, suivi de remarques inacceptables lors d'un cours sur la Shoah. Nous avons alors décidé d'organiser une sortie au cinéma pour nos élèves de troisième, d'urgence, et sommes allés voir hier Les Héritiers.

Et là, même si cette année je vis très bien le fait d'être prof, nous avons reçu ce film comme une claque assortie d'un sentiment de communion avec les élèves (enfin, du moins, moi!) et c'est exactement ce que je recherchais il y a quelques mois... je n'avais pas compris que ça ne pouvait pas se faire dans mon coin, et dans un livre, mais avec les élèves.

Nous sommes donc allés voir ce film ensemble, la salle était pour nous. Les élèves se sont d'abord reconnus à l'écran, nous les avons également reconnus avec le sourire aux lèvres.... quand la sonnerie du lycée s'est mis à sonné, nous avons tous eu un moment de flottement, notre sonnerie est la même ! Gros rire dans la salle ! Ça commençait pourtant bien mal, nous n'avons pas pu entendre les trois premières minutes du film tellement il y avait de bavardages dans la salle, puis les élèves se sont mis à écouter, captivés. J'entendais des commentaires, Mohammed représenté en enfer? "sale pute la prof d'histoire!" et puis l'émotion quand Léon Zyguel est venu témoigner sur son séjour dans les camps. Les élèves rigolaient aux blagues à deux balles de leur semblables puis devenaient graves quand une prof se fait agresser, quand une élève rentre chez elle et trouve sa mère ivre devant la télé.... bref, c'est un film réaliste (dixit mes élèves) et intelligents (dixit les élèves), et y sont comme nous (dixit les élèves). Dans mes deux classes, chacun de mes élèves a trouvé ce film très bon, tous unanimes, ça n'arrive jamais.

C'est également un film qui parle aux profs et qui leur remet devant les yeux ce pour quoi ils sont là: Ils sont là pour leurs élèves, quelles que soient leur difficultés, leurs origines et leur problèmes, car des problèmes, il y en a... Nous sommes là car nous ne pouvons juste pas les laisser tomber. Nous sommes là car nous "avons plus confiance en eux qu'eux-mêmes", cette phrases je leur ai ressorti hier et je vais leur ressortir régulièrement. Ils en ont besoin, tellement besoin.

Ce film m'a fait chaud au coeur, j'ai beaucoup pleuré. Quand, à la sortie, certains élèves en chambraient d'autres parce qu'ils avaient pleuré, je leur ai dit "Il n'y a pas de honte à avoir, moi aussi j'ai pleuré!" "Haaaan, c'est vrai madame????" "Ben oui, et à chaudes larmes".

Et puis, ce film m'a rappelé mon année de seconde, avec cet excellent prof d'histoire que nous avions, qui a d'ailleurs un jour pleuré devant nous, et qui nous a, lui aussi, proposé de participer à ce concours à l'époque, dans un autre contexte, mon lycée était élitiste, et j'ai eu énormément de chance de pouvoir étudier là-bas. J'ai participé à ce concours moi aussi avec une amie, on n'a pas gagné, mais on a passé une année passionante, on a fait des sortie de passionnés d'histoire avec un prof passionnant (mais quel était donc son nom? J'aimerais tellement aller boire un café avec ce prof aujourd'hui). Mon père a pris part au projet, car lui aussi aime l'histoire, j'ai grandi avec des encyclopédies sur la Résistance dans ma chambre, que j'ai passé mon enfance et mon adolescence à feuilleter. Il nous a emmenées dans des musées et nous a fait rencontrer un ancien déporté. Beaucoup de larmes et beaucoup de cauchemars à l'époque.... Mon intérêt particulier pour cette période de l'histoire vient, en partie, de mon année de seconde.

Hier après-midi, j'ai décidé de ne pas faire cours à mes troisièmes et de débattre sur le film. On a enfin réussi à engager un dialogue sincère et sain, entre nous, je ne les ai pas censurés et leur ai rappelé que nous avions choisi d'être là avec eux et que nous étions là pour eux, quelles que soient leur difficultés. Cela nous a fait du bien, à tous.

Cette journée fut magique, cette journée m'a confortée dans mon choix de faire ce travail, cette journée m'a rappelée que je n'étais pas prof par hasard, et que ce n'était finalement pas une surprise si je me sentais si bien cette année avec mes élèves. Je dois tout, ou presque, à mes profs qui ne m'ont jamais laissée tomber alors que je partais de très loin. J'aimerais tellement en retrouver certains.

Et coup du sort, le déporté que témoignait dans ce film, Léon Zyguel, est décédé hier. Une grande pensée pour lui et pour ce qu'il a accompli.

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28 janvier 2015

"L'ombre des chats" de Arni THORARINSOON

L'ombre des chats de Arni Thorarinsson

Traduit de l'islandais par Eric Boury

Éditions Métailié Noir, 2014, 299 pages

Deux jeunes amis sont retrouvés morts dans un appartement, une perfusion dans le bras relié à un ordinateur. Est-ce une forme de suicide, un homicide ? Pourquoi cette jeune femme qui venait d'épouser sa compagne aurait mis fin à ses jours ? Est-ce une expérimentation qui aurait mal tournée ? Einar, journaliste, essaie d'enquêter, car c'est l'une de ses amies qu'il a perdu. Mais il est un peu perturbé par les textos chauds bouillants que lui envoie un politicien. Et puis, y'a cette histoire de mec qui s'est fait éclater la tête à l'entrée d'un bar. Bref, c'est pas mal glauque en ce moment pour Einar.

Bon bon bon, ça fait environ un mois que j'ai lu ce livre et heureusement que la quatrième page de couverture m'a ravivé un peu la mémoire.... J'en attendais beaucoup de ce roman, un bon roman islandais au coeur de l'hiver, une lecture idéale ! Mais je n'ai pas compris grand chose au roman, j'ai rapidement perdu le fil car cette histoire m'a ennuyée au plus haut point ! Trop de personnages, trop de sujets différents abordés et sans lien, une intrigue qui ne m'a pas du tout intéressée et du coup, je me moquais bien de connaître le dénouement... mais je suis allée au bout... ok en sautant des pages, juste pour voir et parce que je m'étais donné déjà tant de mal... et les "dénouements" qui m'ont également laissée de marbre.

La palme de l'ennui à ce roman, je ne me souviens pas m'être ennuyée à ce point depuis des années ! Et puis il m'en faut vraiment beaucoup pour passer des passages comme ça ! Bref, je recommande pas.

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