Le coeur du mid-lothian

Le Coeur du Mid-Lothian (La Prison d'Edimbourg) de Walter Scott

Editions Folio Classique, 973 pages

- Ecosse -

 

Ce roman raconte le combat de Jeanie Deans dont la soeur se trouve enfermée dans la prison du Mid-Lothian à Edimbourgh au dix huitième siècle. Effie Deans est accusée d'avoir caché sa grossesse et d'avoir par conséquent délibérément mis la vie de son enfant en péril (qui en plus a disparu à la naissance...). Jeanie Deans, digne fille de son père Caméronien puriste, refuse de mentir au procès de sa soeur et ainsi lui éviter la pendaison.. mais elle décide de partir par ses propres moyens à Londres pour essayer d'obtenir la grâce du roi. Le roman raconte le combat de Jeanie Deans et le destin de sa famille dans l'Ecosse et l'Angleterre de l'époque.

 

Quelles merveilleuses longues heures j'ai passé en compagnie de la famille Deans! Tout d'abord, quelle écriture! Walter Scott écrit comme j'aime, c'est à dire sans jamais ne laisser aucun détail de son histoire dans l'ombre. Tout est expliqué dans ses moindres recoins (il suffit de voir le nombres de notes en de pages et de livre). L'auteur ne choisit pas la facilité, il ne veut pas simplement raconter son histoire et suivre l'intrigue de ses personnages, il refait vivre la société de l'époque. A aucun moment on ne peut se dire "j'ai pas bien saisi ce qu'il veut dire" ou "de quelle pratique est-ce que l'on parle?", non, tout est expliqué, mais non pas comme dans un livre d'histoire, c'est très habillement inséré dans le roman. Du coup, on est plongés dans l'Histoire et dans la vie des personnages et on a des images bien précises dans lieux dans lesquels ils évoluent : Tant les villes, que la majestueuse nature écossaise, ou bien encore la prison..

Ce roman est également plein d'humour et de situations burlesques. Certains personnages sont à mourir de rire et bien souvent, malgré le tragique qui se retrouve en filigrane de tout le roman, on a souvent l'impression de se retrouver dans une comédie à la Shakespeare ou au Molière (qui sont d'ailleurs cités dans le roman, très très souvent en ce qui concerne Shakespeare) : Sadletree et son habitude de parler le latin à sa façon, Dumbiedikes - personnage à la Don Quichotte avec son âne qui n'est fait qu'à sa tête, Ratcliff - ancien brigand reconverti en gardien de prison....

L'une des richesses de ce roman est de retrouver tous les genres qui puissent définir le roman et ça donne un rythme galopant à l'histoire car on ne sait jamais vraiment ce qui va bien ou mal tourner pour les personnages.

 

Bref, j'ai énormément aimé. Walter Scott est un grand conteur et mon sentiment est qu'il écrivait pour ses lecteurs et pour faire vivre ses personnages dans un pays qu'il aime, et non pas pour tartiner et épater la société des intellectuels de l'époque.

 

Dur de sortir d'un tel roman...

 

Cryssilda

Drapeau_scotland