Voyager... Lire...

Les livres font voyager, et les voyages font lire...

30 janvier 2009

Grave dilemme

Londres

Je pars en Angleterre en fin de semaine prochaine... Je vais rendre visite à un ami à Leicester... qui est tout à fait d'accord pour me conduire à Londres pour passer une journée de foliiiiiiie !

Dans mon coin, je comptais également lui demander de me conduire à Oxford pour une autre journée de foliiiiiie !

MAIS je n'ose pas lui faire parcourir 600 kilomètres en deux jours....

Alors mon terrible dilemme : Vais-je à Londres que je connais par coeur, ou presque, mais dont je ne me lasserai JAMAIS ! (London Forever!) ou bien... Vais-je découvrir Oxford... ?

Oxford_Aerial

Sachant que si je ne vais pas à Londres, mon petit coeur va se briser de frustration !!!

?

EDIT de 14h54 (because of Lilly) :

Cambridge ? Aaaargh !

cambridge

       

Posté par Cryssilda à 11:26 - Escale Anglaise - 7/10 février 2009 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 janvier 2009

"Neverwhere" de Neil GAIMAN

NeverwhereNeverwhere de Neil Gaiman

Editions Harper Torch, 370 pages

Publication : 1996

Richard Mayhew est un type assez banal. Il vit à Londres, il est comptable ou quelque chose du genre, il a une petite amie autoritaire qui le mène par le bout du nez, mais bon, ça lui va très bien tout ça. Un soir particulièrement important pour Jess, alors qu'ils se rendent ensemble au restaurant, Richard apperçoit une jeune femme qui semble blessée, allongée sur le trottoir. Door, la jeune femme, ne veut pas que l'on appelle une ambulance, ni la police.... elle semble effrayée. Richard va pour une fois désobéir à Jess et porter secours à cette jeune femme... Ce dont il est loin de se douter, c'est que ça va lui ouvrir un porte vers un monde dont il ignorait totalement l'existence (tout en fermant une porte sur la réalité de sa propre vie) : Un Londres souterrain, peuplé d'êtres qui n'obéissent à aucunes lois humaines ou terrestres telles que nous les connaissons. Dans ce monde, les rats communiquent avec nous, celle qui ouvre les portes s'appelle Door, et celle qui chasse Hunter, ce n'est pas plus difficile que ça !

Alors, il faut savoir que ce genre de livres est totalement nouveau pour moi. Ce livre est de la Fantasy Urbaine, dixit Isil, je n'avais même jamais entendu parlé de ce genre !

Mais voilà, un London Swap organisé par Ys et tout devient possible : Telle une Richard Mayhew, je me suis retrouvée sur un terrain totalement inconnu, je n'ai pas chercher à comprendre et je me suis laissée embarquée dans cette histoire, sans trop savoir où j'allais... et quelle bonne surprise vraiment !

Dès le départ, je me suis attachée aux personnages. J'ai tout d'abord adoré la personnalité de Richard, très cynique et poule mouillée, absolument pas fait pour ce genre d'aventure! Ensuite, j'ai vu que les lecteurs avaient beaucoup aimé le marquis de Carabas, moi mes préférés sont les deux tueurs : Mister Croup et Mister Vandemar, ils sont excellents ces deux là! Tellement méchants, mais avec une logique et un naturel implacables, que leur dialogues m'ont fait mourir de rire! De l'humour très très noir, mais savoureux!

Ensuite j'ai beaucoup aimé l'univers de l'auteur et son imagination sans borne. Je l'ai trouvé très futé lorsqu'il utilise les noms de stations de métro pour servir son histoire : Knight's Bridge devient Night's Bridge, à craindre comme vos pires cauchemars, à Black Friars, et bien on a des moines en noirs, bien sûr... c'est toute une nouvelle carte de Londres qu'il nous présente ! Il y a pas mal de jeux de langues également tout au cours du roman, il faut parfois prendre leur signification au pied de la lettre.

Et puis, j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre ces "supers-héros" dans leurs aventures, j'avais l'impression d'halluciner à chaque passage tellement c'était innattendu. Je me suis dit que ça ferait un très bon film, et puis après j'ai réalisé que c'était le genre de films que je détestais, bonne nouvelle, maintenant je sais que je peux les lire à la place! :)

Donc un très très bon moment de lecture, je peux même dire que j'ai dévoré ce livre, et je vais certainement en tenter d'autres de l'auteur. Un grand merci à Karine :) pour cette belle découverte, vous pouvez d'ailleurs lire son éloge de ce livre ICI .

Cryssilda, London forever aussi! :)

London_Swap

Posté par Cryssilda à 20:55 - Lectures Anglaises - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 janvier 2009

Robert Burns' Day

Aujourd'hui est le 200ème anniversaire de Robert Burns, figure nationale Ecossaise ! A cette occassion, ce soir en Ecosse, on boit un peu trop de whisky, on mange du Haggis, et on déclame des vers du poète !

Address to a Haggis. 

Fair fa' your honest, sonsie face,
Great chieftain o the puddin'-race!
Aboon them a' ye tak your place,
Painch, tripe, or thairm:
Weel are ye wordy of a grace
As lang's my arm.

The groaning trencher there ye fill,
Your hurdies like a distant hill,
Your pin wad help to mend a mill
In time o need,
While thro your pores the dews distil
Like amber bead.

His knife see rustic Labour dight,
An cut you up wi ready slight,
Trenching your gushing entrails bright,
Like onie ditch;
And then, O what a glorious sight,
Warm-reekin, rich!

Then, horn for horn, they stretch an strive:
Deil tak the hindmost, on they drive,
Till a' their weel-swall'd kytes belyve
Are bent like drums;
The auld Guidman, maist like to rive,
'Bethankit' hums.

Is there that owre his French ragout,
Or olio that wad staw a sow,
Or fricassee wad mak her spew
Wi perfect sconner,
Looks down wi sneering, scornfu view
On sic a dinner?

Poor devil! see him owre his trash,
As feckless as a wither'd rash,
His spindle shank a guid whip-lash,
His nieve a nit:
Thro bloody flood or field to dash,
O how unfit!

But mark the Rustic, haggis-fed,
The trembling earth resounds his tread,
Clap in his walie nieve a blade,
He'll make it whissle;
An legs an arms, an heads will sned,
Like taps o thrissle.

Ye Pow'rs, wha mak mankind your care,
And dish them out their bill o fare,
Auld Scotland wants nae skinking ware
That jaups in luggies:
But, if ye wish her gratefu prayer,
Gie her a Haggis!

Cryssilda, j'aimerais bien vivre ça un jour :)

Drapeau_scotland

Posté par Cryssilda à 23:23 - Lectures Ecossaisses - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

CALEDONIA

Bonsoir à tous,

Ca fait des années que j'y pense sans oser me lancer... voilà, je me sens assez forte mainteant mdr...

Si vous êtes intéresés par d'obscurs pays tels que l'Angleterre, l'Ecosse, le Pays de Galles et l'Irlande, venez rejoindre Caledonia !

Caledonia organisera régulièrement à Paris des sorties culturelles autour de la Grande Bretagne et de l'Irlande...

Le site officiel : http://discovercaledonia.over-blog.com/

En espérant vous y retrouver très vite...

Cryssilda

Posté par Cryssilda à 22:14 - Evènements Culturels - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 janvier 2009

"Oscar Wilde and the Candlelight Murders" de Gyles BRANDRETH

Oscar_Wilde_and_the_candlelight_murdersOscar Wilde and the Candlelight Murders de Gyles Brandreth

Editions John Murray, 338 pages

Année de publication : 2007

Nous sommes fin 1888, début 1889 à Londres. Oscar Wilde, alors qu'il se rend à un rendez-vous, découvre le meurtre au chandelle du jeune Billy Wood. Oscar Wilde, tendrement amoureux de Billy Wood, ne trouvera la paix qu'une fois le meurtrier découvert. Aidé de son ami Robert Sherard, narrateur de l'histoire, et d'Arthur Conan Doyle dont le Sherlock Holmes va grandement inspirer et guider Oscar Wilde, l'illustre auteur va mener l'enquête dans un Londres de fin de siècle en pleine mutation.

Que de bons moment j'ai passé en compagnie d'Oscar Wilde ! Tout d'abord, si vous lisez l'anglais et que ce livre vous tente, vous devez absolument le lire dans la langue! L'auteur est de toute évidence très documenté et très passionné outre par le personnage d'Oscar Wilde, par la période Victorienne et le langage de l'époque. Ce livre est tout simplement exquis à lire dans sa langue originale (d'ailleurs, je parle maintenant avec mes amis britanniques en utilisant des formules du genre "I care not" ou "If you please"). Le langage donne l'ambiance du livre, très British old style, très londonienne... et vu que le personnage principale de ce roman est tout de même Oscar Wilde, ses aphorismes sont subtilement parsemés dans les dialogues d'Oscar. Un régal !

Ensuite, j'ai beaucoup aimé le personnage d'Oscar Wilde que j'ai découvert. Bien sûr j'ai lu quelques uns de ses ouvrages, je savais qu'il fit scandale in due course (j'utilise cette expression pour m'en souvenir à force!) mais je n'avais qu'une vague idée de qui il était vraiment. Le roman nous le fait découvrir et j'ai vraiment été charmée par sa personnalité : C'était un homme assez extrême et spontané, passant d'une humeur à une autre en trente secondes, se laissant aller à ses envies (on part pour un resto à cause d'une insoutenable envie d'huîtres, pour en fin de compte manger du homard, bon c'est une exemple, mais très allégorique du personnage!). Il est totalement décalé, totalement dans son monde, and he cares not de ce que l'on peut bien penser de lui. Il a également un telle prestance que tout le monde semble l'écouter et obéir au doigt et à l'oeil dès qu'il ouvre la bouche. Enfin voilà, je suis foutue, je vais tomber dans une période Oscar...

Le roman donne aussi beaucoup envie de lire Arthur Conan Doyle, personnage plutôt discret et réservé par rapport à Oscar Wilde, mais forcément, après la lecture d'un tel livre, on a envie de se plonger dans un bon vieux Sherlock...

Enfin, j'ai beaucoup aimé comment l'auteur à su ancrer son histoire dans la société de l'époque. Il joue beaucoup avec la morale, son livre se passe à l'époque victorienne, il utilise le style de l'époque, mais va nous parler ouvertement de sexualité, d'homosexualité, des désirs de la femme..., Victoria nous en aurait fait une syncope ! Et puis, en lisant ce livre, on a vraiment l'impression de voir les rues de Londres de 1890..., et puis on se rend compte que ça change autour d'eux : l'arrivée de l'électricité dans les foyers, les influences intellectuelles de l'époque, le métro qui est en route...

Juste une autre petite remarque... lorsque j'ai lu dernièrement Le diable de Glasgow, j'étais bluffée par l'utilisation plutôt banale du téléphone alors que l'histoire se passait en 1887... J'ai même dû faire des recherches sur l'invention du téléphone etc... et du coup, je doute encore plus que l'utilisation si fréquente du téléphone soit possible à cette époque... car Scotland Yard, dans The Candlelight Murders, utilise le télégrame, et non pas le téléphone... bref...

J'ai vu que ce roman était le début d'une série... (d'ailleurs mon livre contient le premier chapitre du second, que je n'ai pas lu!), je ne sais pas si ça peut tenir sur la durée, ça risque d'être un peu répétitif? On verra, je tenterai certaiment le second pour voir.

Je tiens à remercier ma swappeuse Erzébeth qui m'a fait découvrir ce roman grâce au Victorian Christmas Swap!

Cryssilda

lectures_vict

Posté par Cryssilda à 21:18 - Lectures Anglaises - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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18 janvier 2009

Interview de Stéphane Bourguignon

Il y a quelques années, je m'étais amusée à faire une interview maladroite et amateur de Stéphane Bourguignon destinée à mon forum de littérature sur MSN.
MSN ferme, je suis donc en plein déménagement de forum (il a 6 ans, je ne sais pas si vous vous imaginez le boulot... grrr)
Quoiqu'il en soit, je suis retombée sur cette interview et voulais la faire partager...

STEPHANE BOURGUIGNON

 

 

On vous connaît mal en France, mais il faut signaler que vous avez commencé en tant que rédacteur pour l'émission "Surprise sur prise" (ça nous parle ça, de l'autre côté de l'Atlantique) et comme scénariste de "La vie, la vie" (série télévisée québécoise, jamais diffusée en France). Qu'est ce qui vous a fait franchir le pas du scénario à l'écriture d'un premier roman ?

En fait, j’ai publié deux romans avant de me lancer dans l’éreintante aventure de "La vie, la vie". Qui d’ailleurs, en passant, a été diffusée à plusieurs reprises en Belgique et en Suisse. Elle a aussi été vendue à France 2 qui ne l’a toujours pas diffusée pour des questions de doublages (eh oui, l’accent du Québec !), je crois. Donc, des études en scénarisation cinématographique, plus ou moins dix ans dans le milieu de l’humour à titre d’auteur et d’idéateur tout en écrivant mon premier livre, "L’Avaleur de sable". Puis mon second livre, puis "La vie, la vie", puis mon dernier roman, "Un Peu de fatigue". Aujourd’hui encore, je navigue entre le roman et le scénario, alors que je prépare une nouvelle série télé et un long métrage… tout en travaillant (un peu) sur un roman. Les deux formes me nourrissent et je crois que d’une certaine manière, chaque passage dans l’une enrichie l’autre. Du moins je l’espère.

L'accent du Québec... Justement notre forum se concentre actuellement sur la francophonie. Quelle a été votre sentiment quand la question de doublage pour La vie, la vie a surgi ? Qu'évoque d'ailleurs pour vous ce concept de francophonie ?

Pour nous, au Québec, la fragilité de l’oreille française nous semble absurde et un peu capricieuse. Probablement parce que nous sommes habitués depuis longtemps aux doublages des films américains par des acteurs français. Mais je sais que les téléspectateurs sont frileux. Par contre, lors d’un festival de télé en Suisse nous avons présenté "La Vie la vie" dans sa langue originale et les spectateurs (français, belges, suisses) comprenaient à 90 % et semblaient plutôt ravis de faire une incursion dans la « vraie » langue des québécois. Toute oeuvre doublée perd énormément de son attrait, de son pouvoir et surtout de sa justesse. Le son ambiant doit être refait en entier, en studio, et une belle production sonore finit par sonner faussement. La francophonie pour moi est un concept vague ; une langue qui lie des peuples avec des racines et des cultures complètement différentes. J’oserais même dire que parfois, le fait français peut générer une méprise. Il arrive souvent quand nous sommes exposés à la culture française, que nous vivions une sorte de déception ou d’incompréhension parce que nous pensions inconsciemment que le fait que nous parlons la même langue nous rapprocherait nécessairement. Et il n’en est rien. Donc, déception. C’est une particularité, que de parler français, non pas une étiquette ou une garantie ou un indice de quoi que ce soit. Je crois que nous, québécois, avons autant sinon plus d’affinités avec les américains qu’avec les français. Par contre, j’ai croisé quelques suisses et quelques belges avec qui je pouvais établir des correspondances culturelles.

Passons maintenant à vos livres. Tous trois sont assez humoristiques, de l'humour grinçant bien souvent, et il se dégage de votre écriture un certain dynamisme. On a l'impression d'une certaine spontanéité... Est-ce lié à vos habitudes d'écriture ? Quel genre d'écrivain êtes-vous ? Plutôt acharné qui enchaine les pages en quelques mois ? Ou avancez-vous plutôt à petits pas, au gré de votre inspiration ou de votre envie d'écrire ? Ou ?

La spontanéité demande beaucoup de travail ! Ironiquement, pour essayer justement de recréer « la spontanéité » il faut repasser et repasser, récrire et récrire. Chaque livre impose son rythme. Les aléas de la vie courante aussi. Le fils qui entre de l'école à 15:30 plutôt qu'à 17:00 modifie cette journée de travail. La conjointe en vacances à la maison donne envie à l'écrivain d'être en vacances aussi... Chaque décision prise dans un roman (et il y en a des millions) est influencée par le contexte dans lequel se trouve l'auteur. La sinusite qui persiste depuis une semaine lui fera peut être tourner les coins rond. C'est pour ça que beaucoup d'entre nous cherchons à nous isoler ; afin de réduire le plus possible les influences extérieures. Plus les influences extérieures sont nombreuses, plus le livre "final" s'éloigne du livre que nous avions en tête avant de commencer. Pour le meilleur et pour le pire. Moi je suis du genre à avancer lentement et à peaufiner à mort. J’ai aussi souvent besoin d’une bonne pause en cours d’écriture, parfois plusieurs mois, afin de réfléchir à la dernière partie de mon livre. En fait, le travail de l’écrivain dépasse grandement le temps passé devant l’ordinateur à écrire des phrases. Il y a tout un temps, incalculable, passé à réfléchir, ressentir (trouver l’âme du livre), classer les infos, remuer les thèmes, explorer des sentiers, faire de la recherche aussi parfois. Et il y a tout un travail inconscient qu’on ne contrôle pas mais qui a aussi son rythme à lui. Ce travail est sacré, il ne doit pas être bousculé.

Vos trois romans ont pour personnages principaux trois hommes, tout d'abord dans "L'avaleur de sable", et dans "Le principe du Geyser", on retrouve Julien entre ses 26 ans et ses 30 ans, puis dans "Un peu de fatigue", Edouard a 41 ans? A quelques années près, les personnages semblent prendre vie au même âge que vous au moment où vous écivez les romans. Sans parler de romans autobiographiques non plus, est-il important pour vous de garder avec vos personnages une certaine proximité ?

Julien était sécurisant, c’était un autre moi. Je le comprenais à fond. Je ne me serais pas vu à 25 ans écrire pour un personnage de 75 ans. Surtout que mes romans sont écrits au « je », ce qui rend l’écriture encore plus intime. Au « je », nous sommes à l’intérieur du personnage. Pour arriver à une certaine justesse psychologique, je devais prendre des hommes de mon âge ou même un peu plus jeune que moi ("Le Principe du geyser"), afin de les comprendre à fond. Dans le cas de "Un Peu de fatigue", j’avais commencé à prendre mes distances. Au début de l’écriture, je n’avais que 34 ans (Édouard en a 41). À remarquer aussi qu’il y a plusieurs narrateurs dans ce livre, dont deux femmes. C’était ma première incursion dans l’univers féminin et j’y ai pris goût. J’aime croire qu’il s’agit d’un signe de maturité. Le roman sur lequel je travaille présentement met en scène une jeune femme dans la vingtaine. Chaque livre apporte son lot de difficultés. Plus je prends de l’expérience, plus je peux m’aventurer sur des terrains psychologiquement exigeants parce que je n’ai plus à me poser certaines questions primaires.

D’ailleurs, on peut sentir une autre évolution entre "L'Avaleur de Sable" et "Le principe du geyser", d’une part et d’autre part, "Un peu de fatigue". On a l’impression que vous vous éloignez de plus en plus du genre de la comédie, comme si vous aviez peut être moins envie de « clowniser » vos personnages et plus de leur donner une certaine profondeur. Vous cachiez-vous derrière l’humour ? (Un roman plus sérieux serait plus facilement critiquable?) Pensez-vous que c’est une tendance qui va durer et qu’avec l’expérience et la maturité de l’écriture vos romans seront de moins en moins teintés d’humour ?

Il faut savoir qu’au moment où j’écrivais" l’Avaleur de sable", parallèlement, je gagnais ma vie en tant que scripteur humoristique. J’écrivais des gags et des textes comiques pour différents humoristes, différentes émissions de radio et de télévision. L’humour était une réelle préoccupation. A la sortie de mon premier roman, j'ai abandonné cette pratique pour me consacrer à la fiction. Mais au moment de l'écriture du "Principe du geyser", j'ai dû quand même honorer une certaine continuité stylistique avec "L'avaleur de sable" puisqu'il s'agissait d'une suite. C’est aussi pour cette raison que j’ai l’impression parfois qu’Un peu de fatigue est mon véritable second roman. Et l’on sent effectivement un basculement du comique vers le dramatique, même si certaines situations restent drôles. Ou drolatiques, devrais-je dire. Le roman sur lequel je travaille présentement n’est pas drôle du tout. Ma vision de l'écriture romanesque a aussi changé avec le temps, l'âge et les préoccupations. Avec la quarantaine, je sens une nouvelle ouverture sur le monde. Pour l'instant, cela se traduit par une écriture de plus en plus dramatique, mais il n'est pas dit qu'après quelques années d'indignation, je ne revienne, avec une certaine distance, avec une forme littéraire tout aussi "critique" mais avec plus de détachement, ce qui permettrait la cohabitation de l'humour et du "contenu". C'est vrai que j'ai un peu l'impression de me diriger, avec mon prochain livre, vers une des deux extrémités du balancier. Mais qui peut prédire quoi que ce soit dans le domaine de la création ?

Quels sont vos rapports avec vos lecteurs ?

Je n’ai plus vraiment de rapport avec mes lecteurs. Sinon qu’à la sortie de mes livres, je participe au salon du livre de Montréal et je signe des dédicaces jusqu’à plus soif. Il faut savoir que la série télé "La Vie la vie" a connu un bon succès, ce qui m’a amené un nouveau lot de lecteurs. Malheureusement, ces rencontres sont très brèves et même si elles sont généralement agréables, elles restent truffées de lieux communs et de formules de politesse. La pratique littéraire est éminemment solitaire. Peut-être le forme d'art la plus solitaire parce qu'il n'y a pas cette espèce de cérémonie collective, ce spectacle, cette représentation publique de l'oeuvre où tout le monde est rassemblé. J'en suis même venu à penser que la tournée médiatique d'un auteur avait un peu fonction de simulacre de ce rituel. Ce qui est un peu tordu puisque ce n'est pas le livre qui en est la représentation, mais bien l'auteur. Je crois toutefois qu'elle peut contribuer à maintenir l'écrivain en santé mentale. Il joue et rejoue la genèse de son livre jusqu'à écoeurement, lui permettant par la suite de passer à autre chose.

Quels sont les auteurs que vous admirez ? Et dans le cadre de la littérature canadienne francophone à l'honneur sur notre forum, quels auteurs (livres) canadiens francophones nous conseilleriez-vous?

Je respecte beaucoup d'auteurs même si je n'aime qu'un seul de leurs livres. Mes rencontres sont surtout avec des bouquins. Mais pour en nommer quelques-uns en vrac : Don Delillo, Simenon, Torgny Lindgren, Raymond Carver, Kundera, Chaim Potok, Ian McAwan, Yoko Ogawa, Zoé Valdés et bien d'autres. Pour ce qui est des collègues québécois, je dois dire que je ne les connais pas bien, étant beaucoup plus intéressé par la littérature qui me dépayse que celle qui me ressemble. Mais il y a bien sûr les incontournables : Anne Hébert, Hubert Aquin, Marie-Claire Blais. Et les amis : Pierre Yergeau, Stanley Pean et Élise Turcotte.

Entrevue réalisée en exclusivité par Cryssilda pour Lire, lire et lire encore !! (28/09/05)

 


 

 

BIBLIOGRAPHIE

  • L'Avaleur de sable, 1993 Québec Amérique - Robert Laffont

  • Le principe du geyser, 1996 - Québec Amérique - Julliard

  • Un peu de fatigue, 2002 - Québec Amérique

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14 janvier 2009

"Les dépossédés" de Robert McLIAM WILSON

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Photographies de Donovan Wylie

Editions 10/18 - 339 pages

Dans ce livre, l'auteur se donne pour but de dépeindre la pauvreté dans trois villes du Royaume Uni : Londres, Glasgow et Belfast. Ce n'est pas un roman, Robert McLiam Wilson tente de faire un rapport, ou plutôt une sorte de reportage sur la pauvreté, avec son ami photographe Donovan Wylie.

Voici un livre qui m'a passionnée et pourtant je le trouve bien maladroit. L'auteur s'attaque à une noble tâche, mais semble pas trop savoir comment s'y prendre. Il n'arrive pas à garder de la distance avec son sujet et s'implique bien trop pour rendre son livre objectif, mais c'est ce côté que j'ai aimé. Bien souvent quand on parle de la pauvreté, on parle de généralités, lui montre des cas particuliers, des vrais gens qui vivent. Ils ne sont pas forcément les plus représentatifs de la pauvreté, mais ils vivent et survivent avec peu. Comme il le dit lui même à la fin de son livre, ce livre est un échec et un livre sur l'échec, car sa sensibilité l'a empêché d'aller au fond de son livre.

Il est sûr que je vais maintenant m'attaquer à ses romans!

Cryssilda

Drapeau_Irlande

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11 janvier 2009

"Le diable de Glasgow" de Gilles BORNAIS

Le_diable_de_GlasgowLe diable de Glasgow de Gilles Bornais

Editions 10/18, 340 pages

Un flic londonien désabusé est obligé de se rendre à Glasgow pour enquêter sur un cambriolage qui a mal tourné. Joe Hackney n'aime pas grand chose dans la vie, à part râler et fantasmer sur sa Millie. A Londres il vit avec sa mère, dépressive depuis la mort de son père. Autant vous dire que, lorsque Scotland Yard décide de l'envoyer en Ecosse, Joe, comme tout bon anglais qui se respecte, est ravi de s'y rendre : Ses collègues Ecossais sont forcément des gros nazes, et la population écossaise, soit des ratés, soit des ploucs. Il n'a qu'une idée en tête, expédier l'enquête pour aller rejoindre sa Millie, mais l'enquête va se révéler bien plus compliquée, et il va devoir courir après un victorian serial killer.

Au début de ma lecture j'étais très cynique lorsque je parlais de ce roman. Je lis très rarement du polar car je n'adhère pas des masses, je trouve que les enquêtes suivent souvent les mêmes schémas, et que le style n'est pas des plus complexes.

Alors voilà, je rigolais bien en lisant ce roman, je comparais Joe Hackney au commissaire Moulin et tout... mdr... en disant que j'avais souvent l'impression qu'il allait sortir son téléphone portable de sa poche tellement ça ne sonnait pas victorien etc...

Car bon, il faut reconnaître que ça sonne pas victorien du tout quand même... aucun effort n'est fait pour coller à l'ambiance de l'époque, ou au style des romans victoriens. On sait que ça se passe à l'époque victorienne car chaque chapitre est daté et parce que parfois Joe appelle des fiacres... mais c'est tout!

Mais bon, je dois avouer honteusement, que j'ai aimé ce roman! Tout d'abord parce qu'il m'a beaucoup fait rire Joe Hackney, son cynisme envers les écossais, son air dépité et désabusé face à la splendeur du pays... bref même si je ne partage pas ses avis, c'était marrant à lire, et ça sonnait tellement vrai (les anglais aiment rarement les écossais).

Ensuite, je me suis baladée en Ecosse avec lui... il s'est même rendu jusque Glencoe pour moi (oui pour moi! mdr)

Et puis, je me suis laissée prendre par l'histoire... Plus je me dirigeais vers la fin, moins je arrivais à lâcher le livre...

Cryssilda

lectures_vict

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04 janvier 2009

"Voices Silenced - Has Irish a future" de James McCloskey

Voices_silencedVoices Silenced - Has Irish a future de James McCloskey

Editions Cois Life Teoranra, 51 pages en Gaélique, la même chose en Anglais.

J'ai lu ce livre dans le cadre de mon apprentissage du Gaélique Irlandais, et il va me permettre de répondre à tout un tas de petites moqueries auxquelles je dois faire face "Mais pourquoi t'apprends un langue morte? Mais ça sert à rien ce que tu fais, personne ne parle plus le Gaélique!"

Ce livre est une étude linguistique / ethnologie sur l'histoire, la vie et la survie des langues. Nous apprenons pas exemple que la colonialisme, l'impérialisme et le capitalisme sont tant de raisons qui font qu'une langue meurt. En effet, nous savons que les langues sont grandement liées à l'identité culturelle de chacun. Certaines langues sont considérées comme inférieures et par conséquent les nouvelles générations ne veulent plus les parler... plus grave encore, elles ne les apprennent plus non plus à leurs enfants... c'est comme ça qu'une langue meurt.

Dans d'autres cas, il est également difficile qu'une langue survive si elle est interdite, ou si tout simplement, on élimine les populations qui la parlent... (Colonialisme, URSS...)

Mais nous voici entièrement rassurés! La dernière partie du bouquin nous apprend que le Gaélique Irlandais ne fait pas partie des 10% de langues sur notre planète qui sont menacées de disparition à ce jour. Pourquoi donc? Parce que le gouvernement irlandais soutient la langue irlandaise (première condition pour qu'une langue ne meurt pas... comparons par exemple au Breton), il y a une chaîne de télévision en Gaélique Irlandais accessible par tous en Irlande, tous les sujets et thèmes peuvent être exprimés en Gaélique, des chaînes de radios tout en Gaélique existent également, des auteurs écrivent en Gaélique etc... (c'est d'ailleurs l'un de mes challenge de cette année, lire un livre en Gaélique...). Il y a également une large population (peut être à l'échelle des linguistes) qui parle encore le Gaélique au quotidien. C'est la langue maternelle d'environ 25.000 personnes, dont une population encore jeune. Cette langue est également utilisée par environ 100.000 personne de par le monde pour différentes raisons.

Je ne sais pas vous, mais moi je vais dormir bien mieux ce soir! :)

Cryssilda

Drapeau_Irlande

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"La Falaise hantée" de Dorothy Macardle

La_falaise_hant_eLa Falaise Hantée de Dorothy Macardle

Editions Terre de Brume, 358 pages

Publication : 1941

Pamela et Roddy, frère et soeur, en ont assez de Londres, ils rêvent tous deux d'une maison au bord de la mer. Pamela pour mener une vie moins stressante et Roddy pour se consacrer à l'écriture. Au cours d'une ballade en Cornouailles, ils découvrent Cliff End, perchée en haut d'une falaise, la maison de leur rêve. Le propriétaire ambigü semble soulagé de s'en défaire, mais reste très secret et les met en garde : Les précédents propriétaires ont dû quitter les lieux car il entendaient des bruits étranges. La rumeur dans le village dit cette maison hantée.

En effet très vite, les deux occupants de la maison vont tout d'abord entendre des gémissements et des pleurs dans la nuit, puis vont voir apparaître des spectres et être témoins d'un tas d'évènements paranormaux... Pamela et Roddy décident donc de mener l'enquête, ils découvrent bientôt l'histoire des occupants de cette maisons, et cherchent à savoir ce que veulent ces fântomes.

Je n'avais jamais aupravant entendu parler de cette auteur, c'est Marie qui m'a intriguée lorsqu'elle en a parlé sur son blog, vous pouvez d'ailleurs lire son commentaire de ce livre ICI.

Je suis assez mitigée en ce qui concerne ce livre... Tout d'abord, j'ai été très prise par l'histoire (que je lisais dans la nuit histoire de me faire peur, mais ça n'a pas marché!) et comme les deux personnages, j'essayais de comprendre qui étaient les revenants, et pourquoi ils revenaient.

Les descriptions de la Cornouailles, de Cliff End etc... donnent envie de faire immédiatement ses valises... J'ai aimé l'atmosphère du roman, et le côté très intriguant de l'histoire.

Par contre, j'ai été un petit peu agacée par les personnages et leur côté trop rationnel. Je n'ai jamais eu affaire à des fantômes dans ma vie, mais je ne suis pas près d'oublier le stress que m'a mis une guide touristique dans les sous-terrains d'Edinburgh avec ses histoires de fantômes... toute rationnelle que je suis, je ne me serais pas attarder bien longtemps toute seule en ces lieux... Donc, ces deux personnages habitent de toute évidence dans une maison hantée, et après chaque manifestation, alors que toute personne sensée s'empresserait hors de la maison (au moins de le temps de reprendre ses esprits), les deux personnages s'installent dans leur salon pour évoquer des théories sur ces fantômes, pour aller ensuite passer bien tranquillement leur nuit dans leur chambre respective. Moi si je me retrouve face à un fantôme dans une maison que mon frère habite aussi, sûr que j'irais squatter sa chambre pour la nuit!

Voilà, je ne les ai pas trouvé très crédibles du coup, ils servaient à l'histoire, à nous faire découvrir pourquoi la maison était hantée etc... meis eux-même en tant qu'êtres humains n'avait pas des réactions bien naturelles.

Et puis, le personnage de Stella m'a vraiment beaucoup agacée (Stella est une amie des deux personnages, dont l'histoire est intimement liée à la maison). Elle a dix-neuf ans dans l'histoire, mais quand elle parlait, j'avais l'impression de lire une petite gamine de 13 ans...

Mais bon, je répète que je me suis quand même bien laissée prendre par l'histoire. J'avais juste aussi déviné le dénouement bien avant qu'ils viennent à l'esprit des personnages...

Le livre présente également en préface l'auteur, Dorothy Macardle qui m'intrigue beaucoup par contre. Avant d'être écrivain, elle était journaliste et se battait pour la cause Irlandaise. Elle a d'ailleurs commencé à écrire de la fiction en prison, alors qu'elle était enfermée pour ses engagements politiques. Je suis bien contente de l'avoir découverte, car je m'intéresse beaucoup à l'histoire de l'Irlande, alors je vais me pencher un peu sur son cas.

Cryssilda

Drapeau_Irlande

Posté par Cryssilda à 17:30 - Lectures Irlandaises - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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