la_fianc_e_de_l_irlandaisLa fiancée de l'Irlandais de Michelle Willingham, 342 pages (quand même!)

Titre anglais : Her Warrioir (hein?) King

Isabelle est la fille d'un riche baron anglais. Patrick est un chef de clan irlandais, qu'on appelle aussi un roi. Ils n'ont rien en commun, c'est une fille de bonne famille, normande (ça se mélange, on sait pas trop si elle est finalement anglaise ou normande, mais elle parle anglais).. et Patrick est un barbare sur ses terres irlandaises dont le baron veut s'emparer! Après un massacre de son peuple, et pour en éviter un autre, Patrick accepte de prendre Isabelle pour épouse, en échange d'une protection de son peuple par le baron. Patrick ne veut pas faire d'Isabelle sa femme, il ne veut pas consommer le mariage, et encore moins avoir des enfants avec Isabelle, ce serait se rabaisser, elle est anglaise après tout ! Mais voilà, rien n'est aussi simple dans les harlequinades... Le père d'Isabelle veut la preuve que sa fille est devenue femme, mais Patrick, pourtant petit à petit totalement subjugué par la beauté et l'impétuosité d'Isabelle ne peut simplement pas verser sa semence en elle, car il doit rester fidèle à son clan : Voici en fait, je m'en rends compte, ce qui va faire toute notre histoire : J'ai envie de l'ensemencer, mais je ne peux pas! (vous imaginez donc quelle sera la scène finale! mdr)

Voilà donc, un livre de la collection Historique, qui nous propulse dans l'invasion de l'Irlande par les anglais, alors que l'Irlande n'est pas encore un pays, juste une terre de différents clans qui ne s'aiment pas du tout du tout. Nous sommes en l'an 1170.

Aspect historique...

Nous réalisons ici, grâce à notre pote Wiki, que l'intrigue est purement et simplement calquée sur l'histoire irlandaise, je cite "C’est ainsi que MacCullough conclut un marché avec le roi normand Richard de Clare, dit « Strongbow ». Celui-ci était disposé à l’aider à retrouver son rang en Irlande à condition d’obtenir la main de la fille aînée de MacCullough et ainsi de devenir son héritier au trône. Le premier débarquement normand eut lieu en 1167 mais c’est en 1169 que débarqua le gros des troupes. Ils eurent tôt fait de défaire les principaux rois irlandais et d’étendre leur influence sur la côte Est de l’Irlande."

Bon, pour garder un peu de confidentialité et ne pas dévoiler trop directement l'intimité du Roi Patrick et de sa femme Isabelle, les noms ont été changés. Et pis Strongbow et autres vaillants anglais sont tous mélangés aussi, histoire de brouiller les pistes.

C'est donc une épopée historique que l'auteur nous présente ici, avec tout ce dont nous pouvons rêver dans ce genre d'intrigue : Châteaux en ruine, menaces ennemies (anglaises et irlandaises, je vous le rappelle, tout le monde est méchant!), petites engueulades familiales (quoi, tu te tapes une anglaise?). Le roi a un sacré fardeau à porter sur son dos, son peuple doit apprendre à cohabiter avec les premières troupes anglaises ayant élu lieu en Irlande... la situation est explosive, croyez-moi, d'autant plus qu'Isabelle est chiante, euh je veux dire un peu têtue... le roi décide de l'isoler sur un île (pour ne pas être tenté) et pour sa sécurité (le peuple n'aime pas du tout que le roi se tape une anglaise)... mais Isabelle traverse la mer à la nage, et se mêle même aux combats sans y être invitée ! Le roi décide parfois de la punir, en lui "titillant la perle insaisissable d'où s'irradie la volupté", et en la laissant là, comme ça, frustrée, et enfermée deux jours toute seule dans la chambre du roi... et ça c'est trop terrible pour elle!

Bref, Isabelle va devoir mener une vraie bataille pour être acceptée parmi le clan qui est sien de part son mariage. Elle fera tout pour rassembler les peuples, pour les unir, pour que tout soit au mieux! Et comme ça, hop, elle essaie de gagner la semence le coeur de son roi de mari!

Aspect amoureux et charnel de l'histoire... (le suspens a assez duré!)

Il est a noter que les époux commencent d'abord par se détester royalement! Isabelle se pose beaucoup de questions quant à son mariage du genre... existentielles "Comment ajouter foi aux propos paradoxaux d'un sauvage?" (ça en jette hein, je vous jure que ça sort du harlequin!).

Le problème c'est que : Isabelle 'Les lèvres fermes et bien dessinées, les pommettes hautes et les yeux bruns, le teint lumineux, elle ne manquait ni de beauté, ni d'élégance.'

Patrick : "Ceux qui le voyaient pour la première fois le prenaient volontiers pour la réincarnation de quelque héros de légende"

Comment ces deux êtres peuvent-ils rester indifférents?? Imaginez donc dans quel état on retrouve le pauvre Patrick lorsqu'elle apparaît dans sa tunique trempée au sortir de la mer, après une traversée dans l'eau froide (et tout ce que ça implique comme réaction sur le corps d'une femme).

Mais bon, ne soyons pas de mauvaise foi, ce livre n'est somme toute pas rien qu'une histoire de fesses! Les protagonistes restent habillés très longtemps, et le premier baiser n'arrive qu'à la page 147 !!!

Et là, c'est de la belle écriture!

Mise en situation : Patrick est furax, et il ramène Isabelle sur son île :

"Le roulis de la barque les poussait l'un vers l'autre. Isabelle ressentit contre elle une pression inconnue et nouvelle, dont elle sût aussitôt l'origine" et pauvre Patrick : "Patrick éprouvait avec ivresse la torture infligée par sa virilité, rigide comme un roc" N'est-ce pas poétique et imagé tout ça?

P.207, second baiser, puis attouchements de plus en plus intimes, mais c'est malheureusement la scène de la punition... et la c'est trop injuste, car 'Isabelle sentait (déjà) brûler et fondre à la fois la chair tendre de sa féminité, qui jouissait par pulsations des prémices de la volupté"

Et pis le méchant baron arrive en P.247... il veut sa fille femme, et ceci doit être prouvé sur le champs! La pauvre Isabelle se trouve froidement déflorée par son mari, ce qui lui arrache un 'cri de douleur et de détresse'... n'empêche, qu'au moyen âge, on endure bien mieux ce genre de douleur physique, alors dès le soir même, elle lui fait les yeux doux, pleine de désir... euh ouais c'est ça ouais! Et hop, voilà que pour elle c'est l'extase, et plutôt deux fois qu'une! (dans un champs, et dans des positions assez incongrues pour une première fois en 1170...) Mais comme à chaque fois, notre cher Patrick, fidele à ses convictions "répandit sur l'herbe le flot de son ardeur si longtemps retenu" et ça, Isabelle elle aime pas du tout, elle se sent encore une fois toute frustrée et toute rejetée!

Bref, mais à partir de ce jour, c'est l'amour encore plus fou ! Patrick n'hésitera plus à se jeter dans les griffes de l'ennemi pour sauver sa belle!

Je vous passe les blablas, pour en arriver à l'happy ending... les anglais et les normands sont tous potes, les familles s'entraident, Isabelle et Patrick sont bien les King & Queen, et respectés comme tels... et Patrick, pour finir, en acte symbolique : 'le gage ultime de leur union' se répand enfin en elle!

Ah oui, comment oublier! Pour s'émoustiller un peu, j'ai adoré la partie de 'strip échecs' PTDR...

L'aspect linguistique...

Forcément, je dois être la seule à lire un harlequin historique irlandais avec un dictionnaire gaélique à côté de moi... Mais, madame l'écrivain, sachez que si Isabelle est presque bilingue en trois mois, c'est ABSOLUMENT IMPOSSIBLE, et que si elle s'écrit "Ta sé Isabelle", pour dire qu'elle s'appelle Isabelle et que son mari est fou d'admiration pour son gaélique si parfait, IL SE FOUT DE SA GUEULE ! car c'est la première chose qu'on apprend lors de la première leçon, et que pas du tout que ça se dit comme ça! Pis je peux pas me tromper car effectivement Isabelle is ainm dom (taduc : je m'appelle Isabelle)  même pas pour rire - alors cette phrase, je l'ai bien intégrée! mdr

Et pis si la dame porte une longue robe, sachez qu'elle ne porte pas du tout une leine (qui est une chemise) mais plutôt une guna (qui est une robe)...

Conclusion...

Plus sérieusement (mais pourtant mon message est déjà ultra sérieux, à la pointe de l'étude littéraire!), je ne me suis pas non plus ennuyée à lire ce roman... je ne dis pas que c'est super bien écrit (beaucoup de répétitions et de lieux communs), mais l'intrigue n'est pas totalement mauvaise non plus. Ce roman ressemble à un récit historique (moyen) auquel on aurait ajouté tous les passages harlequins pour les besoins de la publication (et pour le besoin des harlequinades aussi!)

Cryssilda

PS : Je me demande encore comment Isabelle a survécu jusqu'à la fin, des milliers de poignards lui ont traversé le coeur au cours des pages, tellement Patrick n'a pas été cool avec elle!

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