danbeDanbé de Aya Cissoko et Marie Desplechin

Editions Calmann-Lévy, 183 pages, 2011

Sous la plume de Marie Desplechin, Aya Cassiko raconte sa vie et l'histoire de sa famille. Issue d'une famille malienne, Aya a d'abord vécu dans ces bâtiments-taudis de Paris jusqu'à, histoire "banale", l'incendie de l'immeuble dans lequel elle va perdre son père et sa petite soeur. Ensuite déplacée dans le quartier de Ménilmontant, elle va apprendre la vie selon les valeurs imposées par sa mère qui se résument en un mot "danbé" : en gros peu importe ce que la vie nous réserve, toujours, il faut rester digne. Digne de soi, de sa famille, de son histoire, de ses origines. Aya va alors se servir de ses cicatrices pour avancer et être digne de cette chance que sa mère lui a donné : Vivre à Paris et aller à l'école. Sa colère, elle va l'exorciser grâce à la boxe, jusqu'à devenir championne du monde.

J'ai eu peur, très peur, en ouvrant ce livre. J'avais déjà lu un roman de Marie Desplechin il y a quelques années et je n'avais pas du tout aimé. Et puis, un livre qui raconte la vie d'une boxeuse.... c'est quoi la boxe au juste ? Bref c'était pas gagné, mais vu que j'ai accepté ce livre, et vu que je m'étais engagée auprès de Stéphie, fallait bien que je le lise, n'est-ce pas ?

Sachez que j'ai été plus qu'agréablement surprise. J'ai eu un peu de mal au tout début, je retrouvais le style de Desplechin que je n'aime pas : des phrases trop courtes qui me font penser à une énonciation d'idées ou de sentiments plus qu'à du texte, du vrai (on est victorienne dans l'âme ou on ne l'est pas.) J'avais peur aussi de me plonger dans une histoire cent fois vue à la télé, une enfant issue de l'imigration, les immeubles qui brûlent, la pauvreté, les cités etc... c'est terrible de dire ça, je le sais bien, mais ça devient tellement banal...

Quoiqu'il en soit, ce livre c'est bien plus que tout ça. Alors que la vie dans les cités etc ne m'est pas un monde si étranger que ça, j'ai trouvé que ce livre m'apportait bien plus qu'un simple récit mille fois entendu. Je m'y suis retrouvé, à plusieurs reprises, même si ma vie est très différente de celle d'Aya (mais bon, combien de fois j'ai entendu le "Française, mais de quelle origine?") J'ai suivi cette jeune fille avec cette envie qu'elle s'en sorte et que la vie la récompense enfin de tous les efforts qu'elle a fait pour elle.

Quant au style de l'auteur, je l'ai trouvé bien plus fluide et à mon goût alors que le livre avançait.

C'est un livre plein d'espoir et de force pour tous les jeunes qui n'ont pas la chance de naître dans un milieu idéal et qui doivent se battre jour après jour pour se construire et trouver une place digne dans la société. 

Merci à Laetitia et aux Editions Calmann-Lévy.

Lu dans le cadre de la semaine consacrée à Marie Desplechin de Stéphie.

Marie_Desplechin