welsh-de-vieux-osDe vieux os de Louise Welsh (Naming the Bones)

Éditions Métailié, 2011, 392 pages

Murray Watson, Docteur en littérature britannique, est pris de passion depuis son adolescence pour un vieux poète mort et tombé dans l'oubli. Maintenant ses études bouclées et sa position stabilisée au sein de l'université de Glasgow, il décide de prendre une année sabbatique afin de se vouer corps et âme à son poète, découvrir quelle fut sa vie et exposer son oeuvre à un public plus large. En effet, Archie Lunan n'a publié qu'un unique recueil avant de mourir noyé dans la mer à l'âge de vingt-cinq ans. Murray va tout d'abord se plonger dans de vieux papiers à la bibliothèque, mais va très vite vouloir aller plus loin et rencontrer les anciens amis d'Archie, qui, l'esprère-t-il, l'aideront à se faire une image plus précise du poète. Ses rencontres vont ébranler son image un peu trop pure du jeune prodige mort trop tôt... et le mener jusqu'aux tréfonds d'une île paumée en Écosse.

Il est des livres qu'on retrouve un peu par hasard entre nos mains. Ce n'est pourtant pas faute de fouiner parmi la littérature écossaise, vous en conviendrez. Il est des auteurs dont on se demande comment on a pu échapper à leur nom pendant tout ce temps. Il est des auteurs plus au moins connus, qui écrivent des chefs d'oeuvre sans que personne ne nous mettent au courant.

Je vous annonce tout de suite la couleur : Ce livre est le meilleur que j'ai lu cette année (et pourtant j'en ai eu de gros coups de coeur).

Tout d'abord, j'aime le milieu dans laquelle se déroule l'intrigue : Murray est professeur, mais professeur de littérature à l'université. Il est passionné de livres et se dévoue totalement à son auteur chouchou, malgré les regards de côté de ses collègues, amis et famille. J'ai trouvé le personnage de Murray très attachant, c'est un naufragé dans sa propre vie : Il sort avec la femme de son responsable, il se brouille plus ou moins régulièrement avec son frère. Il se trouve maladroit avec tout le monde, se remet en question tout le temps, se cherche encore malgré son âge. On comprend bien vite que ses recherches sur Archie lui apprennent beaucoup sur lui-même, sur sa vie et sur ce qu'il en attend. Sur son idéal de vie par rapport à son quotidien.

Ce monde de livres poussièreux ne peut bien sûr pas laisser indifférent les lecteurs que nous sommes.

Ensuite, le gros point positif de ce roman : l'Écosse (pour changer)

Je n'ai pas seulement lu ce livre, j'y étais. Je connaissais beaucoup de lieux où se rendaient Murray, à Glasgow et à Edinburgh. L'ambiance de ces villes est parfaitement rendue. Je pense que je m'y serais sentie même sans avoir visité ces villes : L'ambiance mouillée, les closes, les touristes, les pubs dans des ruelles, les piliers de bar, les imbibés du samedi soir....

Et puis Murray passe quelque temps sur une île écossaise, comme je vous le disais plus haut, à recherche de lui-même. Un véritable retour à la nature, aux plus simples besoins, aux traditions et aux légendes. L'ambiance sur l'île est envoûtante. L'île a des côtés sauvages qui effraient mais qui intriguent et fascinent en même temps. La nature est personnifiée une fois sur l'île, il ne faut pas juste faire avec, il faut savoir l'intégrer dans son quotidien car les habitants sont totalement à sa merci. Pour avoir déjà passé quelques jours, et quelques nuits sur ce genre d'île écossaise, c'était absolu magique pour moi, cette impression d'y être encore une fois juste par la force des mots de l'auteur. Et puis, les anecdotes ne peuvent que nous parler : les trous d'eau, les moutons qui se barrent quand on leur parle... même pas de pub sur cette île !!

L'intrigue est très habilement menée. C'est un roman qui tient en haleine dès les premières pages. On a plaisir à retrouver les personnages, en particulier Murray et sa maladresse. On est comme lui, en attente de n'importe quel nouvel élément sur son poète, car il n'est pas difficile d'imaginer l'un de nos auteurs chouchous à la place d'Archie et de vibrer comme Murray. C'est également un livre plein d'humour et de légèreté, et qui révèle une quantité de petites absurdités quotidienne qui nous semblent tellement banales qu'on y fait plus attention.

Enfin, ce roman soulève l'éternel débat : L'oeuvre suffit-elle à elle-même ? Faut-il s'intéresser à l'auteur pour plus apprécier encore leurs écrits ? Ce qui est certain, c'est que le lecteur et l'auteur vivent une histoire très intime à travers les textes et qu'un lecteur ne peut pas rester insensible à un livre qui lui parle de lui-même. Murray l'apprendra au cours de ses recherches.

L'intrigue est pleine de suspens, et, je ne peux pas vous en dire plus, mais le final est excellent et tellement inattendu.

Un coup de coeur je disais, je crois ?

Le billet de Keisha.

Oh, et j'oubliais : Surtout ne pas lire la 4ème page de couv' avant de terminer le roman!!

 EwanKilt

(Oui, Ewan c'est toujours le trophée du Kiltissime d'or)