rebecca11Rebecca de Daphné du Maurier

Éditions Avon Books, 1938, 380 pages

Après avoir été totalement convaincue par La Maison sur le Rivage il y a quelques années, j'avais rapidement ajouté Rebecca dans ma bibliothèque pour de futures vacances de Noël (car sachez qu'un roman de Daphné du Maurier, ça se combine parfaitement avec des vacances en hiver) (même si je viens de remarquer que je n'ai pas du tout lu mon premier Daphné du Maurier à cette période, mais je me souviens qu'il ne faisait pas beau du tout, plein de pluie et tout). Bref autant le dire, ce livre traînait dans ma pal depuis fin 2008...

Mais heureusement : Le mois anglais est là !

Tout d'abord, je dois dire que je ne m'attendais pas à un tel livre, comme Lou je crois, je pensais que c'était une histoire de fantôme dans une vieille maison anglaise... mais d'où nous est donc venuE cette idée?

La vie de château rêvée par la nouvelle Mrs de Winter va rapidement tourner au cauchemar lorsqu'elle se rend compte que la présence de Rebecca, la première femme de Maxim, est partout, à travers les meubles, le personnel, le regard des gens etc...

La jeune femme va devoir se confronter à l'idée d'être la deuxième, de passer après une première épouse morte. Sa jeunesse et sa naïveté vont la faire douter de tout, d'elle-même (d'autant plus qu'elle n'est pas de la même classe sociale que son mari), des domestiques, de son entourage et même de Maxim.

Ce texte est très dérangeant... en effet l'histoire est racontée à la première personne, par la jeune femme. Ce roman est un constant stream of consciousness dans lequel le personnage nous fait part de ses doutes, ressasse en permanence ce qui l'obsède, ses crises de paranoïa etc... C'est un roman qui nous plonge dans l'intimité d'un couple, un couple à trois personnes dont l'un des membres est mort.

Comme la nouvelle Mrs de Winter (savons-nous même son prénom?), nous sentons l'extrème tension dans la demeure, sa solitude, sa maladresse, son incompréhension de tous et de la part de tous. Du fait de la structure même du texte, j'ai trouvé que c'était un peu répétitif. Elle ressase souvent ses craintes, forcément ça tourne en boucle dans sa tête.

La deuxième partie du roman change soudain de rythme et je l'ai trouvée excellente. On est pratiquement en train de lire un polar à présent. Tout s'enchaine et, comme les personnages, on retient notre souffle et on perd le sommeil (si jamais on lit ce roman tard le soir, on ne peut pas le fermer).

J'ai beaucoup aimé le personnage de Maxim, intègre jusqu'au bout malgré ce qu'il traverse (mais je ne peux pas vous dire ce que c'est pour ne pas vous gâcher votre lecture).

Aussi, j'ai beaucoup aimé ce roman, c'est un très bon texte et je ne regrette absolument pas de l'avoir lu en anglais (dire que j'avais pris la version française à la bibliothèque au départ pour aller plus vite) car la langue ajoute vraiment un cachet au livre, du bel anglais, bien poli et fluide.

Ce livre est connu comme le livre de référence de Daphné du Maurier, j'y ai bizarrement préféré La maison sur le rivage, peut-être parce que ce fut mon premier roman de Daphné du Maurier, mais Rebecca, malgré sa qualité, n'a pas réussi à me déconnecter du monde pendant quelques jours.

Livre lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou, Titine et moi-même, en lecture d'un auteur commun avec Titine et Lou et pour le Challenge Un classique par mois de Cess.

PAL-18

God save the tea Classique-final-4