71396800La théorie du panda de Pascal Garnier

Editions Points, 2012, 182 pages

Gabriel sort un bon matin de la gare d'un petit bled au fin fond de la Bretagne et va se prendre une chambre au petit hôtel du coin. Il mène une vie très simple, limite aseptisé, se couche tôt car il doit se lever tôt (je ne sais toujours pas pourquoi), sort pour prendre ses repas mais malgré sa distance perpétuelle avec le monde, il se lie d'amitié avec tout ceux qui lui adressent la parole : José le cafetier, Madeleine qui travaille à l'hôtel etc... chacun semble trouver en lui une oreille attentive et apaisante. En effet, il semble prêt à tendre sa main dès lors que quelqu'un a besoin d'aide. 

Ce récit est un roman froid et cynique, plus qu'un polar, il se rapproche en effet du roman noir (je teste là la cohérence des collections Points). Gabriel est très détaché du monde, on ne comprend pas bien ce qu'il fait ici au départ. Le texte est parsemé de flashbacks qui vont nous raconter par petits épisodes la vie de Gabriel, mais de façon tellement vague tout d'abord, qu'on ne sait pas vraiment sur quel pied danser avant un bon trois quart du roman.

La forme du texte est tout à fait originale et colle parfaitement avec le style très détaché, qui s'occupe du minimum sans vraiment accompagner le lecteur dans le roman. Tout est très froid, très cynique, décalé, sans aucun sentiment même. A l'image du personnage de Gabriel qui s'entoure d'un mur obscure et qui ne laisse rien filtrer de sa tragédie.

Je n'en menais pas large à l'ouverture de ce roman, je me méfie toujours des romans contemporains français et je suis alors pleine de préjugés... mais j'avoue que j'ai vraiment aimé ce roman, je l'ai lu presque d'une traite. Je ne connaissais pas cet auteur mais je n'hésiterai pas à me plonger de nouveau dans son univers, ne serait-ce que pour voir si le style est toujours similaire ou si cette histoire est à part.

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