nuage de cendreNuage de Cendre de Dominic Cooper

Éditions Métailié, 2012, 236 pages

Dominic Cooper et moi, c'est une vieille histoire ! Alors quand je vois qu'il sort un nouveau livre, je saute dessus ! Et tant pis (mieux) si ça se passe en Islande, parce que les romans qui se passent en Islande, j'aime !

Dominic Cooper reprend ici l'histoire vraie de "L'affaire Sunnefa", cette jeune islandaise à la beauté mythique, coupable d'avoir engendré un enfant avec son propre frère. Tous deux vont attendre le verdict du jugement et leur sentence pendant de longues années à partir du la naissance du bébé en 1739 (mais l'intrigue s'étalle sur une période allant de 1718 à 1788).  Autour de cette histoire, c'est la rivalité entre deux familles, celles des deux shérifs de la région qui va s'envenimer sur deux générations. Leur haine va tourner autour de la jeune Sunnefa, chacun des shérif devant prendre en charge un membre du couple en attendant le jugement.

Dominic Cooper nous informe en préface que "L'affaire Sunnefa" est connue par chaque Islandais ou presque, mais que son histoire ne se résume qu'à un énoncé de dates et de faits. Il s'occupe alors de remplir les vides et d'imaginer ce qu'a pu être la vie et les motivations de chacun des personnages. Et il le fait bien.

Cette histoire est très agréable à lire et une dimension supplémentaire est ajoutée à ce roman par le talent de Dominic Cooper à décrire les paysages et à créer une atmosphère au ton juste. Aussi, le lecteur se retrouve lui aussi à chevaucher à travers les fjords, ou à l'abris dans une maison rudimentaire en attendant que la tempête de neige ne passe, le vent soufflant contre les fenêtres.

Ensuite, l'auteur va s'occuper à sonder la nature humaine. Bien sûr, une grande partie du roman est dédiée à Sunnefa et à son frère Jon, au regard de la société sur cette affaire... Mais on s'intéresse plus en détails encore aux personnages des shérifs :  Jens et Thorsteinn puis Hans et Petur. Il y a dans ces personnages le plus sombre de la nature humaine : La haine, la vengeance, le mensonge, l'obstination. Eux qui sont censés être les représentants de la lois et de la justice, vont manipuler les gens et les faits afin d'assouvir leur propre haine.

Le style est très bon, même si cela reste très fluide et doux (oui doux, surtout quand la nature est évoquée), il faut parfois s'accrocher pour s'y retrouver dans la chronologie des évènements. En effet, l'auteur s'approprie l'ordre de narration des évènements dans son récit pour servir au suspens et au flou des situations. Cette intrigue est comme un tourbillon de sentiments et d'évènements qu'il est difficile de raconter sans prendre de détours, sans revenir en arrière pour préciser un élément, tellement tout est rendu complexe par l'attitude des personnages.

Inutile de préciser que j'ai dévoré ce roman, c'est une très belle réussite, un très beau texte, une histoire prenante, un très beau livre. J'aime, j'aime, j'aime.