Même si les rencontres littéraires ne débutaient qu'aujourd'hui, c'est hier que le Festival America a réellement commencé pour ma copine Titine et moi !

La prenant "un peu" par les sentiments (et propagandant comme je sais le faire), nous nous rendons ensemble au concert Amérindien organisé dans le cadre du festival - en effet, depuis sa création il y a maintenant 10 ans, le festival met un point d'honneur à mettre en avant la culture des Native Americans, comme on dit là-bas. Chez nous, les indiens d'Amérique.

Cette année, un concert de The Boyz (représentant différentes tribus d'Amérique du Nord - Etats Unis et Canada) et des Llapaku (Indiens Andins : Bolivie, Pérou, Equateur).

J'avais déjà assisté à une prestation des Boyz il y a quatre ans, au Festival déjà. A l'époque, une grande soirée était organisée pour rendre hommage à un chef indien, la rencontre s'était terminé par un chant funèbre interprété par The Boyz. Magique, la public debout, les tambours, les voix. Quatre ans après, je suis encore sous le coup de la magie.

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Quelle bonne surprise que de les retrouver alors hier ! Sans chichis, ils arrivent sur scène timidement avec leur tambours et se mettent à chanter leur chants traditionnels : Airs de chasse, de séduction ou festif. Le public se régale et savoure la magie du moment.

La magnificence du spectacle connaît son apothéose avec l'arriveé d'un danseur traditionnel indien, revêtu d'un majestueux costume de plumes (en particulier des plumes d'aigle, oiseau emblématique des amérindiens.)

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Je suis fan.

Arrivent ensuite les Llapaku (La tribu Crow nous ayant donné espoir d'un de leur chant, espoir qui s'est envolé bien vite!). Avec ce groupe, c'est une tout autre ambiance ! Tous vêtus de rouge, ils illuminent la scène avec leur rondes, leur flûte de pan (j'adore la flûte de pan), les tambours toujours, et les chants parfois en espagnole, cette fois.

Cette fois, il y a une réel mise en scène, l'authentisme est un peu balayé par une trop bonne organisation, malheureusement (c'est pas que ça me gène, c'est juste que je trouve The Boyz tellement authentiques que je m'imagine autour d'un feu parmi les tipis quand ils se mettent à chanter!)

Mais ils sont très bons, il faut l'avouer. Le son produit par leusr instruments rudimentaires est tout à fait hallucinant, des nuances, des harmonies, c'est très beau. Et tous ces costumes rouges qui tournoient sur scène.

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La deuxième partie de leur spectacle renouait le passé traditionnel avec le présent, les flûtes de pans sifflent toujours, accompagnées cette fois de guitare et de banjos. C'est beau aussi, on s'imagine dans les cités d'or, à voler à dos de condor au dessus du site du Machu Pichu. Les Llapaku sont d'ailleurs le peuple du condor.

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C'est beau, on frappe des mains, on ne s'ennuie pas une seconde malgré l'heure tardive. Mais on doit partir avant la fin pour avoir une chance de trouver un moyen de rentrer chez soi.

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En ce vendredi, après une courte journée de travail les yeux fermés (hum), nous voici de retour au festival car nous ne pouvons pas imaginer une seconde rater la grande rencontre avec Toni Morrison au Café des libraires.

Nous arrivons très en avance, et nous nous félicitons de notre prévoyance alors que la salle se met à déborder sur les escaliers de l'hôtel de ville bien avant l'heure du début de la rencontre.

Toni Morrison arrive, la salle se lève, ne cesse d'aplaudir et de saluer cette grande dame de la littérature mondiale.

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J'ai découvert Toni Morrison à la fac. J'avais à l'époque un excellent professeur de littérature américaine qui nous a mis Le chant de Salomon entre les mains (et puis Faulkner aussi, entre autres). Véritable coup de foudre littéraire pour moi à l'époque. J'aime le rythme de ses livres, l'identité noire américaine qui s'exprime (enfin) à travers ces romans, une humanité bafouée qui ne cherche qu'à retrouver une place dans la société pour s'épanouir enfin. J'aime Toni Morrison, chacun de ses romans me touche droit au coeur, toujours.

Pendant une heure, elle nous parler de sa voix rauque de son dernier roman Home, mais aussi de ce qui la fait vibrer, de ce qui la fait écrire. Avec beaucoup d'humour, et un sourire radieux, toujours. Et de l'humilité, surtout.

J'avais déjà eu l'occasion de la rencontrer à la Sorbonne il y a quelques années, dans une salle immense et pleine. Aujourd'hui, au Festival America, on a plus aucun doute, elle est aimée par le public français. Une dédicace après la rencontre à déclencher la frénésie de tous. Alors qu'elle sortait ensuite de la mairie, des gens la suivant pour lui lancer un mot, lui témoigner leur admiration.

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Un grand moment aujourd'hui.

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Ce que j'aime faire, tous les deux ans, au Festival America, c'est d'entrer au hasard dans des conférences, sans connaître les auteurs, et faire des découvertes.

J'ai alors suivi Martine pour aller voir son chouchou Jonathan Dee (il parait qu'il a écrit un chapitre sublime qui te rend fan - à vérifier), Adam Ross et Teju Cole. De parfait inconnus pour moi donc, mais une très amusante rencontre à cause de deux écrivains passablement dissipés (A.R et T.C pour ne pas les citer.) sur le thème de la Ville dans le roman. Teju semble particulièrement inspiré par la nuit parisienne, lui seule sait ce qu'il va en tirer dans ses prochains écrits ! - Un écrivain ça voit des trucs que nous on voit pas, ça c'est certain. Ou bien on fume pas la même chose. Mais j'ai adoré ses interventions délirantes. Un sacré sens de l'humour pour Adam Ross également, je crois que c'est celui qui m'a le plus intriguée et que je lirai en premier (même si le fameux premier chapitre excellentissime de Jonathan Dee ne manque de piquer ma curiosité.)

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Une bonne nuit de sommeil, et demain je prends mon petit dej' avec Louise Erdrich, puis je croise Luis Sepulveda (oh je l'ai déjà croisé aujourd'hui, mais je veux maintenant l'entendre parler!) Et puis Toni Morrison encore, si les chaises libres et le dieu des petons me sont favorables !

A demain donc ! Et ne manquer par de faire un tour par le Festival si vous êtes dans le coin !