NOUVELLES SUR ORDONNANCENouvelles sur ordonnance de Denis Labayle

Éditions Dialogues, 2013, 151 pages

Lorsqu'on m'a proposé ce livre, j'ai dit oui tout de suite ! Puis je me suis demandée pourquoi. Je suis, depuis toujours, aussi fascinée et respectueuse du corps médical que j'ai peur de la maladie, et ça ne s'est pas arrangé depuis mon séjour à l'hôpital il y a quelque temps pour des petits problèmes sans gravité. Mais cette mise en contexte m'a fait prendre conscience de ce qu'est la maladie au quotidien et de l'importance du personnel et des médecins qui vous entourent dans ces moments-là.

J'ouvre donc ce recueil de nouvelles après un livre qui m'a ennuyée à mourir, en me disant : Bon, faut que ça soit bien ou je le referme direct ! Mais dès la première nouvelle je me suis sentie bien dans ce livre, j'aime le style de l'auteur : Amusant mais sérieux, grave parfois mais jamais larmoyant. Ce livre replace les docteurs et les spécialistes dans leur condition d'être humain, avant même peut-être leur condition de médecins.

Chaque nouvelle aborde la maladie par le biais d'un patient que le médecin doit traiter en balayant toutes les couches sociales de notre société : du SDF au cadre dépressif, en passant par un prêtre, un serial killer, une jeune fille attirante mais condamnée...

Chaque nouvelle est pour l'auteur prétexte à nous présenter la complexité de son quotidien, à mettre et remettre en question la façon dont est abordée la maladie et la fin de vie. Il met en lumière l'entourage des patient également, qu'il doit gérer autant que le malade lui-même.

Si le livre n'était qu'un déballage sur le métier de médecin et une liste de maladies incurables, je me serais certainement ennuyée... mais ce livre ce n'est pas juste ça ! Comme je le disais plus haut, le livre est à la fois amusant et grave et surtout, ce à quoi je ne m'attendais pas honnêtement, il est bien écrit. De plus, on ressent toute l'humanité de l'auteur en tournant ces pages, et c'est comme ça que tous les médecins devraient être. Même malades, on devrait se sentir bien, soutenus en poussant la porte de leur cabinet. Aussi, même si ce livre a pour thème majeur la maladie, je me suis sentie bien dans ce livre et je l'ai dévoré en quelques heures. Pour en revenir à mon expérience personnelle, je me suis retrouvée le temps de ma lecture dans le même cocon tissé par les gens qui se sont occupés de moi au cours des longs mois de mes opérations et de ma convalescence. Je sais que j'ai eu de la chance et que ça se passe rarement comme ça, mais je tiens, via ce billet, à rendre hommage à ces médecins et ces infirmiers qui considèrent leur patients comme des êtres humains avant tout.

Un très bon livre qui fait du bien, je relirai avec plaisir cet auteur si un de ses autres livres croise ma route. Son site internet est à visiter, il m'a éclairé sur ses engagements auxquels il fait allusions à travers des détails, lancés comme ça, mine de rien, dans ses nouvelles (en particulier l'euthanasie).