poormissfinchPoor Miss Finch de Wilkie Collins (Pauvre Miss Finch)

Editions Oxford World's Classics, 1871, 432 pages

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman de mon illustre chouchou Wilkie Collins ! Et qu'est-ce que cela m'a fait du bien de le retrouver !

Lucilla Finch est une jeune fille aveugle. Une annonce bizarre parait dans les journaux, on lui cherche une dame de compagnie. Madame Portalungo, fraichement veuve et dans une situation financière délicate, décide de répondre à l'avis. Elle se rend alors dans le bled paumé de Dimchurch pour s'installer dans les quartiers isolés de Lucilla. A l'autre bout de la demeure vivent son père, le "rector" et la belle-mère de la jeune fille entourés d'un essaim de jeunes enfants. Dans une propriété avoisinante s'installe bientôt l'énigmatique Oscar... il semble sur le qui-vive, comme fugitif... Lucilla, séduite par sa voix, va jeter son dévolu sur le jeune homme. Tout va pour le mieux pour les tourtereaux, jusqu'au jour où Oscar est agressé et grièvement blessé à la tête. Un remède va le défigurer, son frère jumeau va débarquer, et même un ophtalmologiste allemand fou qui va essayer de rendre la vue à notre pauvre Lucilla qui meurt d'envie de voir son promis ! Vous voyez un peu où l'intrigue veut en venir, non ? Oui juste un peu, car le livre regorge de rebondissements qui vont vous faire tanguer de page en page, tout comme ce sera le cas pour les personnages d'ailleurs !

Ce livre est certainement l'un des romans les plus amusants que j'ai lu de Wilkie ! Tous les personnages ont des manies, des tics, des principes qui amusent beaucoup les lecteurs que nous sommes. Tout d'abord, Madame Protalungo, la révolutionnaire féministe, communiste qui ne se remettra jamais tout à faire de la perte de son illustre aventurier de mari ! Et puis il y a le rector et sa femme, lui parleur qui se croit beau parleur mais qui soule tout le monde, elle qui passe son temps à essayer de rattraper sa première demi heure de la journée sans y parvenir, un bébé dans une main, un roman dans l'autre. Toutes ces personnalités décapantes passent leur temps à s'affronter, à se choquer, à s'envoyer balader à travers le roman. Miss Finch parait bien fade à côté de tous ces personnages hauts en couleur, c'est juste une jeune anglaise de bonne famille, colérique et aveugle (limite énervante parfois!.)

J'ai beaucoup ri, du début à la fin (le rector qui joue tous les personnages d'Hamlet, c'est d'anthologie!) En plus de l'intrigue et des personnages, j'ai adoré la voix de l'auteur qui s'exprime tout au long du roman : Soit pour rappeler qu'il faut prendre soin des écrivains (mais sans faire la morale, tout cela sous le ton de la rigolade), soit pour nous guider, nous rappeler où se reporter pour relire telle lettre pour qu'on n'ait pas à chercher, pour nous dire "ah! vous croyez m'avoir vu ! Mais non, je sais bien qu'un détail cloche, et bien sûr que ça fait partie de mon histoire et que ce n'est pas une erreur, je vais vous expliquer pourquoi!" Tout le long du livre, j'ai eu l'impression que Wilkie me chuchotait des blagues à l'oreille!

J'ai été ravie de retrouver mon chouchou !

Livre lu dans le cadre d'une LC autour de Wilkie Collins avec Yueyin (pour changer!) qui a lu La dame en blanc.

British Mysteries