black-coffee-3682152-250-400Black Coffee de Sophie Loubière

Editions Fleuve Noir, 2013, 557 pages

La route 66, mythique, qui traverse les États-Unis de Chicago à Los Angeles attire des touristes de tout genre, et fascine parfois des américains atypiques et louches. Un tueur sévit depuis des années le long de cette route, laissant derrière lui une longue liste de morts non élucidées. Pierre part en voyage avec sa famille pour suivre cette route, il décide de prendre la poudre d'escampette alors qu'il est censé être à la laverie et plante sa femme, son fils et sa belle-fille, là, au beau milieu de nulle part. Quelques années plus tard, sa femme reçoit un cahier étrange qui raconte une série de meurtres... les confessions d'un tueur ralatées de la main de son mari. Elle embarque sa petite famille direction les États-Unis pour visiter chaque lieu dans lequel a eu lieu une meurtre sanglant, avec l'espoir de retrouver son mari sur la route. En parallèle, il y a Desmond dont la tante et la petite soeur ont été massacrées devant ses yeux par le tueur pendant son enfance. Il n'a jamais pu se remettre de ce traumatisme : Devenu professeur en criminologie, le tueur de la route 66 le hante... L'histoire de tous ces personnages va alors s'entreméler, avancer en parallèle jusqu'au jour où à force de jouer avec le feu, on se brûle.

A force de voir la couverture de ce livre par-ci, par-là, j'ai eu envie de lire ce roman qui s'est avéré être un livre parfait pour l'été. J'avais peur que Sophie Loubière nous embarque dans un roman à l'américaine, en copiant un style pour essayer de faire un roman américain, mais ce n'est pas le cas : le fait que l'histoire soit rythmée par cette française qui voyage aux États-Unis évite justement de tomber dans cette impression roman américain pas américain. J'ai trouvé l'intrigue très bonne et réaliste : ça reste du roman, mais ça semble tout de même plausible... sauf le fait que la mère, Lola, est ruinée et qu'elle puisse se permettre un road trip aux USA avec ses enfants en logeant dans des hôtels (si elle avait campé, ça aurait quand même été plus en accord avec sa situation financière et avec sa carte bancaire qui menace de ne plus passer). J'ai aussi apprécié la tournure de la relation entre Desmond et Lola et la chemin que prend l'intrigue, peu à peu, quant à nos soupçons sur l'identité du tueur (je ne peux pas en dire plus pour ne pas spoiler) : L'auteur a su ne pas tomber dans les clichés ou les histoires trop facile, et je l'en remercie ! Plusieurs fois je me suis dit : si elle se dirige dans la direction évidente, je ne vais pas aimer du tout ! Et hop, l'intrigue prend un autre virage et je suis rassurée.

Un très bon polar qui sent bon l'Amérique, avec une intrigue qui nous tient en haleine jusqu'au bout. J'ai passé un très bon moment sur la route 66 et je relirai un roman de cet auteur avec très grand plaisir.