Idiopathie de Sam Byers

Éditions Points, 2013, 378 pages

Katherine aborde la trentaine célibataire et aigrie, elle se change les idées avec ses sexfriends. Elle vient de se séparer de Daniel et, décidément, elle ne veut pas se faire à l'idée. On est limite pris de pitié pour elle (au début.) Daniel, quant à lui, est en couple avec une autre jeune femme, Angelica, toute en guimauve et bons sentiments, ce qui contraste violemment avec Katherine. Daniel et Katherine ont un ami en commun, Nathan. Il sort d'une institution, il a des cicatrices partout, on comprend vite qu'il a fait une grosse bêtise, mais on ne sait pas bien dans quelles circonstances. Ce que l'on comprend par contre, c'est que Katherine et Daniel étaient au centre de son histoire. Nathan veut les voir, tous les deux. C'est que Katherine et Daniel ne sont plus en contact depuis un an et demi.

Forcément, l'appel va perturber l'ancien couple.... enfin si on peut considérer qu'aucune personne de ce livre peut être plus perturbée qu'il ne l'est déjà. Les personnages ne sont pas sympathiques, loin de là! J'ai peine à me souvenir d'un autre roman dans lesquels les personnages m'ont à ce point TOUS tapé sur le système : Katherine est chiante, tout simplement chiante, elle déteste le monde entier, elle en veut à tout le monde, et même ceux qu'elle semble aimer (on imagine qu'elle aime Daniel), elle les méprise et son seul but c'est de provoquer des disputes, de leur faire mal, très mal, pour paraître supérieur. Daniel, quant à lui, est un gentil tout mou qui tape également sur les nerfs du lecteur. Il est en couple avec son bonbon du nom de Angelica, qui est omnibulée par l'état de ses intestins (je veux dire, ça va loin, ils ont des conversations autour de leur popot respectif) - et ce qui m'a agacé le plus peut-être, c'est qu'elle fait passer pour ridicules les gens qui font simplement attention à ne pas manger des trucs dégueulasses et industriels (genre moi, et je ne me suis pas du tout du tout retrouvée dans sa mièvrerie, croyez-moi!). Les longs dialogues - oh mon dieu - mais sérieux, comment est-il possible de publier ça ? Les dialogues du roman en général, en fait. C'est d'un creux ! Inutiles, niais, ennuyeux. Ah oui, il n'y a pas que les dialogues qui sont à revoir, mais toutes les digressions pseudo-philosophiques de chaque personnage. Non mais au lieu de réfléchir comme ça, vivez, nom d'un chien ! Et puis surtout, arrêtez de vous engueuler ! (moi qui déteste les engueulades, j'ai été servie!)

Et puis il y a Nathan, qui semble presque normal au milieu de tout ça, alors que franchement, il est flippant ! Tout comme ses parents. Non, en fait, c'est ce livre qui est flippant. Et pourtant, le flippant, ça peut tout à fait me plaire, mais là c'est flippant du genre je m'inquiète sincèrement pour l'auteur.

Pourtant, c'est bien moi qui ai choisi ce livre, je croyais même m'amuser avec ce roman anglais, noir, qui avait l'air tellement marrant et décalé d'après la couverture : "Un roman d'amour. De narcissisme et de vaches en souffrance." D'amour... bon on a pas la même définition de l'amour, hein. De narcissisme, ah là! Je suis 100% d'accord ! Et de vaches en souffrance... moi qui croyais trouver ici une bonne dose d'humour (non pas que j'aime voir souffrir des vaches, on s'entend.)... Moi j'ai juste envie d'ajouter la mention suivante sur la couverture : "De vaches et de lecteurs en souffrance." Parce que oui, j'ai cruellement souffert avec ce livre, mais que suis donc allée faire dans cette galère ?!

Une grosse déception, comme rarement... des fois j'ai du mal, mais c'est que je me lance dans des aventures littéraires tordues... m'enfin, là, c'est moi qui l'ai cherché....