La Chica Zombie de Laura Fernandez

Traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon

Éditions Denoël, 2014, 363 pages

Erin est au lycée dans la ville fictive d'Elron qui ressemble étrangement à l'idée que l'on se fait d'une ville américaine. Erin est pas super motivée, mais elle va en cours et elle est super dégoûtée quand sa prof d'anglais lui rend une très mauvaise note... et puis ses copines la poussent à faire un truc qu'elle n'a pas trop envie de le faire, mais si elle ne le fait pas, sa réputation de fille cool va en prendre un coup et en plus, elle va trahir ses copines, alors bon, même si c'est pas joli joli, elle va le faire. Sauf, que le jour J, elle se lève en lambeaux ! Elle pue, sa peau est en pleine putréfaction, elle a des plaies partout, le teint blême... elle n'a pas bonne mine du tout la pauvre, et pour cause ! Elle est morte. Mais vivante. Un zombie. Néanmoins, elle camoufle comme elle peut et continue d'aller en cours pour affronter ses copines et son destin dans les toilettes du lycée.

En parallèle de cette histoire de zombie, on suit Velma, la prof d'anglais vacataire qui est hantée par une robe blanche qui lui réclame le mariage à corps et à cris ! Elle doit trouver un mari pour que celà cesse, n'importe lequel !! Et pourquoi pas le proviseur du lycée malgré son embonpoint, c'est un bon parti quand même !

Mais voilà, il est pas net net dans sa tête non plus le proviseur boulimique, et surtout, il a bien du mal à comprendre les femmes, surtout un Velma qui ne se comprend pas bien elle-même et qui cherche le salut dans le pouvoir des trois voeux qu'un génie lui a promis dans un groupe de parole.

C'est pas joyeux ni très sain cette histoire me direz-vous, et je suis bien d'accord, les personnages de ce roman sont complément déséquilibrés.

Sous fond d'humour parfois bien noir, c'est en fait une critique, ou une vision de la société moderne que nous dépeint Laura Fernandez : une société ou les gens se sentent de plus en plus seuls et du coup stigmatisés (le célibat, au-delà d'un certain âge, c'est pas normal, quoi!) Et puis la pauvre Erin qui se sent tellement mal dans sa peau qu'elle s'imagine en train de s'éffriter mais sans vraiment parvenir à disparaître totalement. Il y a aussi une belle panoplie de parents démissionnaires dans ce roman (tiens ça me rappelle quelque chose...)

J'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a beaucoup fait rire, et en même temps, je n'ai pas pu m'empêcher de voir ce lycée comme un reflet de ce que je vis au jour le jour dans le collège dans lequel je travaille. Une bien belle découverte et un très bon moment de lecture !