Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse

Éditions Notabilia, 2014, 167 pages

L'intrigue ne passe à New York, au mois de novembre 1954 à Ellis Island, la porte d'entrée de nombreux immigrants entre 1892 et 1954 justement. Le centre ferme, les immigrants ne doivent plus passer par l'île pour avoir le droit d'entrée aux Etats Unis. Son directeur pendant de longues années, John Mitchell, s'apprête à quitter son poste pour rejoindre Manhattan. Il a mené toute sa carrière sur Ellis Island, il a fait de son mieux pour être le plus loyal à son pays possible quitte à manquer d'empathie à l'égard des nouveaux arrivants. Mais voilà, le centre ferme et les fantômes de l'île le hantent, il décide d'écrire son expérience et ce qu'il a vécu durant ces longues années, en mettant l'accent sur certains immigrants qui, d'une manière ou d'une autre, se sont distinguées durant sa carrière. En particulier Nella une femme qu'il a aimé et trahi, une histoire dont il ne s'est jamais vraiment remis.

J'ai acheté ce livre parce que j'ai toujours été très intéressée par Ellis Island, depuis qu'on m'en a parlé en cours d'anglais il y a bien longtemps. Je ne connaissais pas l'auteur mais j'attendais beaucoup de ce livre même si je n'avais aucune idée de ce dont il parlait, à part d'Ellis Island. J'ai découvert avec grand plaisir la plume de Gaëlle Josse qui nous livre ici un roman riche et fouillé sur l'histoire de l'île. On s'y croit et on suit les histoires des gens qui passent par là avec grand intérêt. L'ambiance New Yorkaise comme porte de l'Amérique est bien là, avec tous ses espoirs et ses injustices. Le narrateur, en contraste, n'est pas très attachant... mais il faut dire que seul une personne détachée et froide pouvait tenir ce poste "sérieusement"... un personne comme moi aurait fait passé tout le monde en douce !

C'est un beau roman qui rend un bel hommage à tous ces voyageurs dont je ne peux m'empêcher de me sentir proche de par l'histoire de ma famille. Le style est doux et fluide, respectueux, un vrai bonheur de se plonger dans ces pages d'autant plus que les éditions Notabilia rendent leur livre très douillet par le papier, la couverture etc.