une femme d'imagination

Une femme d'imagination et autres contes de Thomas Hardy

Éditions Livre de poche, 2015, 168 pages

Pour ce mois anglais, j'avais prévu de lire The Woodlanders (Les forestiers) de Thomas Hardy. Je l'ai même commencé mais j'ai été arrêté dans ma foulée par une triste nouvelle, et par une moins triste nouvelle qui me force à étudier alors que je n'ai qu'une envie, lire !

Quand j'ai vu que je n'y arriverai jamais jamais, j'ai vite téléchargé ce recueil sur mon kindle, même pas deux cent pages, ouf, ça va le faire !

C'est avec aussi grand plaisir que je me suis plongée dans ces quatre nouvelles de Thomas Hardy car s'il est doué pour écrire de longs romans, il l'est également sans conteste pour les nouvelles (contrairement à un autre victorien cher à mon coeur.)

Ce recueil rassemble quatre histoires de femmes, quatre histoires d'amour triste (car Thomas Hardy aime les histoires tristes, du moins il est très doué pour en écrire!). Dans son premier récit, Thomas Hardy raconte non moins de trois histoires d'amour avortés. Une jeune femme s'engage à un homme puis tombe amoureuse d'un autre, un soldat, qui lui propose de partir avec lui en Allemagne. Dans la suivante, une femme pauvre se marie à un bourgeois, ils ont un fils raffiné qui fréquente la plus haute société, le mari meure, la femme esseulée veut renouer avec son ancien milieu, se remarier, mais son fils refuse cette chute dans la société. La troisième nouvelle est très amusante bien qu'elle reste tragique, une femme est ensorcelée par une violoniste, dès qu'il joue, elle est en transe! Le musicien en profite pour en arriver à ses fins avec bon nombre de demoiselles pour passer rapidement à la suivante. Enfin, voici une femme qui s'ennuie à mourir avec son armurier de mari et ses trois enfants. Elle part en vacances et occupe la maison d'un poète à la réputation grimpante, mais il n'est pas là et il la fascine. Elle tombera littéralement amoureuse de ce poète qu'elle tente à tout pris de croiser (comme ça m'a fait penser aux petits jeunes qui sont fans inconditionnels de chanteurs!!! Un conte très moderne encore une fois!)

J'ai beaucoup aimé ce recueil qui, comme c'est fréquent chez Thomas Hardy, fait preuve d'un grand sens du féminisme. Thomas Hardy dépeint ici le mariage comme une histoire d'hommes que les femmes subissent toujours d'une façon ou d'une autre : Les mariages sont décidés par les pères, les fils... Une fois mariés, les hommes de la haute deviennent de bien mauvais bougres. Les petits ouvriers ou paysans sont par contre plus vrai, plus primaire et donc plus enclin à l'amour passionné et durable. Mais toutes ces femmes veulent désespérément vivre leur vie de femme, veulent connaître la passion mais la pression de la société demeure un gros frein dans ces élans d'amour.

J'ai aimé les quatre nouvelles mais j'ai une préférence pour les deux dernières. Celle du violoniste et du pouvoir totalement irrationnel de cet homme sur les femmes dès qu'il se met à jouer. Les femmes sont portées par la musique, totalement en transe, incapables de résister. Les scènes dans lesquelles Thomas Hardy dépeint la protagoniste en train de danser sont très fines, détaillées et réelles. Mon conte préféré est le dernier car il parle forcément aux lecteurs que nous sommes, nous qui rendons les personnages vivants, nous qui considérons nos auteurs chouchous comme des meilleurs amis (euh.... je parle juste pour moi, là?). Hé bien cette femme s'enflamme totalement pour son écrivain chouchou, elle va jusqu'à délaisser son mari (enfin, vu que ça l'arrange quand elle est dans un coin avec un bouquin), limite le tromper avec un auteur qu'elle n'a jamais croisé... la chute de la nouvelle est juste excellente, ah les pouvoir cachés de la littérature !

Enfin, un détail, on voit que Thomas Hardy a été très interpelé par l'arrivée du chemin de fer en Angleterre, il y a d'ailleurs une scène mémorable pour les passagers les plus modestes doivent voyager dans un wagon sans toit, sous le climat anglais !

J'ai passé un excellent moment avec ce recueil et il me tarde d'être en vacances pour terminer The Woodlanders.

Et comme Thomas Hardy fait partie de mes meilleurs amis (vous avez suivi), je tiens à lui souhaiter une excellent 175ème anniversaire en ce 02 juin de l'illustrissime mois anglais 2015.

Thomas-Hardy_4511 (oui, parfois il était barbu lui aussi!)

Livre lu dans le cadre d'une LC autour de l'auteur, Hélène a lu Les forestiers, Lcath a lu Jude l'obscur...

Mois anglais 1