la reine de la baltique

La Reine de la Baltique de Viveca Sten

Éditions Le Livre de Poche, 2008, 476 pages

Dans ma valise pour la Suède, j'avais glissé deux romans Le Mec de la tombe d'à côté et celui-ci. Je l'ai déjà dit, mais j'aiiiime lire des romans qui se passent dans les pays que je visite au moment où j'y suis ! Après une lecture un peu fleur bleue (que je croyais) avec Le Mec... j'ai opté pour une valeur plus sûre (que je croyais) avec un polar. Moui, j'aurais pu opter pour THE valeur sûre, alias Henning Mankell, mais je voulais un polar, je n'ai lu que le premier tome de Wallender et il parait que le tome 2 n'est pas gégé, alors j'avais peur d'être déçue (et comme une co.... sans livre passionnant pendant mon voyage) (le choix des livres est crucial quand je pars, ça fait partir de mon plaisir de voyage!)

Me voici donc avec dans les mains La Reine de la Baltique que j'ai acheté, assumons totalement ce fait, pour sa couverture, parce que quand même, c'est beau la Suède !

Un beau matin, un promeneur de chien trouve le corps d'un homme sans vie sur une plage de l'île de Sandhamn (archipel de Stockholm). C'est un peu l'évènement du siècle sur cette île où il ne se passe jamais rien ! Tout le monde se connaît, on laisse ses portes ouvertes tout ça tout ça... On pense tout d'abord à un suicide, en effet Krister Berggren n'a pas une vie bien folichonne, et souffre de profonde dépression depuis qu'il a perdu sa mère quelques mois plus tôt. L'inspecteur Thomas Andreasson est sur l'affaire, ça ne devrait pas lui prendre beaucoup de temps, et ensuite, à lui les vacances ! Il est du coin, ça va lui faciliter la tâche pour boucler le dossier vite fait, bien fait ! Mais voilà qu'à peine informée de la mort de son cousin, on retrouve Kicki dans une chambre d'hôtel de Sandhamn, morte elle aussi. Bref, ça sent sacrément le roussi en ce qui concerne les vacances des inspecteurs tout d'un coup !

Heureusement, pour alléger un peu Thomas (qui a un peu les pieds dans le même sabot, faut dire!), sa copine d'enfance Nora (comme Norah Jones, mais sans H - information cruciale donnée par l'auteur) vit sur cette île avec son (abruti de) mari Henrik (son caractère pas sympa est juste fait pour nous mettre sur des mauvaises pistes). How handy ! Et c'est qu'elle est super futée Nora, elle comprend tout avant Thomas, limite elle se lance dans des recherches très pertinentes avant que ça ne lui vienne à l'esprit à lui ! How handy, again !

Si j'ai aimé l'ambiance Stockholm qui imprègne ce roman j'avoue que l'intrigue m'a laissé bien dubitative... A la moitié du livre, les enquêteurs s'exclament qui ne savent encore rien, que l'enquête n'avance pas ! Le problème, c'est que le lecteur n'en sait pas plus non plus. Et, franchement, avec ces bras cassés de flics, ça n'avance effectivement pas !! Et hop, tout d'un coup, des idées de génie apparaissent, qui tombent forcément justes (alors que pour l'instant on piétinait dans la choucroute) et qui font avancer l'enquête à graaaand pas ! Normal, quoi.

Je n'ai pas aimé la façon de tenir le lecteur à l'écart de l'intrigue.... Je m'explique, à plusieurs reprises, les enquêteurs ou autres investigateurs tombent sur un indice, un élément important etc... et au lieu de nous dire ce qu'il en est (suspense, suspense....? non juste maladresse!)... c'est non, nananère, on en parle entre nous mais on te dit rien ! Pareil pour ce qui arrive aux personnages, on les suit jusqu'au moment où ça chauffe pour eux, là d'un coup, y'a plus de réseau, on est dans un tunnel, allo allo, on vous capte plus !! Soit on ne sait rien et on découvre avec les flics,  soit on nous dit rien et du coup et on découvre avec les flics. Mais faut choisir.

Enfin, et encore un bémol, j'ai trouvé l'histoire très artificielle, pleine de maladresses, avec des gens ou des éléments placés là juste pour servir l'instrigue. On se demande par exemple pourquoi, sans arrêt, on nous parle du diabète de Nora (toujours sans h, c'est important) comme une cheveu sur la soupe et on comprend, au bout d'un moment, que c'est pour préparer la fin. Et oh que les dialogues et les échanges entre les personnages sont plats ! (surtout quand il s'agit d'une histoire d'amour en devenir.... à l'aiiiiide!) Ah oui, et encore une autre chose.... à chaque fois qu'un supérieur demande à un flic s'il a fait un truc, il n'a pas encore eu le temps, il va le faire dès qu'il peut, là. Genre on lui a pas répondu au téléphone, alors il va réessayer là bientôt.... Sérieux, même dans un cabinet d'archi (on parle de ses références), on s'acharne à rappeler les gens toutes les deux secondes... alors quand il s'agit de meurtres !!! (non pas deux, mais trois et demi, y'en a d'autres qui se pointent!) Faut quand même un peu se bouger, les gars ! (même en Suède, je suis certaine que Wallander se bouge malgré ses caleçons négligés - c'est peut-être même pour ça qu'il en est à négliger son hygiène corporelle!).

Ça sent le rendez-vous manqué tout ça, non ? Heureusement que l'archipel est beau, même dans le livre !