homme-dé

L'homme-dé de Luke Rhinehart

Traduit de l'anglais par James du Mourier 

Éditions de l'Oliver, 1995, 521 pages

Luke est un éminent psychanalyste new-yorkais. Il vit avec sa femme et leur deux jeunes enfants. Une nuit, après une soirée bien arrosée, il décide de tenter une nouvelle expérience et laisse un dé décider de ce qu'il va faire : aller sagement rejoindre sa femme, où aller frapper à la porte de sa voisine (accessoirement la femme de son meilleur ami) pour la violer. Ce sera le déclic pour lui, à partir de ce moment, il va transformer sa vie en un véritable jeu de hasard, lançant les dés pour chaque décision qu'il doit prendre, triviale ou pas. Bien sûr, ce choix de vie va le plonger dans des situations incongrues et souvent malsaines, d'autant plus qu'il exercera désormais son métier en suivant le bon vouloir des points qui apparaîtront sur son dé. La dé-vie commence, il se considère lui-même comme un homme-dé, emportant dans son sillon toujours plus d'adeptes.

Pourtant, même si les dés décident pour lui, il reste en quelque sorte maître de son hasard, c'est en effet lui qui décide des options qu'il met en jeu avant chaque lancé de dé. Plus le roman va avancer, plus Luke sera attiré par le danger, proposant aux dés des scénarios qui n'auront de cesse de le plonger dans des situations inextricables... Mais peu importe, le dé lui proposera quoiqu'il arrive la prochaine conduite à suivre !

Ce livre est tout bonnement hallucinant ! J'ai aimé suivre la folie de Luke qui n'hésite pas à se mettre en danger pour se sentir plus libre, la normalité et la moralité n'ayant plus leur mot à dire dans cette vie dé-vouée au hasard. C'est un roman qui ne ressemble à aucun autre, que l'on regarde parfois d'un oeil détaché devant tant de bêtises mais qui n'a de cesse de nous fasciner et de nous faire tourner les pages pour voir jusqu'où toute cette folie ira ! D'autant plus que l'auteur s'amuse à nous glisser, mine de rien, des indices sur ses futures exploits. C'est un roman exigent mais pourtant très agréable et très fluide à lire. Luke est un impétueux narrateur rempli d'humour, ses choix peuvent être aussi malsains qu'hillarants. Je n'oublierai jamais "la grande évasion"! Haha ! Il y a néanmoins quelques longueurs quand les personnages s'engagent dans des discussions trop psychologiques, mais cela ne dure jamais très longtemps.

J'ai découvert ce roman grâce à mon gorille littéraire (qui m'avait déjà fait découvrir Les Liaisons dangereuses) et je suis encore toute estomaquée de n'avoir jamais entendu parlé de ce roman auparavant. Ce livre est une OVNI littéraire que tout lecteur s'intéressant à la littérature et au travail purement littéraire devrait lire. 

Enfin, petit coup de gueule contre les éditions de l'Olivier... ce n'est pas possible de laisser passer autant de coquilles, en particulier sur le mot "bite" (il faut appeler un chat un chat et le roman en parle beaucoup, il faut l'avouer) écrit "bitte" tout au long du roman! Dans cet billet, c'est peut-être la première fois que j'écris ce mot, et pourtant, je sais comment l'écrire ! Bref...

Merci mon gorille :)

les lectures du gorille