Sarony,_Napoleon_(1821-1896)_-_Wilkie_Collins_(1824-1889)_in_1874_3

The Evil Genius de Wilkie Collins

Kindle, 1886, 332 pages version papier

Tout commence par une longue "avant-histoire" qui nous emmène dans des histoires de matelots et de trésor caché. A l'issu d'un procès, Roderick Westerfield est reconnu coupable d'un vol de diamants après avoir délibérément provoqué un naufrage. Il meurt avant la sentence, qui est elle-même la peine capitale. Il laisse sa femme et deux enfants derrière lui. Sa femme se remarie dans la foulée et décide de partir à l'aventure aux Amériques avec son jeune fils, laissant Sydney, sa souffre douleur de fille derrière elle, aux "bons soins" de sa soeur, dans une école. Sydney grandit, très seule, dans cette école où elle est formée pour devenir institutrice à son tour... N'en pouvant plus, elle décide de passer une annonce pour devenir gouvernante et se trouve embauchée, dans un manoir en Ecosse par Mr Linley pour s'occuper de la jeune Kitty. Tout va bien, même si Mrs Presty, la mère de Mrs Linley n'aime pas trop la jeune fille qui pourrait bien devenir une trop belle jeune femme. Vous comprenez la suite, Mr Linley... Sydney... et voilà.

Pour cette année anglaise et le thème du mois consacré au Victoriens, je ne pouvais bien sûr pas ne pas mettre à l'honneur Wilkie Collins.

C'est un roman bien divertsisant qu'il nous offre ici. L'humour, bien sûr au rendez-vous, est en particulier incarné par Mrs Presty, la mère de Mrs Linley. Qu'elle est drôle ! Condescendante, à la logique bien personnelle, grinçante, méprisante, vive, tout ce que l'on aime dans les livres de Wilkie et qui les rendent drôles ! De plus, elle sème la zizanie dans une intrigue déjà bien compliquée en répandant des obstacles et en créant des quiproquos tout au long du roman et qui servent délicieusement à l'intrigue. J'ai également particulièrement aimé Mr Sarazin, l'avocat, moitié anglais, moitié français et donc le raisonnement vacille en fonction de ses gènes dominants du moment ! 

C'est également un roman avant-gardiste qui évoque le thème du divorce et il y a aussi, pour moi, un personnage gay qui s'ignore, ou que l'auteur veut que l'on ignore sans vraiment l'ignorer. Peut-être suis-je la seule au monde à avancer une telle théorie mais Randal Linley tient des propos bien étonnants concernant son ami le Captain Bennydeck. Parlons-en du Captain Bennydeck ! C'est un "cul-benny" ! Il m'était au départ assez sympathique à vouloir aider le monde entier, il pouvait même avoir des réparties drôles mais... mais le voici qui se transforme en grenouille de bénitier dès lors qu'il entend le mot "divorce" ! J'ai moyennement aimé le côté trop moralisateur à la fin du roman, comme si Wilkie voulait s'excuser de son intrigue et revenir dans la bienséance, alors qu'on le sait, lui le mariage, tout ça, c'était pas son truc ! Bon peut-être qu'il y avait trop de pression à l'époque mais ça plombe un peu l'ambiance assez cocasse du reste du roman.

Quant au titre, Wilkie s'amuse beaucoup à faire glisser d'un personnage à l'autre la dénomination de Evil Genius.

Enfin, le roman se termine avec une longue "après histoire", mais qu'est ce que tu es bavard Wilkie ! Il n'y avait pas vraiment besoin de ça, hein... d'ailleurs pour en revenir à la loooooongue avant-histoire, ça aurait pu faire l'objet d'une véritable intrigue pour un autre roman. D'ailleurs bien trop de mystères sont posés dans ces premières pages sans que l'on y revienne par la suite, bien malheureusement ! 

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé retrouvé mon vieil ami Wilkie que j'aime toujours autant ! 

Livre lu pour le thème des Victoriens de février dans le cadre de A year in England que j'organise durant toute cette année avec mes copines Lou et Titine.

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