Voyager... Lire...

Les livres font voyager, et les voyages font lire...

31 octobre 2009

"Vers l'aube" de Dominic COOPER

vers_l_aubeVers l'aube de Dominic Cooper (Sunrise en VO)

Editions Métailié, 186 pages

Publication : 1976 pour la version originale, 2009 pour la version française (!)

Lors du mariage de sa fille, Murdo Munro prend soudain conscience de sa vie : Il a une relation conflictuelle avec sa femme depuis des années, et l'idée même de se retrouver seule avec elle maintenant que leur fille quitte la maison lui est totalement insupportable. Il s'échape de l'église où les jeunes mariés sont en train d'échanger leur voeux, va mettre le feu à la maison familiale et va s'enfuire à travers la campagne et les îles écossaises jusque chez sa soeur Bessie où il trouvera un accueil provisoire.

Tout d'abord, je dois vous raconter l'histoire de ce livre. Lorsque je pars en voyage, j'ai un rituel, celui d'emporter avec moi un livre qui se passe dans le pays dans lequel je voyage. Quelques jours avant mon voyage en Ecosse, je me suis retrouver avec ce dur duel peu satisfaisant : Prendre avec moi The Flood de Ian Rankin (traduisez : l'innondation) ou encore The right attitude to rain de Alexander McCall Smitth (traduisez : manuel de survie en cas de pluie). En même temps, ç'aurait été très amusant de prendre l'un de ces livres, vu le temps auquel je m'attendais (et qui finalement a comblé toutes mes attentes). Mais voilà que deux jours avant de partir, je reçoie ce providentiel livre d'Alice ! Hop dans le sac !

recadrage

Nous arrivons au fin fond de nulle part en Ecosse, et je me plonge dans quelques pages le soir même... "Murdo n'avait nulle part où aller à part le bar de l'hôtel quand il voulait échaper à Margaret", cette phrase arrive à la deuxième page... alors que nous-mêmes revenions du bar de l'hôtel (une sorte de pub) car de toutes façons, il n'y avait nulle autre part où aller manger! (Lui se trouve à Eilean na Rainich, a priori plus au nord qu'Arran)

Cette impression que le roman se passait exactement là où j'étais m'a suivie tout au long de la lecture du roman et je n'ai eu aucun mal à imaginer les paysages une fois de retour car il se trouve que ce livre cadre exactement avec ce que l'on a vu!

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Ce livre est avant tout une ode à la beauté de la nature en Ecosse. Bien plus que la fuite de Murdo, on assiste à étalage de la beauté de la campagne, de la montagne et de la mer en Ecosse. L'auteur est de toutes évidences amoureux de son pays. C'est un roman parfait pour faire un beau voyage en Ecosse, ma vision a été un peu fossée par mon voyage, mais je suis persuadée que ce roman est un très bon moyen de voyager tout en restant chez soit.

Ce roman nous montre également à quel point la vie d'un insulaire peut être différente de celle de quelqu'un qui vivrait sur un continent. On ne rend pas bien compte... mais tout le monde connait tout le monde dans ce genre d'endroit (au bout de quelques jours, on croisait même des gens que l'on connaissait!) et qu'il est très dur de s'échaper ou de disparaitre sans rien dire à personne si l'envie nous en prend (il faut forcément prendre le ferry par exemple, comment passer innaperçu?)

Cette impression d'emprisonnement est la métaphore de la vie de Murdo. Il a du mal à échaper à  son île natale comme il est oppréssé par sa vie. Pluis les élements se déchainent autour de lui (pluie, vent etc..) plus il tombe profondément dans la déprime avec une impression qu'aucune échapatoire ne se présentera jamais à lui.

Un très beau roman, plein de douceur et de calme, de belles couleurs et un respect immense pour la nature. Une très belle lecture, merci Alice!

Cryssilda

1_(3/7)

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18 juillet 2009

"Bienvenue sur Koxland" de Brian McCABE

bienvenue_sur_knoxlandBienvenue sur Koxland de Brian McCabe

(titre original : A Date with My Wife)

Editions Le Passeur, 245 pages

Année de publication : 2001

Ce livre rassemble une vingtaine de nouvelles racontant des tranches de vie dans une Ecosse à tendance puritaine (d'où le titre en français, référence à John Knox).

Comme pour tous les recueils de nouvelles que je lis, j'ai beaucoup aimé certaines de nouvelles, d'autres m'ont moins touchée, mais c'est globalement une très bonne découverte que cet auteur.

J'ai plus particulièrement aimé les nouvelles aux situations totalement décalées, comme celle du prêtre qui fréquente "un salon de massage" et qui découvre qu'il a fait la veillée funèbre du père de la masseuse... Ou bien cet écrivain qui, presque à la fin de son ouvrage, pète un câble et détruit son ordinteur en perdant tout. J'ai également aimé le brouillard ambiant de certaines nouvelles, j'étais parfois un peu perdue, sans savoir où voulait en venir l'auteur, et encore plus lorsqu'il termine ses nouvelles sur des phrases totalement énigmatiques que l'on ne sait pas comment prendre.

Je me suis également amusée avec la dernière nouvelle, plus longue, qui confronte les cultures écossaise et française lors d'un échange scolaire, et particulièrement le jeu sur les deux langues (bien sûr, les collégiens parlent bien peu la langue de l'autre). La nouvelles s'appelle "La nouvelle alliance", en référence à la Auld Alliance (vieille alliance franco-écossaise contre les anglais, quelque part dans l'histoire), à laquelle les écossais sont énormément attachés, ils pensent que c'est pour cela que les français préfère les écossais aux anglais... petit test, qui parmi vous avait déjà entendu parler de la Auld Alliance (à part le pub qui se troyve à Saint Paul) - et pas le droit de googleliser! ;)

Le receuil s'intéresse à des gens simple, des messieurs et mesdames tout le monde, un peu paumés dans la société actuelle, et c'est pour ça que ça nous parle.

C'est grâce à Read-A-Thon que j'ai pu découvrir ce livre, et à Laurence qui a eu la gentillesse de me l'envoyer, merci encore! :)

Cryssilda

i_love_scotland

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27 juin 2009

"L'Etrangleur d'Edimbourg" de Ian RANKIN

517N2KTZVCLL'Etrangleur d'Edimbourg de Ian Rankin
Editions Livre de Poche, 286 pages
Première publication : 1987

J'ai toujours regardé Ian Rankin d'un air cynique depuis que j'ai lu Le fond de l'enfer, il y a quelques années. Je gardais l'image d'un inspecteur Rebus un peu maladroit, n'arrivant pas à se dépatouiller dans ses enquêtes, les résolvant au petit bonheur la chance. C'est par conséquent sans grandes attentes que je me suis plongée dans l'Etrangleur d'Edimbourg. J'ai par ailleurs appris par la suite que c'était le premier tome de la série des Inspecteur Rebus (forcément je n'avais pas commencé par le bon...)

Le roman met donc en place le personnage de Rebus. On apprend d'où il vient, de quelle famille, ses relations avec son frère, son divorce etc... on apprend également qu'il est particulièrement tourmenté par son passage court et douloureux dans l'armée... Pour cette première enquête, il doit se pencher sur des disparitions de petites filles, elles sont retrouvées tuées quelques jours après... En parallèle Rebus reçoit d'énigmatiques lettres...

A ma grande surprise, je me suis laissée prendre à la lecture de ce roman. Contrairement à Le fond de l'enfer, on découvre ici un vrai personnage avec de la profondeur, avec des tourments, une famille etc... il buche pour trouver des pistes, les preuves ne lui arrivent pas sur un plateau comme par enchantement.

J'ai également trouvé que la trame de l'histoire n'était pas mauvaise. Je n'aime pas spécialement les polars, mais je n'ai pas trouvé cette enquête trop gnangan ou trop facile (c'est ce que je reproche aux ploars en général).

Et puis, on fait un voyage à Edimbourg grâce à la lecture de ce roman... mais l'Edimbourg un peu moins dorée que celle présentée aux touristes... il y a des gens qui vivent là-bas et leur vie n'est pas forcément chatoyante. Mais quand on connait Edimbourg, on apprécie de pouvoir suivre les personnages dans les rues de la cité, du coup c'est très visuel, et ça en devient une lecture assez spéciale. Par contre, j'ai souri et noté que le livre datait un peu lorsqque Ian Rankin parle des mystrérieux souterrains de la ville auxquels l'accès est interdit (c'est maintenant l'une des grandes attractions de la ville.)

Je vais donc ravaler mon cynisme, car je risque bien de lire d'autres Ian Rankin, en espérant qu'ils seront de la même veine que celui-ci. Un petit voyage en Ecosse pour quelques heures ne se refuse jamais, et puis en plus si c'est simpe et agréable à lire, ça peut faire beaucoup de bien :)

L'avis de Ys.

Cryssilda

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11 avril 2009

Le bûcher de Saint-Enoch de Gilles BORNAIS

Le_b_cher_de_Saint_EnochLe bûcher de Saint-Enoch de Gilles Bornais

Editions 10/18, 372 pages

Publication : 2005

L'histoire se passe à Glasgow, on retrouve l'inspecteur Joe Hackney dont on a suivi les premières aventures dans Le diable de Glasgow. Il est toujours aussi content d'être là, et aime toujours autant l'Ecosse. Cette fois, il doit enquêter sur le meurtre d'une lady découverte dans une mine, l'incendie de l'église Saint-Enoch dans laquelle on a retrouvé cinq corps en carbonisés et autres petits délits de ce genre. On se retrouve alors plongés dans l'Ecosse victorienne, industrielle et syndicalisée, pris entre les griffes des francs-maçons.

Bon, tout d'abord, je dois préciser qu'il faut que j'arrête de lire ce genre de livre... ça ne me correspond pas du tout, mais je m'entête juste parce que ça se passe à Glasgow... c'est n'importe quoi!

Ca s'était plutôt bien passé avec Le Diable de Glasgow car il y avait l'effet de découverte du personnage et de l'auteur, et puis l'intrigue ne m'avait pas déplue (même si j'ai découvert ensuite que l'idée géniale de départ et sur laquelle repose toute l'intrigue, avait déjà été utilisée avec brio... bref!) et je m'étais laissée prendre au jeu.

Dans Le bûcher de Saint-Enoch, je ne me suis pas laissée abusée si facilement, et du coup, je me suis plutôt ennuyée... Joe Hackney m'énervait... on ne peut pas critiquer les écossais et l'Ecosse comme ça sans que ça m'énerve, vous en conviendrez!

Je n'ai pas non plus particulièrement accrochée à l'intrigue... le milieu industriel et la franc-maçonnerie, ce n'est pas ce qui me passionne le plus en Ecosse, ni dans la vie d'ailleurs!

Bref, si quelqu'un me surprend encore à acheter un polar de Gilles Bornais tout ça parce que ça se passe à Glasgow... qu'on me fasse brûler à Saint-Enoch! mdr

Cryssilda

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25 janvier 2009

Robert Burns' Day

Aujourd'hui est le 200ème anniversaire de Robert Burns, figure nationale Ecossaise ! A cette occassion, ce soir en Ecosse, on boit un peu trop de whisky, on mange du Haggis, et on déclame des vers du poète !

Address to a Haggis. 

Fair fa' your honest, sonsie face,
Great chieftain o the puddin'-race!
Aboon them a' ye tak your place,
Painch, tripe, or thairm:
Weel are ye wordy of a grace
As lang's my arm.

The groaning trencher there ye fill,
Your hurdies like a distant hill,
Your pin wad help to mend a mill
In time o need,
While thro your pores the dews distil
Like amber bead.

His knife see rustic Labour dight,
An cut you up wi ready slight,
Trenching your gushing entrails bright,
Like onie ditch;
And then, O what a glorious sight,
Warm-reekin, rich!

Then, horn for horn, they stretch an strive:
Deil tak the hindmost, on they drive,
Till a' their weel-swall'd kytes belyve
Are bent like drums;
The auld Guidman, maist like to rive,
'Bethankit' hums.

Is there that owre his French ragout,
Or olio that wad staw a sow,
Or fricassee wad mak her spew
Wi perfect sconner,
Looks down wi sneering, scornfu view
On sic a dinner?

Poor devil! see him owre his trash,
As feckless as a wither'd rash,
His spindle shank a guid whip-lash,
His nieve a nit:
Thro bloody flood or field to dash,
O how unfit!

But mark the Rustic, haggis-fed,
The trembling earth resounds his tread,
Clap in his walie nieve a blade,
He'll make it whissle;
An legs an arms, an heads will sned,
Like taps o thrissle.

Ye Pow'rs, wha mak mankind your care,
And dish them out their bill o fare,
Auld Scotland wants nae skinking ware
That jaups in luggies:
But, if ye wish her gratefu prayer,
Gie her a Haggis!

Cryssilda, j'aimerais bien vivre ça un jour :)

Drapeau_scotland

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23 octobre 2008

"Le nain noir" de Walter SCOTT

Le_nain_noirLe nain noir de Walter Scott

Editions de l'Aube, 249 pages

- Ecosse -

Elshie de Muckelstane, personnage difforme et hideux, vit dans les Highlands en essayant de se tenir loin de la société humaine qui l'a rejeté et blessé tout au long de sa vie. Il construit sa maison seul, et en bon rustre qu'il est, ne montre pas le moindre signe de politesse ou d'intérêt (apparent) à tous ses voisins qui le dérangent sans cesse.

De par son isolement et son apparence, il abreuve les croyances populaires et est très vite appelé "Le nain noir", celui qui joue avec les forces occultes et les esprits, celui qui est à craindre...

Autour de lui, des intrigues amoureuses et des conflits familiaux et historiques vont se jouer...

C'est mon deuxième roman de Walter Scott qui me conforte dans l'idée que je m'étais déjà forgée en lisant Le coeur du Mid-Lothian. Je crois que Walter Scott cherchait avant tout à raconter des histoires à ses lecteurs, et encore une fois, je peux le qualifier de grand conteur pour ce roman. Encore une fois également, je retrouve l'influence de Shakespeare sur les écrits de Walter Scott : Ce n'est pas très dur de s'en rendre compte, il le cite partout! Mais l'intrigue du Nain noir me fait beaucoup penser aux comédies de Shakespeare, telles que Songe d'une nuit d'été, Les joyeuses commères de Windsor etc... Ses personnages sont Shakespeariens, les situations également : la féerie et les superstitions, et le tout sous un fond historique. Pour moi, c'est un peu du Shakespeare en prose!

Donc, un très bon moment de lecture que ce roman, beaucoup d'humour et de burlesque, j'ai adoré le personnage bourru du nain noir.

Ce que j'ai moins aimé, c'est justement la trame historique, qui n'est pas spécialement claire et qui ne m'a pas passionnée plus que ça (la guégerre avec les Anglais, l'Alliance avec les français etc...)

Lire également l'avis d'Isil.

Cryssilda

Drapeau_scotland

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13 septembre 2008

"Lanark" d'Alasdair GRAY

LANARK_GRAY

Lanark, A life in four books d'Alasdair Gray

Lanark, une vie en quatre livres

Editions Canongate, 573 pages

Commençons par parler de l'introduction de William Boyd à ce livre. Si je n'avais jamais rien lu de lui, je me serais faite avoir et serais aller acheter un roman de William Boyd après avoir lu cette introduction. Il fait une analyse du rapport / lecteur livre que me parle beaucoup, en particulier quand il examine à quel point ce que l'on vit au moment X de notre lecture peut influencer la façon dont on perçoit le livre, et à quel point le livre sera à jamais lié au souvenir de ce moment X.

Et ça tombe bien! Car ce roman écossais a vraiment vécu l'Ecosse avec moi, et en garde les marques dans sa 'chaire' ! J'ai d'ailleurs une relation bien curieuse à ce livre... J'ai déjà raconté l'anecdote, tant pis si je me répète : J'ai découvert Alasdair Gray il y a quelques mois dans le recueil de nouvelles Histoires Maigres (l'achat de ce livre est lui-même une anecdote que je vous raconterai peut être un jour) et j'ai vite enchaîné avec Pauvres créatures que j'ai totalement adoré. J'en parlais donc à un ami écossais, qui me parle de ce livre, Lanark, comme étant un classique en Ecosse. Je l'achète donc il y a quelques mois lors d'un voyage en Angleterre et il reste sur ma table de nuit. Commence à germer l'idée d'aller faire un voyage en Ecosse dans ma tête lorsque le même ami me dit : Mais vas donc à Lanark! J'ai donc commencé ce livre trois jours avant mon départ et je viens de le terminer...

Lanark raconte donc la vie d'un personnage nommé Lanark, ou Thaw selon les livres. Car ce roman est composé de quatre livres, placés dans l'ouvrage dans un ordre ne suivant aucune chronologie. Lanark est un antihéros : asthmatique, il sera toujours mis un peu à part durant son enfance et son adolescence et va essayer de vivre pour son art : La peinture. Mais c'est un personnage extrême et entier, ce qui va souvent le mettre dans des situations plutôt inconfortables. Il n'anticipe pas sur la vie, et tient à vivre pleinement le moment présent, à éviter de suivre la tendance comme un mouton.

Lorsque l'on lit la biographie d'Alasdair Gray ainsi que l'auto-interview publiée à la fin de son roman, on se rend bien compte que Lanark est très inspiré de la vie personnelle de l'auteur, jusqu'à un certain point... car le roman frise bien souvent avec la science fiction... Et là, j'ai été bien inspirée de lire le mois dernier Peer Gynt d'Henrick Ibsen, car justement, Larnak est très très influencé par cette pièce! On sent Peer Gynt partout dans ce roman, non pas que c'est une copie, mais les personnages de Lanark et de Peer Gynt ont beaucoup en commun de part leur destin surréaliste et atemporel. Pour moi, l'autre grande influence d'Alasdair Gray dans ce roman est Alice au pays des merveilles. Lanark voyage dans sa vie, et il semble également voyager à travers une Glasgow en plusieurs dimensions. Du coup, on a parfois l'impression de revivre les mêmes évènements au cours des quatre livres, les quatre livres et les quatre périodes de la vie de Lanark sont en constante discussion.

J'ai adoré le traitement du temps dans ce roman : Un enfant peut naître le matin, et être capable de parler dès l'après-midi par exemple. Le temps comme nous le connaissons n'existe pas dans ce roman, apparaît même une échelle du temps se basant sur la pulsation moyenne du coeur!

Pour tout ce qui est description, ce livre est vraiment excellent lorsqu'on a déjà fait un séjour en Ecosse, et c'était encore plus magique quand d'un coup Larnark se retrouve dans des endroits où je suis passée si récemment! (jusqu'au même arrêt de bus à Glencoe!) Et forcément quand l'auteur nous parle de la grisaille ambiante, on sait que ce n'est pas juste pour en rajouter... car l'Ecosse est un (beau) pays gris, et un morceau de la société peut également voir la vie bien en gris (le passage chez les "assistants sociaux" à Glasgow en dit long...). Bref, mon récent voyage en Ecosse a certainement apporté une dimension supplémentaire à la lecture de ce livre, et sans aucun doute, ce livre restera pour moi un livre humide (autant par son contenu que par les souvenirs que j'en garde attachés).

Je me suis souvent demandée lors de la lecture de ce roman, quel était le lien entre Lanark le livre, et New Lanark la ville... car Alasdair Gray est loin d'être idiot, il n'a forcément pas choisi le nom de son personnage au hasard... Mon hypothèse est que Lanark (le livre), tout comme New Lanark (la ville), sont tous les deux des experiences sur la société, chacune étant l'anti-thèse de l'autre. Dans Lanark on découvre une Glasgow qui se transforme peu à peu en enfer, alors qu'à New Lanark on a tenté de faire une société parfaite.

Un autre aspect que j'ai adoré dans ce livre : La rencontre de Lanark avec son auteur (dans une salle appelée "Épilogue"... mdr), et la façon dont ils dialoguent subtilement tous les deux après cette rencontre et jusqu'à la fin du roman.

Un très bon roman très très riche, on en sort avec l'impression que notre tête déborde (j'avais eu la même sensation avec Le coeur du Mid-lothian de Walter Scott), mais Alasdair Gray est indéniablement un grand auteur à lire!

A lire également, l'avis de Zaph sur ce livre : Ici

Cryssilda

Drapeau_scotland

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01 septembre 2008

"Le messager du temps" d'Ann DUKTHAS

Le_messager_du_tempsLe messager du temps d'Ann Dukthas

Editions 10/18 Grands détectives, 286 pages

Ann Dukthas est l'un des pseudonymes de Paul Doherty, également C.L. Grace et Paul Harding...

Ann Dukthas est donc l'un des personnages de ce roman, une historienne qui travaille sur l'énigme de la mort du Consort Darnley au palais de Holyrood, mari de Mary Stuart Reine d'Ecosse. Elle va rencontrer Nicholas Segalla, être intemporel qui va lui donner sa version de l'Histoire.

Le roman nous plonge donc dans l'Edimbourg de 1567, au coeur de l'enquête sur la mort de Darnley et Ann Dukthas, ou quelque soit l'auteur qui s'exprime, nous donnera son hypothèse.

Un très bon roman, c'est un genre qui me convient tout à fait le roman policier historique. Ici l'auteur s'en tient aux faits historiques, le seul personnage en plus est celui de Nicholas Segalla. Ca donne une histoire passionnante et pas rébarbative du tout.

Cryssilda

Drapeau_scotland

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22 juillet 2008

"Sunset Song" de Lewis GRASSIC GIBBON

Lewis_grassic_gibbonLEWIS GRASSIC GIBBON 1901-1935

Lewis GRASSIC GIBBON est né en 1901 dans une famille de paysans pauvres du nord-est de l'Écosse. A 17 ans, il se lance dans le journalisme sans grand succès puis il entre dans l'armée où il restera jusqu'à la fin des années 20. Sa vie d'écrivain est très courte puisqu'il meurt d'une péritonite en 1935. Longtemps interdit pour immoralité, Sunset Song (1932), 1er volume de la trilogie A Scots Quair, est devenu un classique de la littérature anglo-saxonne (source Métailié).

Il a retiré de son enfance dans le Nord-Est de l'Ecosse une vision extrêmement âpre du monde rural : malgré l'attachement familial de l'auteur à la terre, il choisit de s'exiler en ville dès ses dix-sept ans. La première guerre mondiale a donné ses derniers soubresauts, et Grassic Gibbon se lance dans le journalisme, comme pour comprendre le monde qui meurt et celui qui va renaître. Mais ce choix professionnel ne sera pas récompensé par le succès : il abandonne donc ses activités de scribouillard de presse pour entrer à l'armée dont il gardera le statut de militaire jusqu'à la fin des années 1920. Sa vie d'écrivain est donc courte : 'Sunset song', le premier volet de la trilogie publié en 1932, a été longtemps interdit pour immoralité. Bien qu'il ne fut pas reconnu de son vivant puisqu'il meurt en 1935, Grassic Gibbon a construit avec Scots Quair un des monuments de la littérature anglo-saxonne (source Evene).

sunsetSunset Song

Métailié, 299 pages

Ce roman est le premier de la trilogie A Scot Quair, le deuxième étant La vallée des nuages (Cloud Howe), le troisième non traduit étant Grey Granite.

Le roman raconte la découverte de la vie par Chris Guthrie, fille de paysans dans le Mearns. Sa famille est bien modeste et bien simple : Un père violent, une mère qui subit la lubricité de son mari et par conséquent des grossesses répétées, le travail de la terre et la vie dans la nature.

Petite, Chris aspire aux études, elle rêve de devenir institutrice et rejette l'ambiance parfois rustre et vulgaire de son environnement familiale en se réfugiant dans les livres et en étudiant ardemment l'anglais parfait (par opposition à l'écossais vu comme une langue vulgaire par la couronne). Mais bientôt elle découvrira la réalité de la vie et elle deviendra à son tour une paysanne, la femme d'un homme et enfin une mère...

Ce roman a beaucoup de bons côtés. Il décrit avec justesse la vie à la campagne à l'époque et l'isolement des gens qui ne vivent qu'entre eux dans leur petit village, les préjugés. Les gens ont une vie simple, ils travaillent pour manger et pouvoir élever leurs enfants, qui a leur tour font de même.

Mais ce livre met l'accent sur les changements de la société écossaise comme mondiale, bientôt les voitures font leur apparition sur le chemin, la première guerre mondiale éclate et les hommes sont mobilisés. La micro-sociétémicro-société de ce petit village se trouve ébranlée et ils sont obligés cette fois de faire face au monde qui change autour d'eux. Cette guerre qui leur semble bien loin va les toucher au plus profond, tuant leurs hommes et leurs enfants.

Donc, j'ai bien aimé cette approche de la société, le mécanisme du changement qui s'opère parallèlement dans le monde et dans la vie de Chris à travers les années. Dans la première partie du livre, tout semble couler de source avec la nature, mais le monde se met à dérailler avec la guerre et la terre d'Ecosse s'en trouve elle-même marquée au plus profond (la disparition des arbres et du coup l'aridité des champs), tout comme les gens s'en trouvent marqués dans leur chaire et dans leur coeur. J'ai beaucoup aimé les descriptions de la nature et les rapport hommes/nature.

Ce que j'ai moins aimé dans ce roman, c'est le côté trop fleur bleue de Chris Guthrie. On lui pardonne lorsqu'elle est jeune car elle manque d'expérience, mais elle reste fidèle à son romantisme et à son envolée lyrique démesurée, un romantisme trop naïf lorsque l'on atteint un certain âge. Ce côté a un peu gâché le roman à mon vis, et je me suis parfois retrouvée exaspérée. Mais, Lewis Grassic Gibbon a écrit ce roman alors qu'il était bien jeune, donc on lui pardonne.

En lisant la biographie de Lewis Grassic Gibbon, je me rends compte que ce roman est extrêmement marqué de son expérience personnelle : Il suffit de lire les courtes présentations biographiques que j'ai copié plus haut pour se rendre compte que les thèmes qu'elles abordent sont les thèmes du roman : le monde rural, la nature, la guerre.

A noter, les soldats mobilisés doivent d'abord faire un séjour à Lanark (pour un entraînement?) et je crois que je vais découvrir ce qui se passait à Lanark dans le Lanark d'Alasdair Gray dont ma lecture se fait imminente!

Cryssilda

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21 juillet 2008

Des livres gratuits pour conquérir l'imagination littéraire d'Edimbourg

Très bonne initiative de l'UNESCO qui fait toujours beaucoup pour la culture..

(source : site de l'UNESCO)

Des livres gratuits pour conquérir l'imagination littéraire d'Édimbourg

25 000 exemplaires du roman classique d'aventures de Robert Louis Stevenson Kidnappé (Kidnapped) seront distribués gratuitement en février 2007 à Édimbourg, dans le cadre de Un livre - Un Édimbourg, première campagne de lecture à destination de toute la capitale écossaise.



Cette campagne, projet novateur lancé par la première Ville UNESCO de littérature, vise à pousser le plus grand nombre possible d'habitants d'Édimbourg à lire ce classique écossais, individuellement ou dans les bibliothèques publiques, les écoles ou les groupes de lecture.

Trois nouvelles éditions ont été publiées pour la circonstance — une édition de poche du texte intégral, une édition illustrée spécialement commanditée et une édition simplifiée — pour toucher toute la gamme des lecteurs et atteindre un public le plus large possible. Des exemplaires de ces trois éditions seront distribués dans la ville à toutes les écoles primaires et secondaires, à toutes les bibliothèques publiques et aux organisations partenaires.

À partir du 1er février, chacun pourra demander à sa bibliothèque publique un exemplaire gratuit, jusqu'à épuisement des stocks. Deux autres éditions de la version illustrée — un texte modernisé pour les lecteurs réticents et une version en « Scots », dialecte écossais — seront également en vente à partir du 1er février.

La campagne est soutenue par plus de trente organisations partenaires dans toute la ville et comporte un vaste programme d'événements, comme des expositions, une promenade littéraire et une série de lectures avec la Bibliothèque nationale d'Écosse.

Pour plus d'informations, consultez les derniers bulletins électroniques d'Édimbourg, Ville de littérature et le site Internet officiel (en anglais).

Pour en savoir plus:



Date de publication 09 Jan 2007
Dossier/document EUCL_Jan07_bulletin.pdf
Site Web Édimbourg, Ville UNESCO de littérature (en anglais)

Drapeau_scotland

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