26 décembre 2009
"Le cadeau du foid" de Velma WALLIS
Le cadeau du froid, Un conte de l'Alaska de Velma Wallis
Editions JC Lattès, 174 pages
Publication : 2009
Ce récit raconte le destin de deux vieilles femmes d'une tribu athabaskan en Alaska. Le peuple est au bord de la famine, il fait froid, ils doivent se déplacer pour survivre. La politique tribale veut que l'on abandonne les membres les plus faibles de la tribu en cas de nécéssité, pour assurer la survie des plus jeunes. Les deux vieilles femmes, Sa' et Ch'idzigyaak sont laissées derrière alors que le groupe s'en va, livrées à elles-mêmes, certainement vouées à une mort prochaine. Toute râleuses et bourrues qu'elles sont, elles vont devoir se battre et réapprendre à ne compter que sur elles mêmes pour survivre. Elles vont faire appel à leur vieux souvenirs pour chasser, s'abriter, se protéger contre les animaux affamés eux aussi. Enfin elles vont se rédécouvrir elles mêmes, des ressources inespérées vont jaillir de leur vieilles personnes.
J'ai beaucoup aimé ce récit. Je suis de toutes façons très intéressée par la culture amérindienne, tout comme par les récits et la littérature du froid. Cette histoire m'a fait voyager dans le vent et dans le froid, et j'ai frémi moi aussi pour ces deux femmes qui veulent prouver à la tribu, comme à elles même, qu'elles ne méritent pas de mourir. C'est un très joli voyage en Alaska.
Un joli conte en cette période de Noël dont la morale est de ne jamais abandonner, qu'en nous il y a toujours la force nécessaire pour des choses dont on ne s'imaginerait pas capables.
Merci à
pour cette lecture, ainsi qu'aux Editions JC Lattès.
Cryssilda
29 novembre 2009
"Mort d"un commis voyageur" d'Arthur MILLER
Mort d'un commis voyageur d'Arthur Miller (Death of a salesman)
Editions Pavillons Poche / Robert Laffont, 239 pages
Théâtre, publication : 1949
Willy Loman est marié et a deux grands enfants. Il gagne sa vie comme représentant et passe son temps sur les routes. Mais on comprend bien vite qu'il devient difficile pour lui de vraiment s'en sortir et que sa carrière est sur le point de se terminer. Ses enfants semblent avoir du mal à trouver leur place dans la société. L'un est un coureur de jupons notoire, l'autre n'arrive pas à venir à bout de tous les projets qui lui passent pas la tête. Il y semble régner un certain malaise dans les relations des personnages entre eux, on apprendra au cours de la pièce pourquoi...
Tout au long de la picèe, nous aurons le droit à des flashbacks sur la carrière du commis voyageur de Willy, l'enfance de ses garçons, ses relations avec son père et son frère, sa vie conjugale.
Je découvre ici Arthur Miller, j'ai bien dû lire quelques extraits de ses oeuvres durant mes études, mais c'est la première fois que je lis l'un de ses ouvrages. Je dois dire que j'en ai pris plein les yeux!
Mort d'un commis voyageur c'est d'abord une pièce de théâtre très subtilement et intelligement écrite. Les lieux, les personnages et les paroles des personnages s'entremèlent pour glisser d'une période à une autre sans vraiment qu'on s'en rende compte. L'auteur précise d'ailleurs tous les effets de lumière et de jeu des personnages pour que l'effet soit rendu, du coup, en trant que lecteur on imagine parfaitement ce à quoi doit ressembler la pièce sur scène. Ce procédé m'a beaucoup fait penser à Arcadia de Tom Stoppard.
Ensuite, cet ouvrage est clairement une critique de la société de consommation qui est déjà bien en place aux Etats Unis. Willy trime et l'argent qu'il ramène à la maison ne suffit même pas à payer les crédits en cours (souvent pour des appareils qui sont presque déjà bons pour la casse).
C'est également une incarnation du mal être de la société américaine de l'époque où l'on ne juge les gens que sur leur apparence, leur travail, ce qu'il gagne, leur maison, mais sans s'intéresser à la profondeur de l'individu. A l'intérieur même de la famille, les personnages se mentent à eux-même et mentent à leur entourage pour paraître sous un meilleur jour.
Le titre de cette pièce de théâtre est Mort d'un commis voyageur... Le personnage perd son travail, il n'a plus aucune reconnaissance sociale et choisit la mort... très emblématique de la société de l'époque.
Il me tarde de voir cette pièce sur scène, sûre que je vais guetter les programmations parisiennes !
Merci à la
Team et aux Editions Robert Laffont pour ce grand moment de lecture!
Cryssilda
15 février 2009
"L'étrange Histoire de Benjamin Button" de Francis Scott FITZGERALD
L'Etrange histoire de Benjamin Button suivie de Un diamant gros comme le Ritz de Francis Scott Fitzgerald
Editions Pocket, 118 pages
Vu que je suis dans une période de révolte "pour le prix d'une place de ciné, on peut s'acheter au moins un livre", j'achète les livres au lieu d'aller au ciné ! (surtout que là le livre était à 1.50 € et qu'en plus ça me permettait de découvrir Francis Scott Fitzgerald)
Ce livre est donc un recueil de deux nouvelles, tout d'abord L'Etrange Histoire de Benjamin Button qui raconte le destin de Benjamin Button, qui lors de sa naissance, a un corps et un cerveau d'un vieillard de 70 ans... Au cours de sa vie, il va rajeunir, en découvrant les plaisirs de la vie à reculons.
La deuxième nouvelle s'intitule Un diamant gros comme le Ritz, et raconte l'histoire loufoque d'une famille qui a construit sa maison sur un diamant de la taille d'une colline et qui doit, coûte que coûte, cacher l'existence de cette colline au reste de la terre, pour préserver leur fortune.
J'ai beaucoup aimé ces deux nouvelles. Tout d'abord, elles m'ont permis de découvrir l'univers de l'auteur que je ne connaissais encore que de nom (même si je crois que quelque part chez moi m'attend The Great Gatsby, encore faut-il que je trouve à quel endroit). Ensuite, j'ai assez aimé le style et l'humour de l'auteur, en particulier dans la deuxième nouvelle qui nous plonge dans un univers et une logique totalement inattendus. C'est donc une belle découverte que je vais forcément compléter par The Great Gatsby, car je préfère toujours les romans aux nouvelles.
Je suis curieuse de voir ce qu'est devenu Benjamin Button au cinéma, car l'histoire de base ne fait qu'une soixantaine de pages... donc finalement, je vais peut-être aller le voir quand même.
Cryssilda

18 juin 2008
"Travels in the Scriptorium" de Paul AUSTER
Travels in the Scriptorium (Dans le scriptorium) de Paul Auster,
Editions Faber and Faber, 130 pages
Une homme se réveille dans une chambre simplement meublée : Un lit, un bureau sur lequel se trouvent des manuscrits et des photos, un téléphone, une fenêtre dont la vue est occultée par un store. Il ne sait pas qui il est, il ne sait pas ce qu'il fait là, il ne sait pas ce qu'on lui veut... Il a, durant la journée que dure le roman, la visite de plusieurs personnages, dont une certaine Anna Blume...
Très bon roman de Paul Auster qui s'intéroge sur la destinée de ses personnages. Que deviennent-ils une fois que son livre a été achevé? C'est aussi un roman sur la création littéraire, depuis le début du roman, on a l'impression que la pièce dans laquelle Mister Blank se trouve est en train de se mettre en place dans la tête du romancier qui écrit le livre que l'on est en train de lire (des éléments qui n'étaient pas là précédemment semblent apparaître). Mister Blank, tout comme nous, découvre sa destinée, il devient personnage après avoir lui-même joué avec la destinée et la vie de tous les personnages qu'il a créés.
Cryssilda
"Moon Palace" de Paul AUSTER
Moon Palace de Paul Auster
Editions Faber and Faber (Edition américaine) - 307 pages
- Etats Unis -
Le livre raconte l'histoire de Marco Fogg, un jeune homme à la recherche de son identité. Après plus expériences extrêmes qui ne lui révèleront pas qui il est, le destin va petit à petit coller toutes les pièces du puzzle...
J'ai vraiment beaucoup aimé ! Paul Auster maîtrise vraiment bien sa trame, on se demande parfois où il veut en venir, mais finalement le moindre petit passage obscure à sa place dans le puzzle qu'il est en train de nous construire pages après pages.
Le texte soulève beaucoup de thèmes, comme celui de la destiné, des racines, du hasard... Ce livre est aussi un roman qui s'inscrit dans la tradition littéraire américaine : L'aventure est présente tout au long du livre, il y a plusieurs voyages dans le désert, dans d'autres pays. C'est comme si pour se découvrir soi-même, on avait besoin d'aller à travers le monde (je suis bien d'accord avec ça...), et finalement on se rend compte que "Of all the objects of the universe, nothing is smaller than the earth" (p.303) - De tout ce qui existe dans l'univers, rien n'est plus petit que la terre.
Ce livre est également tout plein d'humour et de fantaisies, de récits et de personnages qui peuvent être totalement délirants (l'homme qui dans la rue s'abrite sous un parapluie dont il ne reste que les baleines et qui invite notre héro à s'y abriter - bien sûr, il ne pleut pas!).
Une phrase dans ce livre qui est devenue une de mes phrases fétiches : "Every Man is the author of his own life"
Cryssilda





