"Les 39 marches" de John BUCHAN
Les 39 marches de John Buchan
Éditions Librio, 128 pages, texte original de 1915
Richard Hannay s'ennuie ferme à Edinburgh - décidément, Edinburgh est la ville où l'on s'ennuie ferme. Il désespère que quelque chose lui arrive enfin, une petite aventure, de l'inattendu, n'importe quoi ! Aussi, lorsque son voisin cogne à sa porte pour lui raconter une histoire abracadabrante, il ne se fait pas prier pour se se plonger corps et âme dans son aventure. Quand il retrouve ledit voisin assassiné dans son salon, il pense que décidément il n'en demandait pas tant, mais tel un joyeux fugitif, il part au travers de l'Ecosse pour fuir la conspiration internationale qui lui est tombée dessus !
On suit agréablement les périples de Richard à travers l'Ecosse. Sa paranoïa exacerbée nous fait d'abord sourire, il a tellement soif d'aventure, qu'il se veut un fugitif tout dévoué à sa cause près à sentir la moindre menace, à guetter les moindres suspects au fin fond de la campagne écossaise. Ce n'est pas tant l'intrigue qui fait l'intérêt du livre, mais la fuite parodique de Hannay, les paysages écossais, les trous d'eau dans la bruyère, la pluie... l'Ecosse quoi ! C'est loquace et frais, et, je crois que je n'ai pas bien compris le dénouement du complot finalement, mais tout comme semble le penser l'auteur : peu importe l'intrigue, du moment qu'on ne s'ennuie pas !
Livre lu dans le cadre du Challenge Alfred Hitchcock, en lecture commune avec ma copine Titine !


"Candide ou l'Optimisme" de VOLTAIRE
Candide ou l'Optimisme de Voltaire
Illustrations de Quentin Blake
Editions Folio, 2012 (texte original de 1759), 183 pages
Est-il vraiment utile de vous présenter Candide ? Je pense qu'on est tous passés par ce livre lors de nos années lycée et j'avais adoré à l'époque. Quand on m'a gentiment offert cette nouvelle édition, illustrée par Quentin Blake, l'idée a germé que je pourrais peut-être le relire, pour voir si j'aimais toujours autant. J'ai beaucoup de mal, en général, à relire les classiques que j'ai aimés étant plus jeune, j'ai toujours peur d'avoir une grosse déception (alors je n'ose plus ouvrir un Stendhal, je sais, c'est dommage!).
Mais voilà que j'ose avec Candide et que tout se passe au mieux dans le meilleur des mondes ! J'ai eu cette "légère" impression de connaître certains passages par coeur (c'est que j'ai préparé mon oral de français, si si si !) mais j'ai aussi redécouvert un certain nombre de choses. Je pense d'ailleurs que j'étais passée à côté de beaucoup de remarques à double-sens à l'époque, car j'en gardais un souvenir de roman plus destiné à la jeunesse. Que nenni, dans Candide il y a du sexe, de la trahison, du viol, de la prostitution et un peu d'exagération aussi.
C'est sans conteste, également, un roman critique de la société, mais là, je répète ce que des centaines de profs essaient de faire comprendre à leurs élèves tous les ans. Alors je ne m'étendrais pas sur la question, car Candide trône sur les tables des jardins cultivés de chacun.
Ce texte est très amusant, tout comme dans mon souvenir. Son ton est léger et la candeur de notre héros nous fait sourire à chaque page. Pangloss, le philosophe borné, n'en demeure pas moins comique lui non plus ! Il est aussi bien amusant de reconnaître les thèmes clefs de la société de l'époque : la colonisation, l'esclavage, les guerres inutiles (ou dont on ne comprend pas bien les enjeux), l'intollérance, le rôle de la religion, la corruption de la religion, l'hypocrisie de la religion...
Et puis, ce roman est illustré par Quentin Blake, ces dessins apparaissent comme des interludes au milieu de tout ce bazar !
Ma relecture de Candide m'a donné bien envie de me replonger dans les classiques français, car quand même, il serait dommage de ne pas piocher plus dans la richesse de la production littéraire de mon pays ! (ne serait-ce pas là une épiphanie tardive ?)
Le mois de Juin sera Irlandais !
C'est qu'on y prendrait goût à ces mois thématiques ! Alors après le mois Kiltissime, le mois Anglais, le mois de juin prochain sera Irlandais !
Le principe reste le même, pendant un mois, il faudra nous parler de littérature joyeuse irlandaise, de cuisine irlandaise à la patate, de cinéma comique irlandais, de sinistre musique irlandaise, de bière irlandaise... enfin de tout ce que vous voulez, du moment que ça concerne l'Irlande !
Et puis, parce que les lectures communes sont très appréciées durant ces mois thématiques, voici le programme :
- 1er Juin : John Millington Synge (Les îles Aran)
- 05 juin : Oscar Wilde (Le prince heureux)
- 08 juin : Liam O'Flaherty (Famine)
- 12 juin : Joseph O'Connor (L'étoile des mers)
- 15 juin : Robert McLiam Wilson
- 19 juin : Joseph Sheridan Le Fanu (La maison près du cimetière)
- 22 juin : Maggie O'Farrell
- 26 juin : Colm Toibin (Brooklyn)
- 29 juin : James Joyce (Gens de Dublin)
La liste est longue et diversifiée mais vous n'êtes bien sûr pas obligés de lire chacun de ses auteurs ! Je m'autorise à sécher sur un ou deux, d'ailleurs !
Vous pouvez vous inscrire dès maintenant en commentaire du présent billet, ou bien vous faire connaître pendant le mois irlandais !
Comme d'habitude, un groupe Facebook tourne déjà (ben oui, c'est que ce challenge a été réclamé depuis des semaines déjà, alors tout est en place!).
"Portes Ouvertes" de Ian RANKIN
Portes ouvertes de Ian Rankin
Editions du Masque, 2011, 330 pages
A Edinburgh, la ville avance à deux vitesses. Il y a ceux qui trament, et les gros salaires qui eux, passent leur temps à s'ennuyer dans cette ville où il ne se passe jamais rien. Mike, 37 ans, a fait fortune avec sa start-up et zone dans son appart avec vue imprenable sur la ville. Robert Gissing est le directeur de l'institut d'art d'Edinburgh, la retraite approche, il a soif de sensations. Allan passe ses journées dans son bureau de la First Caledonian, il s'ennuie ferme également. Alors, pourquoi ne pas s'amuser un peu ? Pourquoi ne pas organiser le casse du siècle pendant les journées portes ouvertes d'Edinburgh ? Pas pour l'argent, non non, mais juste pour pouvoir accrocher sa toile préférée dans son salon ! Leur plan a l'air sans failles ! Sauf qu'ils ont besoin d'aide, d'un truand chevroné par exemple, ou encore d'un étudiant capable de faire des copies parfaites. Difficile ensuite de manager cette équipe hétéroclite.
Le début du roman a du mal à se mettre en place et le style semble décousu, on ne comprend pas bien où veut en venir l'auteur. Disons qu'on comprend, mais qu'il est assez maladroit pour installer son intrigue... mais ensuite on se prend bien facilement au jeu de ces apprentis cambrioleurs. Alors que cette joyeuse équipe croit dur comme fer à la réussite de leur entreprise, le lecteur qui regarde cette affaire avec un certain recul a bien compris que cette histoire va se terminer en eau de boudin. Surtout que Ransome a bien flairé ça sent le roussi du côté de cette bande d'amis (il tire toute son énergie des plats épicés de sa femme, qui le rendent malade, qui l'empêchent de dormir et qui lui dégagent alors plus de temps pour travailler!)
Un polar bien plaisant à lire, on ne se lasse pas de voir ce fiasco s'intaller !
"Eva Moreno" de Håkan NESSER
Eva Moreno de Håkan Nesser
Editions Points, 2011, 375 pages
Eva Moreno est flic. Elle s'apprête à partir en vacances en bord de mer quand son responsable la convoque. C'est bien sa veine, un suspect est d'accord pour confier ses petits secrets mais à personne d'autre qu'Eva. Il est d'autant plus difficile de refuser que le suspect se trouve détenu à quelques kilomètres seulement du lieu de villégiature d'Eva. Dans le train, elle fait la connaissance la jeune Mikaela qui part à la rencontre de son père qu'elle n'a jamais connu. Il est interné dans un hôpital psychiatrique alors que la fillette n'avait que deux ans, suite à une histoire sordide qui semble encore taboue même seize ans après. Et pour simplifier les vacances d'Eva, la jeune fille va disparaître quelques heures après ses retrouvailles avec son père...
Bien que l'auteur soit suédois, on ne sait pas trop où se déroule l'histoire. En Europe oui, un pays avec des plages et des canicules en été, où l'on peut rouler en tarbant. Seuls les noms de villes (fictifs) rappellent les régions nordiques. Une histoire qui peut alors se passer n'importe où, à notre époque.
Un bon polar avec une bonne intrigue. Eva est une workaholic et c'est là-dessus ainsi que sur son acharnement que repose tout le roman. Elle m'a par contre quelques fois irritée avec son féminisme acéré qui la fait quand même, avouons-le, réfléchir de travers. Elle est alors très bonne en ce qui concerne son travail, mais un peu moins lorsqu'il s'agit de sa vie amoureuse.
Un livre qui va nous plonger dans une histoire taboue de la vie d'un village, ce genre d'histoires qui restent bien présentes dans la vie de tous, qui dérangent, mais dont on ne parle surtout pas car c'est bien plus simple comme ça. Le roman aborde également les failles de la police, et les agents soit ripoux, soit pas très nets ou encore bien fainéants.
A noter un passage que j'ai trouvé excellent : La scène de la découverte d'un corps qui m'a mis le sourire aux lèvres. Je ne peux pas en parler, mais si vous lisez ce livre, vous comprendrez !
Un roman qui se lit agréablement entre deux livres plus denses.
"1Q84" Livre 2 de Haruki MURAKAMI
1Q84 Livre 2 Juillet-Septembre de Haruki MURAKAMI
Éditions Belfond, 2011, 526 pages
Il y a quelques mois, je me plongeai dans le premier tome de cette trilogie. Il m'a fallu quelques autres mois pour m'atteler au deuxième tome. Mais laissez-moi vous raconter mon histoire extraordinaire qui a bien risqué de me faire abandonner le roman au bout de quelques cent pages.
Je sors du travail, je prends le métro, j'ouvre mon livre. Il s'agit d'un livre de bibliothèque, un livre que j'ai emprunté. Le métro roule et cahote un peu. Je cahote dans le métro. Et j'ouvre mon livre de bibliothèque. A la première page. Celle qu'on regarde jamais. Celle qui est blanche. La mienne n'est pas blanche. Un énorme insecte est écrasé entre la couverture cartonnée et la page blanche du livre. Tout écrasé là, comme une boulette de bête écrasée, avec ses pattes là, comme ça, écrasées. Et ses fluides dégueulasses qui tachent la pages blanche en papier, et la couverture en carton, plus épaisse. Frissons, sueurs froides, le livre se referme en un clap et je regarde autour de moi, je cherche de l'aide ! Personne n'est jamais là pour nous aider quand une bête souille la couverture épaisse et la page blanche plus fine d'un livre. Je suis toute tremblante (les insectes et moi.) Je finis par sortir du métro, et je trouve un mystérieux kleenex dans ma poche. J'ouvre vaillamment la couverture en carton, et je déloge l'inscte écrasé de la page blanche, plus fine. Ensuite je file avaler un cocktail. Quelques heures après, dans un autre métro, un métro qui cahote, je reprends ma lecture.
Bref.
Il fallait meubler, je sais pas pas comment parler de ce deuxième tome.
Mais avouez que mon expérience est terrifiante, traumatisante même.
Alors, ce tome 2. La moitié du livre m'a rappelé mes sensations de lecture du premier tome. Le style lourdaud, les répétitions, les petits seins d'Aomamé, la petite amie plus âgée de Tengo. Et les little People, les revoilà eux aussi ! Alors, je m'armai de mon cynisme le plus aguerri, pour prendre ça à la légère, genre au centième degré, mais je continue tout de même. Car, comme dans le premier tome, le style m'agace mais j'aime l'univers qui est créé. En deuxième partie de livre, oh ! Emerveillement ! Murak" semble se réveiller EN-FIN ! Le rythme devient plus rapide, il en oublie même de se répéter et l'intrigue semble EN-FIN prendre son envol ! (oublions qu'il lui aura fallu quelques 700 pages pour se réveiller au petit Murak').
Bref, le tome 2 c'est toujours pas ça, mais c'est beaucoup mieux. J'ai grand espoir en le tome 3, peut-être que là, d'un coup, l'auteur sera pris d'une écriture frénétique, genre il nous fera des élipses même pour aller plus vite ? Oh ! J'attends la suite !
Vous pouvez maintenant oublier mon blog, après un tel billet, je vous y autorise.
"Les dames de Grâce Adieu" de Susanna CLARKE
Les dames de Grâce Adieu de Susanna Clarke
Éditions Robert Laffont, 285 pages, 2012
Cet ouvrage est un recueil de nouvelles ayant comme thème commun la féerie et ses petites espiègleries. Les aventures se passent en Angleterre pour la plus grande partie et laissent place généreuse à ces petits êtres qui se cachent à chaque recoin de sous-bois, dans de vieux manoirs grinçants, ou encore au détour d'un chemin ombragé, ou ensoleillé, ou boueux - enfin n'importe quel chemin à vrai dire. Ces récits s'appliquent à mettre en lumière la difficile cohabitation entre les humains et les fées, surtout que les humains n'ont bien souvent aucune conscience du monde magique qui évolue autour d'eux, et souvent à leur dépens (les coups du sort n'existent pas ! Ce ne sont que les fées qui s'amusent un peu, sachez-le !).
A travers ces différentes histoires, nous retrouvons des mythes de la croyance populaire tels que Obéron (j'ai cru sentir une grande influence du Songe d'une nuit d'été dans certaines nouvelles ?), Mrs Mabb (oh la Reine Mabb ? Oh Roméo et Juliette?) - Les clins d'oeil à Shakespeare sont alors évidents, mais nous retrouvons également de nombreuses références à d'autres auteurs de l'imaginaire magique. Susanna Clarke reprend même des lieux créés dans d'autres romans pour y installer ses intrigues (Neil Gaiman par exemple). J'ai pris ces petites références comme un hommage à toute la littérature déjà produite sur le thème, ainsi qu'une reconnaissance implicite de toutes ses sources.
Ces aventures se passent en Angleterre, et l'auteur en profite pour faire des petites remarques mine de rien sur la société tradutionnelle anglaise qui fait beaucoup sourire les amateurs de romans anglais (on retrouve des clins d'oeil à Jane Austen, aux romans victoriens etc, mais également des remarques plus générales sur les habitudes anglaises). Nous voici donc installés dans l'ambiance cosy de notre bonne vieille Angleterre: Ses lords parfois, ses manoirs et ses belles campagnes, ses histoires d'amour tortueuses.
Et que dire quand les fées se mettent à se compliquer la vie comme des humains et qu'ils font des enfants, qu'ils volent des humains pour en faire leur promis ou leur promise. Surtout que du coup, ensuite, il faut se protéger, et déplacer des fenêtres des chemins, des maisons (pour troubler son monde)... voire même faire construire un pont magique en une nuit pour avoir la paix et se taper la notable du village en toute quiétude ! (how shocking ! je vous l'accorde, mais je vous l'ai dit, les fées ne sont que de petits chenapans!)
Voici un petit livre très frais et amusant, même si, je dois le dire, le recueil commence très fort avec une nouvelle incompréhensible pour le lectorat moyen dont je fais partie... mais bon, ça nous met devant un fait alors avéré : On ne peut pas tout comprendre quand la magie se déchaine, et il est bien difficile de capter toutes les petites combinnes qui se mettent en place et on se retrouve parfois perdus au même titre que les personnages de la nouvelle qui subissent tout ça !
Quelques citations, parce que le livre en regorge et que c'est délicieux :
Sur la non-English attitude assumée... : "Miss Tobias était peu aimée dans le village : elle était trop grande, trop passsionnée de livres, trop sérieuse, et - chose bizarre - ne souriait jamais sans raison." (p.20)
Sur les risques d'un fée (et ça vit longtemps un fée) à se marier avec une humaine... : "A quinze ans, elle avait une petite frimousse sournoise, des yeux en amande et une nature des plus capricieuses. Tom la comparait alors à tout bout de champs à une chatte. A vingt ans, elle était un cygne ; à trente ans, une renarde ; puis successivement, elle avait été une chienne, une vipère, une cocatrix et, enfin, une truie" (p.225)
Sur le désir d'enfants... : "Une femme humaine nourrit d'autres sentiments. Les enfants sont notre postérité. D'ailleurs, toutes les femmes, fées, chrétiennes ou juives, désirent un objet à leur amour. Et je ne pense pas qu'elle puisse aimer son mari !" (p.227)
Et retrouvez ICI le billet de ma copine Titine qui partage totalement mon enthousiasme !
"Une douce flamme" de Philip KERR
Une douce flamme de Philip Kerr
Éditions du Masque, 2010, 427 pages
L'Argentine d'après-guerre voit affluer de bien étranges réfugiés arrivés tout droit d'Allemagne. En effet, la route argentine fait partie des réseaux d'exfiltration nazi les mieux rodés. A l'époque, Peron affirmait clairement son souhait d'acceuillir dans son pays des nazis, facistes et autres pétainistes qui risquaient des réprésailles en Europe suite à leur activités pendant la guerre : Voilà comment Bernie Gunther se retrouve a débarquer en Argentine avec un groupe de SS pour recommencer paisiblement une nouvelle vie. Le roman va osciller entre le Berlin de 1932 et l'Argentine de 1950. Berlin, à cette époque, voit s'intensifier la monté nazie dans le pays. Bernie Gunther est alors une agent de la police criminelle, il enquête entre autres sur la mort de jeunes filles dont les cadavres ont l'abdomen mutilé. Ces enquêtes resteront inachevées car l'attitude de Gunther n'est pas politiquement correcte et il va très vite être remercié. En Argentine, ses vieux fantomes l'auront suivi, il va devoir enquêter sur ses congénères.
Je n'ai pas lu La trilogie berlinoise ni les autres opus de Bernie Gunther, alors j'ai découvert petit à petit qui était ce personnage. Lorsque j'ai débuté le roman, j'ai eu peur de devoir lire une histoire sur des joyeux nazis réfugiés et bienheureux en Argentine. Parce que Gunther lui aussi est un ancien SS... mais on apprend peu à peu qu'il a été enrollé de force dans le clan nazi. C'est ici que réside pour moi, tout l'intérêt du roman : Bernie fuit l'Allemagne car sa vie est en danger, il pense pouvoir oublier tout ce qu'il a été obligé de faire pendant la guerre (le roman reste très vague sur le sujet, mais tout celui doit être expliqué dans les autres aventures du policier) mais il se retrouve dans un panier à crabe, dans une autre Allemagne, comme il le dit lui-même. L'Argentine est alors un état dictatoriale qui n'a pas hésité à instorer des lois anti-sémites et qui accueille à bras ouverts des officiers nazis, car finalement, ils n'ont rien fait de très répréhensibles, n'est-ce pas.
Gunther n'a jamais soutenu la politique nazie, il doit pourtant vivre avec cette conscience historique "Mais par-dessus tout, je m'en veux à moi-même. Je m'en veux de n'avoir rien fait. Ce qui est moins que ce que j'aurais dû faire. Ce qui est tout ce dont le nazisme avait besoin pour l'emporter. Je suis coupable, moi aussi. J'ai mis ma survie au-dessus de toute autre considération. C'est une évidence. Si j'étais vraiment innocent, je serais mort, Anna. Ce qui n'est pas le cas" (p.353). Sa situation est encore plus tendue et l'histoire plus tragique car il doit vivre parmi des nazis convaincus qui n'ont absolument aucun remords (l'une d'entre elle gaze même fièrement des chiens errants pour en débarasser la municipalité).
Ce roman est également une plongée dans le monde merveilleux de l'Argentine sous Peron, les disparitions, les tortures, les voyages en avions qui se terminent dans une fleuve...
C'est un très bon roman, d'une grande richesse historique et qui aborde les problèmes complexes de ce qu'être un allemand de l'après-guerre avec le regard malveillant du monde entier (ou presque) sur eux. J'ai beaucoup aimé le personnage de Gunther, qui doit vivre dans cette ambivalence, et son cynisme exacerbé sur le monde qui l'entoure (tous les flics de polar sont cyniques, mais celui-ci est un cas bien particulier).
J'ai adoré donc. Ce qui veut dire que tout va mal parce que je rajoute une série de polar dans ma liste à lire (on en est à quatre enquêteurs chouchous. Tout va bien.)
Livre lu dans le cadre du mois Mittel Europa organisé par Schlabaya et qui se déroule pendant tout le mois de mars!
PAL-20
"L'homme du lac" de Arnaldur INDRIDASON
L'homme du lac d'Arnaldur Indridason
Éditions Points, 2008, 406 pages
Une hydrographe découvre un squelette prisonnier du sable dans le lac qu'elle surveille. En effet, l'eau ne cesse de baisser... c'est pourquoi ce cadavre qu'on avait cru dissimulé pour de bon, resurgit une quarantaine d'années après la mort de la victime. C'est Erlendur Sveinsson et ses collègues Elinborg et Sigurdur Oli qui vont mener cette nouvelle enquête qui va nous transporter au coeur de la guerre froide, des idéaux communistes déchus et d'histoires douloureuses qu'ont vécu ces jeunes étudiants islandais qui ont cru à un monde d'après-guerre meilleur.
J'aime toujours beaucoup les romans d'Arnaldur Indridason, mais là il a rassemblé une panoplie de thèmes qui me passionnent, ce roman est alors le meilleur que j'ai lu de lui jusqu'à présent. Ce livre se passe en Islande (ah l'Islande, ses fjords, ses tempêtes de neige, ses disparitions dans la neige, cette mélancolie latente... bon, j'aime l'Islande et j'aime lire des romans nordiques en hiver, c'est comme récurent tous les ans cette histoire...)... mais il nous plonge dans l'Europe de l'est au lendemain de la deuxième guerre mondiale, dans cette partie du monde où le monde soviétique commence à dicter sa loi, à imposer une dictature de fer. Nos jeunes étudiants islandais sont des communistes primaires, ils y croient, ils attendent un monde plus juste et plus d'égalité entre les différentes classes sociales. Il partent donc à Leipzig et ils découvrent une société de surveillance, de censure, de non droit, de méfiance réciproque. Pour la plupart, les endoctrinés déchantent rapidement, pour la plupart...
Tomas est tout plein d'espoir, comme ses camarade, mais il rencontre la jeune Ilona, une hongroise. La Hongrie est alors l'un des seuls pays du bloc de l'est qui s'apprête à contesté ce nouveau régime, ça se traduira par une révolte et des manifestations spontanées dans la rue en 1956 (vous pouvez visionner le très beau diaporama d'époque du Monde ICI). La jeune femme est emblématique de son pays, et ne compte pas se laisser dicter sa conduite en Allemagne, elle ouvre peut à peu les yeux de Tomas qui, lui, ne mesure pas le danger... Le jeune homme finira expulsé, la jeune femme sera arrêtée par la Police Politique...
Ce aspect du roman m'a littéralement passionnée ! Sans être lourd ni rasoir, Arnaldur Indridason s'est manifestement beaucoup documenté sur l'ambiance qui régnait à l'époque. Il a su retranscrire ce climat de terreur parmi les jeunes, j'en ai eu des frissons ! Bien sur tout ce qu'il nous décrit, n'était pas sans me rappeler tout ce que j'ai ressenti à Budapest l'année dernière.
En dehors de ce thème, l'enquête est également très bonne et j'ai été ravie de retrouver Eerlendur, toujours aussi désabusé et amère sur son propre pays, et ne parvenant pas plus qu'au cours des tomes précédents à régler ses affaires familiales, ni à oublier ses fantômes.
Voilà, j'aime Arnaldur, je crois que c'est clair ! Vivement la suite !
- La cité des jarres
- La femme en vert
- La voix
- L'homme du lac
- Hiver arctique
- Hypothermie
- La rivière noire
Livre lu (un peu par hasard, je l'avoue) dans le cadre du mois Mittel Europa organisé par Schlabaya et qui se déroulera pendant tout le mois de mars!

PAL -19
Un grand merci à ma copine Hydro pour ce cadeau ! J'ai mis du temps à le lire, mais j'ai adoré!
Les gagnants d'un exemplaire de "Une belle canaille" de Wilkie Collins
Il y a quelques jours débutait ici même un concours pour vous faire gagner à trois heureux lecteurs, un exemplaire de Une belle canaille de Wilkie Collins !

Beaucoup ont cherché, mais pas assez... d'autres se sont acharnés pour répondre à cette question :
Wilkie est par erreur (enfin j'imagine que c'est une erreur) sur la couverture d'un roman victorien qu'il n'a pas écrit.. lequel ?
La réponse était sur ce blog... il suffisait de fouiner dans la liste des auteurs à gauche, et plus spécialement s'attarder sur les auteurs de romans victoriens.... vous seriez alors tombé sur ça :
"The Professor" de Charlotte BRONTË
The Professor de Charlotte Brontë (Le professeur), 1857
Éditions Penguin Classics, 319 pages
Avant tout, regardez bien cette couverture... ce n'est pas pour rien si j'ai choisi ce livre de Charlotte Brontë et pas un autre. C'est mon Wilkiiiiie en couv'! :)
Et vi, et vi, et vi ! Wilkie n'est pas né avec une barbe ! Même que jeune, il arborait un look de premier de la classe ! (c'était avant de subir la bien mauvaise influence d'un certain Charlie, dont nous tairons le nom.)
Je tiens tout d'abord à remercier toutes les participantes ! Et à féliciter les trois gagnantes, j'ai nommé : Sandrine (SD49), Mélodie et Titine ! Bravo les filles, et bonne lecture !
Un grand merci également à Libretto pour ce concours !
Et le mot de la fin : VIVE WILKIE !!


