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La Nuit derrière moi de Giampaolo Simi

Traduit de l'italien par Sophie Royère

Sonatine Éditions, 2012, 286 pages

D'entrée Furio Guerri nous le dit, c'est un monstre. Il commence le livre en épiant des jeunes filles devant un lycée et avale ses goutes. C'est un monstre, il nous le dit, mais on ne sait pas pourquoi. Le livre alterne entre présent et flashbacks qui nous racontent sa vie quand le monstre, il ne l'était pas encore. Dans le temps, quand il était normal, respectable et heureux, il travaillait pour une imprimerie, il écumait les routes pour faire son travail de commercial et assurer une vie tranquille et confortable à son épouse Elisa et à sa petite fille de six ans, Caterina. Mais maintenant que c'est un monstre, on le retrouve sans famille et tourmenté, à épier les jeunes filles et à manipuler. Et c'est tout ce que je dirai sur l'intrigue du roman pour ne pas trop vous en révéler.

La quatrième page de couverture annonce un "roman à la construction magistrale". Pourtant, au début, tout est bien lent, trop lent et on se sent un peu perdu. On comprend très vite que Furio nous cache quelque chose en rapport avec sa famille mais pendant un bonne moitié du livre, on ne sait pas trop où ça va, où on va, l'auteur ne voulant en aucun cas lâcher un indice. Ca m'agace un peu quand la lectrice que je suis se retrouve dans cette situation. J'aime cheminer avec les personnages, surtout dans le cas d'un polar et ne pas avoir l'impression que l'on me cache trop de chose pour sauver l'intrigue jusqu'au bout. Cette impression a commencer à se déliter au début de la deuxième moitié du livre et, du coup, ça a commencé à m'intéresser bien plus et l'impression de lenteur et de trouble a d'un coup disparu. J'ai alors terminé le livre en le dévorant, maintenant que je comprenais mieux et que je pouvais enfin mieux cerner les personnages et le drame qui se déroulait devant mes yeux.

J'ai également aimé toutes les références musicales dans le roman qui rappellent une période que moi aussi j'ai vécue (Cindy Lauper, Madonna ou encore des trucs à moitié oubliés comme Milli Vanilli :-) ), car finalement, Furio a à peu près le même âge que moi.

A noter le style particulier et travaillé. L'auteur parvient à établir une distanciation régulière entre le personnage qui raconte son histoire et le monstre. C'est déroutant au début, mais finalement ça marche très bien et c'est très pertinent pour l'intrigue.

Une bonne lecture, efficace qui est aussi ma deuxième participation au Mois Italien organisé par Martine durant tout le mois de mai !

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Voici également le neuvième livre de l'année sorti de ma vieille PAL pour le Challenge "Objectif PAL" d'Antignone.

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